26/08/2017

François, Le pape américain, Silvina Pérez et Lucetta Scaraffia

Présentation. « Au soir du 13 mars 2013, il fut indéniable que ce nouveau pape était vraiment un pape nouveau. Nombreux étaient les éléments de changement représentés par une élection aussi rapide qu'espérée, bien qu'assez surprenante. Jorge Mario Bergoglio, l'archevêque de Buenos Aires âgé de soixante-seize ans, était pratiquement un inconnu, mais en quelques instants, les médias du monde entier annonçaient que le souverain pontife était, pour la première fois, un Américain, un jésuite et que, pour la première fois, il avait pris le nom de François.

Le pontificat de Bergoglio arrivé à maturité au bout de quatre ans nous autorise à porter un regard qui, bien que provisoire, permet d'en pressentir la réelle évolution.

Silvina Pérez et Lucetta Scaraffia ont mis en œuvre une réflexion pour décrire les grandes lignes et les perspectives, ainsi que les choix innovants du souverain pontife, pour évoquer également les circonstances qui ont influencé la formation du jeune jésuite et pourquoi, depuis son élection, ce pape venu « presque du bout du monde » déconcerte et surprend. »

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Mon avis. Un éclairage intéressant sur quelques facettes de l'actuel souverain pontife...

J'ai eu envie de lire cet ouvrage car le pape actuel me paraît "sympathique", (bien) davantage que certains de ces prédécesseurs.

La première partie, Bergoglio, par Silvina Pérez,  évoque quelques éléments du passé de Jorge Mario Bergoglio, remontant à l'arrivée de ses parents en Argentine, alors qu'ils ont fui l'Italie de Mussolini. S'ensuivent les années passées à arpenter les bas quartiers de Buenos Aires appelés "villas miseria", désireux de soulager - si peu - la profonde misère des laissés-pour-compte d'une immense décharge à ciel ouvert où la pollution s'épanouit ; le tout sur fond de dictature.

La deuxième partie, Le souverain pontife, par Lucetta Scaraffia, se centre sur la fonction de celui qui dénote, à la fois en raison du nom qu'il s'est choisi, François, référence à Saint François d'Assise, et du continent d'où il provient. Ces pages mettent l'accent sur les actions entreprises par le pape et les textes qu'il a diffusés, parfois en discordance par rapport à la tradition. Il est ainsi critiqué par ceux qui estiment qu'il va trop loin dans ses désirs de réforme, comme par ceux qui trouvent qu'il demeure décidément trop prudent.

Je suis restée quelque peu sur ma faim dans le sens où j'aurais volontiers apprécié découvrir plus avant l'enfant et l'homme, avant la fonction. Cela dit, les éléments du passé apportent un éclairage sur ses préoccupations essentielles : celles relatives au sort des réfugiés ou aux démunis, toujours plus nombreux, avec la miséricorde pour leitmotiv, ainsi que le dialogue avec les autres religions.

  "Je rêve d'une Europe où être un migrant ne soit pas un délit." [p. 129]

  "Bergoglio est indifférent au débat médiatique, car son seul objectif est de faire entendre l'appel de la miséricorde à une société qui a fait de la concurrence, de la victoire sur autrui et du succès le seul but de la vie." [p. 130] 

 

Traduction : Dominique Sicouri.

Titre VO : Francesco, il papa américano.

Merci aux Presses de la Renaissance pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" (vêtement).

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11:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/08/2017

Line et Bulle : Premières vacances sans Papa et Maman, Brigitte Carrère et Anne Cresci

Présentation. Line est malheureuse : elle se sent incapable de quitter ses parents. Même pour quelques jours. Pourquoi c'est si difficile ? Comment surmonter cette séparation ? Bulle le sait peut-être. Avec son lapin-doudou, Line va découvrir que rien n'est impossible lorsqu'on a compris qu'il fallait d'abord se rassurer et rassurer ses parents !

De l'aventure, des conseils, de l'humour : les petits lecteurs vont adorer avancer avec Line et Bulle ! Et pourquoi pas, adopter ces solutions toutes simples qui permettent de retrouver le sourire...

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Mon avis. Un album délicieux aux adorables personnages...

Line va bientôt partir en vacances au bord de la mer avec ses cousins ; elle s'est réjouie très vite de la proposition mais elle n'avait pas mesuré combien il lui serait difficile de quitter ses parents...

La petite fille est morose et s'inquiète, à tel point que ces vacances à venir perdent de leur saveur et même Bulle, son lapin en peluche, n'arrive pas à la réconforter et à chasser son appréhension.

L'histoire racontée est destinée à rassurer les enfants (et les parents) confrontés pour la première fois à la séparation, même si elle n'est que temporaire. D'ailleurs, l'album se termine par quelques conseils prodigués aux parents afin de rendre plus aisé ce type de situation.

Le dessin est superbe et les couleurs variées sont de toute beauté ; en outre, la police ronde rend la lecture bien agréable.

Un grand merci aux éditions Le Gâteau sur la Cerise pour ce partenariat.

 

Cet album entre dans le challenge "Comme à l'école" (vêtement).

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20:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/08/2017

The sun is also a star, Nicola Yoon

Présentation. Daniel, 18 ans, est fils de Coréens immigrés à New York. L'année prochaine, il intègrera certainement la prestigieuse Université de Harvard.

Natasha, 17 ans, est arrivée de la Jamaïque dix ans auparavant. Ce soir, elle quittera peut-être les États-Unis pour toujours.

Il croit à la poésie et à l'amour. Elle croit à la science et aux faits explicables.

Ils ont 12 heures pour se rencontrer, se connaître, et s'aimer. Au-delà des différences.

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Mon avis. Un très bon moment de lecture...

Après avoir beaucoup apprécié Everything, everything, je craignais d'être déçue par ce roman ; il n'en fut rien.

J'ai pourtant eu un peu de mal à entrer dans le texte car les chapitres alternent le point de vue de Daniel et Natasha ; jusque-là, rien de dérangeant - cela devient même habituel dans les romans actuels - mais dans ce cas-ci, ce qui m'ennuyait, c'est que les chapitres du début sont très courts : autrement dit, impossible de "faire vraiment la connaissance" d'un des deux héros que déjà, l'on en arrivait à l'autre. Heureusement, la donne change très vite pour passer à "du plus consistant".

S'installe alors une vitesse de croisière qui alterne donc la vision de chacun, à laquelle s'ajoute, çà et là, le point de vue de l'un ou l'autre "intervenant extérieur", dans une perspective intéressante.

Indépendamment de la relation qui se noue, d'abord laborieusement, entre les deux jeunes gens, le récit met en évidence des problèmes relatifs aux préjugés, qu'ils soient liés à la culture ou à la perception  de l'autre : ainsi, il serait inimaginable pour la famille - coréenne "pur jus" - de Daniel que celui-ci sorte avec une Afro-Américaine. Natasha, quant à elle, rejette en bloc ce qui n'est pas analysable, mesurable, explicable ; de plus, la poésie est pour elle indigne d'intérêt, or Daniel passe son temps à écrire des poèmes dans un petit carnet noir. S'amorce parallèlement une réflexion sur le destin et ce qu'il peut éventuellement initier.

NATASHA

   "Les êtres humains ne sont pas des créatures raisonnables. Au lieu d'être gouvernés par la logique, nous sommes gouvernés par les émotions. Si c'était le contraire, les gens sur cette Terre seraient plus heureux. Par exemple, à cause d'un simple coup de téléphone, j'ai commencé à espérer un miracle.

   Je ne crois même pas en Dieu." [p. 65]

DANIEL

   "Un adolescent du coin prend une décision critiquable.

   Ma mère, qui est si pacifiste, me tuerait si elle savait ce que je viens de faire. J'ai décalé l'horaire de mon entretien. Pour une fille. Même pas une Coréenne, mais une Noire. Une fille noire que je ne connais pas vraiment, et qui peut-être ne m'apprécie même pas." [p. 153]

 

La relation entre les deux adolescents progresse par petites touches : si Daniel est presque conquis d'avance, il devra faire preuve d'ingéniosité et d'un humour délicieux pour briser les défenses de Natasha.

  NATASHA

   "Il trouve que mes cheveux sentent la pluie printanière. Je m'efforce de rester stoïque et indifférente. Je garde à l'esprit que je n'aime pas le langage poétique. Je n'aime pas la poésie. Je n'aime pas les gens qui aiment la poésie.

   Mais je ne suis pas morte au fond de moi pour autant." [p. 191]

DANIEL

  "Bien qu'elle me l'ait interdit, je la dévisage. J'adore la manière dont elle a l'air de ressentir les choses avec son corps tout entier. Et je me demande pourquoi une fille qui est si manifestement passionnée est si résolument opposée à la passion." [p. 204]

 

La question n'était pas de savoir s'ils allaient tomber amoureux, mais plutôt de voir ce qu'il allait advenir à la fin de la journée puisque la famille de Natasha va être expulsée. Prendre le parti de réussir à empêcher l'expulsion, c'eût été trop fleur bleue et les séparer en fin de journée, c'eût été bien triste. Je me demandais comment l'auteure allait s'en sortir et ma foi...

Traduction : Karine Suhard-Guié.

Titre VO : The sun is also a star (2016).

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (24/20).

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17:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/08/2017

Artis ou Les tribulations orientales d'un jeune homme de bonne fortune, Bruno Albert-Gondrand

Présentation.

   Chers parents, chers voisins,

   Ma petite maison, avec mon chat, mon jardin et son petit arbre au milieu, est sûrement le lieu le plus délicieux en ce bas monde. L'ennui, hélas, me tient compagnie. Je pars mener ce mauvais sentiment un peu plus loin pour m'en débarrasser sur le chemin du retour.

   À tout de suite,

   Aristide de Bonne-Fortune.

Ici même, le 28 septembre 1759

   N.B. : Il reste de la soupe de potiron dans la marmite sur le poêle. Ne pas donner de poisson au chat.

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Mon avis. Mi-figue, mi-raisin...

Ce récit m'apparaît comme une sorte de réécriture de Candide qui a ici les traits d'Aristide de Bonne-Fortune, alias Artis, un adolescent qui décide de partir à l'aventure car il s'ennuie dans son jardin "avec un arbre au milieu". Ses pas le mènent jusqu'à l'Amphitrite, "un remarquable petit navire de charge construit sur le modèle des flûtes hollandaises". [p. 13]

Le bateau conduit vers l'Asie le jeune Artis et ses compagnons (d'infortune), François-Marie de Maubriand, (pseudo) chevalier de Sa Majesté le roi et le docteur Magnolet, (pseudo) médecin et chirurgien du roi. Les (més)aventures s'enchaîneront alors.

Les tribulations de ce trio font inévitablement penser à celles vécues par Candide dès lors qu'il est chassé du château de Thunder-ten-tronckh ; en outre, Artis - d'humeur toujours égale - réussit, sans le vouloir, à se dépêtrer de situations rocambolesques et dramatiques. S'ajoute une langue truculente, l'humour parfois grinçant et l'exagération qui font partie intégrante du conte philosophique, ainsi que la dénonciation des travers de la société. La guerre déclenchée pour des motifs ridicules en est un exemple.

Pourquoi donc évoquer un avis mitigé, me direz-vous ? Tout simplement parce que l'ensemble m'a paru long et qu'à certains moments, je n'ai moi-même pas échappé à l'ennui que voulait fuir le jeune Artis. Or ce récit est destiné aux adolescents, je me demande donc dans quelle mesure ils ne risquent pas, eux aussi, d'être parfois lassés par le propos...

Merci aux éditions HongFei pour ce partenariat.

 

Ce texte entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (23/20) et "Comme à l'école" (vêtement).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

13/08/2017

Le Cercle, Bernard Minier

Présentation. Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s'acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d'étudiants réunissant l'élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d'anciennes et terribles blessures et faire l'apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

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Mon avis. Un seul mot : excellent !

Mieux vaut tard que jamais : voici belle lurette que je souhaitais découvrir Bernard Minier et l'occasion m'en a été donnée par mon kiné qui me l'a prêté pour les congés (merci, Gilles). Un roman comme je les aime : un de ceux dans lesquels on entre sitôt les premières pages tournées. Oh bien sûr, je sais que celui-ci est le deuxième opus des aventures de Servaz mais peu importe...

Le livre commence avec l'évocation d'une captivité (Dans la tombe) : une femme est enfermée depuis des semaines, (des mois ?) par un malade qui "joue avec elle" comme un chat avec une souris et lui fait subir de nombreux sévices. Les pages relatives à cette captivité reviennent de temps à autre au cours du livre, à l'instar d'un "fil rouge".

Focus ensuite sur Servaz qui se retrouve aux prises avec un passé qu'il croyait avoir tenu à distance lorsqu'une ex-amie, qu'il n'a plus revue depuis une bonne vingtaine d'années, le contacte et lui demande de l'aide : son fils est accusé d'un meurtre particulièrement horrible. Or elle est tout à fait certaine qu'il est incapable d'avoir commis ce crime.

C'est ainsi qu'il va œuvrer afin que l'enquête lui soit dévolue et se rend à Marsac, où sa fille Margot poursuit ses études : "Marsac était la meilleure prépa de la région. La plus exigeante. Il fallait faire preuve d'excellence pour y être admis. Servaz lui-même l'avait été vingt-trois ans plus tôt, à l'époque où il voulait devenir écrivain. Au lieu de ça, il était devenu flic." [p. 70]

 

Ce récit est d'une efficacité redoutable : il harponne le lecteur pour ne plus le lâcher, le secouant dans tous les sens au fur et à mesure que surgissent les embryons de piste et chaque fois que Servaz et ses coéquipiers  - Vincent Espérandieu (!) et Samira Cheung - pensent tenir le bon bout, un morceau du puzzle échappe à l'ensemble. "Cerise sur le gâteau" : l'ombre (?) de Julian Hirtmann, le tueur en série de Glacé échappé du centre psychiatrique où il était détenu, (semble) plane(r) aux alentours...

  "Il avait quelques heures devant lui. Il allait en profiter pour dormir un peu. Puis il se dit qu'il n'y arriverait probablement pas. Il songea à Hirtmann. Le Suisse occupait toutes ses pensées." [p. 146]

  "Peut-être qu'il se faisait des illusions, se dit-il en se faufilant sur la rampe de sortie. Peut-être qu'il avait tendance à compliquer les choses. Peut-être que Hirtmann n'avait rien à voir là-dedans... Vincent avait raison : comment l'aurait-il pu ? Mais peut-être aussi que c'était lui qui avait raison et qu'ils avaient tous tort, raison de regarder dans son dos, raison d'être sur ses gardes, raison d'appréhender l'avenir.

   Raison d'avoir peur." [p. 334]

 

J'ai aimé le foisonnement des pistes susceptibles de mener au(x) coupable(s) potentiel(s), les personnages et leurs (profondes) fêlures ainsi que l'atmosphère oppressante qui imprègne le récit ; j'ai en outre beaucoup apprécié m'être laissé mener par le bout du nez.

Je lirai la suite puisque c'est le double volume (Le Cercle/N'éteins pas la lumière) édité par France Loisirs qui m'a été prêté : à bientôt, Martin Servaz...

19:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

06/08/2017

Les archives de Roshar, tome 2 : Le Livre des Radieux, 1, Brandon Sanderson

Présentation. Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.

Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des Rois. Au-delà de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...

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Mon avis. Un plaisir de me replonger dans cet univers haut en couleur...

Ce volume se centre cette fois principalement sur Shallan et Kaladin. La jeune fille continue sa formation auprès de Jasnah et se retrouve confrontée à un sprène bien "sympathique", le bien nommé Motif.

  "Tandis que le dernier trait séchait, le motif se suréleva devant elle. Elle entendit un soupir très net s'échapper du papier, comme sous l'effet du soulagement.

   Elle sursauta, laissa tomber la page et se précipita sur son lit. Contrairement aux fois précédentes, le relief ne s'évanouit pas, mais il quitta le papier - s'épanouissant à partir de son dessin - et se déplaça sur le sol.

   Elle ne pouvait pas le décrire autrement. Le motif se déplaça curieusement du papier vers le sol. Il atteignit le pied de sa couchette et s'y enroula, puis grimpa vers le haut jusqu'à sa couverture. Il ne donnait pas l'impression que quelque chose se déplaçait sous la couverture ; ce n'était qu'une approximation grossière. Les lignes étaient bien trop précises et le tissu ne se tendait pas. Un objet se trouvant sous la couverture n'aurait formé qu'une masse indistincte, mais cette forme-ci était précise.

   Il s'approcha. Il ne semblait pas dangereux, mais elle se surprit à trembler malgré tout. Ce motif-là était différent des têtes de symbole de ses dessins mais il leur était également semblable, d'une certaine façon : une version aplatie, sans torse ni membres. C'était une abstraction de l'un d'entre eux, de la même façon qu'un cercle contenant quelques traits pouvait figurer un visage humain." [p. 85 - 85]

 

Motif devient en quelque sorte l'interlocuteur privilégié de Shallan à l'instar de Syl - toujours délicieuse - pour Kaladin. Une aide bienvenue pour la jeune fille obligée de grandir (encore) plus vite que prévu. Son personnage évolue beaucoup dans ce volume : elle aura fort à faire pour (tenter de) perdre sa naïveté et donner une image d'elle autre que la réalité. Elle n'a pas le choix, il en va de sa (sur)vie.

Kaladin, pour sa part, a été promu capitaine par Dalinar, au grand dam des pâles-iris pour qui un sombre-iris ne peut "logiquement" pas récolter un tel honneur. Le jeune homme, vénéré par les hommes du Pont Quatre, se débat comme il le peut pour rester fidèle à ses principes tout en (essayant de) témoigner un semblant de respect aux pâles-iris de "moindre qualité". En outre, ses pouvoirs s'expriment parfois malgré lui, ce qui risque de lui porter préjudice. S'ajoute l'animosité d'Adolin...

Quant à Dalinar, il se retrouve en mauvaise posture : même s'il dispose - pour le moment - du soutien du roi Elhokar, la plupart des Hauts Princes se sont ligués contre lui. Par ailleurs, le conflit avec les Parshendis risque de prendre une tout autre tournure et "l'assassin" rôde toujours.

  "Qui est donc cet homme ? se demanda Kaladin en regardant s'éloigner la silhouette de Dalinar Il dirigeait effectivement son camp. On pouvait juger quelqu'un, comme le faisait Kaladin, aux hommes qui le suivaient.

   Cela dit, un tyran pouvait avoir un camp bien organisé et des soldats disciplinés. Cet homme-ci, Dalinar Kholin, avait contribué à unir Alethkar - et il l'avait fait en pataugeant dans le sang. À présent... il parlait comme un roi, même quand le roi en personne se trouvait dans la pièce.

   Il veut reformer les Chevaliers Radieux, songea Kaladin. Ce n'était pas là le genre de tâche que Dalinar Kholin pouvait accomplir par la simple force de sa volonté.

  À moins que d'autres ne l'y aident." [p. 138]

 

J'ai beaucoup aimé retrouver ce monde d'une extrême densité mais certains passages m'ont parfois semblé longs ; de plus, il m'est difficile de rattacher les intermèdes à quelque chose de bien précis, tant ils sont fugitifs. Côté personnages, Kaladin et Syl demeurent mes préférés.

Traduction : Mélanie Fazi.

Titre VO : Words of Radiance (2014).

Un grand merci au Livre de Poche pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (17/24) et "Un genre par mois" (Fantasy, aventure en août).

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12:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/08/2017

La Maison bleu horizon, Jean-Marc Dhainaut

Présentation. Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

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Mon avis. Une découverte à l'image du très beau titre...

Il est rare qu'un roman réussisse à tenir la distance lorsqu'il plonge dans le fantastique ; c'est pourtant ici le cas, et de bien belle manière.

Le lecteur entre d'emblée dans cette maison qui constitue le cadre principal de l'action : on y découvre la famille Anneraux, à savoir la maman, Hélène, la fille, Peggy, le fils, Thomas, la servante, Mélanie, ainsi que le vieux chien, Lascar. Le papa, quant à lui, est parti quelques jours pour affaires. Or il ne donne pas de nouvelles et sa femme n'arrive pas à le joindre ; en outre, une/des "présence(s)" semble(nt) hanter les lieux, perturbant de plus en plus le sommeil de tous. C'est pourquoi, après moult hésitations, Hélène en arrive à contacter Alan Lambin, "enquêteur en phénomènes paranormaux".

  "- Vous savez, s'il n'y avait eu que les bruits, cela ne m'aurait pas poussée à vous contacter. Mon petit garçon, Thomas, voit presque chaque nuit un homme dans sa chambre. Il dit que celui-ci le regarde méchamment, puis semble chercher quelque chose dans la pièce. La nuit dernière, vers cinq heures du matin, il s'est mis à hurler. Il disait que l'homme était encore là. Lorsque je suis arrivée, j'ai entendu des pas, puis la porte de sa chambre s'est refermée brutalement. Alors que nous tentions, la domestique, ma fille et moi, de l'ouvrir avec peine, celle-ci s'est ouverte brusquement." [p. 22]

 

Alan se donne toujours pour mission d'à tout le moins rassurer ceux qui font appel à lui ; si la situation s'avère plus "compliquée", il tâche alors d'aider les "esprits" éventuels à partir en paix. Quoi qu'il en soit, la première chose à faire est d'analyser la situation afin de découvrir si présence(s) il y a. Ce semble être le cas...

J'ai aimé le récit et la manière dont le mystère est habilement entretenu ; j'ai aussi beaucoup apprécié la tension palpable imprégnant cette maison qui devient elle-même un personnage à part entière, d'autant que le froid polaire et la neige tempétueuse coupent tout moyen de communication.

  "Malgré l'obscurité, Alan n'en croyait pas ses yeux. Il était devant une maison conforme aux clichés qu'il avait tant dénoncés. Pour lui, ces lieux hantés dans lesquels il avait tant enquêté n'avaient jamais ressemblé à ça, à toutes ces idées reçues sur ces vieilles habitations assurément "pleines de fantômes". Il expliquait toujours, lors de ses conférences, qu'une maison hantée pouvait être celle de notre voisin. Celle dans laquelle les enfants jouent dans le jardin, devant laquelle nous passons chaque jour sans nous douter des sombres présences qu'elle renferme." [p. 45]

 

Enfin, j'ai été très émue par l'histoire sous-jacente relative à la Grande Guerre, et particulièrement les dernières pages, extrêmement touchantes...

Un grand merci aux éditions Taurnada pour cette très belle découverte ; pour découvrir les origines du roman, c'est ici.

 

Ce roman entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (17/24).

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16:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |