13/08/2017

Le Cercle, Bernard Minier

Présentation. Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s'acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d'étudiants réunissant l'élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d'anciennes et terribles blessures et faire l'apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

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Mon avis. Un seul mot : excellent !

Mieux vaut tard que jamais : voici belle lurette que je souhaitais découvrir Bernard Minier et l'occasion m'en a été donnée par mon kiné qui me l'a prêté pour les congés (merci, Gilles). Un roman comme je les aime : un de ceux dans lesquels on entre sitôt les premières pages tournées. Oh bien sûr, je sais que celui-ci est le deuxième opus des aventures de Servaz mais peu importe...

Le livre commence avec l'évocation d'une captivité (Dans la tombe) : une femme est enfermée depuis des semaines, (des mois ?) par un malade qui "joue avec elle" comme un chat avec une souris et lui fait subir de nombreux sévices. Les pages relatives à cette captivité reviennent de temps à autre au cours du livre, à l'instar d'un "fil rouge".

Focus ensuite sur Servaz qui se retrouve aux prises avec un passé qu'il croyait avoir tenu à distance lorsqu'une ex-amie, qu'il n'a plus revue depuis une bonne vingtaine d'années, le contacte et lui demande de l'aide : son fils est accusé d'un meurtre particulièrement horrible. Or elle est tout à fait certaine qu'il est incapable d'avoir commis ce crime.

C'est ainsi qu'il va œuvrer afin que l'enquête lui soit dévolue et se rend à Marsac, où sa fille Margot poursuit ses études : "Marsac était la meilleure prépa de la région. La plus exigeante. Il fallait faire preuve d'excellence pour y être admis. Servaz lui-même l'avait été vingt-trois ans plus tôt, à l'époque où il voulait devenir écrivain. Au lieu de ça, il était devenu flic." [p. 70]

 

Ce récit est d'une efficacité redoutable : il harponne le lecteur pour ne plus le lâcher, le secouant dans tous les sens au fur et à mesure que surgissent les embryons de piste et chaque fois que Servaz et ses coéquipiers  - Vincent Espérandieu (!) et Samira Cheung - pensent tenir le bon bout, un morceau du puzzle échappe à l'ensemble. "Cerise sur le gâteau" : l'ombre (?) de Julian Hirtmann, le tueur en série de Glacé échappé du centre psychiatrique où il était détenu, (semble) plane(r) aux alentours...

  "Il avait quelques heures devant lui. Il allait en profiter pour dormir un peu. Puis il se dit qu'il n'y arriverait probablement pas. Il songea à Hirtmann. Le Suisse occupait toutes ses pensées." [p. 146]

  "Peut-être qu'il se faisait des illusions, se dit-il en se faufilant sur la rampe de sortie. Peut-être qu'il avait tendance à compliquer les choses. Peut-être que Hirtmann n'avait rien à voir là-dedans... Vincent avait raison : comment l'aurait-il pu ? Mais peut-être aussi que c'était lui qui avait raison et qu'ils avaient tous tort, raison de regarder dans son dos, raison d'être sur ses gardes, raison d'appréhender l'avenir.

   Raison d'avoir peur." [p. 334]

 

J'ai aimé le foisonnement des pistes susceptibles de mener au(x) coupable(s) potentiel(s), les personnages et leurs (profondes) fêlures ainsi que l'atmosphère oppressante qui imprègne le récit ; j'ai en outre beaucoup apprécié m'être laissé mener par le bout du nez.

Je lirai la suite puisque c'est le double volume (Le Cercle/N'éteins pas la lumière) édité par France Loisirs qui m'a été prêté : à bientôt, Martin Servaz...

19:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Encore un auteur que je dois découvrir...

Écrit par : Philippe D | 15/08/2017

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Addictif et efficace, en effet...

Écrit par : Jacqueline | 18/08/2017

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