27/02/2018

Ça a commencé comme ça, Anne Morelli

Présentation. Ça a commencé quand Flore a fait brûler sa confiture de groseilles . Ou alors, quand son père l’a appelée à l’aide, coincé entre les branches du vieux pommier. En fait, non, ça a vraiment commencé quand ses amis l’ont inscrite au concours de confitures. Oui, c’est à partir de ce moment-là que la vie de Flore a pris un tournant inattendu. Car la jeune mère célibataire presque trentenaire a dû faire face à un obstacle de choix : confectionner une confiture aux figues… sans figues. Et, malgré la mobilisation de tout le village pour la soutenir dans sa quête, impossible de trouver les fameux fruits au beau milieu de cette canicule qui frappe le Sud-Ouest de la France. Impossible ? Non, pas tout à fait. Car il y a bien quelqu’un qui en a, des figues : Corto, le beau jardinier mystérieux que tous les habitants du village considèrent avec méfiance. [...]

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Mon avis. En cette période (presque) polaire, une lecture qui sent bon l'été...

Même si l'histoire est prévisible, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Flore, délicieuse gaffeuse "hors compétition" qui tire le diable par la queue ; ainsi, la chaudière de la bâtisse dans laquelle elle vit en compagnie de son père et sa fille a rendu l'âme mais ce n'est pas avec son job de confiturière qu'elle risque de trouver de quoi financer la réparation.

L'occasion de se renflouer un tant soit peu se présente avec l'organisation d'un concours de confitures auquel elle décidera finalement de participer. Sur sa route, le mystérieux Corto qui pourra peut-être lui fournir des figues, impossibles à trouver en cet été particulièrement caniculaire. Le séduisant jeune homme semble pourtant avoir (bien) des choses à cacher et Flore risque de se brûler les ailes. Et si la "chance" (?) se devait (quand même) d'être saisie ?

Une lecture légère, teintée d'humour, et ma foi bien agréable...

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" - son [e] -.

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19:30 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/02/2018

Quand la nuit devient jour, Sophie Jomain

Présentation. "On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression. Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début.

J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016."

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Mon avis. Un coup de cœur allié à un coup au cœur... ou inversement.

Sujet délicat au centre de ce récit : la Dépression, avec une (énorme) majuscule tellement le mal-être de Camille est profond et inextinguible.

Camille a vingt-neuf ans et du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours ressenti, au dedans d'elle, une souffrance telle que se regarder dans un miroir constituait une véritable épreuve : elle les évitait donc autant que possible. Davantage encore quand ses troubles alimentaires ont commencé à régenter son existence. Elle a pourtant eu des parents aimants. Elle a pourtant suivi thérapie sur thérapie. Rien n'a changé. Les douleurs physiques se sont intensifiées au fur et à mesure qu'a grandi en elle ce vide, la laissant, après chaque "crise", toujours plus pantelante.

Camille n'en peut plus ; elle sait que jamais, elle ne sera heureuse ; pire, elle sait que jamais, elle n'aura une idée, aussi infime soit-elle, du sens du mot "bonheur". Alors, en (dés)espoir de cause, elle demandera "l'euthanasie volontaire assistée".

La première partie du récit relate les "jeunes années" de Camille, qui l'ont conduite à devenir celle qu'elle est aujourd'hui, celle qui a tout essayé mais ne peut plus continuer à (tenter de) survivre. Elle ne s'attend pas à être soutenue par ses parents mais elle espère (secrètement) qu'ils essayeront de la comprendre. Alors, elle leur fait part de sa décision. Mais comment des parents pourraient-ils "accepter" cette volonté de leur fille unique ? Unique à bien des égards...

L'auteure réussit l'exploit de décrire la souffrance de la jeune femme de telle manière que le lecteur l'accompagne dans son cheminement et en arrive à la comprendre, laissant de côté le jugement spontané qui aurait éventuellement pu être le sien.

Sa demande d'euthanasie ayant été validée en Belgique, Camille sera prise en charge dans une clinique médico-psychiatrique spadoise, un centre où l'équipe médicale tentera de l'aider au mieux à "profiter" des dernières semaines avant l'inéluctable.

J'ai été très touchée par ce roman car j'ai "côtoyé" la dépression dans la famille et certaines phrases avaient pour moi une résonance particulière ; et même si la fin est particulièrement bouleversante, le récit n'est jamais déprimant...

  "Mon existence tout entière était lourde à porter, à assumer, depuis si longtemps. Si seulement mon image avait été la seule en cause... Je ne parvenais plus à combattre ma souffrance psychique, à raisonner, à camoufler mon mal-être, et il me semblait parfois que la mort était la seule solution pour arrêter mon calvaire. La dépression prenait possession de moi. Je ne supportais plus de vivre parmi les gens, de les croiser, de leur parler, je n'étais plus capable de faire semblant." [p. 33]

 

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

14:30 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

16/02/2018

L'autre sœur, Cylin Busby

Présentation. Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu'au jour où elle réapparaît... Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s'il ne s'agit pas d'une imposture. Comment réagir si c'est le cas ?

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Mon avis. Une lecture qui ne laisse pas indifférent...

La vie des Morris a été dévastée voici quatre ans lorsque Sarah, 15 ans, a disparu. Depuis lors, aucune nouvelle de l'adolescente... jusqu'à ce qu'elle réapparaisse, dépourvue de souvenirs mais vivante, même s'il est évident qu'elle a subi des sévices...

C'est à travers le regard de Nico, 11 ans à l'époque, 15 aujourd'hui, que nous découvrons la douleur de la famille pour qui la vie s'est en quelque sorte arrêtée avec cette disparition. Nous découvrons également le regard que portait/porte Nico sur sa sœur : une superbe adolescente qui régentait son monde, à qui tout - ou presque - était dû ; une personnalité à mille lieues de l'image idéale qu'elle renvoyait. Mais Nico n'a jamais pu s'ouvrir à quiconque des multiples brimades subies à l'époque.

Lorsque Sarah refait surface, Nico est la seule à trouver curieuses certaines différences entre "sa sœur d'avant" et celle d'aujourd'hui, la plus étrange étant son comportement à l'égard de Nico : la "tortionnaire" d'autrefois est devenue attentive à sa cadette.

Le fil de l'histoire est entrecoupé de passages à travers lesquels Sarah raconte des bribes de ce qu'elle a (douloureusement) vécu.

Le roman joue constamment sur les doutes nourris par Nico à l'encontre de Sarah et met en évidence la nouvelle relation nouée entre les deux sœurs. Et même si certaines situations manquent parfois de réalisme, j'ai apprécié cette lecture.

Traduction : Sarah Dali ; éditions Milan, 2017.

Titre VO : The Stranger Game, HarperCollins Publishers, 2016.

 

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

12:16 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

12/02/2018

After Anna, Alex Lake

Présentation. Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. [...]
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Mon avis. Voici ce que j'appelle un "tourne-pages", autrement dit un roman que j'ai eu bien des difficultés à poser pour "vaquer aux tâches quotidiennes"...

Une remarque préalable : j'ai volontairement amputé le texte de la quatrième de couverture des trois dernières phrases car je trouve qu'elles en dévoilent trop.

Il est donc question d'un enlèvement : celui d'Anna qui a disparu à la sortie de l'école ; elle semble s'être volatilisée. Le ciel s'effondre sur la tête des  parents, Julia et Brian, surtout sur celle de Julia qui se sent extrêmement fautive ; en effet, si elle n'était pas arrivée en retard à l'école, le drame ne se serait (probablement) pas produit. En outre, elle ne trouve aucun réconfort auprès de son mari car elle lui a annoncé, peu de temps auparavant, son intention de demander le divorce et la pilule est amère pour l'époux éconduit.

Le lecteur entre alors de plain-pied dans les pensées les plus intimes de Julia : la douloureuse culpabilité qui la laisse souvent pantelante ; le conflit avec son (futur ex-) mari ; la relation tendue (doux euphémisme) avec sa belle-mère qui régente toutes et tous depuis toujours ; le regard des autres, tour à tour empli de pitié, dédaigneux ou accusateur ; l'image que la presse - vautours avides de détails "croustillants" - renvoie d'elle : une mère indigne qui non seulement était en retard, mais de surcroit n'a pas prévenu l'école de ce retard ! L'enquête piétine.

Parallèlement, le lecteur découvre de temps à autre des pages relatées par le ravisseur qui distillent çà et là des indices, infimes, sur cette personnalité "particulière".

Jusqu'à ce que...

Stop.

Je n'en dirai pas plus.

D'autant que c'est loin d'être terminé.

Très loin...

Traduction : Thibaud Eliroff ; Pygmalion, 2017.

Titre VO : After Anna (2015).

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne, 4 et "Comme à l'école".

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16:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

07/02/2018

L'Atelier des souvenirs, Anne Idoux-Thivet

Présentation. Lorsqu'elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s'installer à la campagne. Elle se lance alors dans l'animation d'ateliers d'écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Élisabeth, Georges, Lucien... les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres.
Au fil des séances d'écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s'attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l'aider à trouver l'amour ! atelier-souvenirs.jpg

Mon avis. Un roman "feel good", autrement dit une véritable friandise...

Alice ne sait plus que faire pour trouver du travail : la sociologie ne mène visiblement pas à grand-chose, aussi brillante soit la jeune femme. En désespoir de cause, elle s'est établie dans la maison que lui a léguée sa grand-mère, et puisqu'il faut décidément bien gagner sa croûte, elle accepte, "en attendant des jours meilleurs", l'offre qui lui est faite d'animer un atelier d'écriture dans deux maisons de retraite de la région.

Très vite, ce qui devait n'être qu'un pis-aller se mue en agréables moments partagés, d'une part avec "ses petits vieux", d'autre part avec les enfants du lieu, eux aussi bientôt inscrits à cet atelier des mots.

Si Alice est attachante, ses élèves du quatrième âge le sont tout autant, chacun avec sa personnalité, chacun avec ses aspirations, chacun avec ses fêlures, aussi.

Ce délicieux récit fait la part belle aux bons sentiments, sans jamais tomber dans la mièvrerie ; oh, bien sûr, on comprend vit ce qu'il risque d'advenir mais peu importe, on passe un bon moment en compagnie de cette jeune femme qui se cherche et qui finira, peut-être, par trouver un équilibre dans sa vie...

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette découverte.

14:38 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |