04/11/2016

L'écorchée, de Donato Carrisi

Présentation. Sept ans après la traque du Chuchoteur, Mila travaille au département des personnes disparues. Elle sait que certains disparus, oubliés de tous, réapparaissent soudain pour tuer. Lorsqu'un homme surgi du néant massacre une famille, il devient sa cible, l'incarnation du mal. Une traque terrifiante s'engage.

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Mon avis. De cet auteur, j'avais aimé Le Tribunal des âmes et Le Chuchoteur ; L'écorchée est la suite du Chuchoteur.

On y retrouve Mila Vasquez, quelques années après la célèbre affaire dont, je dois l'avouer, j'avais presque tout oublié : la jeune femme est toujours autant torturée par la "part d'ombre" qui la façonne. Elle travaille aujourd'hui au département des personnes disparues, surnommé Les Limbes (!). Elle a une petite fille qui vit chez sa grand-mère et sur laquelle elle "jette un œil" par caméra interposée.

Son enquête la mène sur les traces, extrêmement ténues, de personnes tout à fait insignifiantes qui un jour, sans crier gare, ont disparu - trois petits tours et puis s'en sont allées - et qui, pour certaines en tout cas, sont apparemment sorties de l'o/Ombre afin de commettre des homicides s'apparentant à de véritables exécutions.

Pathologiquement dépourvue d'empathie, l'inspectrice continue à se fier à ses (funestes) intuitions et n'a pas perdu son côté "misanthrope" ; elle tâche cependant de "prendre sur elle" pour maintenir un semblant de relation avec son entourage.

C'est (petit) pas à (petit) pas que progresse Mila, bientôt aidée par Simon Berish - que j'ai d'emblée apprécié -, un enquêteur qui n'a pas son pareil pour faire avouer, mine de rien, les coupables, mais qui a été mis sur la touche. Un véritable paria.

J'ai passé un "bon" moment en la compagnie de ce duo, tournant allègrement les pages de ce roman, même si l'histoire m'a paru un peu "too much" et si l'absence de repères spatio-temporels m'a cette fois dérangée. En revanche, la fin est excellente : le lecteur n'en a vraisemblablement pas fini avec l'enquêtrice (et avec Berish ?)...

Traduction : Anaïs Bokobza.

Titre VO : L'ipotesi del male (2013).

 

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne 3 (thriller).

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09:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/11/2016

Le challenge de la Licorne, 3

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Je me suis inscrite au challenge de la Licorne, 3è édition, dans le niveau 3 : "Trolls tueurs fous".

Il s'agira pour moi de lire, jusqu'au 31 août 2017, 9 romans appartenant au thriller-policier et 9 relevant de la fantasy + fantastique (à partir du 1/1/17).

Les informations sont disponibles ICI.

 

Thriller - policier

1. La Sirène, de Camilla Läckberg

2. Le Rouge idéal, de Jacques Côté

3. Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel

4. Le cri, de Nicolas Beuglet

5. Atomes crochus, de David Khara

6. L'écorchée, de Donato Carrisi.

7. Tout n'est pas perdu, de Wendy Walker.

8. Colère noire, de Jacques Saussey.

9. Canicule, de Jane Harper.

 

Lectures supplémentaires :

10. Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, de Martin Michaud.

11. De sinistre mémoire, de Jacques Saussey.

 

Fantasy/Fantastique

1. Au pays de l'Ailleurs, de Tahereh Mafi.

2. Les Épées de glace, tome 2 : Le Châtiment de l'Empire/La Servante, d'Olivier Gay.

3. La Main de l'Empereur, tome 1, d'Olivier Gay.

4. Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, de Pierre Pevel.

5. Soul breakers, de Christophe Lambert.

6. La Lune avait bu, de Florence Médina.

7. Arena 13, tome 2 : La proie, de Joseph Delaney.

8. La voie des Oracles, I: Thya, d'Estelle Faye.

9. Royaume de vent et de colères, de Jean-Laurent Del Socorro.

10. Le jour où..., de Paul Beorn.

18:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Challenge Littérature de l'imaginaire, 5

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Je me suis inscrite au challenge Littérature de l'Imaginaire proposé par Amarüel. L'objectif est de lire, entre le 1er décembre 2016 et le 1er décembre 2017, des ouvrages appartenant au Fantastique, à la Fantasy et/ou à la Science-fiction.

J'ai choisi l'échelon 2, "Petits pas dans l'ailleurs" (au moins 24 livres) dans la catégorie A, "Ange gardien de la simplicité" (tous supports et tous genres de l'imaginaire).

Les renseignements sont disponibles ICI.

 

1. Les enfants-rats, de Françoise Jay.

2. La Main de l'Empereur, tome 1, d'Olivier Gay.

3. Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, de Pierre Pevel.

4. Gigi Reine de la Mode, livre-CD de Philippe Eveno, illustré par Charlotte Gastaut.

5. Soul breakers, de Christophe Lambert.

6. Juste à temps, de Philippe Curval

7. La Lune avait bu, de Florence Medina.

8. Arena 13, tome 2 : La proie, de Joseph Delaney.

9. La voie des Oracles, I : Thya, d'Estelle Faye.

10. Passenger, d'Alexandra Bracken.

11. Royaume de vent et de colères, de Jean-Laurent Del Socorro.

12. Le jour où..., de Paul Beorn.

13. Le Cimetière du Diable, d'Anonyme.

14. Port d’Âmes, de Lionel Davoust.

13:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

02/11/2016

Challenge Jeunesse/Young Adult 6

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Je me suis de nouveau  inscrite au Challenge Jeunesse/Young Adult proposé par Mutinelle, cette fois, dans la catégorie 2 : "Badine avec les royaumes de l'enfance".

Il s'agira donc pour moi de lire 20 ouvrages Jeunesse et/ou Young Adult d'ici au 30 septembre 2017 ; si je vois que je dépasse ce nombre, je pourrai toujours passer dans la catégorie supérieure.

Les informations sont disponibles ICI.

 

1. NEED, de Joelle Charbonneau.

2. Au pays de l'Ailleurs, de Tahereh Mafi.

3. Les enfants-rats, de Françoise Jay.

4. Sauveur & Fils, saison 1, de Marie-Aude Murail.

5. Les belles vies, de Benoît Minville.

6. Le grand saut, tome 1, de Florence Hinckel.

7. Samedi 14 novembre, de Vincent Villeminot.

8. Blue, de Camille Pujol.

9. Soul breakers, de Christophe Lambert.

10. J'ai avalé un arc-en-ciel, d'Erwan Ji.

11. Arena 13, tome 2 : La proie, de Joseph Delaney.

12. Blue gold, d'Elizabeth Stewart.

13. La carotte et le bâton, de Delphine Pessin.

14. La voie des Oracles, I : Thya, d'Estelle Faye.

15. Grosse folie, de Raphaële Frier.

16. Passenger, d'Alexandra Bracken.

17. Mosquitoland, de David Arnold.

18. Le jour où..., de Paul Beorn.

21:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

NEED, Joelle Charbonneau

Présentation. Les adolescents du lycée de Nottawa se réunissent tous sur NEED, un nouveau réseau social promettant de répondre à tous leurs besoins sous couvert d'un total anonymat... quels que soient ces besoins et leurs conséquences, et à condition d'inviter six amis à le rejoindre. Kaylee demande un rein pour sauver la vie de son frère, mais le site réclame de dangereuses contreparties...

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Mon avis. Un très bon roman ; il devrait plaire à mes élèves...

J'avais pourtant une légère appréhension lorsque je me suis lancée dans cette lecture ; ayant tellement apprécié L'élite 1 - un coup de cœur d'ailleurs pour de nombreux élèves -, 2 et 3, de la même auteure, je craignais d'être déçue : ce ne fut nullement le cas, bien au contraire...

NEED commence avec l'évocation d'un réseau social tout neuf, dont le concept semble génial : les lycéens de Nottawa peuvent y demander ce dont ils ont besoin, même si le mot envie serait indéniablement plus approprié. Nate en parle à Kaylee et lui envoie un lien par courriel : pas vraiment tentée, l'adolescente s'y inscrit malgré tout.

En fait, Kaylee désire surtout faire plaisir au jeune homme, son meilleur ami, ou plus exactement le seul à proprement parler. Elle n'est en effet pas très populaire au lycée (litote !), contrairement à lui ; celui-ci ne l'a cependant jamais laissée tomber. Il la soutient envers et contre tout/tous et Dieu sait qu'elle a besoin de cette amitié : elle souffre du départ de son père ; elle souffre du "désamour" de sa mère qui ne vit que pour son frère, malade, en attente "urgente" d'une greffe de rein ; elle souffre également de son isolement au lycée, même si elle tente, par tous les moyens, de ne pas se l'avouer. Les épreuves ont l'ont fait grandir trop vite ; bien éloignée de la superficialité des jeunes de son âge qui demandent, sur NEED, le plus souvent de la technologie dernier cri, elle évoque un véritable besoin, à savoir un rein pour son frère.

Le nombre d'inscrits sur le réseau social ne cesse de gonfler mais si dans un premier temps, la contrepartie demandée aux nouveaux consistait à envoyer des invitations à un nombre précis de lycéens de Nottawa, les choses vont évoluer : l'adage ne dit-il pas que "l'on n'a rien sans rien" ?

  "Je clique sur l'écran. Le nombre de membres est monté à quatre cent vingt-quatre.

  - C'est bien ça le principe, non ? Il faut inviter des gens pour pouvoir lancer une demande ?

  - Non, je ne crois pas. Réfléchis. Le créateur du site veut que le lycée entier s'y inscrive. Il a placé la barre assez bas pour que tout le monde ait l'occasion de recevoir sa récompense. À mon avis, maintenant, il va demander autre chose, pas seulement l'envoi de quelques mails choisis dans ton carnet d'adresses.

  - Quoi ?

  - Aucune idée, mais on ne va pas tarder à le savoir." [p. 44]

 

  "Personne ne pourrait imaginer qu'il est capable de faire ce qu'il va faire." [p. 146]

 

Le récit relate principalement le point de vue de Kaylee qui porte un regard acéré sur le comportement de ses (dis)semblables, adultes ou adolescents, rappelant en cela la personnalité indépendante de Cia dans L'élite. Même si elle agace parfois, on ne peut que s'attacher à cette jeune fille qui se (dé)bat sur tous les fronts en même temps, alors que la tension est de plus en plus palpable et que surviennent des drames liés aux requêtes de plus en plus dangereuses de NEED. La machine s'emballe...

D'autres points de vue viennent compléter celui de Kaylee, certains ponctuels, d'autres récurrents, apportant ainsi un éclairage sur le comportement - reflet de notre société - des jeunes concernés ; la fin est excellente : on aimerait tellement que ce ne soit que de la fiction...

Traduction : Amélie Sarn.

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (1/20).

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19:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

01/11/2016

Novembre : Le mois de...

Vous disposez de trente jours pour aller poser vos questions, que celles-ci soient sérieuses, farfelues, humoristiques, saugrenues, existentielles..., à Olivier Gay sur Book en Stock.

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Voici les liens des romans lus jusqu'à présent :

Le noir est ma couleur, 1 : Le pari

Le noir est ma couleur, 2 : La menace

Le noir est ma couleur, 3 : La riposte

Le noir est ma couleur, 4 : L'évasion

Le noir est ma couleur, 5 : Le piège

 

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel

Les mannequins ne sont pas des filles modèles

 

Les Épées de glace, 1 : Le sang sur la lame/Le boucher

11:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/10/2016

Atomes crochus, David Khara

Présentation. Aéroport de Fort Worth, Dallas. Deux voyageurs essoufflés viennent de rater leur vol pour Paris et se le reprochent mutuellement : Enzo Meazza, un criminel en col blanc tout juste sorti de prison, et Janet Livingston-Pierce, ingénieur en déplacement professionnel. L'avion explose quelques secondes après son décollage...
À peine remis du choc, ils sont pris pour cible par des hommes armés. Pourquoi en ont-ils après eux ? Leur commanditaire serait-il le mystérieux Griffon traqué par le FBI depuis des années ?
Une seule certitude : Janet et Enzo n'auraient jamais dû se rencontrer...

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Mon avis. Ce livre est un bon divertissement, le genre de récit qui permet de passer un agréable moment.

Ces "atomes crochus", c'est la rencontre inopinée entre Enzo Meazza, un quadragénaire qui vient juste de sortir de prison, et Janet Livingstone, ingénieure dans le domaine nucléaire.

Tous deux sont bloqués dans un aéroport de Dallas : ils viennent de rater leur vol pour Paris. Alors qu'ils sont en train de se quereller à propos de leur responsabilité mutuelle dans ce départ loupé, l'avion qu'ils étaient censés prendre explose en plein vol.

Le choc. Un choc d'autant plus grand qu'ils ont l'intuition qu'il ne s'agit nullement d'une "heureuse coïncidence" dès lors qu'à peine sortis de l'aéroport, ils sont poursuivis par des tueurs surentraînés. S'ils ont miraculeusement échappé à l'explosion, ils risquent bien de laisser leur peau dans la course-poursuite effrénée qui s'engage. S'ajoute un chassé-croisé avec les forces de l'ordre dallasiennes, ainsi que le FBI...

Rien de bien original dans la relation qui s'ébauche entre les deux protagonistes principaux : elle se "décode" en effet dès les premières lignes ; "l'énigme Meazza" sort cependant des sentiers battus. En outre, bon nombre des personnages sont attachants, qu'il s'agisse des héros involontaires, des agents Bryniarsky et Shark ou bien encore du "cow boy de service", Cates ; même Curkovic, l'un des exécuteurs, n'est pas entièrement antipathique...

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (thriller).

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13:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

21/10/2016

Police, Hugo Boris

Présentation. Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 
 
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 
 
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

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Mon avis. Un roman qui a fait beaucoup parler de lui depuis quelques semaines : à raison...

Point d'action ici ; point de courses-poursuites ; point de bagarres et autres frictions, si ce n'est intérieures : celles qui rongent (de) l'intérieur et grappillent, lentement mais sûrement, du terrain dans l'existence de ces madame et messieurs Tout-le-Monde, gardiens de la paix de leur état : Virginie, Aristide et Érik.

Virginie est à l'aube du "premier jour du reste de sa vie" : elle doit faire face, contrainte et forcée, à un de ces choix qui se présentent dans la vie et qui font que le lendemain marquera, quoi qu'il advienne, une rupture avec "l'avant".

Aristide, quant à lui, se protège derrière une carapace de gros (ba)lourd insupportable, confit d'ironie mais efficace dans le boulot ; enfin, Érik, le supérieur des deux autres, tente de mener son petit monde "sans la baguette".

Aux côtés de ces trois agents, une personne que l'on n'entend pas mais qui occupe dans le récit une place prépondérante, Asomidin Tohirov, un "retenu" tadjik qui doit être renvoyé dans son pays d'origine, même si une mort certaine l'y attend... Le trio est exceptionnellement chargé de conduire l'homme à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, où il sera pris en charge par des "escorteurs" en vue du "rapatriement".

  "Elle tend les poings pour qu'il comprenne. L'homme reproduit le geste en miroir, lui présente ses poignets. Elle le menotte devant plutôt que derrière, pour qu'il n'ait pas mal au dos pendant le transfert. Elle s'empare de son minuscule sac, salue à la cantonade, saisit l'homme par l'avant-bras. Il est si maigre que l'os est tout de suite là à travers le pull." [p. 43]

  "Leurs visages scintillent dans la lueur soufrée des mâts d'éclairage. Chacun s'absorbe dans la portion du paysage qui lui revient, Érik à droite, Virginie à gauche, Aristide devant et derrière, continuant de quadriller l'espace de l'autoroute comme s'ils étaient en patrouille." [p. 99]

  "Ses convictions s'effritent mais il résiste encore." [p. 115]

 

Le récit relate ces heures pour le moins étranges où l'atmosphère pesante à l'intérieur de la voiture cadre tout à fait avec la moiteur de cette fin de journée estivale ; si le roman se centre davantage sur Virginie qui, la première, réfléchit à la "mission" qui leur a été confiée, ses deux collègues ne sont pas en reste : la "conscience" de chacun s'active et surgissent des questions qu'ils ne s'étaient, jusque-là, encore jamais véritablement posées. 

Le risque d'atteindre un point de non-retour grandit au fil des minutes.

Passer de l'autre côté du miroir ? Ou pas ?

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Merci à Price Minister pour ce partenariat organisé dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire [#MRL16].

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18:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

19/10/2016

Outlander, 8 : À l'encre de mon cœur, partie I, Diana Gabaldon

Présentation. Juin 1778 : l'armée britannique quitte Philadelphie, alors que les troupes de George Washington délaissent Valley Forge pour se lancer à ses trousses.

Jamie Fraser, que l'on croyait mort, réapparaît et découvre que son meilleur ami s'est marié avec sa femme, Claire. Il apprend également que son fils illégitime connaît maintenant l'identité de son père.Enfin réunis, Jamie et Claire se réjouissent que Brianna, leur fille, soit en sécurité au XXe siècle...

Mais il n'en est rien, puisqu'elle est à la recherche de son fils, qui a été enlevé par un homme déterminé à connaître les secrets de sa famille. Son mari, Roger, s'est aventuré dans le passé pour retrouver le garçon disparu, ignorant que l'objet de sa quête n'a pas quitté le présent. Le ravisseur peut désormais jeter son dévolu sur sa véritable cible : Brianna.

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Mon avis. J'ai une nouvelle fois été ravie de faire un bout de chemin en compagnie de ces "vieux amis de papier", même si j'ai trouvé que cet opus souffrait parfois quelques longueurs...

Focus sur Jamie qui a un (énorme) oignon à peler avec John Grey puisque ce dernier a épousé Claire pour lui éviter de sérieux ennuis ; pire : l'union a été "consommée" ; John attend, résigné, son châtiment.

Claire est restée à Philadelphie et guette - anxieusement - leur retour. Quant à William, il connaît désormais l'identité de son père biologique et a littéralement "pété un câble"... S'engage alors une espèce de très/trop longue "partie de cache-cache" entre les trois protagonistes sur fond d'affrontements à venir - ceux-ci n'en finissent pas de "se faire attendre", par ailleurs en la compagnie de personnalités que Claire ne connaissait jusqu'alors que via les livres, comme George Washington ou le marquis de La Fayette - entre continentaux et loyalistes. La "bataille" n'arrive effectivement que dans la dernière partie.

Pour sa part, Brianna est contrainte de se mesurer, seule, à l'abject Cameron qui a enlevé Jem' : Roger a en effet retraversé les pierres, en compagnie de Buck, son ancêtre, afin de retrouver son fils. Le hic : Jem' est toujours au XXè siècle et Roger ne se retrouve pas tout à fait dans la "bonne année".

La famille Grey - John, William, Dottie, Hal - sort cette fois du lot, éclipsant de temps à autre le couple vedette ; en outre, Germain, le fils de Fergus et Marsali s'étoffe quelque peu.

La suite au prochain épisode qui m'attend déjà dans ma PAL.

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO  : Written in my own heart's blood (2014).

12:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

12/10/2016

La nuit avec ma femme, Samuel Benchetrit

Présentation. Un homme ouvre son cœur à sa femme disparue sous les coups d'un autre, venue le visiter le temps d'une nuit. Un voyage intérieur poétique, âpre et intime. Le temps d'une nuit, le narrateur est visité par sa femme disparue sous les coups d'un homme. Il lui parle et l'emmène dans une déambulation dans les rues parisiennes. Sur les lieux de leur amour et de leurs déchirures, il s'adresse à elle et convoque, au fil de pages intenses, les blessures et les joies de leur destinée tragique, leurs souvenirs communs, leur fils merveilleux et la difficulté de vivre sans elle. Un voyage intérieur passionné et poétique.

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Mon avis. Au risque de me faire des ennemi(e)s : j'ai peu apprécié cette lecture qui m'a trop souvent lassée...

Est-il utile de préciser que l'auteur est le mari de Marie Trintignant, dont elle était séparée alors que le drame que l'on connaît est survenu ? Il raconte la douleur et la profonde souffrance qui sont les siennes dans une espèce de long cri désespéré adressé à l'actrice ; il raconte la présence nouée en lui de celle qui n'est désormais "plus là" et qui, pourtant, prend tellement de place et se tient à ses côtés.

Où donc est le "problème", me direz-vous (avec raison) ? D'abord, l'écriture m'a d'emblée rebutée, même si elle cadre bien avec le propos qui semble surgir comme si les mots étaient devenus incontrôlables, à savoir des phrases souvent très courtes, hachées. Ensuite, l'émotion a rarement été au rendez-vous, hormis lors des moments qui évoquent la mort de Marie Trintignant ou ceux passés avec leur fils. Après.

  "Je voudrais des ventes aux enchères de rêves. J'en achèterais pour cette nuit. Le rêve que l'on dérange quand le téléphone sonne. Le matin est si petit parfois. Tu m'as appris à l'aimer. Les heures orphelines. Ne pouvant offrir que leur inquiétude." [p. 63 - 64]

Ce fut donc clairement pour moi une déception mais allez découvrir d'autres avis - entre autres celui de Cajou qui avait suscité mon intérêt pour ce titre -, vous ne risquez qu'une chose : avoir envie de vous plonger dans ce récit...

Merci à Babelio et aux éditions Plon/Julliard pour ce partenariat.

19:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/10/2016

Le cri, Nicolas Beuglet

Présentation. Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.

Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultra-secrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

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Mon avis. Si je devais résumer ce roman en quelques mots : un suspense haletant qui m'a emportée sans me laisser une seconde de répit. Dès les premières lignes, j'ai mordu à l'hameçon ; solidement ferrée, j'ai poursuivi ma découverte en limitant au maximum les pauses de lecture.

Point de départ : Oslo. L'inspectrice Geringën est dépêchée dans un hôpital psychiatrique où un homme vient de trouver la mort. Un infirmier a d'emblée averti la Police, trouvant ce décès suspect, avant de se raviser et d'évoquer un suicide. Trop tard car Sarah Geringën est déjà sur place, malgré son épuisement : sa vie part en lambeaux sans qu'elle ne puisse rien y faire. Autant dès lors se jeter à corps/cœur perdu dans le travail...

  "Sarah termina de lancer ses ordres presque à bout de souffle et s'adossa un instant contre le mur du couloir. Elle était soudain très faible, comme si ses jambes allaient refuser de la porter. Comprenant ce qui était en train de se déclencher, elle implora un sursis en son for intérieur... pas maintenant." [p. 54]

 

Il semble que le défunt soit mort de peur, au sens propre de l'expression ; quoi qu'il en soit, il s'avère vite indéniable que l'établissement cache un (terrible ?) secret.

Cette enquête conduira l'inspectrice hors des sentiers battus, alors qu'elle-même se retrouve à un carrefour de son existence, un de ces moments où des choix doivent être sérieusement envisagés sous peine de foncer droit dans le mur ; un de ces moments où l'on préférerait, par facilité, se laisser dériver... 

Son périple l'emmènera entre autres vers la France et les États-Unis ; à ses côtés, durant la majeure partie de cette fuite en avant, un journaliste français qu'elle juge d'emblée agaçant mais qui arrivera peut-être à la dérider, voire - qui sait ? - à la faire sourire. Ce n'est pas gagné.

  "Mais c'est autre chose qui intrigua Christopher. Peut-être parce qu'il lui sembla qu'elle ne se composait aucun visage de circonstance, qu'elle se contentait de l'observer. Oui, ce devait être ça. Lui qui passait son temps à deviner les pensées des gens en un regard, il était incapable de dire ce que cette femme immobile pensait." [p. 156]

 

J'ai beaucoup apprécié cette course contre la montre sur fond de réflexion relative à "l'au-delà", en lien avec des expériences menées sur l'être humain, racontée à travers une écriture agréable à lire ; j'ai aimé également la peinture des deux personnages principaux et leurs relations, même si le lecteur comprend très vite de quel bois chacun se chauffe : une Sarah torturée qui (tente de) cache(r), tant que faire se peut, son côté sombre, tout en essayant de garder la tête hors de "l'eau" ; un Christopher désireux de lui venir en aide. Mais à quel prix ? Cruel dilemme : rester fidèle à ses convictions ou préserver les siens ?

Un grand merci à Livraddict et aux Éditions XO pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges  "de la Licorne 3" (+ de 400 pages) et "Comme à l'école" (thème végétal pour cette session).

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20:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

05/10/2016

Feuillets de cuivre, Fabien Clavel

Présentation. Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d'une prostituée, premier d'une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l'âme mutilée par son passé et au corps d'obèse, l'inspecteur Ragon n'a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l'éclaircie d'un esprit bienveillant... vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d'encre et de sang.

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Mon avis. Un très bon moment passé "dans" ces Feuillets de cuivre...

J'ai beaucoup apprécié les enquêtes menées de main de maître par l'inspecteur Ragon, un personnage hors norme en raison de son poids qu'il traîne parfois péniblement, des livres auxquels il consacre la majeure partie de son existence et de ses époustouflantes facultés de raisonnement qui l'apparentent à Sherlock Holmes.

De prime abord, le lecteur pense qu'il découvre une série de nouvelles relatives aux investigations de Ragon, mais c'est un leurre : chaque chapitre constitue en fait une partie d'un grand ensemble qui trouve naturellement sa place dans un Paris mâtiné de steampunk, à l'aube du XXe siècle.

Un fil "rouge" au milieu de ce temps qui s'écoule, inexorablement : l'inspecteur lui-même, aux prises avec un "ennemi" intellectuellement à sa mesure, fasciné lui aussi par les Belles Lettres...

  "En attendant qu'on s'intéressât à lui, Ragon lisait. Il avait découvert la poésie sur le front. Depuis, les œuvres le protégeaient aussi bien qu'un livre placé sur le cœur était capable d'arrêter une balle de fusil. En ce moment, avant de se pencher sur les œuvres de Jules Verne dont on lui avait dit le plus grand bien, il lisait Les Fleurs du mal, discrètement en raison de la réputation sulfureuse de Baudelaire. Le défunt poète avait chanté la beauté trouble des prostituées." [p. 31]

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (lecture supplémentaire) et "de la Licorne 3".

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14:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/09/2016

Pétronille, Amélie Nothomb

Présentation. "Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans."

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Mon avis. Je pense qu'entre Amélie Nothomb et moi, ce ne sera jamais une (grande) histoire d'amour...

J'ai décidé de lire ce roman (un cadeau) dans le cadre du challenge "Un genre par mois", me disant que vu "l'épaisseur" (la page est à nouveau très chère), la lecture serait rapide. Elle le fut, effectivement, mais ne me (ré)conciliera pas vraiment avec l'auteure.

Le récit relate l'étrange relation qui se noue entre celle qui se donne l'apparence de l'auteure et une lectrice rencontrée lors d'une séance de dédicaces. C'est le champagne qui rythmera dès lors les rencontres entre les deux femmes, aussi "originales" l'une que l'autre.

Facile à lire, l'histoire ne m'a pourtant pas emballée : j'avais hâte de la terminer pour "passer à autre chose" ; cependant, j'en ai apprécié le côté caustique, ainsi que la fin, excellente.

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (contemporain) et "Comme à l'école" (bleu).

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15:18 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

23/09/2016

Les mangues resteront vertes, Christophe Léon

Présentation. 1975 : Odélise a dix ans lorsque, peu avant la saison des mangues, elle est arrachée à sa famille et à son île de La Réunion avec une centaine d’autres enfants.
Elle est envoyée en métropole dans une famille d’accueil de la Creuse. Pour lutter contre le chagrin, l’isolement, mais aussi le froid et le déracinement, Odélise s’invente un double, Zeïla, qui ne la quittera plus.

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Mon avis. Un court récit, soutenu par Amnesty International, qui met le doigt là où cela fait mal...

Ce livre relate un épisode de l'Histoire française dont je n'ai jamais attendu parler : l'envoi massif en métropole d'enfants réunionnais littéralement arrachés à leur famille sous le prétexte fallacieux de leur procurer une "meilleure existence". En vertu de... de quoi ?

Le lecteur découvre Odélise, dix ans, qui voit débarquer trois personnes à Grand Bassin, deux hommes et une femme. Ceux-ci s'invitent dans quelques maisons et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, repartent avec un enfant à la main. Ils ont réussi, en quelques minutes, à convaincre les parents qu'ils disposent d'une chance unique d'envoyer "l'enfant élu" en France, lui procurant par là même l'opportunité de "poursuivre des études au-delà de leurs espérances. L’État prend tout à sa charge [...]." [p. 15]

La déportation d'Odélise, tout comme celle de nombreux enfants, a ainsi été scellée en un tournemain, ou plus exactement par l'empreinte digitale de son papa apposée au bas d'un bout de papier. Direction Saint-Denis de la Réunion, avant le déracinement total : l'envol vers Paris.

Odélise débarque dans la Creuse, chez les Tarteix, un couple d'éleveurs de vaches laitières qui a deux enfants de 14 et 12 ans, Nathalie et Julien.

   "Le froid m'a rongée comme une plaie qui ne guérit pas. Il a foré dans ma chair et dans mes os. Pas un jour sans grelotter. Les huit années que j'allais passer à Saint-Valentin-la-Chavane seraient placées sous le signe du froid." [p. 61]

Le récit relate l'hébétude de la petite fille et la souffrance qui devient la sienne lorsqu'elle réalise ce qu'il lui est arrivé, sachant dès lors que "les mangues resteront vertes" ; il relate la douleur, tant physique que psychologique du manque ; il relate la difficulté de se raccrocher à qui/quoi que ce soit...

Ce livre conviendra aux élèves de fin de primaire et premier degré du secondaire.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (36) et "Objectif du mois" (livre sorti cette année pour septembre).

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21:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

19/09/2016

L'échappée, Allan Stratton

Présentation. "Comment peut-on ne pas vouloir sortir avec Jason ? il est ultra cool. [...] Jason, pour moi, c'est un rêve qui se réalise."

Hélas pour Leslie, son rêve va vite tourner au cauchemar...
Jason, le nouveau qui attire tous les regards, n'est pas le garçon bien qu'il paraît être. Lentement, il tisse sa toile autour d'elle.
Pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Pour qu'elle lui appartienne. Corps et âme.

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Mon avis. J'avais tellement adoré Les chiens du même auteur que je n'ai pas hésité une seconde avant de me lancer de ce roman : celui-ci n'arrive pas, selon moi, à la hauteur du précédent mais il faut dire que la barre était placée haut...

Leslie est une adolescente (très agaçante) qui relate son histoire : elle est tombée sous la coupe de Jason, un garçon de terminale craquant, séduisant, arrivé depuis peu dans son lycée. Le type même du "beau gosse" qui attire tous les regards. Mais derrière la gueule d'ange se cache une part d'ombre qui va très vite se révéler...

Là où le bât blesse, c'est que les choses évoluent beaucoup trop rapidement ; en outre, l'héroïne est tellement exaspérante que dans un premier temps, j'ai "observé" la situation en en demeurant à distance. Enfin, l'écriture m'a paru "brouillon" : était-ce bien l'Allan Stratton que j'avais apprécié auparavant ?

Heureusement, la deuxième partie du récit rattrape (quelque peu) le coup : le suspense vanté sur la quatrième de couverture y pointe le bout de son nez, entraînant le lecteur dans une course haletante,  si bien que j'ai alors retenu mon souffle, aux côtés de la jeune fille. Ouf !

Un avis mitigé, donc.

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Titre VO : Leslie's Journal (2000 ; revu en 2008).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (35 - mission accomplie -) et "Objectif du mois" (en septembre : livre sorti cette année - 2016 pour l'édition française -).

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20:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

17/09/2016

Le Cycle de Wielstadt, 1 : Les Ombres de Wielstadt, Pierre Pevel

Présentation. Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

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Mon avis. Je supposais que j'allais apprécier ce roman : je ne me trompais pas.

Le lecteur plonge au cœur du XVIIe siècle, à Wielstadt : des "ombres" ont fait leur apparition dans la ville et y sèment la terreur, trucidant de façon horrible des personnes qui semblent n'avoir aucun point commun. Le Chevalier Kantz, ancien prêtre, versé dans des pratiques occultes, exorciste à ses heures, tente de faire la lumière (!) sur ces crimes sanglants.

Ce roman mélange habilement investigations et fantasy dans un contexte historique. J'ai autant aimé l'univers "médiéval" que l'atmosphère sombre qui imprègne les ruelles, la magie présente d'emblée avec le dragon qui protège apparemment la cité, les créatures fabuleuses qui vivent en "bonne intelligence" avec les humains, ou encore les personnages : le mystérieux Kantz que je découvrirai volontiers plus avant - je le suppose - dans les tomes suivants ; Chandelle, la "fée-demoiselle" qui n'en fait qu'à sa (charmante) tête ; Zacharios, le faune tenancier de l'auberge "La Cigogne Noire" et son serviteur Feodor, un colosse un peu bêta ; le lieutenant criminel du prévôt nommé von Regenhalt.

En outre, j'ai retrouvé avec grand plaisir la plume de Pierre Pevel, déjà très appréciée dans la trilogie des Lames du cardinal.

  "De profil, sa rapière suivant la ligne de sa jambe droite en retrait, Kantz tendit le bras gauche. Il ouvrit la main, exhiba sa paume tatouée au démon terrifié. Le pentacle rougeoya comme une braise attisée.

   "Meurs", ordonna Kantz.

   Le démon poussa un cri strident d'agonie.

   Il n'était déjà plus que vapeur lorsqu'il arriva sur son bourreau." [p. 39] 

"Le soleil était bas dans le ciel lorsque le frère Berthold raccompagna Kantz aux portes de la commanderie, où l'attendait son cheval. Vite en selle, il échangea un dernier salut et s'en fut par des rues peu à peu désertées. La ville se préparait à passer la nuit. Chacun se réfugiait chez soi, par crainte des truands qui sortaient dès après le crépuscule et profitaient des ténèbres pour attaquer les imprudents. On fermait les volets ; on verrouillait les portes. Avant longtemps, Wielstadt ne serait plus qu'un dédale obscur et menaçant.

   Kantz, donc, ne traîna pas. Il avait d'ailleurs hâte d'ôter ses bottes et de dîner à la chaleur d'un feu crépitant. Peut-être lirait-il ensuite une heure, avant de se glisser dans un lit soigneusement bassiné par Heide. Il était épuisé, n'avait pas encore eu l'occasion de se remettre des fatigues d'une chasse à l'homme qui avait duré plusieurs jours et l'avait mené au-delà de Cologne, en plein hiver, par des routes peu sûres. Il lui fallait une bonne nuit de sommeil, peut-être deux." [p. 61]

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne 2 (fantasy pour la 6e session) et Littérature de l'imaginaire (24/24).

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16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/09/2016

Le Rouge idéal, Jacques Côté

Présentation. Octobre 1979...
À Québec, une série d'événements sème la terreur : un message sanglant a été écrit sur un mur des corridors souterrains de l'Université Laval ; une chienne a été horriblement mutilée ; une main a été découverte plantée sur un piquet de clôture du collège Jésus-Marie avec, enroulé autour d'un doigt, un bout de papier portant les mots « Mes amours décomposés ».

Daniel Duval, lieutenant à la Sûreté du Québec, mène l'enquête, aidé, pour la première fois depuis l'affaire Hurtubise, de son coéquipier Louis Harel, maintenant cloué à un fauteuil roulant.

Mais pendant que les enquêteurs suivent toutes les pistes imaginables et que les spécialistes de l'Identité judiciaire tentent de faire parler le moindre indice, le meurtre sordide d'une jeune femme dans le cimetière de Sillery confirme leur pire crainte : un tueur fou est en liberté dans la ville et tout porte à croire qu'il est engagé dans une terrible spirale de violence !

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Mon avis. Malgré une enquête intéressante, je suis restée trop à distance des personnages...

Juste quelques mots relatifs à cette lecture. Voici un bon moment déjà que j'avais envie de découvrir cet auteur mais même si j'ai apprécié me perdre dans les multiples ramifications des investigations du lieutenant Duval et de sa "fine équipe", j'ai moins aimé l'écriture que j'ai trouvée peu "travaillée" et parfois répétitive (l'expression "à la blague", par exemple, est vraiment récurrente).

En outre, il est difficile d'être proche des personnages, de quelque manière que ce soit, en raison d'un point de vue qui semble se vouloir complètement extérieur, à l'instar d'une "caméra objective".

Bref, nul regret d'avoir lu ce roman mais je reste malgré tout sur ma faim. Je lirai probablement un autre opus des enquêtes de Daniel Duval, histoire de confirmer ou d'infirmer cette première impression.

 

Ce titre entre dans  le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier ; + de 400 p.).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/09/2016

La Sirène, Camilla Läckberg

Présentation. Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s'avèrent vaines. Impossible de dire s'il est mort, s'il a été enlevé ou s'il s'est volontairement volatilisé.

Trois mois plus tard, son corps est retrouvé figé dans la glace. L'affaire se complique lorsque la police découvre que l'une des proches connaissances de la victime, l'écrivain Christian Thydell, reçoit des lettres de menace depuis plus d'un an. Lui ne les a jamais prises au sérieux, mais son amie Erica, qui l'a aidé à faire ses premiers pas en littérature, soupçonne un danger bien réel. Sans rien dire à Patrik, et bien qu'elle soit enceinte de jumeaux, elle décide de mener l'enquête de son côté.

À la veille du lancement de La Sirène, le roman qui doit le consacrer, Christian reçoit une nouvelle missive. Quelqu'un le déteste profondément et semble déterminé à mettre ses menaces à exécution.

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Mon avis. Voici quelques années déjà que ce volume des enquêtes d'Erica a atterri dans ma PAL. Jusqu'à présent, j'ai apprécié les aventures de la jeune femme que je lis de manière tout à fait décousue au fil des opportunités : j'ai commencé avec le premier, La Princesse des glaces, poursuivi avec le troisième, Le Tailleur de pierre, et j'ai fait un nouveau bond dans le temps avec ce sixième volet.

J'ai de nouveau passé un bon moment à Fjällbacka alors que l'équipe de Patrik n'a pas l'ombre d'une piste relative à la disparition de Magnus Kjellner. Toutes les semaines, sa femme Cia vient s'enquérir des progrès éventuels de l'enquête et c'est la mort (!) dans l'âme que l'enquêteur doit la renvoyer chez elle sans avoir pu lui procurer le moindre espoir. En son for intérieur, il sait qu'il est presque impossible d'imaginer revoir un jour l'homme vivant. Et effectivement, le corps de Magnus réapparaît, figé sous la glace.

Erica, quant à elle, est censée se ménager puisqu'elle attend des jumeaux et arrive à terme ; elle a "coaché" Christian Thydell, un écrivain prometteur. Le "hic" : ce dernier reçoit depuis bien des mois des lettres de menace dont il ne semble pas se formaliser. Erica décide donc de mener "discrètement" (?) ses propres investigations.

Le récit - ponctué par des pages en italiques plongeant dans le passé - démarre très lentement, et il faut attendre un bon tiers du livre avant que ne retentisse le cliquetis des rouages de cette gigantesque machinerie qui prend peu à peu sa vitesse de croisière pour ensuite s'emballer.

Même si j'avais pressenti la vérité avant la fin, ce fut pour moi une agréable lecture.

Traduction : Lena Grumbach.

Titre VO : Sjöjungfrun (2008).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier ; + de 400 p. ; auteur féminin).

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15:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

30/08/2016

Le Jardin des secrets, Kate Morton

Présentation. 1913. Sur un bateau en partance pour l'Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l'ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent alors. Bouleversée, elle va devoir entreprendre un long voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d'un siècle d'histoire familiale...

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Mon avis. Une très belle histoire qui déroule sa partition sur plus d'un siècle : merci, Jacqueline...

Ce roman relate une intrigue qui s'étale dans le temps et aura pour cadre tantôt l'Australie, tantôt l'Angleterre. Fil conducteur : des personnages féminins qui semblent appartenir à une seule et même famille. Au cœur de celle-ci, un luxuriant jardin "magique" soigneusement caché, auquel on n'accède qu'au terme d'un parcours labyrinthique, dans tous les sens du terme...

Le point de vue de plusieurs héroïnes est relaté : 1913, le récit s'ouvre sur une enfant de quatre ans cachée sur un bateau qui relie Londres à Brisbane ; celle qui est nommée La Conteuse lui a expressément recommandé de rester derrière des tonneaux, de telle manière que personne ne puisse la découvrir, et lui a promis de revenir. Désireuse de lui obéir, la petite fille commence cependant à trouver le temps long.

  "Il faisait tout noir dans le recoin où elle était cachée, mais elle devait obéir à la dame qui lui avait dit d'attendre là, parce que c'était encore trop risqué, et qu'elles devaient se faire toutes petites, comme des souris dans le garde-manger. C'était le jeu, la petite fille le comprenait bien. Comme quand elle jouait à chat perché, à cache-cache." [p. 15]

 

1930, Nell, la fillette, a grandi et va fêter son 21e anniversaire, l'occasion pour son père adoptif de lui dévoiler les circonstances de son arrivée inopinée dans sa famille. Une révélation qui va bouleverser son existence.

  "Elle lui sourit, radieuse dans sa robe délicate tout ornée de dentelles.

   Il lui rendit son sourire.

   Puis il la fit asseoir à côté de lui sur un tronc de gommier tombé là, lisse et blanc. Et lui révéla à l'oreille le secret que sa mère et lui avaient gardé pendant dix-sept ans. Il guetta sur son visage un signe de compréhension, un subtil changement d'expression. Et vit basculer une existence entière - celle d'une personne qui vient de disparaître d'un coup." [p. 25]

 

2005, Cassandra, la petite-fille de Nell, accompagne sa grand-mère âgée de 95 ans durant ses derniers moments : la vieille dame n'a désormais plus toute sa tête et s'éteint lentement.

  "Quand sa grand-mère se fut à nouveau engloutie dans les eaux sombres du sommeil, Cassandra s'étonna ; comment le cerveau pouvait-il être assez cruel pour rejeter ainsi sur le rivage de la conscience certaines bribes du passé ? Pourquoi, au soir de sa vie, sa grand-mère avait-elle en tête la voix de personnes disparues depuis des lustres ?" [p. 28]

 

S'ajoutent alors des extraits de textes divers : le livre jongle habilement entre diverses époques au fil de la quête entreprise par Cassandra qui vit depuis quelque temps déjà "dans l'ombre", en quelque sorte "en pointillés". La jeune femme se retrouve subitement propriétaire d'une maison située en Cornouailles, léguée par Nell. Or personne n'a jamais entendu parler de "Cliff Cottage".

Même si certains éléments peuvent être devinés avant la fin, le lecteur reconstitue (im)patiemment l'immense puzzle de cette touchante histoire ; côté personnages, j'ai surtout apprécié celui de La Conteuse...

Traduction : Hélène Collon.

Titre VO : The forgotten Garden.

17:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/08/2016

La dame à la camionnette, Alan Bennett

Présentation. Miss Shepherd, vieille dame excentrique, vit dans une camionnette aux abords de la résidence londonienne d’Alan Bennett. Victime de l’embourgeoisement du quartier et de quelques vauriens, elle finit par installer son véhicule dans la propriété de l’auteur.

Commence alors une incroyable cohabitation entre la marginale et la célébrité, qui durera près de vingt ans.

Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, la dame à la camionnette n’épargne rien à son hôte ni au lecteur. Bennett, en excellent conteur, saisit leur duo et livre, au-delà des anecdotes, un tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus.

Un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine.

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Mon avis. J'interromps avec ce récit ma litanie des "(très) belles découvertes", entamée voici maintenant quelques semaines. Ce court roman se lit. Point barre. [Pour être complète, je peux ajouter que j'ai lu un bon tiers de Deux veuves pour un testament, de Donna Leon avant de l'abandonner : je m'y ennuyais et comme tant de livres m'attendent, j'ai préféré jeter l'éponge].

Ce livre rassemble, pêle-mêle, des réflexions de l'auteur relatives à sa cohabitation insolite avec Miss Shepherd, une vieille dame qui vit dans sa camionnette et finit par s'installer sur la propriété de l'auteur avec lequel elle a des contacts plus ou moins (ir)réguliers. D'après ce qu'il explique à la fin du volume, il a pris durant vingt ans des notes au sujet de celle qu'il appelle Miss S. ; c'est à partir de celles-ci qu'il a rédigé ce texte.

Évoquer sur la quatrième de couverture un "tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus" ainsi qu'"un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine" me semble pour le moins exagéré. Si ces facettes-là vous intéressent, vous risquez fort d'être déçus ; personnellement, je parlerais plutôt d'une "esquisse de tableau" et de "quelques traces d'humour, çà et là".

Merci à Nahe pour le prêt.

Traduction : Pierre Ménard.

Titre VO : The Lady in the van (1989).

12:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

22/08/2016

Sous la surface, Martin Michaud

Présentation. La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l’écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett atterrit à l’aéroport de Lowell, Massachussets, en compagnie de son mari, Patrick Adams, candidat favori à l’investiture démocrate.

Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans y être jamais revenue, Leah voit son passé ressurgir avec violence. Des fantômes qu’elle croyait avoir ensevelis à jamais viennent la hanter, ravivant d’anciennes blessures, et laissant planer sur le présent leur ombre oppressante.

Commence alors un jeu cruel, dont Leah ne maîtrise pas les règles, et qui la précipite au cœur d’une toile complexe, faite de faux-semblants, de pièges retors et de secrets inavouables. Drames, histoires d’amour brisées et trahisons deviennent l’épicentre d’un ouragan, celui qui dévaste l’existence de chaque personnage et remue, sous la surface, les eaux troubles du pouvoir, à Washington…

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Mon avis. Un récit qu'il est difficile de lâcher une fois commencé...

Ce livre explore les arcanes de la politique américaine qui n'en sort nullement grandie, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais j'imagine que politique US ou d'un autre pays, c'est bonnet blanc et blanc bonnet...

Focus sur Leah Hammet, la femme de Patrick Adams, candidat (très bien placé) à l'investiture démocrate en cette année d'élection présidentielle. C'est entre autres via ce personnage principal féminin que se dévoilent les méandres de l'intrigue, pan après pan.

Le livre navigue entre passé plus ou moins proche et présent avec Leah en (superbe) fil conducteur. Indéfectible soutien de son mari en cette dernière ligne droite, elle atterrit à Lowell, un lieu quitté vingt-cinq ans auparavant, siège d'un drame qui a laissé Leah pantelante. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts mais la souffrance (qu'elle croit) enfouie demeure toujours présente. Il suffit de quelques mots pour que soit ravivée la douleur du passé.

Le "syndrome du chapitre court" joue impeccablement bien son rôle : le lecteur se laisse aisément emporter, se disant qu'il va lire le chapitre suivant, puis un autre... jusqu'à ce que se tournent les dernières pages. Et quand on pense avoir démêlé le sac de nœuds, l'ultime partie s'en vient refermer habilement la boucle.

  "Le temps passe et, à mesure que nos illusions se désagrègent, on a tous quelque chose à cacher. Lorsque le sommeil nous échappe, on espère que le matin tendra un voile sur nos remords. Mais quand on se réveille, la réalité tranche le monde en deux. Et tandis que mon passé enroulait ses doigts autour de ma gorge pour m'asphyxier, les coups répétés sur la porte des toilettes et la voix angoissée de Gene m'ont ranimée." [p. 35]

  "L'appât était en place.  L'appât ou le piège : tout était une question de point de vue." [p. 88]

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (thriller - polar - policier pour août).

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20:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

19/08/2016

Battle Royale, Koushun Takami

Présentation. Dans un pays asiatique imaginaire, existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle Royale". Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant...
Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Version contemporaine survitaminée de Sa Majesté des Mouches de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l'un des plus grands best-sellers de l'édition nippone.

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Mon avis. Une excellente découverte...

J'ai beaucoup entendu parler de Battle Royale lors de la sortie de Hunger Games : nombreux sont celles qui, parmi les personnes ayant lu les deux, ont indiqué que Suzanne Collins s'était très probablement inspirée du roman de Takami.

J'avais moi-même beaucoup apprécié les tomes 1 et 2 de la série américaine, moins le dernier - et pas du tout la fin -.  Effectivement, les ressemblances sont nombreuses et personnellement, je trouve que Battle Royale est meilleur, tant dans l'histoire et le traitement des personnages que dans l'écriture...

Le récit présente une classe de 3e tirée au sort pour participer au programme intitulé "Battle Royale" : 42 élèves sont dans un car qui les emmène en voyage de fin d'année. Voilà pour la théorie. La "pratique" est tout autre : 21 garçons et 21 filles de ~15 ans sont parqués sur une île déserte et vont devoir s'affronter. Un seul d'entre eux "remportera" cette épreuve imposée par un État asiatique totalitaire : tous les autres y auront perdu la vie.

  "Shûya avala sa salive. Dans le sac à moitié ouvert, on reconnaissait sans doute possible M. Masarô Hayashida, le prof principal de la classe de 3e B. Enfin, plus exactement l'ancien prof principal. On pouvait effectivement comprendre pourquoi Sakamochi s'était présenté comme le nouveau. Le précédent n'aurait plus les moyens d'assurer ses fonctions.

   Le costume bleu-gris bon marché de M. Hayashida était trempé de sang. De ses lunettes à large monture noire qui lui avaient valu le sobriquet de "Libellule", il ne restait que la moitié gauche. Ce qui n'était pas très étonnant, puisque de toute façon la tête elle-même avait perdu sa moitié droite. Derrière le seul verre correcteur restant, un œil rouge évoquant une bille dressait vers le plafond son regard atone. Le reste du crâne se résumait à un amas de cheveux agglutinés par une sorte de gelée grise - de la cervelle très probablement. [...]

  "M. Hayashida a eu, disons, quelques difficultés à accepter le bien-fondé du choix de votre classe pour le Programme, reprit Sakamochi d'une voix tranquille en se passant la main dans les cheveux. Je dois dire que cette sélection l'a pris quelque peu au dépourvu..."

   Plus personne ne pipait mot. Chacun venait enfin d'admettre que ce qu'ils venaient de voir, ce qui s'était produit depuis leur perte de conscience, était réel. Ça n'avait rien d'une erreur, ni d'une plaisanterie. Ils allaient bel et bien devoir s'entre-tuer." [p. 60 - 62]

 

Point de complaisance dans ce récit qui présente de façon plus ou moins détaillée chacun des participants ; si certains reviennent de manière récurrente, d'autres ne font que (tré)passer. Quelques-un(e)s parmi eux deviennent rapidement des "machines à tuer" qui se "prennent au jeu" ; quelques-un(e)s décident de s'unir pour faire face aux adversaires, sachant pourtant qu'ils deviendront rivaux, quoi qu'il leur en coûte. Alors...

La réflexion relative aux disparités en matière de comportement face à une situation extrême est vraiment intéressante et cela, même si l'une ou l'autre des personnalités est stéréotypée ; pas de temps mort (!) durant ce récit qui m'a solidement ferrée. Je me suis parfois quelque peu emmêlé les pinceaux dans les noms des protagonistes, mais sans que cela n'entrave véritablement la lecture... Une dernière chose : la fin est à la hauteur de l'ensemble ; mais dans une optique radicalement différente, le récit aurait également pu, selon moi, s'achever au chapitre 76.

Emportée dans mon élan, j'ai commencé à regarder le film tiré du livre, réalisé (2001) par Kinji Fukasaku : j'ai arrêté après une petite demi-heure. Les scènes et les personnages incarnés par les acteurs sont tellement "caricaturaux" qu'ils en devenaient complètement risibles alors que le propos ne l'est nullement.

Traduction : Patrick Honnoré, Tetsuya Yano et Simon Nozay.

Titre VO : Battle Royale (1999).

 

Avis de ceux qui ont participé à cette lecture commune : La blonde framboise ; nekotenshi

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (23/24) et "Comme à l'école" (bleu).

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21:21 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

15/08/2016

Outlander, 7 : L'écho des cœurs lointains, partie II, Diana Gabaldon

Présentation. Tandis que la guerre d'Indépendance bat son plein dans les colonies sécessionnistes américaines, le couple Fraser parvient enfin à regagner l’Écosse. Toutefois, retenu par des problèmes familiaux, Jamie doit à regret laisser son épouse repartir dans les colonies, où ses patients ont besoin d'elle. Séparés par les circonstances, réussiront-ils à se retrouver dans un pays où le conflit fait rage ? Pendant ce temps, au XXe siècle, leur fille Brianna et son mari Roger ont fait l'acquisition du manoir familial de Lallybroch. Ils suivent les aventures de Claire et de Jamie grâce aux lettres que ces derniers leur ont laissées dans un coffre.

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Mon avis. Au risque de me répéter à nouveau : je ne suis toujours pas lassée des (més)aventures de Claire et Jamie ; après avoir terminé ce tome, je me suis d'ailleurs lancée dans la découverte de la série télévisée (je n'en avais vu jusque-là que quelques épisodes de manière tout à fait disparate). Inutile de dire que je suis autant sous le charme de Sam Heughan que du "Jamie de papier"...

Ce deuxième volume de L'écho des cœurs lointains continue à mettre l'accent sur la Révolution américaine et par là même, sur des combats, depuis de simples escarmouches aux batailles plus importantes, entre loyalistes et troupes continentales.

C'est l'occasion de "revoir" bon nombre de personnages en dehors du couple vedette, certains sur le continent américain, d'autres en Écosse : Ian sur qui plane toujours l'ombre d'Archie Bug, William Grey avec lequel les Fraser sont contraints de jouer à cache-cache, John Grey qui a fort à faire avec sa nièce, les quakers Denzell et Rachel Hunter, Brianna et Roger dans le Lallybroch du XXe siècle, ou encore Ian père et Jenny.

Je lirai la suite avec plaisir...

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO : An echo in the bone.

Merci aux éditions J'ai lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" (bleu).

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14:46 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

09/08/2016

Les Assassins, R. J. Ellory

Présentation. Sur 18.000 meurtres par an aux États-Unis, seulement 200 sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire le lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu'ils ont été commis à la date anniversaire d'un meurtre passé, œuvre chaque fois d'un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s'inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

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Mon avis. J'ai découvert l'auteur "sur le tard", entendez par là voici seulement un peu moins d'un avec Seul le silence, et aussitôt, je me suis demandé comment j'avais pu passer aussi longtemps à côté. Depuis, j'ai lu Les neuf cercles, Les anonymes et voici que j'ai terminé Les Assassins. À nouveau, j'ai été solidement ferrée par l'écriture de R. J. Ellory. À nouveau, les pages se sont tournées aisément. À nouveau, je me suis vite attachée aux personnages.

Ce roman fait "la part belle" aux tueurs en série les plus célèbres (quel travail de documentation !) avec un fil conducteur : John Costello, 16 ans en 1984. Il a vu la mort de près : lui et sa petite amie, Nadia, ["espoir" en russe] se sont fait agresser par le Marteau de Dieu.  Lui en a réchappé. Pas Nadia.

  "Pendant longtemps, John Costello tenta d'oublier ce qui s'était passé.

   Fit semblant, peut-être, que ça n'était jamais arrivé.

   Le diable se présenta sous la forme d'un homme, enveloppé par l'odeur des chiens.

   À voir sa tête, on aurait cru qu'un inconnu lui avait donné un billet de 50 dollars dans la rue. Un air surpris. Une sorte d'émerveillement satisfait.

   John Costello se souvenait d'un bruit d'ailes affolées lorsque les pigeons fuirent la scène.

   Comme s'ils savaient." [p. 9]

 

On découvre le drame qui a touché Costello, ce drame qui a à jamais laissé une plaie béante dans son existence, faisant de lui un être "différent".

  "Aujourd'hui, il vit à New York.

   Il consigne tout par écrit. [...]

   Le lundi il mange italien, le mardi français, le mercredi des hot dogs avec ketchup et moutarde allemande, le jeudi il s'en remet au hasard. Le vendredi il mange iranien - gheimeh, ghormeh, barg. Un petit restaurant près de Penn Plaza, dans le quartier de Garment où il vit. L'endroit s'appelle le Persépolis. Le week-end, enfin, il mange chinois ou thaï, et s'il est inspiré, il se fait du gratin de thon.

   Pour le déjeuner, il va toujours au même endroit, à une rue et demie du journal où il travaille.

   Les rituels. Toujours les rituels.

   Et il compte les choses. [...]

   Les chiffres le rassurent." [p. 17 - 18]

 

L'on retrouve ensuite Costello en 2006 à New York, alors que sont commis d'horrible homicides. A priori, pas de points communs entre ceux-ci. A priori seulement. Car Costello qui, doté d'une mémoire phénoménale, emmagasine les faits relatifs aux tueurs en série, se rend très vite compte que ces crimes imitent dans les moindres détails certains perpétrés dans le passé par de célèbres tueurs en série.

L'inspecteur Ray Irving, un de ces flics qui ne s'accorde pas de vie privée, est chargé de ces affaires qui n'en deviendront finalement qu'une : il entre en contact avec John Costello par l'intermédiaire de Karen Langley, journaliste au New York City Herald et supérieure directe de Costello.

J'ai apprécié suivre l'enquête menée par Irving, une enquête qui patauge très longtemps tandis que se poursuivent inlassablement les "exécutions minutieusement programmées" - par un chat qui s'amuse avec des souris -, d'autant qu'il manque cruellement de moyens.

J'ai aimé la psychologie des personnages, d'un Costello toujours "plus ou moins" suspecté d'être lui-même l'assassin, à un Irving lassé, revenu de (presque) tout, en passant par Langley, soucieuse de préserver Costello, tant que faire se peut. Sans oublier certains des intervenants ponctuels dépeints de telle manière qu'ils prennent vie alors qu'ils ne font que (tré)passer...

  "Irving se massa les tempes. Il était exténué, mais il savait qu'il n'arriverait pas à dormir.  Il voulait de la compagnie, le genre de celle que Deborah Wiltshire lui avait donnée avec une telle facilité. Il voulait du sens, un but, il voulait de l'espace et de la raison, une explication simple à la vie qu'il menait. Il voulait savoir ce qu'il faisait, et pourquoi." [p. 215]

Traduction : Clément Baude.

Titre VO : The anniversary man (2015).

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (thriller - policier pour août).

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20:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

05/08/2016

La dernière Geste, 1 : Si loin du soleil, Morgan of Glencoe

Présentation. Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.

En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.
Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…

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Mon avis. Un texte d'une grande qualité littéraire que je vous recommande si vous lisez en numérique : il n'est, en effet, pas (encore) sorti en version papier.

Dès les premières page, on est happé par la princesse Yuri, douze ans, qui n'a jamais pu être véritablement une "petite fille" puisque dès son plus jeune âge, elle a dû tenir son rang avec une dignité exemplaire : aucun frémissement ne peut troubler l'impassibilité de son visage. Celui-ci doit demeurer lisse en toute circonstance, à l'instar des pages à écrire de son (?) existence...

Ce jour-là, son père, l'Ambassadeur de l'Empire Japonais, a décidé de lui montrer combien les fées ne sont que des animaux en la faisant assister à une joute entre un Aeling et une Selkie, "digne" des combats de gladiateurs.

  "- Regarde Yuri ! lui ordonna pourtant son père. Regarde bien. Vois comme ils sont cruels. Vois comme elles sont bestiales. Vois et mesure à quel point l'aristocratie seule mesure le nom d'Humanité". [empl. 174]

 

Cette "leçon", Yuri ne l'oubliera jamais : elle aura une incidence sur la suite du récit qui permet dans un premier temps de retrouver la princesse alors qu'elle a vingt ans et se rend à Paris, par l'Orient-Express. Elle va y retrouver son père qu'elle n'a pas vu depuis sept ans. Elle obéit comme il se doit à l'ordre intimé, se demandant ce que cache l'injonction paternelle.

  "Elle avait lu et relu cette maudite lettre à plusieurs reprises, cherchant les innombrables sens cachés que recelaient habituellement les écrits paternels. En vain. La missive ne semblait rien vouloir dire de plus que les mots qu'elle contenait... C'était frustrant, car Yuri se trouvait donc privée d'indices sur les intentions de son père et les raisons du voyage qu'il lui imposait. Une lettre blanche en somme. Un saut dans l'inconnu. Même sa nourrice Mariko, qui excellait dans l'art du décryptage, n'avait rien trouvé. La princesse fit la moue. Jamais encore son père ne lui avait fait l'affront de lui envoyer une lettre blanche." [empl. 380]

 

Lorsque Yuri comprend ce qui l'attend effectivement à Paris, elle se sent trahie ; la douleur est énorme. Elle n'a cependant pas encore pris la pleine mesure des conséquences de cette immense déception...

Ce roman, extrêmement bien écrit, met l'accent sur l'importance de découvrir l'Autre, en l'occurrence ceux qui ont toujours été, jusque-là, considérés par Yuri comme des êtres inférieurs, humains ou non. Combien lui sera-t-il difficile d'essayer de mettre de côté vingt ans de "conditionnement habile".

La trame, sans temps mort, entraîne le lecteur à la suite de la jeune femme sur des sentiers obscurs (!) ; j'ai beaucoup aimé suivre le cheminement de ses pensées remettant en question les idées l'ayant depuis toujours façonnée. Mais la princesse n'est pas le seul personnage - nuancé - intéressant, voire touchant : le colonel Riûzaki et le lieutenant (hybride) HA-17, tous deux assignés à la protection de Yuri ; le Capitaine Trente-Chênes, seule femme à diriger une rame de convois ; et ceux considérés comme des "Rats" par les aristocrates, qu'ils soient créatures féériques - Aelings, Selkies, Feux-follets, Spectraux, Sylfes... - ou humains - Keltiens - : je pense tout particulièrement à Sir Edward, Bran, Taliesìn, Haruko... Petit peuple en théorie. En théorie seulement.

Deux éléments pour terminer : un univers extrêmement fouillé et beaucoup d'émotion, principalement à la fin du récit ; je lirai très volontiers la suite.

 

Ce titre entre dans les challenges "de la Licorne 2" (Fantasy pour cette session, "Littérature de l'imaginaire" (22/24) et "Comme à l'école" (bleu).

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12:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

31/07/2016

Le sel de nos larmes, Ruta Sepetys

Présentation. Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l'avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes... Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhelm Gustloff, un énorme navire promesse de liberté...

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Mon avis. Un roman historique à (faire) découvrir...

Je n'ai pas longtemps hésité à participer à cette lecture commune initiée par BettieRose puisque j'avais adoré Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre, du même auteur, que je propose d'ailleurs régulièrement à mes élèves.

Quatre voix dans ce récit pour quatre voies qui se rejoignent alors que l'Allemagne a d'ores et déjà perdu la guerre, autour d'une tragédie maritime méconnue : le naufrage du Wilhelm Gustloff, torpillé le 9 janvier 1945 par un sous-marin soviétique.

Johanna, jeune infirmière lituanienne, qui a quitté son pays en 1941 lorsque Staline l'a occupé. Sa mère ayant des racines allemandes, la famille a été autorisée par le régime nazi à retourner en Allemagne.

  "La culpabilité n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 9]

 

Florian, un Allemand d'une vingtaine d'années, mystérieux, taciturne, qui n'a visiblement pas intérêt à tomber entre les mains des Soviétiques. Pas plus qu'entre celles des Nazis.

  "Le destin n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 12]

 

Emilia, adolescente polonaise qui s'est échappée de Nemmersdorf, un village investi par l'Armée rouge quelques mois auparavant, y "commettant des crimes et des exactions d'une insigne cruauté". [p. 44]

  "La honte n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 14]

 

Enfin, Alfred, jeune "nazillon" abject, méprisable, veule, qui tente de se convaincre qu'un héros sommeille en lui.

  "La peur n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 16]

 

Le récit donne la parole à chacun, tour à tour, dans de courts chapitres qui s'enchaînent en un rythme rapide ; les trois premiers se rencontrent lors de l'exode au cours duquel ils fuient les Russes ; quant à Alfred, il est déjà à Gotenhafen, le port d'où partiront le Wilhelm Gustloff et d'autres navires destinés à l'évacuation de soldats et civils allemands.

Chaque "héros" apporte un éclairage particulier sur la guerre selon ce qu'il a vécu, se dévoilant progressivement, et même si le lecteur sait dès le début ce qu'il adviendra du navire, il ignore si certains en réchapperont, ni, le cas échéant, le(s)quel(s).

Le personnage que j'ai préféré est Emilia à qui la guerre a tout pris, et davantage encore, et qui, pourtant, trouve encore la force d'avancer, vaille que vaille, dans le sillage de Florian.

L'auteure raconte, à la fin du livre, le long travail de recherche préalable à l'écriture de ce récit poignant.

 

Traduction : Bee Formentelli.

Titre VO : Salt to te sea (2016).

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (34/35) et "Comme à l'école" (- avec un jour d'avance - bleu).

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16:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/07/2016

Que du bonheur !, Rachel Corenblit

Présentation. Moi, Angela Milhat, presque quinze ans, les cheveux presque bruns, les yeux presque verts, les dents presque droites, je vais te raconter mon année maudite.

L'enchaînement des événements les plus pourris que tu peux imaginer : un nez cassé, un divorce à gérer, une ultra trahison d'une ex-meilleure amie, la mort d'un chat, des vacances en Ariège et l'élection de miss camping !

Sur mon calendrier des malheurs, j'ai même ajouté les photos.

Mais qu'est-ce que j'ai pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça ?

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Mon avis. Oyé, oyé, bonnes gens, je crois avoir trouvé le livre que je lirai dans mes classes de quatrième (seconde en France) à la rentrée en guise de "Lecture-Plaisir". Depuis des années, je commence l'année avec Simple de Marie-Aude Murail que je leur lis à raison d'un chapitre par semaine (un de mes moments préférés en classe ; un autre, c'est lorsque je débarque avec mes caisses de romans, que je les leur présente - auteur, titre, couverture, "épaisseur" - critère fondamental pour certains - quatrième de couverture, lecture des premières pages - afin qu'ils en choisissent un - ou plusieurs - à lire).

Je me tâte encore mais je pense que je lirai Que du bonheur ! qui m'a conquise et devrait les intéresser.

Le lecteur rentre d'emblée dans ce récit bourré d'humour dans lequel la narratrice, Angela, relate le cumul des mésaventures vécues durant l'année scolaire. Le sort paraît s'acharner sur l'adolescente qui tâche pourtant de "surnager" au milieu de cette marée de déboires...

Chacun des (courts) chapitres est illustré par des dessins et/ou photos et commence par quelques (délicieuses) phrases en exergue :

  "Ceci est MON calendrier des MALHEURS. D'ailleurs, je tiens encore à préciser (au cas où il y aurait des doutes) que je n'ai pas brisé de miroirs, je ne suis pas passée sous une échelle, je n'ai pas été la treizième à table, je n'ai pas croisé de chat noir, je n'ai pas ouvert mon parapluie dans la maison ni posé de chapeau sur mon lit..." [p. 9]

 

Cette année scolaire s'est avérée catastrophique pour Angela (prénom choisi par ses parents en l'honneur d'Angela Davis) comme elle le précise dès la première page :

  "Tout est parti en cacahuète cette année. En sucette, en vrille, en live. Le grand n'importe quoi, [...]. Le défilé des mauvaises nouvelles. La foire à l'embrouille. Le bal de la maudite où j'étais la seule à valser.

   Je me suis souvent demandé  : qu'est-ce que j'ai pu faire, dans une vie antérieure, pour mériter ça ? J'ai dû être une sacrée pourriture. Genre marchand d'esclaves sadique, tueur d'enfants, nazi de base. Normal qu'à un moment, le prix à payer me retombe sur le coin de la tronche. Dans la grande logique du destin, de la roue qui tourne, les méchants, à un moment ou à un autre, doivent payer.

   Mais moi, dans cette vie-là, maintenant, à l'échelle de mon humanité, je ne suis pas du côté des mauvais. Tout au contraire. Je suis une gentille. Une gentille presque niaise. Une gentille boulotte.

   Quinze kilos, j'ai pris. En six mois. Ça fait partie de mon mauvais karma de cette année. Parce que, quand le malheur me frappe, je mange. Je bouffe. J'engloutis ce que je trouve, ce qui passe à portée de mon estomac." [p. 7 - 8]

 

Ouverture des hostilités : une chute monumentale devant bon nombre d'élèves, lors de son premier jour de lycée. Prémices d'une année scolaire mémorable. Pour les mauvaises raisons, s'entend.

Le journal d'Angela se savoure d'une traite ; l'adolescente, extrêmement touchante, porte un regard perspicace sur elle-même et les autres, parents et con-disciples, assaisonné d'une bonne dose d'humour.

  "Le chapitre treize porte malheur. Je préfère l'éviter..." [p. 55]

Une friandise...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (33/35) et "Comme à l'école"  (personnage féminin).

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20:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/07/2016

La porte de la salle de bain, Sandrine Beau

Présentation. J'attendais mes seins avec impatience. C'est à partir des p'tits œufs au plat que tout s'est déglingué. Comme s'ils s'étaient passé le mot pour gâcher ma joie toute nouvelle. Ça a commencé dans le bus. C'est là que j'ai vu le regard des hommes changer. Enfin de certains hommes... Ceux-là, ils ne se gênaient pas pour me regarder. Ou plutôt pour me regarder directement dans les seins. Pas gênés ! Tranquilles. Je détestais ça.

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Mon avis. Un texte court mais percutant...

Ce récit relate l'histoire de Mia, une jeune adolescente qui attend avec impatience que son corps se transforme, autrement dit que ses seins poussent. Et le jour arrive où "ils" éclosent. Oh, pas grand-chose pour commencer mais le processus est enfin enclenché. A sa grande joie. De courte durée, pourtant...

Car Mia se rend vite compte que le regard de certains hommes change à son égard et ce dont elle se réjouissait devient bientôt un calvaire : le compagnon de sa mère, le "musicien" qui fait la moule dans le canapé pendant que sa mère s'esquinte au travail, commence à la "reluquer d'une drôle de manière". Insidieusement. Sûrement. Pire : il entre désormais dans la salle de bain pendant qu'elle se douche.

Le malaise s'installe. Puis le mal-être. La jeune fille lutte avec les moyens dont elle dispose : elle use et abuse de subterfuges pour (essayer de) ne plus se doucher chez elle quand sa maman travaille le soir. Elle hurle sa souffrance avec les yeux, mais sa maman ne la voit pas.

Ce sujet tabou est traité avec beaucoup de pudeur via le point de vue Mia qui perd peu à peu l'insouciance qui aurait dû rester sienne quelques années encore. J'ai juste trouvé que, de temps à autre, les réflexions censées être celles d'une très jeune fille sont davantage celles d'un adulte.

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (32/35) et "Comme à l'école" (personnage féminin).

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21:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/07/2016

Meurtres à Pékin, Peter May

Présentation. Pékin, ville baignée de tradition mais avide de modernité, une société qui se rue dans le capitalisme moderne mais profondément marquée par le système communiste.

Le cadavre carbonisé d'un homme est découvert un matin dans le parc. Le même jour, deux autres corps sans vie sont trouvés à deux endroits différents de la ville. Pour seul indice, un mégot de cigarette à côté de chacun des trois corps, comme une signature.

Margaret Campbell, médecin légiste aux États-Unis, spécialisée dans les brûlés, qui se trouve à Pékin pour une série de conférences, va se voir embarquée malgré elle dans l'enquête de Li Yan, fraîchement promu commissaire. L'Américaine rigoureuse et le policier chinois, ironique et énigmatique, choisissent deux approches totalement différentes d'un même objectif. Deux mondes s'affrontent, mais devant la complexité d'une affaire qui cache un secret monstrueux, les deux investigateurs vont devoir taire leurs oppositions et unir leurs talents pour découvrir la vérité, fût-ce au péril de leur vie. Car si les lieux sont exotiques et chargés de traditions, les dangers, eux, sont bien du XXIe siècle : menace des OGM et remous dans les milieux politiques.

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Mon avis. Découverte de l'auteur : je ne devrais pas en rester là.

Le lecteur se retrouve d'emblée plongé dans la touffeur de Pékin où un homme a été retrouvé carbonisé. L'enquête commence au moment où Li Yan vient d'être promu commissaire. Il sait qu'il a intérêt à "assurer". 

Alors qu'il se rend dans son nouveau bureau, il fait la "rencontre percutante" du Docteur Margaret Campbell, médecin légiste spécialiste des brûlés, "fraîchement" débarquée des États-Unis pour assurer quelques semaines de cours universitaires. Elle est épuisée et (donc) de méchante humeur, et n'a pas daigné parcourir la documentation relative au pays qui lui avait été remise au préalable, si bien qu'elle a déjà subi à plusieurs reprises les remontrances implicites de l'agent de police Li Li Peng qui lui a été dévolue. Autant dire que "Docta Maggot Cambo" apprécie peu la collision au cours de laquelle "Lily" se fait copieusement insulter par le Chef Li, premier inspecteur de la Section n° 1 de la police municipale de Pékin. Elle se permet d'intervenir. Elle n'aurait pas dû : ce faisant, elle lui a "fait perdre mianzi" : la face. Sacrilège. C'était la leçon n° 1. Les autres suivront.

Indépendamment des investigations au cours desquelles le Chef Li et le Docteur Campbell seront amenés à collaborer après s'être affrontés, j'ai apprécié le choc des cultures chinoise et américaine : les deux protagonistes vont devoir essayer, tant que faire se peut, de dialoguer, voire - on peut rêver - de s'apprivoiser. Ce qui implique d'ôter leurs œillères et d'évacuer les clichés. De part et d'autre.

"Les parfums, les couleurs [, les odeurs] et les sons se répondent" au cœur de la cité pékinoise, pendant que l'enquête semble s'enliser et que les barrières tombent. Mais les yeux sont partout...

Traduction : Ariane Bataille.

Titre VO : The Firemaker (1999).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 (thriller - policier pour cette session 5).

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20:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

23/07/2016

Les Épées de glace, tome 1 : Le Sang sur la lame/Le Boucher, Olivier Gay

Présentation.

-  Je ne suis pas sûr qu’un homme seul fasse la différence.

-  On m’a déjà donné de nombreux noms. Le Faiseur de veuves. L’Épée de glace. Le Danseur Rouge. Je suis Rekk. Le Boucher. Je fais toujours la différence.

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Mon avis. Après la série jeunesse Le noir est ma couleur (1, 2, 3, 4, 5), après les enquêtes de Fitz (1, 2), voici que je découvre une autre palette de l'auteur avec la Fantasy. Verdict ? Hé bien, je lirai volontiers la suite car j'ai beaucoup aimé les aventures du Boucher, de Mahlin et Shani...

Focus sur Deria, la fille d'un "baron du Nord" qui arrive à Musheim et fait son entrée, de manière pour le moins insolite, au palais impérial. Elle y rencontre Mahlin, un jeune garde, ainsi que Shani qui deviendra bientôt sa servante attitrée.

Malgré sa noble ascendance, Deria ne se conduit nullement comme il sied à une jeune femme : son caractère affirmé n'a d'égal que son expertise dans le maniement de l'épée. Ce que Deria veut, Dieu le veut, ce qui lui attire inévitablement des inimitiés. Elle n'en a cure et profite de son séjour à la cour pour aider Mahlin - après qu'il a "accepté" l'idée qu'il ne pouvait avoir, face à elle, que le titre d'élève -, avec qui elle a noué une amitié, à se perfectionner en escrime. Shani devient elle aussi son amie : Deria s'intéresse à la valeur des individus et n'a que faire des classes sociales.

Un jour, Deria disparaît et est bientôt retrouvée morte dans la Basse-Ville : elle a été violée et assassinée. Ses deux amis découvrent, ahuris, qu'ils étaient bien loin de connaître la jeune femme. Parallèlement, les "autorités" décident qu'il est hors de question que le baron Froideval apprenne le sort subi par sa fille : nul doute qu'il reviendrait à Musheim, désireux de la venger. Nul doute qu'il réussirait. Car celui-ci n'est autre que l'ancien bras armé de l'empire, maintenant exilé dans les contrées glaciales du nord, celui que la légende a surnommé le Boucher. Rekk le Boucher. Rekk le Tueur. Rekk le Sans-Pitié. Celui que les parents évoquent lorsqu'ils veulent faire obéir leurs enfants récalcitrants.

Mahlin décide d'aller porter au baron une lettre inachevée de Deria et Shani l'accompagne. Quels qu'en soient les risques. Bel et bien présents.

"L'un deux paraissait particulièrement dangereux. Son visage arborait de multiples cicatrices ; ses yeux étaient froids dans la lumière des torches, le pli cruel de ses lèvres. Shani réalisa avec une certitude épouvantable qu'elle venait de rencontrer le baron Froideval. [...]

   Il avait des yeux terrifiants, des yeux de meurtrier, des yeux de tueur. Deux épingles de nuit qui restaient fixées sur eux, leur ôtant toute énergie et tout espoir. Deux puits sombres, deux torrents d'obscurité prêts à les engloutir, qui les jaugeaient, les jugeaient, les pesaient, les appréciaient, les mettaient à nu, comme pour déceler s'ils représentaient un danger ou non, s'il convenait de les tuer ou non." [ch. 4]

 

Aucun temps mort - mais bon nombre de trucidés - dans ce récit, non dénué d'humour, qui relate le dangereux périple entrepris par les deux amis ainsi que la rencontre non moins dangereuse avec le Boucher, dont la réputation n'est pas usurpée...

Cet improbable trio est très attachant : Mahlin, jeune homme chevaleresque, sans reproche mais pas vraiment sans peur ; Shani, (presque) inodore, (presque) incolore, (presque) insipide, qui prend de la bouteille et s'affirme au fil des pages ; et le Boucher, personnage haut en couleur (rouge sang), qui jamais ne tente d'atténuer les atrocités commises : à cet égard, les piqûres de rappel émaillent le texte (au cas où le lecteur serait tenté de les occulter ? parce que quand même..., malgré tout...).

  "Les événements de ces derniers mois avaient bouleversé le monde rassurant dans lequel vivait la jeune fille. Plusieurs semaines passées à côtoyer Mahlin et sa belle assurance lui avaient prouvé que l'on pouvait faire ce que l'on voulait dans la vie - si l'on était prêt à en payer le prix."  [ch. 17]

Je lirai la suite avec grand plaisir.

Couverture : Magali Villeneuve.

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (21/24) et "Comme à l'école" (personnage féminin).

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21:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |