21/01/2017

Challenge "Un genre par mois"

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Je me suis inscrite à la quatrième édition du challenge "Un genre par mois", sous la houlette d'lluze.

Voici le planning pour 2017 :

1.  Janvier : jeunesse, young adult > Blue, de Camille Pujol.

2.   Février : romance, chick lit, érotique > joker : Canicule, de Jane Harper.

3.   Mars : historique > La voie des Oracles, I : Thya, d'Estelle Faye [jeunesse, fantasy, mais aussi historique].

4.   Avril : thriller, polar, policier > Les enquêtes de Tracy Crosswhite, 1 : Le dernier repos de Sarah, de Robert Dugoni.

5.   Mai : classique, théâtre.

6.   Juin : BD, comics, manga.

7.   Juillet : nouvelle, novella.

8.   Août : fantasy, aventure.

9.   Septembre : non-fiction.

10.  Octobre : fantastique, horreur.

11.  Novembre : contemporain.

12.  Décembre : science-fiction.

 

Deux niveaux prévus :

- L'Explorateur, qui participe tous les mois, avec deux jokers (deux possibilités de prendre un livre d'un autre genre que celui recommandé, si vous n'avez pas de livre dans ce genre-là ou s'il ne vous tente pas, par exemple) ;


- Le Touriste, qui participe les mois où ça le tente.

Me voici redevenue "exploratrice".

 

Les renseignements sont disponibles ICI.

12:09 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/01/2017

Samedi 14 novembre, Vincent Villeminot

Présentation. Vendredi, 13 novembre 2015. B. était à la terrasse d'un café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s'en sort indemne.

Il quitte l'hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d'un passager.

Il reconnaît le visage de l'un des tueurs et décide de le suivre.

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Mon avis. Un très beau texte, un de ceux qui ouvrent les portes de la réflexion mais n'imposent pas les réponses...

J'ai aimé plein de choses dans ce récit : le découpage en A/actes et entr(e)actes ; le parti pris par l'auteur de ne nommer dans un premier temps le "héros" que par l'initiale de son prénom (étrange, l'impression que j'ai ressentie quand survient ce prénom, trace d'humanité) ; le kaléidoscope de points de vue qui, tous, sont liés (in)sensiblement aux attentats du 13 novembre 2015.

B. a perdu son frère Pierre alors que tous deux étaient attablés à la terrasse d'un des cafés visés par les terroristes lors de cette funeste soirée du 13 novembre. Blessé légèrement dans sa chair, iI est emmené à l'hôpital pour y être soigné ; blessé profondément dans son être, il quitte l'établissement sans avoir appelé ses parents, laissant définitivement son frère derrière lui...

  "B. regarda ailleurs, par la vitre, jusqu'à ce que la rame démarre. Dans le noir du tunnel, il lut les graffitis sur les murs - inscrits par des types qui se laissent enfermer la nuit dans les stations, qui pensent qu'il suffit d'écrire sur les murs pour qu'ils nous appartiennent. Écrire sur la nuit, dans les ténèbres.

   La nuit, aussi, essaie d'écrire sur nous." [p. 27]

 

Lors de cette fuite, le jeune homme "tombera" par hasard (?) sur un des terroristes, celui qui était sur le siège arrière de la voiture lorsque la fusillade a commencé, celui qui ne s'est pas donné la mort. Presque sans s'en rendre compte, B. entame une filature discrète, ne perdant pas de vue celui dont les traits se sont imprimés de manière indélébile dans son regard. Il ne sait pas ce qu'il a là entrepris ; il ignore où ses pas l'entraînent à la s/fuite de cette silhouette macabre.

  "Plus tard, il se souviendrait d'un grand éclat de rire, sauvage, dans son ventre. Et l'instant d'après, sans prévenir, la trouille. Une peur panique." [p. 66]

 

Ce roman est l'histoire de rencontres, certaines à peine esquissées, voire inconscientes, d'autres porteuses de germes, quels qu'ils soient...

  "- C'est ça, mec... Sûrement... Tu vas aller en enfer. On est tellement nombreux à y être, depuis hier soir." [p. 82]

 

Un livre à (faire) lire...

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (7/20).

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21:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/01/2017

Haig, 3 : Le Sang des sirènes, Thierry Poncet

Présentation. Je ne suis guère qu'un gosse parti pour l'aventure.
Quand les douaniers marocains me laissent franchir leur barrière, je me dis que j'ai du bol.
Quand le salopard en cavale monte à mon bord, je crois lui offrir sa chance.
Quand la ferme isolée apparaît dans nos phares, je pense que la bonne fortune nous a trouvé un refuge.
Je me trompe sur toute la ligne.
Un gamin, c'est fait pour se gourer.
Et apprendre...

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Mon avis. Une aventure hors des sentiers (a)battus...

Ce troisième opus des aventures de Haig est chronologiquement le premier et comme chacun peut se lire indépendamment des autres, je me suis lancée...

L'histoire démarre sur les chapeaux de roues (!) : Haig a seize ans et demi et le chemin qu'il aura parcouru à la fin du récit l'aura irrémédiablement changé.

Le jeune homme qui a (déjà) commis de menus larcins vient d'entrer au Maroc "sans souci" alors qu'il dispose de faux papiers et que "sa" voiture n'est pas vraiment la sienne. La liberté, rien de tel, surtout quand on laisse derrière soi la grisaille... Du moins quand on le pense...

Nul temps mort (!) durant cette épopée qui vire au cauchemar : Haig s'est cru malin en venant au secours d'un malfrat. LE malfrat. La crapule. L'abjection faite "homme". Tout s'emballe alors qu'ils se retrouvent dans une ferme abandonnée de tout/tous, là où (sur)vit la misère, là où le "compagnon" de l'adolescent va pouvoir exprimer sa pleine (dé)mesure...

Le texte est percutant, caustique, dérangeant parfois lorsque l'on se demande jusqu'où les choses vont dégénérer ; les phrases courtes, hachées, cadrent bien avec la (dé)perdition dont il est question...

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" (déterminant article défini dans le titre).

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17:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/01/2017

On dirait nous, Didier van Cauwelaert

Présentation. « On dirait nous, à leur âge... »
Deux jeunes amoureux en détresse.
Un vieux couple irrésistible qui envahit leur vie et réalise leurs rêves.
Le bonheur absolu ?
Ou le plus dangereux des pièges... ?

Soline est une jeune violoncelliste, Illan un brillant glandeur au potentiel en sommeil. En dehors de leur amour, rien ne va plus dans leur vie... jusqu'au jour où un vieux couple attachant leur propose une existence de rêve. Mais qu'attendent-ils en échange ?

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Mon avis. J'espère que mes lectures à venir me raviront (bien) davantage que celle-ci...

Tout avait pourtant bien commencé : deux jeunes pour le moins originaux, Soline et Illan, vivent depuis peu en couple et rencontrent Georges et Yoa, au crépuscule de leur vie... Ces derniers font à Soline et Illan une proposition qui ne pourra les laisser de marbre, les embarquant par là même dans une relation étrange...

J'ai apprécié le point de départ du récit qui emporte le lecteur sur des sentiers peu conventionnels ; les choses se sont corsées ensuite : je me suis profondément ennuyée au fil de ces échanges interminables entre les protagonistes... Et cela n'a rien à voir avec le côté irréaliste du "marché" : le vieux couple, attachant dans un premier temps, devient de plus en plus agaçant et le "sort réservé" aux jeunes a fini par me laisser complètement indifférente. Je me suis donc perdue entre les pages, continuant à les tourner pour passer à autre chose...

21:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/12/2016

Gigi Reine de la Mode, Livre-CD de Philippe Eveno, illustré par Charlotte Gastaut

Présentation. Gigi est une très jeune et talentueuse styliste, qui fait la renommée de la maison Grandchamp (fondée en 1927).

Mais un jour, c'est la panne. Gigi a beau se creuser la tête, rien ne vient : elle a perdu son inspiration ! Elle est désespérée, lorsque son chemin croise celui d'une mystérieuse gitane. Pour Gigi, c'est le début d'une folle aventure qui va lui faire remonter le temps...

Un livre-CD inspiré et joyeux de Philippe Eveno, lu et chanté par Julie Depardieu avec la participation de Philippe Katerine et Claire Tillier, illustré par Charlotte Gastaut.

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Mon avis. Un album à regarder, à écouter, à fredonner...

J'ai eu la chance d'être tirée au sort pour remporter ce superbe album-CD (dédicacé par Julie Depardieu) : un grand merci aux éditions Actes Sud.

L'ouvrage relate l'histoire de Gigi, une jeune fille qui vit avec son papa tailleur ; elle-même crée déjà de superbes robes. Un "froid matin d'hiver", le destin frappe à sa porte en la personne de Charlotte Grandchamp, célèbre directrice de mode, qui remarque aussitôt le talent de Gigi. Ni une, ni deux, celle-ci  est engagée et la renommée est d'emblée au rendez-vous...

Pourtant, un jour, l'inspiration déserte Gigi qui ne dispose dès lors plus que de quelques heures pour proposer les croquis de la nouvelle collection, sans quoi elle perdra son emploi.

C'est alors que le destin lui adresse un nouveau clin d’œil : une bohémienne lui vient en aide, propulsant l'adolescente dans une aventure où le temps n'a plus de frontières...

L'histoire peut être lue et/ou écoutée puisque l'album est accompagné d'un CD qui relate, par la voix de Julie Depardieu, les aventures de Gigi, entrecoupées de chansons au rythme entraînant interprétées par Julie Depardieu, Philippe Eveno, Claire Tillier et Philippe Katerine. 

Le lecteur est ainsi emporté dans le passé, aux côtés de Gigi qui n'en croit ni ses yeux, ni ses oreilles, et engrange de fabuleuses expériences qui nourriront son talent de créatrice.

Les illustrations de Charlotte Gastaut, où noir, blanc et rouge se marient harmonieusement, sont de toute beauté.

Un album aux allures de conte musical qui ravira petits et grands...

 

Ce titre entre dans le challenge Littérature de l'imaginaire (4/24).

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11:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

28/12/2016

Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, Pierre Pevel

Présentation du tome 1 : Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

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Mon avis. Toujours autant de plaisir à lire les devisances du sieur Pevel...

Le tome 2 commence trois ans après Les ombres de Wielstadt ; on y retrouve le Chevalier Kantz  qui tente, en compagnie des Templiers, de mettre la main sur une "abomination" réfugiée dans les ruines d'une abbaye : c'est le début d'un chassé-croisé avec un véritable démon, secondé par des spadassins sans foi ni loi et des spectres assassins, qui fait passer de vie à trépas quiconque ose se dresser sur son chemin. Kantz est du nombre...

Les informations relatives au XVIIe siècle foisonnent, distillées à petites ou grandes doses selon le cas, dans une langue toujours aussi savoureusement surannée, si bien que le lecteur est aisément immergé dans cette époque tourmentée.

Kantz demeure fidèle à lui-même : habile, intelligent, courageux et (dangereusement) mystérieux. Il peut compter sur l'aide des Templiers - même si ceux-ci font parfois montre de réticence à son égard -, et de ses "familiers" : sa servante Heide, son valet Stefan, son ami le faune Zacharios, sans oublier Chandelle, la fée-demoiselle.

Entre sbires de la Sainte-Vehme, de la Rose-Croix et du Roi Misère, le chevalier aura fort à faire pour lutter contre le danger, présent au coin de chaque (sombre) venelle, derrière les masques de cuir ou d'or...  sous le "regard" du dragon protecteur de la ville et de la mystérieuse Dame en rouge...

  "Trois silhouettes sortirent des ténèbres environnantes. Elles n'y étaient pas dissimulées : elles en naquirent. Kantz sentit la paume de sa main tatouée le démanger ; le pentacle commença à palpiter en rougeoyant." [p. 259 dans l'intégrale]

  "Le Roi Misère fixa longtemps le chevalier impassible.

   "Il faudra un jour que nous parlions bec à bec, et que tu me contes ton histoire. Tu as de grands secrets et les secrets ne me plaisent que si je les partage." Kantz sourit. "Te plairait-il, céans, de me dire d'où te vient le dessin qui orne cette main toujours gantée ? Ou qui te donna cette épée capable de prodiges, à ce que l'on dit ?

   - Non, il ne me plairait pas."

   Le Roi Misère se renfonça dans son fauteuil, sans doute plus amusé qu'agacé. Il devait s'attendre à cette réponse." [p. 303 de l'intégrale]

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne 3 (fantasy), "Littérature de l'imaginaire" (3/24) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session).

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13:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/12/2016

Ma vie sous tes étoiles, Emily Blaine

Présentation. Anna, quand viendras-tu ?
Elle a promis. Promis de venir nous rendre visite, à ma fille Liz et moi. Pourtant, les semaines ont défilé depuis le 14 février, et rien. Pas un coup de fil, pas un mot qui vienne casser la routine de ma vie de père célibataire. Aurait-elle oublié notre rencontre à l’aéroport et le chocolat chaud ? Notre nuit intense, passionnée, magique ? Je ne peux pas l’oublier. Son sourire timide, son parfum de vanille, l’éclat sombre de ses yeux noyés de désir...chaque seconde passée ensemble me hante. Je dois la retrouver.

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Mon avis. Euh...

J'ai acheté cette suite dès la fin de la première partie (l'avantage du numérique) et comment dire ? Hé bien, "ça ne l'a pas fait". Du tout, même...

Le récit avait pourtant bien commencé puisque cette fois, il est raconté à travers le point de vue de Mark et je trouvais cette perspective intéressante.

Le charmant Mark (aux mains calleuses) se languit d'Anna qui, godverdomme, n'a pas donné de nouvelles depuis la nuit torride qu'ils ont passée ensemble. Et s'il lui a donné son numéro de téléphone, Anna ne lui a pas donné le sien ; résultat : il attend désespérément un signe, qui finira évidemment par survenir.

La nouvelle est aussi bien écrite que la précédente, mais - car vous l'avez compris depuis le premier mot, il y a un "mais" - les choses s'enfilent s'enchaînent à la manière d'un TGV qui a décidé de battre son record ! Je peux comprendre qu'ils soient ravis de se retrouver à un point aisément imaGinable, mais quand même, "il ne faut pas pousser bobonne dans les orties" (... surtout quand elle n'a pas de culotte...). Ainsi, les réticences d'Anna, pourtant évidentes, s'envolent aussi vite que ses (sous-)vêtements.

Dommage...

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (nouvelle ou novella pour décembre) dont l'édition 2016 se clôture ici.

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14:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/12/2016

Une nuit dans tes étoiles, Emily Blaine

Présentation. Pour la Saint-Valentin, Anna avait imaginé à peu près tous les scénarios sauf celui-là. Exit le diner romantique à New York, les pétales de roses et le magnifique bijou en cadeau. Non, cette année, Cupidon a tranché : ce sera tempête de neige, aéroport blindé et trois cacahuètes pour tout repas. De quoi détester le 14 février…

Sauf que l’angelot a plus d’un tour dans son carquois, et il se pourrait bien qu’il envoie une petite fille en robe rouge pour guider Anna vers son soleil.

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Mon avis. L'envie d'une lecture "girly" en cette période de Noël, combinée au thème de décembre du challenge "Un genre par mois" (nouvelle ou novella), m'a naturellement conduite vers ce titre qui a récolté de bonnes critiques.

Verdict ? Un récit très rapide et agréable à lire, servi par une belle écriture : il a tout à fait répondu à ce que j'en attendais - même si Anna me paraît avoir, par ses réactions et réflexions, davantage que les 25 ans renseignés.

Nulle surprise concernant l'intrigue, encore que la fin ne correspond pas forcément à ce que l'on pouvait supposer, mais cette fin n'en est pas une puisqu'il y a une suite... que j'ai lue dans la foulée.

  "Il pivota pour me faire face et son regard sincère me transperça. Je réalisai que cela faisait bien longtemps qu'un homme ne m'avait pas regardée avec une telle sincérité. Cela me sidéra et, pendant une seconde, il n'y eut que ce regard, ce vert puissant, fort, net, dépourvu d'agressivité, de rancœur, de jugement. Aux yeux de quelqu'un, j'étais enfin moi, juste moi."

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20:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Le grand saut, Tome1, Florence Hinckel

Présentation. Iris, Paul, Rébecca, Marion, Alex et Sam sont amis depuis la sixième. Aujourd'hui, ils entrent en Terminale, cette dernière année tant attendue, tant redoutée. Enfin la libération ? Une chose est sûre, bien que le soleil baigne leur petite ville de La Ciotat, chacun sent que l'orage gronde... [...]

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Mon avis. Une lecture qui ouvre les portes de la suite...

C'est l'histoire du "Club des Six" qui est ici mise en scène : celle de six amis soudés comme les doigts (+ un) de la main. Nous sommes sous le soleil ciotaden, face à la mer, immense. Chacun est présent pour les autres, le groupe est uni depuis quelques années déjà.

Le bleu semble cependant se teinter çà et là de quelques touches de gris à l'aube du grand départ vers des horizons forcément différents, puisqu'ils entrent en Terminale.

Trois filles : Iris, Rébecca, Marion ; trois garçons : Paul, Alex, Sam. Des soucis familiaux ou scolaires, petits ou grands, selon les cas. Des secrets enfouis au fond de soi afin d'(essayer d')éviter les drames, petits ou grands, selon les cas. Des sentiments, exprimés ou occultés, selon les cas.

  "Était-il triste ou furieux ? Lui-même ne savait pas démêler ses sentiments. En tout cas il vécut le trajet de retour comme dans un rêve, hors de lui-même." [p. 47]

  "Parfois... je me demande si quelqu'un n'aurait pas dû vivre à ma place ?" [p. 207]

 

Le "Tous pour un, un pour tous" a-t-il (définitivement) vécu ?

 

J'ai vraiment apprécié faire la connaissance de ce groupe d'amis. Petit bémol pour moi : la narration se focalise surtout sur trois d'entre eux : Iris, Paul et Rébecca ; personnellement, j'aurais aimé rentrer aussi dans l'intimité des trois autres. Peut-être avec la suite ?

Cela dit, il est vrai qu'avec autant de personnalités, aussi attachantes les unes que les autres, il est effectivement difficile de chacune les développer dans un volume...

Merci aux éditions Nathan pour ce partenariat ; livre à paraître le 5 janvier 2017.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (6/20) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session).

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16:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/12/2016

Colère noire, Jacques Saussey

Présentation. Un industriel est retrouvé mort dans sa baignoire et les premiers éléments accréditent la thèse du suicide. Mais pour le capitaine Daniel Magne, il s'agit d'un meurtre. Reste à trouver le coupable et c'est le début d'un jeu de domino mortel qui se met en place. Chaque suspect devient victime et les morts se succèdent. De Paris à New York en passant par l'Afrique du Sud, l'enquête s'annonce pleine de rebondissements et truffée de périls pour Magne et sa coéquipière Lisa Heslin.

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Mon avis. Difficile de déposer le livre une fois commencé...

Même si je connaissais le nom de l'auteur, je n'avais jusqu'à présent jamais eu l'occasion de le découvrir ; c'est désormais chose faite et je ne devrais pas m'arrêter là...

Focus sur Serge Taillard, l'industriel qui va "se prendre un coup de jus" et y laisser la vie. L'enquête démarre d'emblée alors que Daniel Magne rentre de quelques jours de congé. Très vite, les premières constatations s'orientent vers la thèse du suicide, un suicide "à la Cloclo" (!) ; après observation attentive de l'appartement de la victime, Magne pressent qu'il s'agit plutôt d'un homicide. Encore faut-il (tenter de) le prouver car tout est fermé de l'intérieur et aucune trace d'effraction n'est décelée.

  "Il ne lui restait donc plus qu'une seule possibilité.

   Le meurtre.

   Cela semblait impossible, au vu des circonstances et de la configuration des lieux, mais également le plus probable. Quelqu'un avait balancé cette foutue radio dans le bain de Taillard. Le tout était de savoir comment. [p. 57]

Le capitaine se lance dans de minutieuses investigations en compagnie de Lisa, sa jeune coéquipière, avec le soutien de son équipe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les suspects ne manquent pas étant donné la "charmante" personnalité de la victime. Bon nombre des suspects potentiels sont d'ailleurs eux-mêmes aussi détestables que Taillard.

Les choses s'accélèrent lorsque Lisa "tombe sur un os" : à partir de ce moment-là, j'ai tourné les pages de manière assez frénétique... et sérieusement rogné sur mes heures de sommeil.

J'aime entrer directement dans le feu de l'action : ce fut ici le cas ; j'aime que l'écriture soit à la hauteur de l'intrigue : ce fut le cas ici ; j'aime que les personnages secondaires aient eux aussi de la consistance (mention particulière pour Mark et "le Duke") : ce fut le cas ici.

Dernière chose notable : la qualité du papier de cette collection Polar des éditions French Pulp.

Un grand merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (lecture supplémentaire en thriller - policier).

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15:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/12/2016

Les belles vies, Benoît Minville

Présentation. Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension au cœur de la Nièvre... Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

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Mon avis. Chouette : un nouveau titre à proposer à mes élèves !

Le récit commence à l'aube des congés scolaires d'été : Vasco et Djib ont eu maille à partir avec Malik, un autre lycéen, et se retrouvent au commissariat. Ils n'en mènent pas large, c'est le moins que l'on puisse dire, et redoutent la sanction, tant scolaire, judiciaire que familiale...

Sans préjuger la suite, le couperet parental tombe : les deux amis sont envoyés dans un trou perdu de la Nièvre où ils passeront l'été, chez un couple qui accueille des enfants/jeunes "en difficulté". À charge pour eux d'aider Tonton à la réfection d'une grange et de participer, sous la houlette de Tata, à la vie "en communauté" : travaux de jardinage, "ravitaillement", coup de main pour les repas et le ménage,  et autres tâches quotidiennes...

  "Pendant que la fratrie s'abreuve de dessins animés, Tonton et Vasco partent pour la cueillette. Il faut prendre la B.X. jusqu'à l'orée du bois de Champeneau, puis le reste se fait à pied et avec les yeux.  Ils vont contourner l'étang de Dli. Vasco écoute, tous ces noms franchouillards l'amusent. Il espère simplement ne pas tomber sur un sanglier. Il doit y en avoir... La campagne c'est la campagne, après tout." [p. 78]

 

La cohabitation est loin d'être évidente entre un Dylan torturé qui "n'a pas besoin de Mamadou ici, ni de toss, ni de gris, ni de voilées" [p. 42], sa sœur Jessica qui "tortille volontiers du cul" face à un Vasco qui n'en demandait pas tant (!), les "petits" qui ont déjà vécu les expériences douloureuses de plusieurs vies, et certains jeunes du village pas toujours bien disposés à l'égard de ce groupe insolite.

L'été s'annonce chaud, dans tous les sens du terme, et interminable.

Et pourtant...

Et si...

Encore que...

Un récit qui, à l'instar de Rural noir, m'a par certains aspects de nouveau rappelé Stand by me ; une histoire d'amitiés où la tendresse n'arrive parfois à s'exprimer que par des chemins de traverse...

  "Trois fois, son esprit lui souffle les mots qu'il crève d'envie d'offrir à sa belle ; trois fois il reste bloqué à la contempler. Elle l'embrasse sur le nez et se sauve." [p. 133]

 

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" [de nouveau un de mes auteurs favoris] et "Jeunesse/Young Adult" [5/20].

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16:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/12/2016

La Main de l'Empereur, tome 1, Olivier Gay

Présentation. Rekk n’a pas eu une enfance facile, et sa vie ne le sera pas non plus. Gladiateur puis soldat dans l’armée impériale, il se fait repérer par l’Empereur dans le bourbier des jungles koushites. Il deviendra son instrument pour soumettre les barbares, puis son bras armé pour toutes les basses œuvres. Un homme haï, craint, dont la renommée ne cesse de grandir.

Mais que se passe-t-il lorsque notre propre légende nous échappe ? Car si Rekk a toujours eu un vrai talent pour survivre, ses proches ne peuvent en dire autant…

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Mon avis. Après avoir apprécié Les Épées de glace 1 et 2, je me suis lancée à la découverte du passé de Rekk, cette "main de l'empereur". Verdict ? Ce n'est pas encore cette fois que l'exception confirmera la règle puisque j'ai à nouveau beaucoup aimé les (més)aventures rekkiennes...

Trois parties dans ce volume : la première se focalise sur les jeunes années de notre héros qui grandit au milieu des courtisanes de Musheim ; champion en devenir des arènes, il est entraîné par Shar-Tan, son mentor, celui à qui il doit tout. Et davantage encore.

  "Le brouhaha devint clameur alors que les spectateurs enragés demandaient leur part de sang et de spectacle. Oblan ferma les yeux, marmonna une prière au Dieu des Épées. Rekk avait beaucoup de défauts mais il ne s’était jamais montré impressionnable. Au contraire, c’était toujours lui qui se mettait dans les ennuis jusqu’au cou. Et il avait l’air si impatient tout à l’heure…"

 

La deuxième partie entraine Rekk dans la touffeur de la jungle koushite, là où l'envoie l'Empereur, une personnalité manipulatrice qui déplace ses pions au gré des objectifs poursuivis. Il a d'emblée parié sur  le potentiel fédérateur de Rekk ; il ne se privera donc pas d'en user très habilement avec celui qui deviendra Le Danseur Rouge, une dénomination qui donnera son titre au Livre III.

  "Difficile de savoir ce qui était le plus désagréable. La chaleur oppressante, l’humidité omniprésente ou les chemins à moitié absents. Les rares cavaliers avaient pris possession de la route principale alors que le reste de l’armée avançait sur deux flancs au beau milieu des arbres.

Rekk agita la main pour déloger des moustiques, puis s’écarta alors qu’une branche basse lui revenait dans la figure. Il marchait juste derrière Asulf et, si le géant roux se frayait un chemin avec aisance, il prenait rarement garde à ceux qui venaient après lui. Autour d’eux, les animaux s’étaient tus, les bruits habituels de la jungle noyés par le martèlement des bottes, le cliquetis des armures et les jurons des soldats."

  "Un héros aux multiples conquêtes. Le champion de Vesyria. La foule entière lui mangeait dans la main, et il allait dîner à la table de l’Empereur. On savait à quel point l’affection du peuple comme des monarques était fragile, mais il pourrait en profiter tant que ça durerait. On allait le couvrir d’or. Toutes les femmes – et plusieurs hommes – seraient à ses pieds. Certains bébés porteraient sans aucun doute son nom en hommage. On l’appelait le Magnifique, le Sauveur, l’Invincible. Certains blasphémaient en l’imaginant descendre du Dieu des Épées.

Oui, il menait une vie enchantée.

Alors pourquoi avait-il l’air si triste ?"

 

J'ai apprécié découvrir les (douloureuses) circonstances qui ont façonné le (futur) Boucher ; j'ai retrouvé avec grand plaisir Dareen ; j'ai apprécié également la personnalité du légat Evar, ainsi que celle de M'bao, "le plus grand des Koushites",... nettement moins (!) celle de (la sublime) Bishia...

J'ai davantage encore aimé ce(tte) préquel(le) mais je me demande dans quelle mesure il n'est pas plus judicieux de lire celui-ci avant Les Épées de glace. (Nouvelle) cerise sur la gâteau : la couverture illustrée par Magali Villeneuve.

Un grand merci à Book en Stock et Bragelonne pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "de la Licorne 3" [Fantasy], "Objectif du mois" [un de mes auteurs préférés] et "Littérature de l'imaginaire" [2/24].

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20:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/12/2016

Sauveur & Fils, saison 1, Marie-Aude Murail

Présentation. Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…

   Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.

   Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage?

   Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

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Mon avis. Un régal... à tel point que je me suis demandé si je ne le lirais pas en classe à la place de Simple...

Sauveur (ça ne s'invente pas !) est un (charmant) psychologue qui reçoit à domicile des patients aux problèmes très variés ; à force d'écoute, de patience, de jugeote, il réussit souvent à les aider, (petit) pas à (petit) pas.

De l'autre côté de la porte (entrouverte) de son cabinet traînent (souvent) deux oreilles : celles de Lazare, son fils de 8 ans, un petit garçon intelligent, perspicace, curieux de tout, souvent livré à lui-même en raison des horaires extensibles de son papa, un papa qui élude systématiquement les questions relatives à sa femme décédée.

Cette première saison se centre sur Sauveur et Lazare, ainsi que sur certains des (jeunes) patients du psychologue ; l'écriture est savoureuse, l'humour présent et les personnages extrêmement attachants, avec une mention particulière pour Lazare, dont les interventions judicieusement naïves déconcertent souvent ses interlocuteurs. Le récit aborde, l'air de rien, des sujets variés, comme la différence, le racisme, le mal-être des adolescents, l'homosexualité, les relations entre parents et enfants, qu'elles soient (apparemment) harmonieuses, tendues, voire douloureuses, les petits bonheurs aussi. La vie, tout simplement.

  "- Tu te scarifies ou tu es phobique scolaire ou autre chose? demanda Lazare à son compagnon de route, plutôt par politesse que par réel intérêt.

   - Tu es complètement dingue, le rembarra Gabin.

   - Papa dit que les gens qui vont mal, ils t'apprennent plein de choses sur toi.

   - Vous êtes dingues, tous les deux." [p. 77]

 

Je lirai bien sûr la suite.

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" [ pour décembre, lire un ouvrage de son auteur préféré ; Marie-Aude Murail fait partie de mes auteurs préférés] et "Jeunesse/Young Adult" [4/20].

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17:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

03/12/2016

Les enfants-rats, Françoise Jay

Présentation. Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts. Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes.

Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire...
En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie...

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Mon avis. Voici un bon bout de temps que j'avais repéré ce roman, si bien que lorsque l'occasion de le lire s'est présentée, je n'ai pas hésité. Je ressors cependant déçue de cette lecture...

Le propos est tout à fait intéressant : nous sommes dans un futur (proche) où de très nombreux enfants n'ont d'autre choix pour (tenter de) survivre que de se réfugier dans les égouts. Ils vivent en hordes, remontant à la surface pour trouver de quoi manger, en essayant de ne pas se faire alpaguer par la Police... ou des hordes rivales. Ce sont les enfants-rats.

Irielle, une adolescente de dix-sept ans, refuse ce type d'existence à travers laquelle l'humanité présente en chacun s'étiole à petit feu : elle vit avec Jode, un enfant qu'elle a trouvé alors qu'il n'était qu'un bébé et qu'elle a élevé, lui apprenant à lire et écrire, ainsi que les règles, inlassablement répétées, qui leur permettent de survivre.

L'intrigue bien ficelée suscite indéniablement la réflexion. D'où vient donc mon manque d'enthousiasme, me direz-vous ? De l'écriture trop peu "travaillée" à mon sens ; je peux comprendre que l'on veuille aller à l'essentiel, mais de là, par exemple, à laisser tomber tout passage potentiellement descriptif, il y un pas à ne pas franchir, me semble-t-il.

Dans le même ordre d'idée, les choses évoluent trop vite, s'enchaînant parfois en deux coups de cuillère à pot et c'est vraiment dommage car les personnages sont réellement attachants et auraient mérité davantage de "considération". En fait, ce récit mériterait d'être plus amplement développé...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (3/20) et "Littérature de l'imaginaire" (1/24).

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18:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/11/2016

Éloge de la faiblesse, Alexandre Jollien

Présentation. Éloge de la faiblesse retrace un itinéraire intérieur, une sorte de conversion à la philosophie. L’auteur, handicapé de naissance, imagine recevoir la visite de Socrate en personne. Dès lors, s’ensuit un échange où de proche en proche émergent des outils pour apprendre à progresser dans la joie, garder le cap au cœur des tourments et ne pas se laisser déterminer par le regard de l’autre.

La philosophie est ici un art de vivre, un moyen d’abandonner les préjugés pour partir à la découverte de soi et bâtir sa singularité. Peu à peu, une conversion s’opère, le faible, la vulnérabilité, l’épreuve peuvent devenir des lieux fertiles de liberté et de joie.

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Mon avis. Un bref billet pour évoquer ce texte que j'ai proposé, parmi d'autres, à mes élèves de rhéto, en lien avec un parcours relatif à la philosophie...

La philo, ce n'est pas vraiment pas ma tasse de thé ; la partie n'est donc jamais gagnée d'avance lorsque je m'aventure sur ce terrain. Qu'est-ce donc qui a motivé mon choix ? D'abord le conseil de ma collègue (merci, Cécile) ; ensuite "le critère épaisseur" : l'objectif est d'inciter les élèves à lire, inutile donc, la plupart du temps, d'espérer les appâter avec une "brique" ; enfin, je ne peux m'empêcher d'être sensible au thème du handicap.

Ce texte court se présente sous une forme originale : un dialogue entre l'auteur et Socrate himself. Cette façon de procéder par question/réponse rend la lecture aisée ; en outre elle entrouvre des portes : libre au lecteur de les refermer discrètement, ou de les ouvrir plus avant afin de poursuivre l'éventuelle réflexion.

 SOCRATE

Tout cela voudrait dire que la pitié blesse plus que le mépris?

ALEXANDRE

Oui, pas de pitié. Une fois de plus, je donne raison à Nietzsche. Je crois qu'il voit juste quand il condamne la pitié, l'hypocrisie ou le paraître. Chaque jour, je rencontre ce regard condescendant qui croit me faire plaisir, peut-être sincèrement, mais qui nie ma liberté et me nie ipso facto. [p. 45]

 

SOCRATE

Ne fais-tu pas là l'apologie de la souffrance ?

ALEXANDRE

Je dis simplement qu'il faut tout mettre en œuvre pour parvenir à tirer profit, même de la situation la plus destructrice. J'insiste sur les épreuves parce que celles-ci restent inévitables. Rien ne sert de discourir, épiloguer des heures durant sur la souffrance. Il faut trouver des moyens pour l'éliminer et, si on ne le peut pas, l'accepter, lui donner sens." [p. 57]

 

Ce livre entre dans les challenges "Un genre par mois" (non-fiction pour novembre) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par une voyelle pour cette session).

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19:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/11/2016

Tout n'est pas perdu, Wendy Walker

Présentation. Alan Forrester est psychiatre dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a fait l'objet d'un traitement post-traumatique afin d’effacer le souvenir d’une terrible agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l’a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée.

Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d’Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles. Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur.

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Mon avis. Un roman qui explore les méandres de l'être humain...

La narration du récit est pour le moins particulière : Alan Forrester est psychiatre et reçoit en consultation Jenny Kramer, une adolescente qui a été violemment agressée et a reçu un traitement destiné à effacer les souvenirs de cette agression. Il n'en demeure pas moins que la jeune fille souffre profondément, même si elle est incapable de mettre des images sur cette douleur.

  "Jenny a en effet survécu. Et c'est là que j'entre en scène." [p. 71]

Forrester ne voit qu'un seul moyen pour (tenter d') apaiser Jenny : lui faire recouvrer la mémoire. Pour ce faire, il procède par étape. Chaque pas accompli, directement par Jenny ou par l'intermédiaire de patients qui, d'une façon ou d'une autre, à un moment, ont (eu) un contact avec l'adolescente, lui permet de lever un coin du voile sur les circonstances du drame.

Si la première partie souffre selon moi certaines longueurs, la suite m'a totalement happée : c'est (im)patiemment que le lecteur attend que les parties du puzzle viennent s'imbriquer les unes dans les autres pour peindre une gigantesque toile aux nombreux détails.

J'ai beaucoup apprécié découvrir les points de vue des différents protagonistes relatés par l'intermédiaire de Forrester ; celui-ci manœuvre habilement afin de leur faire exprimer les non-dits, enfouis au plus profond d'eux, décortiquant chaque élément susceptible d'aider Jenny. Mais ne serait-il pas en train d'entrouvrir la boîte de Pandore ?

Traducteur : Fabrice Pointeau.

Titre VO : All is not forgotten (2016).

 

Ce livre est une "lecture supplémentaire" dans le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier).

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20:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/11/2016

Les Épées de glace, tome 2 : Le Châtiment de l'Empire/La Servante, Olivier Gay

Présentation. Le Boucher est vaincu. Prisonnier de l’Empereur, chaque heure qui passe le rapproche inexorablement de son exécution. Mais un empire est-il capable de détruire une légende ? Alors que Shani et Mahlin cherchent une solution désespérée pour sauver Rekk, certains au sein même du pouvoir pourraient voir quelque avantage à sa libération...

Aucun fer ni aucune blessure ne feront oublier sa vengeance au Boucher. Que l’Empire se prépare ; les épées de glace sont en marche.

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Mon avis. Il suffit de découvrir le recensement des lectures dans la colonne de droite de ce blog(ue) pour se rendre compte que "tout petit doucement", Olivier Gay est en train de rattraper Fabrice Colin [mon "champion", c'est Émile Zola, mais internet n'existait pas à cette (lointaine) époque]. Et cela devrait continuer car La Main de l'empereur ET Faux frère, vrai secret m'attendent déjà dans ma PAL...

J'avais beaucoup apprécié Le Sang sur la Lame et j'ai tout autant aimé cette suite qui commence exactement là où s'était terminé le premier opus : Rekk, alias le Boucher, a été blessé, capturé, et attend son exécution dans une des geôles impériales. Shani et Mahlin ont quant à eux réussi - grâce à l'aide du Boucher lui-même - à échapper aux gardes et à sauver leur peau en plongeant dans le Verdoyant...

Les deux jeunes gens n'ont plus qu'une idée en tête : tenter le tout pour le tout pour délivrer Rekk. La partie est pourtant loin d'être gagnée. Qu'à cela ne tienne, ils se/lui doivent de réussir ; l'aide de Laath, Darenn et Eleon - intéressé, cela va de soi - sera la bienvenue.

  "La montée était plus angoissante qu'elle l'avait imaginé. L'orage à l'extérieur rendait l'air humide et les marches glissantes. Des meurtrières à intervalles réguliers s'illuminaient à chaque éclair. Les torches fumaient et grésillaient lorsque l'eau s'infiltrait au gré des bourrasques. L'escalier tournait et tournait, s'enroulant comme un escargot à la coquille boueuse.

   Shani commençait à s'habituer à l'obscurité lorsque des bribes de dialogue descendirent vers elle, entrecoupées par le sifflement du vent." [p. 411 - intégrale]

 

Rekk entraînera ses "acolytes" dans une quête éperdue de vengeance, face à un adversaire de taille : Theorocle, le nouvel Empereur, falot, mais à la tête de bon nombre de soldats.  Le Boucher n'a cependant plus rien à perdre depuis la mort de Deria...

L'action, relatée par une plume toujours aussi savoureuse, est bel et bien au rendez-vous, les combats sont légion, le sang coule et Rekk demeure fidèle à lui-même : un personnage que l'on devrait théoriquement détester. Théoriquement.

Le caractère de Shani évolue, reléguant aux oubliettes la jeune servante effacée, face à un Mahlin souvent désorienté.

  "- Rekk, vous vouliez partir à l'assaut de l'Empire ? Alors allons-y ! S'il faut qu'il y ait une guerre, il y aura une guerre. Je veux voir Theorocle hurler. Je veux qu'il saigne. Je veux qu'il pleure. Je veux qu'il supplie. JE VEUX QU'IL MEURE !" [p. 509 - intégrale]

 

À noter la superbe illustration de couverture de l'intégrale (Bragelonne), réalisée par Magali Villeneuve.

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 3 (Fantasy).

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17:49 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/11/2016

Au pays de l'Ailleurs, Tahereh Mafi

Présentation. Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood. Car Ferenwood est un monde éclatant de couleurs, révélatrices d'un don magique. La blanche Alice n'a donc apparemment aucun don, aucun intérêt : les habitants de ce lieu en ont fait une paria.
Aussi lorsque son père, la seule personne qui lui témoigne de la bienveillance, disparaît soudainement, la jeune fille n'a-t-elle plus qu'un seul but : le retrouver.
Pour cela, elle va devoir explorer la mythique et dangereuse contrée un peu plus loin que l'horizon... Elle part avec Oliver, un compagnon de route dont le talent magique consiste à pouvoir tromper son monde. Ce don leur sera-t-il utile Là-bas, un univers sans pitié peuplé de créatures effroyables où rien n'est ce que l'on croit, où les pièges pullulent ? Alice elle-même devra reprendre confiance et utiliser des pouvoirs cachés que nul n'avait décelé chez elle. Reverra-t-elle son père et pourra-t-elle enfin mettre des couleurs sur sa vie ?

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Mon avis. Comment dire ?  Une déception proportionnelle à la beauté de la couverture, veloutée à souhait...

Désireuse de découvrir la plume de l'auteure de la série Insaisissable, encensée sur bon nombre de blogs, je me suis volontiers laissé tenter par ce roman à la couverture magnifique, à l’œil et au toucher... mais le contenu n'est, selon moi, clairement pas à la hauteur de l'écrin...

Alice au pays des merveilles vit à Ferenwood, un monde pétri de magie, où les couleurs sont de mise, où l'on savoure les fleurs, où la nature est bel et bien vivante, et dans lequel l'adolescente ne trouve pas sa place : sa pâleur a entraîné son exclusion.

De plus, son père, la seule personne à lui manifester de l'amour, a disparu du jour au lendemain ; depuis, Alice tente d'agir comme si rien ni personne ne la touchait. Ce n'est qu'une apparence.

Arrive le jour où sa "mission" va lui être assignée, comme à tout jeune de son âge, mais les choses risquent encore une fois de ne pas se dérouler comme elle l'espérait...

Je reconnais volontiers que l'univers dépeint (!) est original - ainsi que les interpellations du narrateur - mais point trop n'en faut et ici, le trait est vraiment forcé ; en outre, Alice est extrêmement agaçante, heureusement, il n'en va pas de même pour le personnage d'Oliver. Enfin, même si la plume est belle, les (més)aventures des deux adolescents m'ont ennuyée, à tel point que s'il ne s'était pas agi d'un partenariat, j'aurais probablement définitivement refermé l'ouvrage - cette situation me conforte d'ailleurs dans mon idée de proposer, dans la mesure du possible, plusieurs possibilités de lecture à mes élèves parce que quand on n'apprécie pas un livre, il est vraiment pénible de le poursuivre.

En fait, j'ai ressenti l'étrange impression qu'il avait été question d'écrire à tout prix près de 400 pages là où quelques dizaines auraient suffi - et m'auraient permis d'apprécier "le conte"-.

 

Traduction : Jean-Noël Chatain.

Titre VO : Furthermore (2016).

 

Ce roman entre dans les challenges "de la Licorne, 3" (fantasy), "Jeunesse/Young Adult", 6 (2/20), "Comme à l'école" (élément végétal) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par une voyelle).

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18:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/11/2016

La Ballade de Lila K, Blandine Le Callet

Présentation. Une jeune femme, Lila K., fragile et volontaire, raconte son histoire.

Un jour, des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l'a prise en charge. Surdouée, asociale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue.

Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrangement décalé, aseptisé, où les livres n'ont plus droit de cité…

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Mon avis. Une subtile dystopie...

Ce récit raconte l'histoire de Lila K., une jeune fille qui, arrachée à sa mère, a été placée dans un Centre et tente de faire la lumière sur les premières années de sa vie, ce passé qui permettrait d'expliquer un tant soit peu les troubles dont elle souffre : elle ne supporte pas qu'on la touche ; elle est obligée la plupart du temps de porter des lunettes de soleil, tant la lumière l'agresse ; elle a subi un certain nombre d'opérations dont les causes demeurent floues ; en dehors du pâté, elle est dégoûtée par la nourriture ; elle apprécie particulièrement les espaces clos.

L'action se déroule en France, dans un futur relativement proche où les individus sont constamment contrôlés, surveillés, évalués - pour leur bien, évidemment... -, où la technologie est omniprésente, où les "livres papier" sont bannis. Tout "élément subversif" doit être identifié et "recadré".

Extrêmement intelligente, Lila se rend très vite compte que si elle veut (essayer de) trouver des réponses à ses multiples questions, elle doit, tant que faire se peut, "passer inaperçue" et donner l'illusion qu'elle "file droit"...

C'est petit à petit, en cheminant à ses côtés, que le lecteur découvre les pièces du puzzle relatif à la vie de Lila, un personnage auquel on s'attache ; l'occasion d'attirer l'attention sur les dérives d'une société ultra-sécurisée... mais nullement sécurisante.

  "La troisième année du protocole a été l'occasion d'un grand bouleversement. Un matin, M. Kauffmann a débarqué dans ma chambre en poussant devant lui un énorme caisson à roulettes.

   - Qu'est-ce que c'est, monsieur Kauffmann ?

   Il s'est assis sur le lit, l'air mystérieux, et d'un geste solennel a soulevé le couvercle du caisson.

   -Viens donc voir, fillette !

   Je me suis approchée.

   - On appelle ça des livres. Tu vas voir, tu n'en reviendras pas.

   J'ai levé un sourcil sceptique. Il avait beau dire, ça ne payait pas de mine. Mais lui semblait très excité. Il s'est emparé d'un volume, puis il l'a soulevé à hauteur de mes yeux.

   - Regarde bien, Lila.

   J'ai vu le livre s'ouvrir entre ses mains, éclater en feuillets, minces, souples et mobiles. C'était comme une fleur brutalement éclose, un oiseau qui déploie ses ailes.

   - Ça t'en bouche un coin, n'est-ce pas ?

   Je n'ai pas répondu. Je regardais ses gros doigts qui feuilletaient les pages, couvertes de signes noirs et de taches colorées.

   - Eh bien, tu as perdu ta langue ?

   - Comment dites-vous que ça s'appelle ?

   - Un livre. C'est ce qu'on avait, avant les grammabooks.

   - Et... qu'est-ce qu'il y a écrit, là-dedans ?

   - Ça dépend du livre.

   J'ai ouvert des yeux ronds. Je n'y comprenais rien." [p. 53 - 54]

 

Un texte à faire lire aux élèves du secondaire supérieur ; grand merci, Vinciane, pour cette découverte...

18:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/11/2016

Un bruit étrange et beau, Zep

Présentation.

La mort m'a fait si peur, ce jour-là, que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle.

Et j'ai fini par choisir une vie voisine de la mort.

Pour m'habituer.

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Mon avis. SU-PER-BE, tant pour le dessin, les couleurs, que l'histoire...

Cette BD du "papa de Titeuf" relate une parenthèse dans la vie de Don Marcus, un homme qui, voici 25 ans, a fait vœu de solitude, pauvreté, obéissance, chasteté et silence en entrant dans l'ordre des Chartreux. Depuis, sa vie (rassurante ?) est rythmée par les offices, la prière, les "repas" et la méditation.

Son existence est soudain "bousculée" par l'obligation de se rendre à Paris afin d'obtenir une part de l'héritage de sa tante défunte. Il n'a que faire des biens matériels mais comme le précise le prieur, "Le toit de l'aile sud est est dans un piteux état... Cet héritage est peut-être une réponse du Seigneur à nos prières ?" [pl. 19]

Don Marcus redevient William et renoue le contact avec un monde qu'il ne (re)connaît plus : il (re)découvre ainsi les odeurs, les bruits, l'agitation... Et celui qui avait réussi au fil des ans à trouver une certaine sérénité est confronté au doute : un doute qui a toujours été présent mais qu'il avait (presque) réussi à étouffer ; pourtant, cette fois, il en ira peut-être différemment...

Indépendamment de la relation de ces instants de vie, j'ai beaucoup aimé le trait, les couleurs qui déclinent les palettes du bleu, du violet, de l'ocre, ou encore du vert, ainsi que "l'estompé" du cadre qui délimite les vignettes.

Une très belle découverte...

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Cette BD entre dans les challenges "Lire sous la contrainte" (un titre qui commence par une voyelle pour cette session) et "Comme à l'école" (élément végétal sur la couverture - au dos, principalement -).

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20:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

04/11/2016

L'écorchée, de Donato Carrisi

Présentation. Sept ans après la traque du Chuchoteur, Mila travaille au département des personnes disparues. Elle sait que certains disparus, oubliés de tous, réapparaissent soudain pour tuer. Lorsqu'un homme surgi du néant massacre une famille, il devient sa cible, l'incarnation du mal. Une traque terrifiante s'engage.

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Mon avis. De cet auteur, j'avais aimé Le Tribunal des âmes et Le Chuchoteur ; L'écorchée est la suite du Chuchoteur.

On y retrouve Mila Vasquez, quelques années après la célèbre affaire dont, je dois l'avouer, j'avais presque tout oublié : la jeune femme est toujours autant torturée par la "part d'ombre" qui la façonne. Elle travaille aujourd'hui au département des personnes disparues, surnommé Les Limbes (!). Elle a une petite fille qui vit chez sa grand-mère et sur laquelle elle "jette un œil" par caméra interposée.

Son enquête la mène sur les traces, extrêmement ténues, de personnes tout à fait insignifiantes qui un jour, sans crier gare, ont disparu - trois petits tours et puis s'en sont allées - et qui, pour certaines en tout cas, sont apparemment sorties de l'o/Ombre afin de commettre des homicides s'apparentant à de véritables exécutions.

Pathologiquement dépourvue d'empathie, l'inspectrice continue à se fier à ses (funestes) intuitions et n'a pas perdu son côté "misanthrope" ; elle tâche cependant de "prendre sur elle" pour maintenir un semblant de relation avec son entourage.

C'est (petit) pas à (petit) pas que progresse Mila, bientôt aidée par Simon Berish - que j'ai d'emblée apprécié -, un enquêteur qui n'a pas son pareil pour faire avouer, mine de rien, les coupables, mais qui a été mis sur la touche. Un véritable paria.

J'ai passé un "bon" moment en la compagnie de ce duo, tournant allègrement les pages de ce roman, même si l'histoire m'a paru un peu "too much" et si l'absence de repères spatio-temporels m'a cette fois dérangée. En revanche, la fin est excellente : le lecteur n'en a vraisemblablement pas fini avec l'enquêtrice (et avec Berish ?)...

Traduction : Anaïs Bokobza.

Titre VO : L'ipotesi del male (2013).

 

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne 3 (thriller).

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09:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/11/2016

Le challenge de la Licorne, 3

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Je me suis inscrite au challenge de la Licorne, 3è édition, dans le niveau 3 : "Trolls tueurs fous".

Il s'agira pour moi de lire, jusqu'au 31 août 2017, 9 romans appartenant au thriller-policier et 9 relevant de la fantasy + fantastique (à partir du 1/1/17).

Les informations sont disponibles ICI.

 

Thriller - policier

1. La Sirène, de Camilla Läckberg

2. Le Rouge idéal, de Jacques Côté

3. Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel

4. Le cri, de Nicolas Beuglet

5. Atomes crochus, de David Khara

6. L'écorchée, de Donato Carrisi.

7. Tout n'est pas perdu, de Wendy Walker.

8. Colère noire, de Jacques Saussey.

9. Canicule, de Jane Harper.

 

Lectures supplémentaires :

10. Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, de Martin Michaud.

11. De sinistre mémoire, de Jacques Saussey.

 

Fantasy/Fantastique

1. Au pays de l'Ailleurs, de Tahereh Mafi.

2. Les Épées de glace, tome 2 : Le Châtiment de l'Empire/La Servante, d'Olivier Gay.

3. La Main de l'Empereur, tome 1, d'Olivier Gay.

4. Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, de Pierre Pevel.

5. Soul breakers, de Christophe Lambert.

6. La Lune avait bu, de Florence Médina.

7. Arena 13, tome 2 : La proie, de Joseph Delaney.

8. La voie des Oracles, I: Thya, d'Estelle Faye.

9. Royaume de vent et de colères, de Jean-Laurent Del Socorro.

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Challenge Littérature de l'imaginaire, 5

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Je me suis inscrite au challenge Littérature de l'Imaginaire proposé par Amarüel. L'objectif est de lire, entre le 1er décembre 2016 et le 1er décembre 2017, des ouvrages appartenant au Fantastique, à la Fantasy et/ou à la Science-fiction.

J'ai choisi l'échelon 2, "Petits pas dans l'ailleurs" (au moins 24 livres) dans la catégorie A, "Ange gardien de la simplicité" (tous supports et tous genres de l'imaginaire).

Les renseignements sont disponibles ICI.

 

1. Les enfants-rats, de Françoise Jay.

2. La Main de l'Empereur, tome 1, d'Olivier Gay.

3. Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, de Pierre Pevel.

4. Gigi Reine de la Mode, livre-CD de Philippe Eveno, illustré par Charlotte Gastaut.

5. Soul breakers, de Christophe Lambert.

6. Juste à temps, de Philippe Curval

7. La Lune avait bu, de Florence Medina.

8. Arena 13, tome 2 : La proie, de Joseph Delaney.

9. La voie des Oracles, I : Thya, d'Estelle Faye.

10. Passenger, d'Alexandra Bracken.

11. Royaume de vent et de colères, de Jean-Laurent Del Socorro.

13:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

02/11/2016

Challenge Jeunesse/Young Adult 6

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Je me suis de nouveau  inscrite au Challenge Jeunesse/Young Adult proposé par Mutinelle, cette fois, dans la catégorie 2 : "Badine avec les royaumes de l'enfance".

Il s'agira donc pour moi de lire 20 ouvrages Jeunesse et/ou Young Adult d'ici au 30 septembre 2017 ; si je vois que je dépasse ce nombre, je pourrai toujours passer dans la catégorie supérieure.

Les informations sont disponibles ICI.

 

1. NEED, de Joelle Charbonneau.

2. Au pays de l'Ailleurs, de Tahereh Mafi.

3. Les enfants-rats, de Françoise Jay.

4. Sauveur & Fils, saison 1, de Marie-Aude Murail.

5. Les belles vies, de Benoît Minville.

6. Le grand saut, tome 1, de Florence Hinckel.

7. Samedi 14 novembre, de Vincent Villeminot.

8. Blue, de Camille Pujol.

9. Soul breakers, de Christophe Lambert.

10. J'ai avalé un arc-en-ciel, d'Erwan Ji.

11. Arena 13, tome 2 : La proie, de Joseph Delaney.

12. Blue gold, d'Elizabeth Stewart.

13. La carotte et le bâton, de Delphine Pessin.

14. La voie des Oracles, I : Thya, d'Estelle Faye.

15. Grosse folie, de Raphaële Frier.

16. Passenger, d'Alexandra Bracken.

17. Mosquitoland, de David Arnold.

21:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

NEED, Joelle Charbonneau

Présentation. Les adolescents du lycée de Nottawa se réunissent tous sur NEED, un nouveau réseau social promettant de répondre à tous leurs besoins sous couvert d'un total anonymat... quels que soient ces besoins et leurs conséquences, et à condition d'inviter six amis à le rejoindre. Kaylee demande un rein pour sauver la vie de son frère, mais le site réclame de dangereuses contreparties...

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Mon avis. Un très bon roman ; il devrait plaire à mes élèves...

J'avais pourtant une légère appréhension lorsque je me suis lancée dans cette lecture ; ayant tellement apprécié L'élite 1 - un coup de cœur d'ailleurs pour de nombreux élèves -, 2 et 3, de la même auteure, je craignais d'être déçue : ce ne fut nullement le cas, bien au contraire...

NEED commence avec l'évocation d'un réseau social tout neuf, dont le concept semble génial : les lycéens de Nottawa peuvent y demander ce dont ils ont besoin, même si le mot envie serait indéniablement plus approprié. Nate en parle à Kaylee et lui envoie un lien par courriel : pas vraiment tentée, l'adolescente s'y inscrit malgré tout.

En fait, Kaylee désire surtout faire plaisir au jeune homme, son meilleur ami, ou plus exactement le seul à proprement parler. Elle n'est en effet pas très populaire au lycée (litote !), contrairement à lui ; celui-ci ne l'a cependant jamais laissée tomber. Il la soutient envers et contre tout/tous et Dieu sait qu'elle a besoin de cette amitié : elle souffre du départ de son père ; elle souffre du "désamour" de sa mère qui ne vit que pour son frère, malade, en attente "urgente" d'une greffe de rein ; elle souffre également de son isolement au lycée, même si elle tente, par tous les moyens, de ne pas se l'avouer. Les épreuves ont l'ont fait grandir trop vite ; bien éloignée de la superficialité des jeunes de son âge qui demandent, sur NEED, le plus souvent de la technologie dernier cri, elle évoque un véritable besoin, à savoir un rein pour son frère.

Le nombre d'inscrits sur le réseau social ne cesse de gonfler mais si dans un premier temps, la contrepartie demandée aux nouveaux consistait à envoyer des invitations à un nombre précis de lycéens de Nottawa, les choses vont évoluer : l'adage ne dit-il pas que "l'on n'a rien sans rien" ?

  "Je clique sur l'écran. Le nombre de membres est monté à quatre cent vingt-quatre.

  - C'est bien ça le principe, non ? Il faut inviter des gens pour pouvoir lancer une demande ?

  - Non, je ne crois pas. Réfléchis. Le créateur du site veut que le lycée entier s'y inscrive. Il a placé la barre assez bas pour que tout le monde ait l'occasion de recevoir sa récompense. À mon avis, maintenant, il va demander autre chose, pas seulement l'envoi de quelques mails choisis dans ton carnet d'adresses.

  - Quoi ?

  - Aucune idée, mais on ne va pas tarder à le savoir." [p. 44]

 

  "Personne ne pourrait imaginer qu'il est capable de faire ce qu'il va faire." [p. 146]

 

Le récit relate principalement le point de vue de Kaylee qui porte un regard acéré sur le comportement de ses (dis)semblables, adultes ou adolescents, rappelant en cela la personnalité indépendante de Cia dans L'élite. Même si elle agace parfois, on ne peut que s'attacher à cette jeune fille qui se (dé)bat sur tous les fronts en même temps, alors que la tension est de plus en plus palpable et que surviennent des drames liés aux requêtes de plus en plus dangereuses de NEED. La machine s'emballe...

D'autres points de vue viennent compléter celui de Kaylee, certains ponctuels, d'autres récurrents, apportant ainsi un éclairage sur le comportement - reflet de notre société - des jeunes concernés ; la fin est excellente : on aimerait tellement que ce ne soit que de la fiction...

Traduction : Amélie Sarn.

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (1/20).

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19:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

01/11/2016

Novembre : Le mois de...

Vous disposez de trente jours pour aller poser vos questions, que celles-ci soient sérieuses, farfelues, humoristiques, saugrenues, existentielles..., à Olivier Gay sur Book en Stock.

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Voici les liens des romans lus jusqu'à présent :

Le noir est ma couleur, 1 : Le pari

Le noir est ma couleur, 2 : La menace

Le noir est ma couleur, 3 : La riposte

Le noir est ma couleur, 4 : L'évasion

Le noir est ma couleur, 5 : Le piège

 

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel

Les mannequins ne sont pas des filles modèles

 

Les Épées de glace, 1 : Le sang sur la lame/Le boucher

11:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/10/2016

Atomes crochus, David Khara

Présentation. Aéroport de Fort Worth, Dallas. Deux voyageurs essoufflés viennent de rater leur vol pour Paris et se le reprochent mutuellement : Enzo Meazza, un criminel en col blanc tout juste sorti de prison, et Janet Livingston-Pierce, ingénieur en déplacement professionnel. L'avion explose quelques secondes après son décollage...
À peine remis du choc, ils sont pris pour cible par des hommes armés. Pourquoi en ont-ils après eux ? Leur commanditaire serait-il le mystérieux Griffon traqué par le FBI depuis des années ?
Une seule certitude : Janet et Enzo n'auraient jamais dû se rencontrer...

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Mon avis. Ce livre est un bon divertissement, le genre de récit qui permet de passer un agréable moment.

Ces "atomes crochus", c'est la rencontre inopinée entre Enzo Meazza, un quadragénaire qui vient juste de sortir de prison, et Janet Livingstone, ingénieure dans le domaine nucléaire.

Tous deux sont bloqués dans un aéroport de Dallas : ils viennent de rater leur vol pour Paris. Alors qu'ils sont en train de se quereller à propos de leur responsabilité mutuelle dans ce départ loupé, l'avion qu'ils étaient censés prendre explose en plein vol.

Le choc. Un choc d'autant plus grand qu'ils ont l'intuition qu'il ne s'agit nullement d'une "heureuse coïncidence" dès lors qu'à peine sortis de l'aéroport, ils sont poursuivis par des tueurs surentraînés. S'ils ont miraculeusement échappé à l'explosion, ils risquent bien de laisser leur peau dans la course-poursuite effrénée qui s'engage. S'ajoute un chassé-croisé avec les forces de l'ordre dallasiennes, ainsi que le FBI...

Rien de bien original dans la relation qui s'ébauche entre les deux protagonistes principaux : elle se "décode" en effet dès les premières lignes ; "l'énigme Meazza" sort cependant des sentiers battus. En outre, bon nombre des personnages sont attachants, qu'il s'agisse des héros involontaires, des agents Bryniarsky et Shark ou bien encore du "cow boy de service", Cates ; même Curkovic, l'un des exécuteurs, n'est pas entièrement antipathique...

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (thriller).

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13:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

21/10/2016

Police, Hugo Boris

Présentation. Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 
 
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 
 
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

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Mon avis. Un roman qui a fait beaucoup parler de lui depuis quelques semaines : à raison...

Point d'action ici ; point de courses-poursuites ; point de bagarres et autres frictions, si ce n'est intérieures : celles qui rongent (de) l'intérieur et grappillent, lentement mais sûrement, du terrain dans l'existence de ces madame et messieurs Tout-le-Monde, gardiens de la paix de leur état : Virginie, Aristide et Érik.

Virginie est à l'aube du "premier jour du reste de sa vie" : elle doit faire face, contrainte et forcée, à un de ces choix qui se présentent dans la vie et qui font que le lendemain marquera, quoi qu'il advienne, une rupture avec "l'avant".

Aristide, quant à lui, se protège derrière une carapace de gros (ba)lourd insupportable, confit d'ironie mais efficace dans le boulot ; enfin, Érik, le supérieur des deux autres, tente de mener son petit monde "sans la baguette".

Aux côtés de ces trois agents, une personne que l'on n'entend pas mais qui occupe dans le récit une place prépondérante, Asomidin Tohirov, un "retenu" tadjik qui doit être renvoyé dans son pays d'origine, même si une mort certaine l'y attend... Le trio est exceptionnellement chargé de conduire l'homme à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, où il sera pris en charge par des "escorteurs" en vue du "rapatriement".

  "Elle tend les poings pour qu'il comprenne. L'homme reproduit le geste en miroir, lui présente ses poignets. Elle le menotte devant plutôt que derrière, pour qu'il n'ait pas mal au dos pendant le transfert. Elle s'empare de son minuscule sac, salue à la cantonade, saisit l'homme par l'avant-bras. Il est si maigre que l'os est tout de suite là à travers le pull." [p. 43]

  "Leurs visages scintillent dans la lueur soufrée des mâts d'éclairage. Chacun s'absorbe dans la portion du paysage qui lui revient, Érik à droite, Virginie à gauche, Aristide devant et derrière, continuant de quadriller l'espace de l'autoroute comme s'ils étaient en patrouille." [p. 99]

  "Ses convictions s'effritent mais il résiste encore." [p. 115]

 

Le récit relate ces heures pour le moins étranges où l'atmosphère pesante à l'intérieur de la voiture cadre tout à fait avec la moiteur de cette fin de journée estivale ; si le roman se centre davantage sur Virginie qui, la première, réfléchit à la "mission" qui leur a été confiée, ses deux collègues ne sont pas en reste : la "conscience" de chacun s'active et surgissent des questions qu'ils ne s'étaient, jusque-là, encore jamais véritablement posées. 

Le risque d'atteindre un point de non-retour grandit au fil des minutes.

Passer de l'autre côté du miroir ? Ou pas ?

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Merci à Price Minister pour ce partenariat organisé dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire [#MRL16].

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18:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

19/10/2016

Outlander, 8 : À l'encre de mon cœur, partie I, Diana Gabaldon

Présentation. Juin 1778 : l'armée britannique quitte Philadelphie, alors que les troupes de George Washington délaissent Valley Forge pour se lancer à ses trousses.

Jamie Fraser, que l'on croyait mort, réapparaît et découvre que son meilleur ami s'est marié avec sa femme, Claire. Il apprend également que son fils illégitime connaît maintenant l'identité de son père.Enfin réunis, Jamie et Claire se réjouissent que Brianna, leur fille, soit en sécurité au XXe siècle...

Mais il n'en est rien, puisqu'elle est à la recherche de son fils, qui a été enlevé par un homme déterminé à connaître les secrets de sa famille. Son mari, Roger, s'est aventuré dans le passé pour retrouver le garçon disparu, ignorant que l'objet de sa quête n'a pas quitté le présent. Le ravisseur peut désormais jeter son dévolu sur sa véritable cible : Brianna.

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Mon avis. J'ai une nouvelle fois été ravie de faire un bout de chemin en compagnie de ces "vieux amis de papier", même si j'ai trouvé que cet opus souffrait parfois quelques longueurs...

Focus sur Jamie qui a un (énorme) oignon à peler avec John Grey puisque ce dernier a épousé Claire pour lui éviter de sérieux ennuis ; pire : l'union a été "consommée" ; John attend, résigné, son châtiment.

Claire est restée à Philadelphie et guette - anxieusement - leur retour. Quant à William, il connaît désormais l'identité de son père biologique et a littéralement "pété un câble"... S'engage alors une espèce de très/trop longue "partie de cache-cache" entre les trois protagonistes sur fond d'affrontements à venir - ceux-ci n'en finissent pas de "se faire attendre", par ailleurs en la compagnie de personnalités que Claire ne connaissait jusqu'alors que via les livres, comme George Washington ou le marquis de La Fayette - entre continentaux et loyalistes. La "bataille" n'arrive effectivement que dans la dernière partie.

Pour sa part, Brianna est contrainte de se mesurer, seule, à l'abject Cameron qui a enlevé Jem' : Roger a en effet retraversé les pierres, en compagnie de Buck, son ancêtre, afin de retrouver son fils. Le hic : Jem' est toujours au XXè siècle et Roger ne se retrouve pas tout à fait dans la "bonne année".

La famille Grey - John, William, Dottie, Hal - sort cette fois du lot, éclipsant de temps à autre le couple vedette ; en outre, Germain, le fils de Fergus et Marsali s'étoffe quelque peu.

La suite au prochain épisode qui m'attend déjà dans ma PAL.

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO  : Written in my own heart's blood (2014).

12:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

12/10/2016

La nuit avec ma femme, Samuel Benchetrit

Présentation. Un homme ouvre son cœur à sa femme disparue sous les coups d'un autre, venue le visiter le temps d'une nuit. Un voyage intérieur poétique, âpre et intime. Le temps d'une nuit, le narrateur est visité par sa femme disparue sous les coups d'un homme. Il lui parle et l'emmène dans une déambulation dans les rues parisiennes. Sur les lieux de leur amour et de leurs déchirures, il s'adresse à elle et convoque, au fil de pages intenses, les blessures et les joies de leur destinée tragique, leurs souvenirs communs, leur fils merveilleux et la difficulté de vivre sans elle. Un voyage intérieur passionné et poétique.

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Mon avis. Au risque de me faire des ennemi(e)s : j'ai peu apprécié cette lecture qui m'a trop souvent lassée...

Est-il utile de préciser que l'auteur est le mari de Marie Trintignant, dont elle était séparée alors que le drame que l'on connaît est survenu ? Il raconte la douleur et la profonde souffrance qui sont les siennes dans une espèce de long cri désespéré adressé à l'actrice ; il raconte la présence nouée en lui de celle qui n'est désormais "plus là" et qui, pourtant, prend tellement de place et se tient à ses côtés.

Où donc est le "problème", me direz-vous (avec raison) ? D'abord, l'écriture m'a d'emblée rebutée, même si elle cadre bien avec le propos qui semble surgir comme si les mots étaient devenus incontrôlables, à savoir des phrases souvent très courtes, hachées. Ensuite, l'émotion a rarement été au rendez-vous, hormis lors des moments qui évoquent la mort de Marie Trintignant ou ceux passés avec leur fils. Après.

  "Je voudrais des ventes aux enchères de rêves. J'en achèterais pour cette nuit. Le rêve que l'on dérange quand le téléphone sonne. Le matin est si petit parfois. Tu m'as appris à l'aimer. Les heures orphelines. Ne pouvant offrir que leur inquiétude." [p. 63 - 64]

Ce fut donc clairement pour moi une déception mais allez découvrir d'autres avis - entre autres celui de Cajou qui avait suscité mon intérêt pour ce titre -, vous ne risquez qu'une chose : avoir envie de vous plonger dans ce récit...

Merci à Babelio et aux éditions Plon/Julliard pour ce partenariat.

19:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |