16/02/2018

L'autre sœur, Cylin Busby

Présentation. Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu'au jour où elle réapparaît... Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s'il ne s'agit pas d'une imposture. Comment réagir si c'est le cas ?

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Mon avis. Une lecture qui ne laisse pas indifférent...

La vie des Morris a été dévastée voici quatre ans lorsque Sarah, 15 ans, a disparu. Depuis lors, aucune nouvelle de l'adolescente... jusqu'à ce qu'elle réapparaisse, dépourvue de souvenirs mais vivante, même s'il est évident qu'elle a subi des sévices...

C'est à travers le regard de Nico, 11 ans à l'époque, 15 aujourd'hui, que nous découvrons la douleur de la famille pour qui la vie s'est en quelque sorte arrêtée avec cette disparition. Nous découvrons également le regard que portait/porte Nico sur sa sœur : une superbe adolescente qui régentait son monde, à qui tout - ou presque - était dû ; une personnalité à mille lieues de l'image idéale qu'elle renvoyait. Mais Nico n'a jamais pu s'ouvrir à quiconque des multiples brimades subies à l'époque.

Lorsque Sarah refait surface, Nico est la seule à trouver curieuses certaines différences entre "sa sœur d'avant" et celle d'aujourd'hui, la plus étrange étant son comportement à l'égard de Nico : la "tortionnaire" d'autrefois est devenue attentive à sa cadette.

Le fil de l'histoire est entrecoupé de passages à travers lesquels Sarah raconte des bribes de ce qu'elle a (douloureusement) vécu.

Le roman joue constamment sur les doutes nourris par Nico à l'encontre de Sarah et met en évidence la nouvelle relation nouée entre les deux sœurs. Et même si certaines situations manquent parfois de réalisme, j'ai apprécié cette lecture.

Traduction : Sarah Dali ; éditions Milan, 2017.

Titre VO : The Stranger Game, HarperCollins Publishers, 2016.

 

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

12:16 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/02/2018

After Anna, Alex Lake

Présentation. Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. [...]
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Mon avis. Voici ce que j'appelle un "tourne-pages", autrement dit un roman que j'ai eu bien des difficultés à poser pour "vaquer aux tâches quotidiennes"...

Une remarque préalable : j'ai volontairement amputé le texte de la quatrième de couverture des trois dernières phrases car je trouve qu'elles en dévoilent trop.

Il est donc question d'un enlèvement : celui d'Anna qui a disparu à la sortie de l'école ; elle semble s'être volatilisée. Le ciel s'effondre sur la tête des  parents, Julia et Brian, surtout sur celle de Julia qui se sent extrêmement fautive ; en effet, si elle n'était pas arrivée en retard à l'école, le drame ne se serait (probablement) pas produit. En outre, elle ne trouve aucun réconfort auprès de son mari car elle lui a annoncé, peu de temps auparavant, son intention de demander le divorce et la pilule est amère pour l'époux éconduit.

Le lecteur entre alors de plain-pied dans les pensées les plus intimes de Julia : la douloureuse culpabilité qui la laisse souvent pantelante ; le conflit avec son (futur ex-) mari ; la relation tendue (doux euphémisme) avec sa belle-mère qui régente toutes et tous depuis toujours ; le regard des autres, tour à tour empli de pitié, dédaigneux ou accusateur ; l'image que la presse - vautours avides de détails "croustillants" - renvoie d'elle : une mère indigne qui non seulement était en retard, mais de surcroit n'a pas prévenu l'école de ce retard ! L'enquête piétine.

Parallèlement, le lecteur découvre de temps à autre des pages relatées par le ravisseur qui distillent çà et là des indices, infimes, sur cette personnalité "particulière".

Jusqu'à ce que...

Stop.

Je n'en dirai pas plus.

D'autant que c'est loin d'être terminé.

Très loin...

Traduction : Thibaud Eliroff ; Pygmalion, 2017.

Titre VO : After Anna (2015).

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne, 4 et "Comme à l'école".

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16:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/02/2018

L'Atelier des souvenirs, Anne Idoux-Thivet

Présentation. Lorsqu'elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s'installer à la campagne. Elle se lance alors dans l'animation d'ateliers d'écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Élisabeth, Georges, Lucien... les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres.
Au fil des séances d'écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s'attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l'aider à trouver l'amour ! atelier-souvenirs.jpg

Mon avis. Un roman "feel good", autrement dit une véritable friandise...

Alice ne sait plus que faire pour trouver du travail : la sociologie ne mène visiblement pas à grand-chose, aussi brillante soit la jeune femme. En désespoir de cause, elle s'est établie dans la maison que lui a léguée sa grand-mère, et puisqu'il faut décidément bien gagner sa croûte, elle accepte, "en attendant des jours meilleurs", l'offre qui lui est faite d'animer un atelier d'écriture dans deux maisons de retraite de la région.

Très vite, ce qui devait n'être qu'un pis-aller se mue en agréables moments partagés, d'une part avec "ses petits vieux", d'autre part avec les enfants du lieu, eux aussi bientôt inscrits à cet atelier des mots.

Si Alice est attachante, ses élèves du quatrième âge le sont tout autant, chacun avec sa personnalité, chacun avec ses aspirations, chacun avec ses fêlures, aussi.

Ce délicieux récit fait la part belle aux bons sentiments, sans jamais tomber dans la mièvrerie ; oh, bien sûr, on comprend vit ce qu'il risque d'advenir mais peu importe, on passe un bon moment en compagnie de cette jeune femme qui se cherche et qui finira, peut-être, par trouver un équilibre dans sa vie...

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette découverte.

14:38 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

31/01/2018

L'effet Pygmalion, Christophe Lambert

Présentation. Ned, 16 ans, petit génie solitaire, porte un exosquelette depuis l'enfance.
Son domaine : l'intelligence artificielle.

Lawrie, 50 ans, inventeur à la pointe de l'innovation technique, vit reclus dans sa tanière avec ses créatures.
Sa spécialité : les robots.

Après avoir lancé un défi à la communauté scientifique, Ned tente de convaincre Lawrie de s'associer à lui.
Leur mission : créer un humanoïde si parfait que personne ne pourra le distinguer d'un être humain.
Mais parfois, il suffit que l'amour s'en mêle pour que tout dérape...

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Mon avis. Une agréable lecture qui, me semble-t-il, conviendra particulièrement aux élèves du secondaire inférieur...

Ned est un adolescent surdoué, doté depuis toujours d'un exosquelette à cause d'une maladie rendant ses os extrêmement fragiles.

Au cours d'une convention relative aux performances robotiques, Ned se lance le défi de réaliser, pour le rendez-vous de l'année suivante, un robot aux caractéristiques telles qu'il sera impossible de le différencier des êtres humains.

Pour ce faire, il va devoir convaincre Lawrie, génial inventeur, entre autres des fameux "robots de plaisir", de s'adjoindre à lui, mais peut-on vraiment compter sur quelqu'un de plus en plus rongé par l'alcool ? Pourtant la "créature" qu'ils parviennent à élaborer, aux (superbes) traits d'Audrey Hepburn, semble tenir ses promesses...

Un roman sans véritable surprise mais qui aborde des questions dignes d'intérêt comme la frontière (ténue ?) entre la machine et l'humain ou la difficulté de s'intégrer dans la société quand, décidément, on n'entre pas dans des cases bien définies.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

17:32 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/01/2018

Ceux d'ici, Jonathan Dee

Présentation. Howland, petite ville du Massachusetts, est un havre de paix pour les vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts. Engagé par Philip Hadi, New-Yorkais richissime, bien décidé à s'installer à Howland, il est fasciné par cet homme qui brasse des millions. Et si le moment était venu pour lui de tenter sa chance ? Avec son frère, Mark décide de se lancer dans les placements immobiliers.

Lorsque Hadi devient maire de la ville, utilisant ses fonds privés pour faire la pluie et le beau temps, le fossé se creuse encore un peu plus entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville...

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Mon avis. Difficile pour moi d'évoquer ce roman car je suis passée complètement "à côté" et ce n'est pas en raison d'éventuels défauts du livre...

La peinture sociale est bel et bien présente : alors que le 11 septembre vient de prendre une (horrible) signification nouvelle, nous suivons Mark, un entrepreneur qui réussit, tant bien que mal, à faire vivoter son entreprise en bâtiment, embauchant du personnel de manière ponctuelle quand se présente un gros chantier. C'est le cas lorsque Philip Hadi, riche New-Yorkais, s'installe à Howland et lui commande d'importants travaux.

Par la suite, Hadi prendra les rênes de la ville, puisant dans ses deniers personnels pour la faire vivre et en renforcer la sécurité.

Mark et sa famille constituent en quelque sorte le fil conducteur du roman qui dépeint le comportement étriqué, mesquin, insipide, revanchard, "provincial", de bon nombre de ses habitants avec, en ligne de mire, le New Yorkais fraichement débarqué qui commence tout doucement à imposer sa loi.

Point d'action véritable ici et des changements de focalisation parfois abrupts ; je me suis souvent laissé distancer : probablement n'était-ce pas "le bon moment"...

Traduction : Élisabeth Peellaert.

Titre VO : The locals (2017).

 

Merci aux éditions Plon (Feux croisés) pour ce partenariat.

17:35 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

15/01/2018

Un cœur sombre, R. J. Ellory

Présentation. Combien de temps peut-on échapper à sa conscience ?
Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd'hui, il a touché le fond, et la grosse somme d'argent qu'il doit à Sandià, le roi de la pègre d'East Harlem, risque de compromettre toute son existence, voire de lui coûter la vie.

Il n'a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent mal : il doit se débarrasser de ses complices, et une petite fille est blessée lors d'échanges de tirs. Rongé par l'angoisse et la culpabilité, Madigan va s'engager sur la dernière voie qu'il lui reste : celle d'une impossible rédemption.

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Mon avis. Encore une fois, je partais avec un a priori positif ; encore une fois, Ellory est demeuré, avec ce livre, une valeur sûre...

Focus sur Vincent Madigan, cerveau d'un casse sanglant au cours duquel, en compagnie de voyous sans foi ni loi, il vole une somme faramineuse à Sandià, "parrain" local à qui il doit... une somme faramineuse. Il sait qu'il risque gros car si ce dernier a des soupçons, Madigan y laissera la vie, non sans avoir subi des supplices raffinés avant de rendre son dernier souffle... Les choses prennent une tournure dramatique lorsqu'une fillette, qui "n'aurait pas dû" se trouver sur les lieux prend une balle et se retrouve entre la vie et la mort ; en outre, Madigan est contraint de se débarrasser de ses complices.

  "Quand il regarda son reflet dans le miroir, il se demanda si quelqu'un d'autre pouvait voir la culpabilité et la peur évidentes dans ses yeux." [p. 56]

 

Plonger dans Un cœur sombre, c'est s'immerger dans un roman noir (!), un de ceux où le "héros" est difficilement excusable, quoi qu'il entreprenne, et quand - détail -, ce "héros" est un flic, on nage dans la vilenie... Et pourtant, on finit par se soucier de ce flic pourri cerné de tous côtés : chargé de l'enquête officielle par sa hiérarchie, chargé de l'enquête officieuse par Sandià lui-même qui lui verse des pots-de-vin de manière récurrente, il doit aussi composer avec les affaires internes... Bref, un travail d'équilibriste pour Madigan qui finit par se perdre dans le dédale des mensonges qu'il sert sur un plateau aux uns et aux autres.

  "Peut-être qu'il était temps de s'enfoncer dans les ténèbres et d'y faire face." [p. 121]

 

J'ai apprécié sonder ce "cœur sombre", menteur, corrompu, drogué, qui se sent dépassé par ce qu'il s'est lui-même ingénié à bâtir depuis de longues années ; une constante cependant : il se souvient de temps à autre qu'il a des enfants, même s'il ne les voit plus et qu'il s'est séparé, chaque fois, de leur mère. J'ai aussi beaucoup aimé la fin... même si...

Traduction : Fabrice Pointeau ; éditions Sonatine, 2016.

Titre VO : A dark and broken heart (2012).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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16:53 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

07/01/2018

Alix Pix, 1 : Du rififi au royaume des contes, Camille Masson et Brice Magnier

Présentation. Alix Pix, petite sorcière malicieuse, est bien étonnée. D'où vient l'étrange lettre qu'elle a reçue ? Quel secret se cache derrière les révélations mystérieuses qu'elle contient ? les dirigeants du royaume des contes seraient-ils de vulgaires menteurs ? Ils sont pourtant si parfaits, ces descendants de Cendrillon et des autres héroïnes... [...]

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Mon avis. Un chouette (!) récit évoquant les personnages des contes de fées...

Alix est une jeune sorcière, intelligente et pétillante, à qui il ne faut pas en conter (!) ; en compagnie de sa chouette (voici l'explication du point d'exclamation de la première phrase), elle est amenée à enquêter sur les Gentilles Familles, celles auxquelles appartien(nen)t l'un ou l'autre personnage célèbre (Cendrillon, La Belle au bois dormant...) et qui dirigent le royaume : il semblerait que ces familles cachent un certain nombre de secrets inavouables...

La présentation de ce livre est assez particulière : il alterne tantôt des pages presque exclusivement réservées au dessin, tantôt le texte occupe une grande partie de la page, tantôt encore, des bulles s'en viennent évoquer la BD ; en outre, il se termine par Le carnet secret d'Alix, mini-magazine ludique détachable.

Le cadre est posé dans ce tome 1 où le lecteur suit volontiers cette jeune héroïne intrépide, attachante et "féministe avant l'heure"...

Merci aux éditions Le Gâteau sur la Cerise pour ce partenariat.

14:32 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/12/2017

Glacé, Bernard Minier

Présentation. Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise. Ce même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, 40 ans, flic mélomane et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.

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Mon avis. Excellent... même si j'avais lu Le Cercle avant celui-ci...

Je n'ai pas fait les choses dans l'ordre puisque j'ai lu Le Cercle voici quelques mois, prêté par mon kiné. Lorsqu'il m'a prêté Glacé, je m'y suis plongée aussi vite, à tel point que rentrée du réveillon tôt le matin, j'ai lu une bonne heure avant de jeter l'éponge et coïncidence (?), j'ai découvert les dernières pages, se déroulant le jour de Noël, ce 25 décembre 2017...

Il y a donc un élément lié à l'enquête dont j'avais déjà connaissance et pourtant, cela n'a pas entaché mon plaisir de lecture de ce récit qui s'ouvre sur une scène ahurissante, horrifiante : celle d'un cheval décapité accroché entre les câbles et les poulies du terminus d'une télécabine... Vision glaçante (!) s'il en est...

Au même moment, Diane Berg, psychologue, arrive à l'Institut Wargnier, "Centre de psychiatrie pénitentiaire" où sont enfermés ceux dont on ne sait (plus) que faire ailleurs.

  "En amont du cours d'eau, sur l'autre rive, plus haut sur la pente : deux longs bâtiments en pierre de taille. Malgré la distance, elle devina leurs dimensions. Une architecture de géants. Cette même architecture cyclopéenne qu'on retrouvait un peu partout dans la montagne, dans les centrales comme dans les barrages et les hôtels du siècle dernier. C'était bien ça : l'antre du cyclope. Sauf qu'il n'y avait pas un Polyphème au fond de cette caverne - mais plusieurs.

   Diane n'était pas du genre à se laisser impressionner, elle avait voyagé dans des endroits déconseillés aux touristes, elle pratiquait depuis l'adolescence des sports qui comportaient une part de risque : enfant comme adulte, elle n'avait jamais eu froid aux yeux. Mais quelque chose dans cette vision provoqua un trou d'air dans son ventre. Ce n'était pas une question de risque physique, non. C'était autre chose... Le saut dans l'inconnu..." [p. 26 - 27]

 

Martin Servaz, commandant quadragénaire, déjà passablement fatigué et "revenu de beaucoup de choses", est chargé de l'enquête : une enquête difficile car 1) il est impossible que les gardiens n'aient rien vu ni entendu ; c'est pourtant ce qu'ils affirment au risque d'être d'emblée suspectés en raison de leurs "antécédents" ; 2) le cheval en question, Freedom, appartenait à Éric Lombard, richissime homme d'affaires originaire de la région, ce qui justifie une enquête approfondie "pour un cheval", l'homme ayant le bras (extrêmement) long.

Est adjointe à l'enquête (la sculpturale) Irène Ziegler, capitaine de la Section de recherche de Pau, alors qu'il s'avère bien vite que Freedom ne sera pas la seule victime de cet/ces assassin(s) retors et particulièrement organisé(s).

J'ai été happée dès le début par l'atmosphère de cette enquête, "engourdissante" en raison du froid prégnant et de la méforme de Servaz ; pesante aussi principalement lors des scènes se déroulant dans l'Institut : impossible de ne pas sursauter ou regarder derrière son épaule en même temps que Diane Berg lorsqu'elle en arpente les couloirs "sécurisés". J'apprécie également le fait que les "héros" aient, eux aussi, leur part d'ombre...

Je lirai bien sûr les opus suivants.

  "À mesure qu'il en découvrait les détails, cette affaire de cheval prenait des proportions de plus en plus importantes dans son esprit. Il avait l'impression d'être un légiste qui déterre un doigt, puis une main, puis un bras, puis le cadavre entier. Il se sentait de plus en plus inquiet. Tout, dans cette histoire, était extraordinaire. Et incompréhensible. D'instinct, comme un animal, Servaz percevait le danger. Il se rendit compte qu'il frissonnait, malgré le soleil." [p. 122]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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18:48 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

26/12/2017

La pâtissière de Long Island, Sylvia Lott

Présentation. 1932. Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer chez ses frères. Elle débarque à New York avec deux secrets dans ses bagages : son coeur brisé et la recette ancestrale d'un savoureux gâteau au fromage blanc. 2002. Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie à son tour la recette du cheesecake...

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Mon avis. Une bien agréable lecture qui souffre cependant parfois quelques longueurs...

Le récit commence en 2002 alors que Marie, qui va bientôt fêter ses nonante ans, envoie une lettre à Johann, son frère toujours en Allemagne, lui demandant de venir lui rendre visite aux États-Unis - tant qu'il est encore temps et que sa mémoire défaillante n'a pas tout à fait rompu les amarres -, histoire de mettre au clair certaines choses, occultées depuis les années trente, époque de l'exil. C'est ainsi que Johann vient voir Mariechen en compagnie de Rona, sa petite-fille qui sort d'une rupture douloureuse.

Arrivée à Long Island, Rona écoutera des heures durant Marie raconter sa vie depuis les circonstances qui l'ont conduite à quitter l'Allemagne pour rejoindre deux de ses frères établis depuis quelques années déjà sur le continent américain.

Le roman alterne les deux époques : 2003 et les années trente ; Marie en 2003, au crépuscule de son existence, livre ses souvenirs à une Rona de plus en plus captivée par ces traces du passé ; Marie en 1932 envoyée loin, très loin, parce que le jeune homme dont elle est amoureuse n'a pas l'heur de plaire à un père autoritaire et exigeant.

Un fil conducteur entre ces deux époques : un gâteau au fromage blanc, le Cheesecake New York Style, dont la recette a été transmise à Marie par sa tante Frieda ; un gâteau qui fera bientôt la renommée du Wiemkes' Coffee Shop, le tout petit établissement tenu par ses frères, Willi et Fritz ; un gâteau dont la recette ne peut être écrite ni dévoilée, hormis à une femme qui deviendra elle-même gardienne du secret avant le passage de flambeau ultérieur; un gâteau qui semble magique pour apaiser les tensions éventuelles, même s'il n'avait pas produit l'effet escompté lors du différend entre Marie et son père...

Malgré çà et là quelques longueurs, le récit se lit aisément et balaie une bonne partie du vingtième siècle, évoquant les aléas de la vie de Marie avec, en toile de fond, les prémices de la deuxième guerre mondiale ; Rona verra aussi son existence changer après la rencontre avec sa grand-tante.

  "Oui, étrange, non ? Parfois, il faut des années pour mûrir et parfois, on le sait en quelques secondes : C'est ça !". [p. 171]

Traduction : Lorraine Cocquelin.

Titre VO : Die Glücksbäckerin von Long Island (2014).

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

15:28 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/12/2017

Underground Railroad, Colson Whitehead

Présentation. Cora, 16 ans, est une jeune esclave née sur une plantation de coton en Géorgie. Grâce à Caesar, elle réussit à s'échapper. Leur première étape est la Caroline du Sud, dans une ville qui semble être le refuge idéal mais qui cache une terrible vérité. Il leur faut fuir à nouveau, d'autant plus que Ridgeway, le chasseur d'esclaves, est à leurs trousses.

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Mon avis. Un récit qui heurte, inévitablement...

Nous sommes aux États-Unis, en Géorgie plus précisément, et nous y découvrons Cora, une jeune esclave qui travaille sur une plantation de coton et tâche de (sur)vivre, tant que faire se peut, dans un monde profondément hostile pour qui n'a pas la peau blanche.

Amenée, presque à son corps défendant, à prendre la défense d'un enfant qui allait être "corrigé" (battu, s'entend) par "le Maître", elle subit elle-même les représailles de celui qui a tout pouvoir sur les esclaves ; elle pressent alors qu'elle doit tout faire pour se sauver si elle veut espérer faire de vieux os. C'est pourquoi, malgré la terreur qui l'étreint, elle accepte l'offre de Caesar, un des ses compagnons d'infortune qui lui propose de fuir...

Nous suivons le périple de Cora, accompagnée de Caesar dans un premier temps, seule ensuite ; la jeune femme découvre le chemin de fer clandestin - souterrain dans ce roman - mis sur pied rails par les abolitionnistes, qu'ils soient blancs ou noirs, pour venir en aide aux esclaves.

Cora fuit d'état en état, passant d'une cachette à l'autre, avec Ridgeway à ses trousses, chasseur d'esclaves à "l'efficacité" redoutable et redoutée par qui a entendu parler des "exploits" de celui qui se contente de ramener à leur maître les esclaves en fuite. Il est payé pour cela ; il ne s'encombre donc d'aucun sentiment face à ce qu'il adviendra de ces derniers lorsqu'ils retourneront au domaine qu'ils ont fui : la mutilation, la torture, avant la probable délivrance de la mort...

Si j'ai été profondément révoltée et en colère face à ce destin à l'image de milliers d'autres, curieusement, je suis souvent restée à distance de Cora, peut-être en raison de la plume de l'auteur qui, me semble-t-il, reste lui aussi à distance de ses personnages. Autrement dit, il m'est arrivé, à certains moments, de prendre le train en marche ; à d'autres, je restais sur le quai jusqu'au convoi suivant...

Traduction : Serge Chauvin.

Titre VO : The Underground Railroad (2016).

 

Merci à PriceMinister pour ce partenariat ; à ceux qui s'étonneraient de l'énorme retard de cette chronique dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire [#MRL17], je précise que cela s'explique par le fait que j'ai reçu le roman après la date ultime de remise des copies ;-)

18:32 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/12/2017

Sombres étoiles, Malorie Blackman

Présentation. L'amour peut-il naître au beau milieu de l'Univers ?

2164.

Vee et son jumeau Aidan sont seuls à bord de leur vaisseau depuis qu'un terrible virus a terrassé l'ensemble de l'équipage.Leur seul désir : regagner la Terre.

Nathan et ses amis sont des esclaves, qui vivent sur la planète Barros 5. Leur unique souhait : rejoindre la planète Callisto, où la vie sera plus douce.

Vee et Nathan n'auraient jamais dû se rencontrer. Mais la vie réserve parfois des surprises, même au fin fond de l'espace...

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Mon avis. Un avis mitigé, cette fois...

Le point de départ du propos est intéressant : des jumeaux décident, malgré les risques encourus, de porter secours à des humains en train de se faire massacrer sur Barros 5. Or, ce faisant, ils savent pertinemment qu'ils deviendront eux-mêmes la cible de ces prédateurs. Tant pis : Vee a pris sa décision, Aidan obtempère.

Comme souvent avec l'auteure, la différence est le thème central du récit, avec les conséquences parfois dramatiques qu'elle entraîne, chez les uns. Et chez les autres.

Où le bât m'a-t-il (sérieusement) blessée ? L'histoire d'amour entre les deux héros est amenée à une vitesse phénoménale, ôtant ainsi une part de crédibilité à l'ensemble. Pire : comme si cette rapidité d'enchaînement n'était pas suffisante, vient s'ajouter une situation (tout à fait invraisemblable) relative à ce couple qui m'a laissée perplexe... et c'est peu dire. Heureusement, la dernière partie atténue quelque peu cette déception.

Je pense cependant que ce livre est susceptible de plaire aux adolescents dans le cadre d'un parcours sur la science-fiction.

Finalement, ces étoiles eurent - pour moi - une tonalité relativement sombre...

Traduction : Amélie Sarn.

Titre VO : Chasing the stars (2016).

 

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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21:55 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/11/2017

Entre deux mondes, Olivier Norek

Présentation.

ADAM A DÉCOUVERT

EN FRANCE UN ENDROIT

OÙ L'ON PEUT TUER

SANS CONSÉQUENCES.

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Mon avis. Un roman (?) indispensable...

Le récit s'ouvre sur deux scènes qui prendront leur sens par la suite. L'une, intitulée L'enfant, se déroule "quelque part en Méditerranée" : dans l'embarcation qui transporte 273 migrants, une petite fille tousse de manière récurrente, si bien qu'elle risque de les faire repérer lorsqu'ils auront embarqué dans des camions. Il est alors demandé à la maman de jeter son enfant par dessus bord...

L'autre, Le fou, transporte le lecteur à Calais, en octobre 2016, au dernier jour du démantèlement de la "Jungle"(1) : alors que les pelleteuses viennent de déterrer des bouts de corps à la périphérie du camp, une silhouette sale, dépenaillée, surgit de la forêt, s'agenouille face au trou et se met à creuser la terre de manière frénétique, avant de repartir vers les bois.

Le récit se centre ensuite sur la Syrie, plus particulièrement la "salle d'interrogatoire" du centre de détention du service de renseignement militaire auquel appartient Adam, officiellement "agent dévoué de la police militaire du régime de Bachar el-Assad". Officieusement, Adam fait désormais partie de l'ASL, l'armée syrienne libre. Et le prisonnier "interrogé" - autrement dit torturé - fait aussi partie de l'ASL ; il a jusqu'à présent résisté mais Adam sait que c'est une question d'heures avant qu'il parle. Il doit donc organiser dans l'urgence la fuite de sa femme et sa fille avant de prendre lui-même le large.

Focus ensuite sur Calais, en juillet 2016, où vient d'être muté le lieutenant Bastien Miller. Il est loin de se douter qu'il va (tenter d') ouvrir les yeux sur un univers insoupçonné et insoupçonnable, alors qu'il n'a lui-même pas une vie de famille harmonieuse...

 "- J'ai l'impression que le camp de réfugiés est au centre de beaucoup de tensions. Cette Jungle, vous y allez souvent ?

   - Aux abords, tous les jours. À l'entrée, quand il le faut. Mais dedans, rarement. C'est à la fois une zone de non-droit et un bidonville.

  - Et votre job consiste en quoi ?

   Passaro perdit un instant sa bonhomie. Cortex et Sprinter se gardèrent de répondre ou de blaguer.

  - J'aurais presque honte de le décrire. Faut le vivre. Mais personne ne veut le vivre. Nous, on y arrive à peine." [p. 105]

"Ce job, il se fait en apnée", avait dit Passaro. [p. 132]

 

Le lien entre Bastien et Adam, ce sont leurs "réflexes de flic" ; c'est cette jungle avec ses (non-)droits, ses exigences, ses atrocités. Et ses marques d'humanité. Parfois. C'est aussi le petit Kilani dont le destin embue le regard.

La souffrance sourd des pages relatives aux migrants qui tentent "simplement" de survivre ; elle surgit également aux côtés des policiers qui ont la lourde tâche (d'essayer) de faire leur métier tout en conservant leur humanité.

Il est des livres dont on aimerait qu'ils ne soient que de la fiction. Entre deux mondes est de ceux-là.

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

(1) "- C'est légèrement inapproprié. Qui a trouvé le nom ?

   - N'y voyez pas de racisme, ce sont les migrants iraniens eux-mêmes. Quand ils sont arrivés sur place, ils ont vu un morceau de forêt, alors ils ont appelé l'endroit "la Forêt". En langue perse, jangal. Ici, on a entendu "jungle", prononcé à l'anglaise. Un simple quiproquo." [p. 100]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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16:54 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

24/11/2017

Fourmi, Cyril Houplain

Présentation. 1870, une époque où le monde s'explore, s'invente et fourmille de nouvelles idées.

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Mon avis. Un album exceptionnel...

Ce n'est pas tant l'histoire racontée qui est remarquable mais sa conception graphique ; en effet, les illustrations sont réalisées uniquement en fourmis. Oui, vous avez bien lu : en fourmis.

Ainsi, ce sont des milliers de fourmis qui figurent l'histoire d'Alistair Burke, un jeune Londonien qui embarque, en tant que mousse, à bord d'un navire en partance pour le Nouveau Monde. Sa petite taille et son agilité le font surnommer "Fourmi".

Après un naufrage, il arrive à New York avant d'entamer un périple qui le conduira sur la route de l'Ouest américain...

Tous les dessins sont constitués de fourmis noires, sauf une, rouge, que l'on remarque d'emblée dès qu'elle apparaît : elle jouera un rôle particulier dans l'existence du jeune homme...

Une véritable prouesse graphique...

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

19:54 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/11/2017

Dans la peau d'un migrant, Arthur Frayer-Laleix

Présentation. L'immigration clandestine est un iceberg dont nous ne voyons que la partie émergée. Pour explorer cette mondialisation de l'ombre, Arthur Frayer-Laleix s'est grimé en clandestin, approchant ainsi les passeurs, les logeurs, les intermédiaires du trafic d'êtres humains, avant de reprendre sa casquette de journaliste pour interroger policiers, magistrats, avocats, et vivre parmi les migrants. Son enquête l'a mené du Pakistan à la Turquie, des Balkans à l'Allemagne, en passant par les rues de Calais.

La face cachée d'un "cinquième monde" vertigineux et désespérant qui nous reste invisible, mais dont les conséquences économiques, sociales et politiques ne peuvent laisser indifférent.

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Mon avis. Une lecture nécessaire pour qui veut ouvrir les yeux sur une insoutenable réalité...

Point de fiction puisque ce livre est en fait une enquête réalisée par un journaliste qui a décidé de rentrer dans la peau d'un migrant afin de "vivre" - si tant est que cela soit possible - les situations que ces déracinés sont amenés à rencontrer.

Il entrera ainsi en relation avec les acteurs de ce drame qui sacrifie sur l'autel du profit hommes, femmes, enfants. Indifféremment. Impitoyablement.  Inexorablement Il rencontrera les migrants eux-mêmes, ceux qui acceptent de témoigner ou le font sans en être conscients. Il rencontrera les passeurs, ceux qui acceptent de parler ou le font sans en être conscients. Il rencontrera aussi des "officiels", ceux qui tâchent de (se) convaincre que les pays "accueillants" agissent au mieux et ceux qui, à demi-mots, crachent leur impuissance face au drame.

  "Car derrière les cagettes de tomates, séparée d'elles par des planches en bois, Perry Wacker a aménagé une cache. A l'intérieur s'entassent 60 Chinois. Quand les douaniers de Douvres les découvrent, 58 d'entre eux sont déjà morts. Étouffés. Les corps sont entassés comme des pantins inertes, une montagne de chair, de membres, de torses, de têtes. Des corps quasi nus, car les clandestins ont ôté tous leurs vêtements dans un dernier effort pour survivre.

   Perry Wacker et son complice Ying Guo n'étaient que des petites mains dans le trafic de clandestins, des intermédiaires sans envergure, tout comme les Égyptiens, les Bulgares, les Albanais, les Kurdes, les Britanniques et les Français qui encombrent les salles de comparution immédiate du tribunal de Boulogne-sur-Mer. [...]

   "Peu à peu, [...] on commence à considérer que le trafic de clandestins est un crime", poursuit le policier. La France et l'Angleterre se dotent de lois ; Europol, fondé en 1999, constitue une cellule "Immigration" ; Frontex voit le jour en 2005.

   Pour autant, ce dispositif judiciaire et policier n'enraye pas la mécanique migratoire. Un problème central demeure aux yeux des spécialistes : le transport de clandestins n'est pas considéré comme un crime dans la plupart des pays de départ. Là-bas, les passeurs sont regardés comme des héros, pas des escrocs." [p. 340 - 346]

 

Croisières méditerranéennes, Bernard Lavilliers

 

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

20:37 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/11/2017

Mauvaise pioche, Elisabeth Brami et Camille Carreau (KMie.)

Présentation. C'est décidé ! Moi, Elsa Klein, petite dernière d'une famille de quatre sœurs, je n'ai plus envie de faire comme si :

- comme si j'étais un gars ou mieux qu'un gars,

- comme si j'étais la plus heureuse des filles,

- comme si j'étais la plus géniale des quatre,

- comme si j'étais celle qui continue à croire à leur bobard : "Ta mère et moi, on voulait une fille exactement comme toi !"

Mon œil...

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Mon avis. Un petit livre amusant pour les plus jeunes...

Elsa se livre dans son journal intime : elle raconte la difficulté d'être la "petite dernière", dans une famille de quatre filles où un garçon était ardemment espéré. La difficulté de ne récolter que de mauvaises notes en classe alors que ses trois aînées sont excellentes, voire brillantes. La difficulté de se sentir différente et de n'avoir personne à qui confier ses doutes et ses peurs.

  "En tout cas, c'est à ce moment-là que mes parents ont rejoué au loto des bébés. Et encore une fois, ils ont fait mauvaise pioche ! Mais cette fois, qui est arrivé ? Qui ? Devinez !

   MOI ! Moi, Elsa Klein. La quatrième fille du docteur Klein." [p. 25 - 26]

L'enfant porte sur la fratrie et les parents un regard tantôt doux amer, tantôt humoristique.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

21:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/10/2017

La malédiction de Gabrielle, 2 : À l'ombre du diable, Andrea H. Japp

Présentation. 1348. La peste fait rage dans Paris et l'épidémie a changé la face du royaume. Aurait-elle aussi changé Gabrielle ? Déterminée à être maîtresse de son propre destin, plus rien n'arrête cette femme bafouée par son mari, joueur acharné qui dépensait leurs quelques sous dans les pires tripots et les plus sombres bordels. Elle quitte la capitale avec sa fidèle Adeline, emportant avec elle une peinture mystérieuse que les puissants veulent posséder coûte que coûte. Dans une France en panique, tout est possible.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec grand plaisir Gabrielle et Adeline, même si j'ai parfois quelque peu rongé mon frein...

Après un résumé - bienvenu - du tome 1, le récit s'ouvre sur un couple de riches bourgeois parisiens ayant fui la capitale - et la pestis - avec leur petite Angélique, pour rejoindre Les Loges-en-Josas, lieu où se sont réfugiées Gabrielle et Adeline.

Gabrielle tire le diable par la queue, malgré l'ingéniosité dont elle et Adeline font preuve pour essayer de trouver de quoi se nourrir ; elle se voit ainsi contrainte de cacher au notaire de son mari qu'elle a perdu l'enfant qu'elle portait ou d'agir de manière "peu recommandable"...

Dans l'ombre des deux femmes gravitent des personnages énigmatiques, voire tout à fait dangereux - dont une Marthe de Rolittret particulièrement retorse - et même si Gabrielle - qui n'a plus rien à voir avec la naïve jeune fille d'autrefois - et Adeline demeurent sur leurs gardes, il arrive que leur vigilance se relâche quelque peu... Or ils sont nombreux ceux qui veulent faire main basse sur le fameux diptyque. Quoi qu'il en coûte. Comme si les ravages de la peste ne suffisaient pas...

C'est en se méfiant de tous qu'elles réussiront peut-être à survivre. Peut-être.

Si j'ai écrit avoir quelque peu rongé mon frein, c'est parce que se tisse une toile gigantesque au milieu de laquelle se débattent nos héroïnes et que cet opus soulève bon nombre de questions... sans en apporter les réponses. Suite donc des aventures de Gabrielle d'Aurillay dans le prochain opus...

Éditions Flammarion (2016) ; éditions J'ai Lu (2017).

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" (apostrophe).

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11:45 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/10/2017

Il y a un monstre dans ce livre, Tom Fletcher et Greg Abbott

Présentation. Il y a un monstre dans ce livre ! Pour s’en débarrasser, il faut secouer l’album, souffler dessus, le faire tourner très fort… Cet ouvrage interactif et plein d’humour invite l’enfant à interagir avec lui à chaque page.

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L'avis des petits. Un album qui a beaucoup plu à mes petits-enfants...

Première réflexion : le monstre dont il est question est tout mignon...

Il y a donc un (joli) monstre dans l'album et l'enfant est chargé de le faire décamper en agissant de diverses manières : en penchant le livre tantôt à droite, tantôt à gauche ; en soufflant dessus ; en criant (très) fort. Mais c'est qu'il s'accroche aux pages, le diablotin.

Jusqu'au moment où il quitte le livre pour se réfugier dans la chambre. Hum, finalement, ne vaut-il pas mieux qu'il réintègre l'album ? Vite, vite, rappelons-le...

Le dessin est superbe et les pages regorgent de couleurs vives ; les enfants (3 et 6 ans) ont beaucoup aimé devoir "intervenir" lors de la lecture. Résultat : mamy a dû le lire cinq fois d'affilée...

Éditions Milan, octobre 2017.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

15:36 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/10/2017

Une enquête du French coach : Le meurtre d'O'Doul Bridge, Florent Marotta

Présentation. San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite. C'est dans cette ville de l'Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes. Le coach de vie à succès renaît avec la difficulté qui suit la perte d'un être cher. Mais le voilà mêlé au meurtre d'un notable. Au moment de mourir, l'homme a composé un numéro, le sien. Alors la tourmente l'emporte. Réveillant les douleurs du passé.

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Mon avis. Un récit qui se lit aisément, un agréable moment, malgré quelques bémols…

Nous sommes à San Francisco et suivons Michael Ballanger, The French coach.  L’homme a fui aux États-Unis après qu’un drame a broyé son existence ; sous l’apparence d’un coach de vie à succès, cependant en proie à des cauchemars récurrents qui l’empêchent – mais le voudrait-il ? – d’enfouir son passé douloureux, il a laissé en France sa femme et sa fille, sachant qu’il lui serait impossible de (tenter de) recoller les morceaux…

Les ennuis (sérieux) commencent quand un de ses clients a été assassiné après l’avoir appelé : il n’en faut guère plus pour que Michael soit suspecté.

Commence une enquête, (presque) menée de main de maître par Ballanger alors que sa fille, Karine, qu’il n’a plus vue depuis longtemps et qui refusait d'encore lui parler depuis le drame, débarque à San Francisco. Autant dire qu’il dispose de peu de temps à lui consacrer même s’il sait pertinemment qu’il tenait là l’occasion inespérée de renouer le dialogue avec elle…

Aucun temps mort dans ce roman à l’écriture sacrément efficace qui nous fait arpenter la ville en compagnie des protagonistes : de Michael à sa fille, en passant par une (sculpturale) amie ex-call girl, un journaliste parano, des flics pourris ou non, ou encore une « veuve noire »…

Petits bémols : l’absence de véritable surprise ou la récurrence (lassante) des discussions entre Karine et Kim d’une part, et Michael d’autre part, quand il est question de passer à l’action…

Éditions Taurnada, 2017.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de La Licorne 4 et « Lire sous la contrainte ».

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21:37 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/10/2017

Le parrain et le rabbin, Sam Bernett

Présentation. Novembre 1943, Milan.  Les Allemands s'apprêtent à donner l'assaut dans une école juive qui accueille clandestinement une quinzaine de jeunes garçons et un rabbin. Par chance, un des élèves a pu donner l'alerte. Fuir, donc. Mais pour aller où ?

Pendant plusieurs nuits, ayant à peine de quoi survivre, le petit groupe va se retrouver en haute montagne avec pour ultime espoir de rejoindre la Suisse en passant la frontière à pied, et pour seuls compagnons le froid, la faim, le découragement et la sensation de la mort qui vient.

À New York, des membres du Rescue Committee travaillent nuit et jour pour sauver les Juifs d'Europe. Tandis qu'à Milan les choses se précipitent, une idée folle surgit : "Pourquoi ne pas faire appel à la Mafia ?" [...]

Voici le récit authentique de cette chasse à l'homme que nous rapporte Sam Bernett de son écriture à la fois trépidante et sensible.

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Mon avis. Un récit qui se lit d'une traite...

Le livre commence à Milan, en 1943 ; la Gestapo se prépare à investir une école où sont réfugiés des enfants juifs, sous la houlette d'un rabbin. Coïncidence : Carlo s'est levé pour satisfaire un besoin naturel et donne aussitôt l'alerte. Enfants et adultes réussissent à se sauver par la porte de derrière. Les fugitifs ont à peine eu le temps d'enfiler l'un ou l'autre vêtement (pas très) chaud qu'ils se retrouvent bien vite la proie du froid et de la faim tandis qu'ils tentent de rejoindre la Suisse par la haute montagne...

De l'autre côté de l'Atlantique, le Rescue Committee tente de venir en aide aux Juifs européens et cherche une solution afin d'évacuer le petit groupe voué à une mort certaine. C'est alors qu'un des membres du groupe ose émettre une idée à mille lieues de leurs principes : faire appel à Joseph Bonanno, alias Joe Bananas, un des parrains de la mafia, celui qui deviendra des années plus tard capo di tutti capi, chef de tous les chefs mafieux.

Nous découvrons la manière (oh combien maladroite) dont quelques membres (heureusement inconscients) du comité essaient d'entrer en contact avec les hommes du parrain et les délicates tractations qui s'en suivront : Joe Bonanno est une personnalité à qui il vaut mieux éviter de se frotter et le grand rabbin Chaskel Werzburger a lui aussi un caractère bien trempé.

Je n'ai pu m'empêcher d'imaginer une adaptation cinématographique de ce texte, avec une véritable scène d'anthologie : la rencontre entre les deux hommes, choc entre l'eau et le feu, entre le bien et le mal. Un échange au cours duquel le lecteur retient son souffle, tant l'infime légèreté d'une plume risquerait de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, avec des conséquences (in)imaginables...

  "Quand mes gars, ils m'ont dit qu'un rabbin de Brooklyn voulait m'entreprendre, j'ai cru à une joke... Ça m'a fait marrer, moi, je suis comme ça, voyez, j'aime ça, me marrer ! Pas vous, vous aimez pas vous marrer ?" [p.  75]

  "Le rabbin ne supporte plus d'être là, ne supporte plus ce plouc, ce péquenot, ce parvenu. En quelques mots très brefs, il dit ce qui les a conduits ici, chez lui.

   Bonanno rouvre les yeux et l'arrête d'un geste de la main.

  "Pardon, rabbin", fait-il d'une voix presque aussi onctueuse que son geste.

   Puis, péremptoire, s'adressant aux autres :

  "OK, ce gars-là a un problème ou je ne m'y connais pas. Des yeux comme ça, ça ne s'invente pas. Laissez-moi avec lui. Allez, allez, basta, vaffanculo !" [p. 79]

Éditions Le cherche midi, 2017.

 

Un grand merci à Gilles Paris et aux éditions Le cherche midi pour ce partenariat.

19:13 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/10/2017

Dessine !, de Hervé Tullet (jeu)

Présentation. 30 cartes "Quoi dessiner ?" ; 30 cartes "Comment dessiner ?" ; un dé ; des pochoirs. Ne manque plus qu'une feuille et une boîte de couleurs pour jouer, pour créer, pour s'amuser !

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L'avis des petits. Mes petits-enfants (6 et 3 ans) ont beaucoup apprécié ce jeu et ont d'emblée reconnu la patte d'Hervé Tullet dont ils ont déjà quelques albums.

Le principe est simple : il s'agit de dessiner des éléments tirés au sort dans un paquet de cartes ; le nom de l'élément est indiqué sur la carte et accompagné de sa représentation graphique ; de cette manière, même si l'enfant ne sait pas lire, il voit ce qu'il doit lui-même dessiner.

Dans l'autre pile, des cartes donnent une indication sur la manière de dessiner : en (très) grand, en (tout) petit, en fermant les yeux... ; lorsque la carte est tirée au sort (très/trop rarement), le dé est jeté et le nombre obtenu détermine combien de fois l'élément doit être représenté.

Deux variantes du jeu sont proposées autour de ce même principe et la partie peut être arrêtée quand on le désire.

Des moments très amusants en perspective.

Merci aux Éditions Bayard pour cette belle découverte.

16:30 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

14/10/2017

Dans l'ourlet de nos jupes, Florence Cadier

Présentation. 1914. Lille vit sous le feu des bombardements. Refusant de subir l'occupation allemande sans agir, Adèle, seize ans, s'engage comme infirmière auprès des soldats évacués du front. Mais cela ne lui suffit pas et, grâce à son ami Albert, elle intègre le réseau d'espionnage mené par Louise de B.
Elle a pour mission de faire passer, cachés dans l'ourlet de ses jupes, de précieux documents aux Anglais et à l'état-major français.

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Mon avis. Un récit qui lève le voile sur le courage des ces femmes qui ont aussi fait l'Histoire...

L'action se déroule à Lille durant cette période que l'on a nommée La Grande Guerre. Adèle a seize ans et vit en compagnie de sa sœur aînée Léontine qui, à la mort de leurs parents, a juré à leur mère qu'elle veillerait sur sa cadette. Après avoir été hébergées dans un orphelinat dirigé d'une main de fer par des religieuses, les deux sœurs vivent  désormais seules. Léontine est infirmière de la Croix-Rouge et travaille à l'hôpital Saint-Sauveur. Adèle, quant à elle, se rend utile, tantôt en soulageant les nombreux blessés, tantôt en aidant au ravitaillement des soldats.

Très vite, malgré son jeune âge, Adèle désire en faire bien plus pour aider son pays ; c'est ainsi qu'elle intégrera un réseau de résistants, en cachette de Léontine - qui ne l'aurait jamais toléré -, au départ sans être véritablement consciente des énormes risques encourus.

"- Attendez, ne vous fâchez pas. Je connais des femmes et des hommes qui pourraient vous intéresser. Mais ne restons pas là, il y a toujours des oreilles indiscrètes." [p. 27]

  "Je m'assis sur le lit et décousis légèrement l'ourlet de ma jupe pour récupérer plus facilement les feuillets quand ce serait le moment." [p. 59]

 

À travers l'histoire d'Adèle, c'est celle des résistant(e)s qui est ici mise à l'honneur, ces personnes parfois (très) jeunes qui, se méfiant de tous, avec pour compagne la peur, ont bravé de nombreux dangers pour le bien d'autrui...

Éditions Talents Hauts, collection Les Héroïques, 2017.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" (apostrophe).

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15:14 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

13/10/2017

Les Sœurs Hiroshima, Mariko Yamamoto

Présentation

Hiroshima, 6 août 1945.

Le soleil brille, les cigales chantent. Akiko, 15 ans, et sa grande sœur s'apprêtent à prendre leur petit déjeuner quand un violent flash de lumière, suivi d'une détonation assourdissante, les surprend brutalement.

Quand Akiko reprend ses esprits, tout semble irréel. Le soleil n'est plus qu'un disque de papier rouge découpé et collé dans le ciel. [...]

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Mon avis. Un bel écrin pour un beau texte, cependant un peu court...

Même si nous sommes en août 1945, c'est une véritable douceur de vivre qui berce le début du récit. Akiko vit à Hiroshima avec sa sœur aînée, qu'elle admire profondément, leurs parents sont partis à la campagne avec le petit dernier. Au gré des pages, Akiko relate de tendres souvenirs, des moments heureux avant "l'éclair" qui va tout anéantir sur son passage.

  "Dehors, les cigales cachées dans les pins du jardin chantaient à tue-tête, et un soleil éblouissant inondait la pièce." [p. 11]

 

Alors qu'elles vaquent à leurs occupations en se chamaillant gentiment, le monde bascule.

  "Tout à coup, une puissante lumière, un flash aveuglant jaillit par la fenêtre ouest.

   Ce bloc lumineux, à l'éclat anormal, avait explosé. [...]

   Il brûla soudain mon champ de vision, comme le soleil reflété dans un miroir, et pendant un moment je restai aveuglée.

   Puis une bourrasque brûlante s'engouffra avec une force prodigieuse dans la maison, j'eus la sensation d'être soulevée de terre par une énergie inconnue et, sans même avoir le temps de comprendre, je fus projetée à plusieurs mètres de là, dans la cuisine." [p. 32] 

 

Le récit raconte, à partir de souvenirs réellement recueillis auprès de survivants de cette catastrophe, l'ahurissement, l'hébétude, la douleur et la souffrance physiques et morales de ceux qui ont survécu à l'éclair, parfois pour quelques heures, parfois pour quelques jours, parfois plus longtemps. Parmi eux, Akiko qui tâche, avec les moyens dérisoires qui sont les siens, de venir en aide à sa sœur, grièvement blessée, ainsi qu'aux connaissances ou anonymes qu'elle croisera au fil de son errance...

Traduction : Jean-Baptiste Flamin.

Illustration de couverture : Patrick Leger.

Titre VO : Hiroshima no Shimai (1973).

 

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

16:43 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/10/2017

Mémoire d'Ange, tome 1 : La potentielle, Michèle Beck

Présentation. Potentielle : humaine pouvant être transformée en chasseuse par un démon ou en gardienne par un ange.
Rien ne préparait Lily, 17 ans, à se retrouver au milieu d'une guerre millénaire entre anges et démons. Alors qu'elle vient de perdre sa mère, Matthew, un ange, lui révèle qu'elle est une potentielle. Lily et Matthew sont happés dans une fuite haletante face aux ennemis qui les pourchassent. Si elle se révèle étrangement puissante, Matthew a aussi sa part de mystère ; amnésique, il ignore la raison de la disparition de ses ailes. Est-il devenu un ange déchu ? Les épreuves vont les rapprocher et réveiller des sentiments anciens, un amour qui a survécu à travers les âges et n'est pas du goût de certains.

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Mon avis. Ce roman devrait plaire aux adolescent(e)s mais pour ma part, j'en suis restée à distance...

Après le prologue, le récit commence avec le deuil vécu par Lily : la jeune fille vient de perdre sa maman ; alors qu'elle se recueille sur sa tombe, elle est confrontée à une "réalité" qui dépasse l'entendement puisqu'elle va faire la connaissance de Matthew, un ange, au sens propre du terme.

Elle est désormais contrainte de frayer avec des créatures qui, au sein de notre monde, se livrent une guerre millénaire, par intermédiaires interposés, à savoir les anges et les démons...

Pas de temps mort dans cet univers extrêmement riche ; je n'ai cependant nullement été touchée par les protagonistes. En outre, les événements sont, selon moi, trop rapidement acceptés par Lily qui semble ne s'étonner de (presque) rien, devient vite une experte dans un domaine dont elle n'avait aucune connaissance peu de temps auparavant, et succombe très vite au(x) charme(s) de Matthew...

Merci aux éditions Le Gâteau sur la Cerise pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges Lire sous la contrainte, Littérature de l'imaginaire (19/24) et de La Licorne, 4.

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21:50 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

29/09/2017

Le trône de fer, 1, George R. R. Martin

Présentation. Il était une fois, perdu dans un lointain passé, le royaume des Sept Couronnes... En ces temps nimbés de brume, où la belle saison pouvait durer des années, la mauvaise toute une vie d'homme, se multiplièrent un jour des présages alarmants. Au nord du Mur colossal qui protégeait le royaume, se massèrent soudain des forces obscures ; au sud, l'ordre établi chancela, la luxure et l'inceste, le meurtre et la corruption, la lâcheté et le mensonge enserrèrent inexorablement le trône convoité. Pour préserver de l'ignominie les siens et la dynastie menacés se dresse alors, armé de sa seule droiture, le duc Stark de Winterfell, aussi rude que son septentrion natal. Mais, en dépit du pouvoir immense que vient de lui conférer le roi, a-t-il quelque chance d'endiguer la tourmente qui se lève ?

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Mon avis. J'ai profité de la réédition du Trône de fer pour (enfin) découvrir cette saga. Bien m'en a pris...

De cette série télévisée, j'entendais la plupart du temps, lorsqu'un membre de la famille regardait un épisode, des gémissements : soit les personnages se trucidaient, soit ils forniquaient et je n'avais nulle envie d'y jeter un œil. Mais puisqu'il est dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, j'ai eu envie de mettre des visages sur des noms et au fur et à mesure de ma lecture, je regardais l'un ou l'autre épisode, veillant à ne pas aller plus vite par l'image que par les mots...

Est-il encore utile de présenter cette saga que tout le monde - ou presque - connaît ? Dans le doute, en voici quelques éléments...

Le prologue met en évidence des "créatures" qui vivent au-delà du Mur ; ces autres semblent devoir devenir un fléau qui s'abattra sur les humains...

En attendant, nous suivons la famille des Stark, dont le père, Eddard - qui n'avait rien demandé, bien au contraire -, est contraint de devenir la Main du Roi Robert Baratheon, son ancien compagnon de bataille. Un tel honneur ne se refuse pas et c'est la mort dans l'âme qu'il devra laisser derrière lui femme et (certains de ses) enfants, ainsi que le froid du Nord dans lequel il se sent chez lui pour se rendre, en compagnie de son suzerain dans un Sud à la chaleur  écrasante. Eddard étouffe, dans tous les sens du terme, d'autant que les complots s'ourdissent à tour de bras. Son fils illégitime, Jon Snow, a rejoint le Mur alors que Bran est resté à Winterfell en compagnie de sa mère et de son jeune frère. Quant aux filles, Sansa et Arya, elles ont accompagné Ned à Port-Réal. Coup de cœur pour Arya qui souffre plus souvent qu'à son tour de sa "condition féminine"...

Parallèlement, on découvre Daenerys, princesse déchue en quelque sorte, sous la coupe autoritaire et perverse de son c... de frère, Viserys ; celui-ci vient de la vendre, ni plus ni moins, à un chef barbare, Drogo. Mais en fin de compte, l'on peut se demander qui est le plus barbare ? [Jason Momoa dans le rôle de Khal Drogo vaut indéniablement le coup d’œil].

Côté Lannister, un seul a trouvé grâce à mes yeux, c'est Tyrion, dont l'intelligence s'avère inversement proportionnelle à la taille ; la reine et son frère jumeau sont particulièrement détestables, mais ce n'est rien, semble-t-il, en regard du prince héritier qui a "de qui tenir".

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier tome ; deux bémols cependant : d'abord un souci d'impression puisqu'à de multiples reprises, des mots n'ont pas été correctement scindés ; en outre, certaines phrases sont parfois tellement alambiquées qu'il m'est arrivé de devoir les relire afin d'en décoder le sens. Fait de l'auteur ou du traducteur ? I don't know...

  "Alors, de funestes pressentiments envahirent Eddard Stark. Sa place était ici, dans le nord. Il jeta un regard circulaire sur les effigies de pierre qui l'entouraient, prit, dans le silence glacial de la crypte, une profonde inspiration. Il sentait les yeux des morts peser sur lui. Il les savait tous à l'écoute. Et l'hiver venait." [p. 64]

Traduction : Jean Sola.

Titre VO : Song of Ice and Fire, book 1 : A Game of Thrones (1996)

Je ne lirai probablement pas la suite : j'ai trop envie de découvrir la suite de la série et je ne lis jamais un roman après en avoir vu l'adaptation télévisée ou cinématographique...

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges Littérature de l'imaginaire (18/24) et "de La Licorne".

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18:50 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

25/09/2017

Mille ans après la guerre, Carine Fernandez

Présentation. À l'aube du XXIe siècle, Miguel, un vieil homme solitaire, quitte sa cité ouvrière de la province de Tolède pour s'enfuir avec Ramón, son chien, dans les monts d'Estrémadure. Il vient de recevoir une lettre de sa sœur lui annonçant qu'elle souhaite s'installer chez lui. Face à la menace de la vie commune, le vieux libertaire se révolte. Pour la première fois de sa vie, il ose. Il s'évade. [...]

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Mon avis. Un texte fort de cette rentrée littéraire ; une balade qui prend l'allure d'une ballade, de celles qui conte, à travers une très belle plume, une existence dans laquelle le drame joue sa douloureuse partition...

Miguel, alias Medianoche, au crépuscule de sa vie, vit seul avec son chien Ramón depuis le décès de son fils et de son épouse. Le vieil homme reçoit un jour une lettre de sa sœur Nuria : cette dernière lui annonce sans préambule qu'elle s'en vient vivre avec lui. Medianoche ne peut imaginer une seule seconde voir sa tranquillité troublée de la sorte ; il décide alors de quitter sa maison afin de retourner sur les traces de son passé, le temps que Nuria, de guerre lasse, abandonne son projet.

Il passe à la banque retirer une partie de ses économies et prend le bus en compagnie de Ramón, direction Montepalomas, le village où il a grandi en compagnie de son jumeau Mediodìa, son double exécuté depuis longtemps déjà, lors de la guerre civile espagnole...

Ce pèlerinage sera pour le vieil homme l'occasion de "revivre" un passé douloureux, dévoilant au lecteur les atrocités commises par les Franquistes à l'égard des "Rouges". Medianoche redonne ainsi "la parole" à ceux qui, par soif de liberté et d'égalité, ont payé de leur vie.

  "Cette faiblesse du ventre, il la reconnaît, ce n'est rien d'autre que la trouille." [p. 21]

  "Sur cette ancienne route où deux voitures se croisaient difficilement, avant les lignes d'autocar et même avant l'asphalte, il était passé. Sous le même soleil, sous la même malédiction de Midi." [p. 33]

  "La fatigue, mauvaise, si intense, si pesante. De la pure douleur, dépassée par le corps qui reste raide, debout dans le camion, soudé au compagnon d'enfer, le corps qui continue de résister, d'aller, sans âme. L'âme morte. Seulement les yeux qui fondent, la gorge en flammes, la cervelle bouillante, comme si tout le sang fébrile du pauvre corps était monté à la tête. Aucun ne se plaignait de la soif, ni de la douleur, aucun n'avouait sa trouille." [p. 35]

  ""On va vous faire envier les morts !", tempêtait le curé au milieu de l'esplanade, lors de la messe du dimanche." [p. 205]

 

Medianoche se lance dans une quête éperdue de Mediodìa, Andrés, Valeriano, Rosario..., une quête de lui-même également ; peut-être les(s') y (re)trouvera-t-il...

Un grand merci aux éditions Les Escales pour ce partenariat.

10:49 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/09/2017

Les échoués, Pascal Manoukian

Présentation. 1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d'assaut les routes qu'ils sont en train d'ouvrir.

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Mon avis. Un récit bouleversant...

J'ai souvent un ou deux train(s) de retard, c'est pourquoi je viens seulement de lire ce titre qui a fait couler beaucoup d'encre à sa sortie, voici déjà deux ans...

Trois points de vue, trois destins, trois souffrances qui se rejoignent en un lieu où, normalement, la vie devrait être plus douce. Normalement.

Le premier, Virgil, le Moldave, tâche de survivre caché dans un trou au plus profond de la forêt de Sénart, sortant de sa cachette pour grappiller de quoi se "nourrir".

  "Cela faisait deux mois maintenant qu'il vivait tapi dans un trou. Une tombe d'un mètre quatre-vingt-dix sur un mètre de large et un mètre de profondeur, creusée à la main au beau milieu de la forêt, et recouverte d'un toit de branches et de feuilles.

   Le jour, il y enfouissait ses affaires. La nuit tombée, il s'y enterrait vivant." [p. 12]

 

Le second se nomme Assan, vient de Somalie et a fui la guerre civile avec sa fille Iman, sa femme et les petites sœurs d'Iman ayant été fauchées par une rafale de mitraillette : "Abdou était descendu du pick-up, traînant la vieille exciseuse derrière lui. La moitié de son visage avait été désossée à coups de crosse. Asma avait tout de suite compris qu'il venait chercher Iman pour la découdre." [p. 27]  Assan "avait refusé de passer une nuit de plus dans ce pays où les garçons changeaient de nom et où les filles vivaient cousues." [p. 27]

 

Chanchal, quant à lui, vient du Bangladesh : vendeur de roses à la sauvette dans les restaurants qui acceptent de le laisser entrer, il vient de se faire "tabasser" par "deux paires de rangers" visiblement profondément dérangées par la couleur de sa peau.

  "Chanchal s'évanouit avant même de sentir que les deux molosses lui urinaient dessus." [p. 44]

 

Ces trois échoués - quatre avec Iman - vont se croiser au hasard de leur douloureuse errance et mettre des mots sur ce qu'ils subissent pour avoir voulu rejoindre un lieu dont ils espéraient tant.

  "Comment témoigner de ces neuf mois de route, de ces blessures à jamais ouvertes, des humiliations, de ce monde empreint de lâcheté, de violence, du manque d'humanité, de cette négation de la vie..." [p. 105]

 

Et au bout de la route, les poings fermés, le rejet. Pourtant, parfois, une lueur dans la nuit...

La fin est percutante ; mes larmes ont coulé, abondantes...

15:42 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/09/2017

Élise, Luca Tahtieazym

Présentation. Quatre murs ont été érigés autour d’elle par son geôlier. Tout ce que connaît Élise, elle le tire de ses nombreuses lectures.
Et l’épilogue est proche.
Voici l’histoire de celle qui voyageait avec les mots.

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Mon avis. Une lecture qui tient en haleine...

C'est au hasard de mes pérégrinations "bloguesques" que j'ai découvert ce récit et je me le suis procuré illico presto. J'ai passé un très "bon" [si vous le lisez, vous comprendrez la nécessité des guillemets] moment en compagnie d’Élise.

Focus sur une petite fille qui, avec les moyens dont elle dispose, raconte sa captivité : elle n'a jamais connu autre chose que l'enfermement dans une espèce de grange qu'elle nomme le Refuge. Plusieurs fois par jour, une femme d'un certain âge, Mama Sim, vient la nourrir et vider le "seau d'aisance" ; celle-ci lui apprend à lire et écrire et lui apporte des livres qui constituent la seule source "d'évasion" de la petite. Elle reçoit aussi la visite régulière de son "papa". Elle a six ans lorsqu'elle commence à évoquer son existence.

C'est cette première partie que j'ai de loin préférée aux autres : l'auteur réussit le tour de force de se mettre dans la peau d'une enfant qui n'a jamais quitté cet espace clos et qui "découvre le monde", à partir des bribes d'informations qu'elle réussit à soutirer à Mama Sim dont le comportement souffle tantôt le chaud, tantôt le froid, et qui semble vouloir la protéger du "papa". Par petites touches, l'enfant finira pas comprendre de quoi, en dehors des brimades et des coups subis, elle doit être protégée...

Les livres sont une autre source, foisonnante celle-là, de renseignements, des livres qu'elle lit et relit inlassablement, savourant la musique des mots pour se forger des images, des idées et trouver en ces compagnons de papier un soutien indéfectible.

Les autres parties touchent, d'une manière ou d'une autre, au destin d'Élise, toujours en relation avec les romans mais impossible d'en dévoiler davantage sous peine d'en dire trop.

  "Le Comte de Monte-Cristo, c'est l'histoire d'une victime éperdue de liberté, un être qui a soif de vie et qui cherche envers et contre tout à se défaire de ses chaînes et à faire tomber les murs qui le retiennent prisonnier. Et quand on la lui ôte, cette liberté, il se venge.

   Il se venge."

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne

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11:27 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Le challenge de la Licorne, 4e édition

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Je me suis réinscrite au challenge de la Licorne qui propose de lire des romans ou recueils de nouvelles appartenant à l'imaginaire (Fantasy, Fantastique, S-F...) et au policier-thriller.

Le challenge court jusqu'au 31 août 2018 : toutes les informations sont disponibles ici.

 

Imaginaire

1) Le trône de fer, 1, de George R. R. Martin.

2) Mémoire d'Ange, tome 1 : La potentielle, de Michèle Beck.

3) Sombres étoiles, de Malorie Blackman.

 

 

Policier-thriller

1) Élise, de Luca Tahtieazym.

2) Une enquête du French coach : Le meurtre d'O'Doul Bridge, de Florent Marotta.

3) Entre deux mondes, d'Olivier Norek.

4) Glacé, de Bernard Minier.

5) Un cœur sombre, de R. J. Ellory.

6) After Anna, de Alex Lake.

11:18 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/09/2017

La maison des Turner, Angela Flournoy

Présentation. Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d'un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d'une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.

Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n'a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.

Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l'avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s'il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l'avenir des Turner et de leur maison ?

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Mon avis. La peinture sociale d'une famille noire pauvre de Detroit, du XXe au XXIe siècle...

Le récit commence en 2008, à l'heure où les enfants de la famille Turner doivent prendre une décision relative à la maison familiale, maintenant qu'il est clair que la maman n'aura plus la possibilité d'y revenir en raison de sa santé. Il est cependant extrêmement difficile de trouver un terrain d'entente quand on est treize, éparpillés aux quatre coins du pays, même si certains sont restés à Detroit.

Ce n'est pourtant pas le destin des treize enfants - et petits-enfants et arrière-petits-enfants - qui sera ici raconté mais principalement celui de deux d'entre eux : Cha-Cha, l'aîné, et Lelah, la cadette. Plus de vingt ans les séparent, mais aussi et surtout une manière de vivre totalement différente l'une de l'autre : Cha-Cha est raisonnable, chef de famille respecté et respectable, organisé, soucieux d'agir en patriarche depuis que son père est décédé. Lelah, quant à elle, s'est retrouvée très vite fille mère et, joueuse compulsive, elle vient d'être licenciée et se retrouve sans revenu....

J'ai apprécié cette lecture qui dépeint les vicissitudes vécues par les parents - et par la suite leurs enfants -, après la deuxième guerre mondiale jusqu'en 2008, dans une Amérique où la couleur de peau est signe de différence. J'ai en revanche moins aimé la façon dont, à mon sens, le récit s'éparpille parfois dans de nombreuses directions sans qu'elles ne soient véritablement exploitées.

Merci aux éditions Les escales pour ce partenariat.

Traduction : Anne-Laure Tissut.

Titre VO : The Turner House (2015).

19:58 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/08/2017

François, Le pape américain, Silvina Pérez et Lucetta Scaraffia

Présentation. « Au soir du 13 mars 2013, il fut indéniable que ce nouveau pape était vraiment un pape nouveau. Nombreux étaient les éléments de changement représentés par une élection aussi rapide qu'espérée, bien qu'assez surprenante. Jorge Mario Bergoglio, l'archevêque de Buenos Aires âgé de soixante-seize ans, était pratiquement un inconnu, mais en quelques instants, les médias du monde entier annonçaient que le souverain pontife était, pour la première fois, un Américain, un jésuite et que, pour la première fois, il avait pris le nom de François.

Le pontificat de Bergoglio arrivé à maturité au bout de quatre ans nous autorise à porter un regard qui, bien que provisoire, permet d'en pressentir la réelle évolution.

Silvina Pérez et Lucetta Scaraffia ont mis en œuvre une réflexion pour décrire les grandes lignes et les perspectives, ainsi que les choix innovants du souverain pontife, pour évoquer également les circonstances qui ont influencé la formation du jeune jésuite et pourquoi, depuis son élection, ce pape venu « presque du bout du monde » déconcerte et surprend. »

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Mon avis. Un éclairage intéressant sur quelques facettes de l'actuel souverain pontife...

J'ai eu envie de lire cet ouvrage car le pape actuel me paraît "sympathique", (bien) davantage que certains de ces prédécesseurs.

La première partie, Bergoglio, par Silvina Pérez,  évoque quelques éléments du passé de Jorge Mario Bergoglio, remontant à l'arrivée de ses parents en Argentine, alors qu'ils ont fui l'Italie de Mussolini. S'ensuivent les années passées à arpenter les bas quartiers de Buenos Aires appelés "villas miseria", désireux de soulager - si peu - la profonde misère des laissés-pour-compte d'une immense décharge à ciel ouvert où la pollution s'épanouit ; le tout sur fond de dictature.

La deuxième partie, Le souverain pontife, par Lucetta Scaraffia, se centre sur la fonction de celui qui dénote, à la fois en raison du nom qu'il s'est choisi, François, référence à Saint François d'Assise, et du continent d'où il provient. Ces pages mettent l'accent sur les actions entreprises par le pape et les textes qu'il a diffusés, parfois en discordance par rapport à la tradition. Il est ainsi critiqué par ceux qui estiment qu'il va trop loin dans ses désirs de réforme, comme par ceux qui trouvent qu'il demeure décidément trop prudent.

Je suis restée quelque peu sur ma faim dans le sens où j'aurais volontiers apprécié découvrir plus avant l'enfant et l'homme, avant la fonction. Cela dit, les éléments du passé apportent un éclairage sur ses préoccupations essentielles : celles relatives au sort des réfugiés ou aux démunis, toujours plus nombreux, avec la miséricorde pour leitmotiv, ainsi que le dialogue avec les autres religions.

  "Je rêve d'une Europe où être un migrant ne soit pas un délit." [p. 129]

  "Bergoglio est indifférent au débat médiatique, car son seul objectif est de faire entendre l'appel de la miséricorde à une société qui a fait de la concurrence, de la victoire sur autrui et du succès le seul but de la vie." [p. 130] 

 

Traduction : Dominique Sicouri.

Titre VO : Francesco, il papa américano.

Merci aux Presses de la Renaissance pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" (vêtement).

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11:40 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |