28/12/2017

Glacé, Bernard Minier

Présentation. Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise. Ce même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, 40 ans, flic mélomane et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.

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Mon avis. Excellent... même si j'avais lu Le Cercle avant celui-ci...

Je n'ai pas fait les choses dans l'ordre puisque j'ai lu Le Cercle voici quelques mois, prêté par mon kiné. Lorsqu'il m'a prêté Glacé, je m'y suis plongée aussi vite, à tel point que rentrée du réveillon tôt le matin, j'ai lu une bonne heure avant de jeter l'éponge et coïncidence (?), j'ai découvert les dernières pages, se déroulant le jour de Noël, ce 25 décembre 2017...

Il y a donc un élément lié à l'enquête dont j'avais déjà connaissance et pourtant, cela n'a pas entaché mon plaisir de lecture de ce récit qui s'ouvre sur une scène ahurissante, horrifiante : celle d'un cheval décapité accroché entre les câbles et les poulies du terminus d'une télécabine... Vision glaçante (!) s'il en est...

Au même moment, Diane Berg, psychologue, arrive à l'Institut Wargnier, "Centre de psychiatrie pénitentiaire" où sont enfermés ceux dont on ne sait (plus) que faire ailleurs.

  "En amont du cours d'eau, sur l'autre rive, plus haut sur la pente : deux longs bâtiments en pierre de taille. Malgré la distance, elle devina leurs dimensions. Une architecture de géants. Cette même architecture cyclopéenne qu'on retrouvait un peu partout dans la montagne, dans les centrales comme dans les barrages et les hôtels du siècle dernier. C'était bien ça : l'antre du cyclope. Sauf qu'il n'y avait pas un Polyphème au fond de cette caverne - mais plusieurs.

   Diane n'était pas du genre à se laisser impressionner, elle avait voyagé dans des endroits déconseillés aux touristes, elle pratiquait depuis l'adolescence des sports qui comportaient une part de risque : enfant comme adulte, elle n'avait jamais eu froid aux yeux. Mais quelque chose dans cette vision provoqua un trou d'air dans son ventre. Ce n'était pas une question de risque physique, non. C'était autre chose... Le saut dans l'inconnu..." [p. 26 - 27]

 

Martin Servaz, commandant quadragénaire, déjà passablement fatigué et "revenu de beaucoup de choses", est chargé de l'enquête : une enquête difficile car 1) il est impossible que les gardiens n'aient rien vu ni entendu ; c'est pourtant ce qu'ils affirment au risque d'être d'emblée suspectés en raison de leurs "antécédents" ; 2) le cheval en question, Freedom, appartenait à Éric Lombard, richissime homme d'affaires originaire de la région, ce qui justifie une enquête approfondie "pour un cheval", l'homme ayant le bras (extrêmement) long.

Est adjointe à l'enquête (la sculpturale) Irène Ziegler, capitaine de la Section de recherche de Pau, alors qu'il s'avère bien vite que Freedom ne sera pas la seule victime de cet/ces assassin(s) retors et particulièrement organisé(s).

J'ai été happée dès le début par l'atmosphère de cette enquête, "engourdissante" en raison du froid prégnant et de la méforme de Servaz ; pesante aussi principalement lors des scènes se déroulant dans l'Institut : impossible de ne pas sursauter ou regarder derrière son épaule en même temps que Diane Berg lorsqu'elle en arpente les couloirs "sécurisés". J'apprécie également le fait que les "héros" aient, eux aussi, leur part d'ombre...

Je lirai bien sûr les opus suivants.

  "À mesure qu'il en découvrait les détails, cette affaire de cheval prenait des proportions de plus en plus importantes dans son esprit. Il avait l'impression d'être un légiste qui déterre un doigt, puis une main, puis un bras, puis le cadavre entier. Il se sentait de plus en plus inquiet. Tout, dans cette histoire, était extraordinaire. Et incompréhensible. D'instinct, comme un animal, Servaz percevait le danger. Il se rendit compte qu'il frissonnait, malgré le soleil." [p. 122]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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18:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Un tout bon tout bon ...

Écrit par : Jacqueline | 28/12/2017

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Comme toi, j'ai adoré Glacé, je viens de finir le cercle et je dois dire que je l'ai bien aimé mais ma préférence reste au premier lu ! Bonnes fêtes Paikanne !

Écrit par : Licorne | 28/12/2017

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J'ai beaucoup rencontré ce bouquin sur les blogs. Je le lirai peut-être un jour. Là, je suis dépassé par ma PAL !
Bonne fin d'année.

Écrit par : Philippe D | 28/12/2017

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Une très bonne année à toi et à toute ta famille.
De grands moments de joie et de très belles découvertes littéraires !

Écrit par : Philippe D | 01/01/2018

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