26/07/2017

#Maviederêve, Anna Mainwaring

Présentation. Prenez une école privée de filles et posez-la dans un quartier chic - au hasard, le sud de Manchester -, truffé de stars du foot, de médecins, de dentistes, d'avocats, de présentateurs télé et autres artistes. Tous désireux de voir leur petite princesse devenir la MEILLEURE. Vous obtenez Hunger Games sans les arcs et les flèches : une lutte à mort pour être sacrée la plus intelligente, la plus mince et la plus belle des élèves.

Le problème, c'est que je ne suis ni belle, ni mince... et que je fréquente ce lycée.

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Mon avis. Ne vous fiez pas à la couverture : c'est une chouette lecture qui plaira aux adolescentes et qui, sous une apparente légèreté, suscite la réflexion...

Nous sommes à Manchester et suivons quelques mois de la vie de Jess : la jeune fille est en dernière année de lycée et mène une vie "normale", passe de bons moments en compagnie de ses amies Hannah et Izzie. Quelques ombres au tableau : son surpoids qui la gêne, surtout à cause du regard des autres ; sa grande passion, liée à son surpoids d'ailleurs : cuisiner ; les superbes pestes filiformes qu'elle côtoie en cours.

Jusqu'alors, Jess a répondu avec humour aux attaques "de poids" (!) dont elle était la cible mais ce "3 mai, c'est journée "tenue libre" au lycée. Autrement dit le jour le plus angoissant de l'année." [p. 7]  Et les choses vont déraper de telle sorte que l'adolescente, révoltée par l'injustice subie, sèche les cours et se retrouve dès lors convoquée chez le Directeur ; en outre une vidéo de ses "exploits" se retrouve sur Internet. Voilà pour les circonstances du récit.

Autour de cet incident, gravite tout ce qui constitue la vie des adolescentes, à savoir les relations, quelles qu'elles soient : amicales, (potentiellement) amoureuses, avec les profs ainsi que les conflits avec les parents et la fratrie. En l'occurrence, Jess se sent comme un vilain (gros) canard aux yeux de sa maman "cougar potentielle et mannequin des mains" [p. 9] et de sa sœur aînée, toutes deux très à cheval sur le nombre de calories tolérables par repas. Le papa, adepte de "la fumette" est surtout spécialiste dans l'art de ne rien faire ; la seule qui lui accorde une véritable attention est sa grand-mère qui vit "à l'étage".

  "Règle implicite n° 3 : si un élève ne rend pas un devoir à temps, il écope dune retenue. Si un prof ne corrige pas ses copies, rien. Les retenues, chez les profs, ça n'existe pas." [p. 27]

  "Nous nous dirigeons vers le couloir principal, ballottées par une mer de cinquièmes avec leurs cartables. Le volume de leurs sacs semble inversement proportionnel à leur taille. Je parie qu'on pourrait l'expliquer par une équation, ce qui en ferait l'unique problème utile jamais résolu dans un cours de maths au XXIe siècle." [p. 36 - 37]

  "- Écoute, Maman, nous avons des conceptions très différentes du bonheur. Je crois que ce qui me rend heureuse, c'est de passer du temps avec mes amis, de faire des choses qui comptent à mes yeux et d'avoir des idées plein la tête. Pas de me transformer en poupée plastique comme on en voit dans les magazines, pour qui les questions métaphysiques se limitent à se demander si leur sac est assorti à leur petite culotte.

   Le silence devient glacial. Nous savons toutes les deux que c'est elle que je décris." [p.61]

  "Je voudrais que quelqu'un dans cette famille remarque quelque chose. Peine perdue. Car sous ce toit, chacun mène sa petite vie dysfonctionnelle dans son coin, se complaît dans son malheur et personne ne se décide à tendre la main pour aider l'autre." [p. 133]

 

J'ai beaucoup apprécié l'humour, parfois cynique, qui caractérise Jess ; en outre, la réflexion liée au regard porté sur soi ou que les autres portent sur soi est intéressant. Petit bémol : l'histoire du selfie est selon moi superflue, ou les conséquences auraient dû être envisagées...

Traduction : Marie Cambolieu.

Titre VO : Rebel With A Cupcake (2016).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (22/20) et "Comme à l'école" (vêtement pour cette session).

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16:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/07/2017

L'heure du leurre, Collectif

Présentation. Comment se fait-il que des gens intelligents se mettent à croire que des solutions simples peuvent régler les problèmes les plus complexes ?

En ces temps de repli sur soi, tout porte à croire que l’heure du leurre a sonné.

Onze écrivains décortiquent les rouages de la démagogie et du populisme. Déresponsabilisation, abandon paresseux des valeurs humanistes, repli sécuritaire, exclusion prennent le pas sur l’ouverture, le partage, la solidarité et la lumière.

Un recueil qui génère la réflexion et les débats nécessaires à la renaissance d’une démocratie vacillante.

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Mon avis. Un recueil dont les textes interpellent, d'une manière ou d'une autre...

Tout comme dans Le peuple des Lumières, le texte le plus percutant est celui qui ouvre le recueil, en l'occurrence un témoignage - et non une fiction - : La dictature et moi, de Jang Jin-Sung, poète qui relate la manière dont il est devenu un haut fonctionnaire nord-coréen, avant d'opter pour l'exil.

Toutes les nouvelles touchent du doigt la notion de populisme, cette "tendance politique démagogique visant à défendre les intérêts du peuple" [Linternaute.com].

Souvent dans un recueil, je n'aime pas forcément toutes les nouvelles et puisque je n'ai d'autre prétention que celle de donner mon avis, je prends ici le parti de mettre en lumière (!) celles qui m'ont le plus interpellée...

Le champion est pour moi Nicolas Ancion avec Comme par magie : une immersion dans un certain monde politique, celui qui fait présentement trop souvent la Une de l'actualité. Un petit bijou de cynisme...

Le Lilong, de Geneviève Damas, m'a aussi beaucoup plu : l'héroïne est très touchante dans sa découverte de Lilong, un quartier d'une grande ville chinoise, destiné à être rasé.

  "Au coin d'une rue, elle avait aperçu une petite marchande, aux cheveux noirs, qui vendait des pantoufles disposées à même le sol. Elle était ridée comme une pomme et si, de loin, Anna l'avait crue plus jeune parce qu'elle se tenait résolument droite, de près, elle s'était rendu compte qu'elle devait approcher les quatre-vingt-dix ans." [p. 41-42]

Dans Faire le ménage, Armel Job appuie là où ça fait mal en pointant du doigt la délation et les dégâts irréversibles qu'elle occasionne ; impossible de ne pas songer aux rumeurs si facilement lancées et aux jugements péremptoires exprimés ouvertement sur les réseaux sociaux, tout en demeurant "protégé" derrière son PC...

  "Le mal est contagieux. Il s'empare des gens, il réveille la méchanceté présente au fond des êtres les plus inoffensifs en temps ordinaire." [p. 65]

 

Principe de précaution, d'Emmanuelle Urien, met en évidence les conséquences de la tendance à "faire des amalgames" : s'appeler Khalil, suivre les cours d'arabe et s'intéresser à son pays d'origine implique inévitablement, pour les membres du parti Jeune France, la radicalisation.

Le texte qui clôt l'ensemble, Belgica Supernova, de Grégoire Polet, propose une réflexion sur ce que pourrait devenir la Belgique si elle permettait aux citoyens d'exercer eux-mêmes le pouvoir, et si elle mettait véritablement l'accent sur la préservation de l'environnement et du bien-être. Une utopie ?

Des textes à (faire) lire avant d'initier la discussion...

Merci aux éditions Ker pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge Un genre par mois (nouvelle ou novella pour juillet).

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16:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/07/2017

L'emprise du passé, Charlotte Link

Présentation. Qui pouvait bien en vouloir à Richard Linville, ancien inspecteur de police, retrouvé assassiné chez lui ? L'enquête piétine : Kate, sa fille unique, décide de prendre les choses en main. Tant pis si ça doit froisser Caleb Hale, à qui le dossier a été confié, et qui compte bien en profiter pour redorer son image...

Elle n'a pas plutôt mis le nez dans l'affaire que les pistes se multiplient et, avec elles, les morts.

Tandis que Caleb épluche les archives de la police, Kate, de son côté, va creuser la vie de ce père dont elle croyait tout savoir... Mais est-elle vraiment prête à remuer le passé ?

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Mon avis. J'ai lu des critiques parfois mitigées à propos de ce roman mais pour ma part, je l'ai beaucoup aimé...

Le livre commence avec une espèce de prologue qui se déroule en 2001 avant de se poursuivre avec les événements de 2014 : Richard Linville est chez lui et se fait littéralement exécuter, non sans avoir été torturé. Qui s'en est pris à ce policier retraité exemplaire ?

Trois mois plus tard, sa fille Kate, sergent à Scotland Yard, débarque à Scalby : officiellement, elle est en congé et vient débarrasser la maison familiale ; officieusement, elle est bien décidée à mener ses propres investigations, même si l'inspecteur Caleb Hale préférerait l'avoir hors des pattes.

  "En fait, elle semblait avoir renoncé à le soigner, le mal. Elle n'avait à cœur qu'une seule chose : faire justice de l'assassin de son père." [p. 57]

 

Parallèlement, on suit Jonas et Stella Crane, un couple parti se ressourcer avec leur fils dans les North York Moors, en un lieu isolé de tout et tous.

  "Ce ne fut que plusieurs semaines plus tard que Jonas lui avoua la vérité : lui aussi avait éprouvé un mauvais pressentiment. Une inquiétude vague et sourde, qu'il s'était empressé de refouler." [p. 46]

 

Le récit alterne les chapitres consacrés à l'enquête - menée tantôt par Caleb et/ou ses subordonnés, tantôt par Kate qui n'a aucune autorité pour s'y atteler mais n'en fait qu'à sa tête - et ceux relatifs à la famille Crane. S'ajoutent en outre des passages centrés sur une certaine Melissa Cooper.

Personnellement, je n'ai jamais été déstabilisée par cette multiplicité de points de vue, même si l'on attend longtemps avant de commencer à voir de quelle manière ces bouts d'histoire se rejoignent.

J'ai beaucoup aimé les nombreuses ramifications de cette intrigue ainsi que les personnages, tantôt héros, tantôt anti-héros, tout comme les (fausses) pistes envisagées. Cerise sur le gâteau : la fin que je n'ai pas vue venir ; je m'étais pourtant bien creusé la cervelle afin d'essayer de reconstituer le puzzle...

Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette belle découverte.

Traduction : Marion Roman.

Titre VO : Die Betrogene (2015).

14:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

14/07/2017

(Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire, Stéphanie Pélerin

Présentation. Quand Ivana se fait larguer comme une vieille chaussette par Baptiste, après huit ans d’amour, il ne lui reste plus que ses kilos et ses rides à compter. Pas facile de se retrouver sur le marché des célibataires à la trentaine, quand, pour couronner le tout, on manque de confiance en soi.

Tentant d’ignorer son chagrin, elle décide de reprendre sa vie (et son corps) en main et s’inscrit sur « Be my boy », célèbre site de rencontres. Si l’offre est alléchante, les produits sont souvent de second choix, voire des retours de marchandise... Heureusement, il reste les amies et le bon vin.

À travers des expériences étonnantes, Ivana doit réapprendre à prendre soin d’elle. Mais rien ne sert de courir… il suffit juste d’être au bon endroit, au bon moment.

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Mon avis. Un agréable moment...

Voici quelques mois, ce roman a trouvé la route de ma PAL et un matin, j'ai décidé de m'y plonger : aussitôt commencé, aussitôt terminé...

J'ai apprécié le personnage d'Ivana dont les réflexions et l'humour sont particulièrement plaisants. En outre, l'air de ne pas y toucher, l'auteure aborde des problèmes de société liés à la femme et à la difficulté de se forger la place souhaitée sans tenir compte du regard de l'autre. Une gageure.

    "Après tout, le pire n'était pas arrivé : sa mère n'avait pas annoncé qu'elle débarquait pour les vacances d'été." [p. 14]

  "Si ce M. Lambert, dont elle ne connaissait pas le prénom, racontait l'aventure à ses potes, il passerait pour un mec malin : ils lui taperaient même sur l'épaule pour le féliciter. Au mieux, ils ne feraient pas de commentaire sur la nana dont il ferait vaguement mention. Au pire, elle en prendrait pour son grade, cette salope qui l'avait reçu à moitié nue... il n'y avait pas besoin de chercher bien loin ce qu'elle voulait. De son côté, en racontant cette histoire à certaines de ses copines, elle avait peur de récolter leurs regards désolés et des "tu mérites mieux". Envieuses, moralisatrices ? Elle se demandait si un jour une femme pourrait assumer ses choix de vie sexuelle sans craindre le regard accusateur des gens." ´[p. 115 - 116]

 

Comment se (re)construire quand on se fait larguer (mal)proprement et que l'image de soi est sérieusement écornée ?

Quelques heures de lecture bien agréables ; seul petit bémol pour moi : la fin que j'ai moins appréciée que l'ensemble...

16:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/07/2017

ADN Vampire, tome 1 : Carmine, Élodie Loch-Béatrix

Présentation. Ils sont les V1, la première génération d’enfants nés vampires… Carmine n’est pas une adolescente comme les autres, elle est une V1. Après un incident à New-York, sa famille s’installe à Inverness, en Écosse, et Carmine entre au prestigieux Saint Andrew College où elle compte bien s’amuser avec ses nouveaux pouvoirs et défier l’autorité de ses parents pro-humains. Elle va cependant devoir apprendre à cerner ses propres limites : est-elle prête à blesser ses amis humains ? Se laissera-t-elle entraîner par Arthur, lui aussi un V1 ? Comment gérer pulsions amoureuses et soif de sang ? Sa curiosité et son goût des polars vont aussi l’engager dans une enquête dangereuse qui pourrait bien réveiller des démons du passé.

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Mon avis. Un récit facile à lire et qui devrait plaire aux adolescent(e)s...

Le monde des vampires évolue aussi : désormais les enfants nés vampires existent et ils apprennent à vivre dans le respect des humains, surtout quand ils résident dans des zones "pro-hum". Carmine est de ceux-là. Elle vient de s'installer à Inverness avec sa famille et comme toute adolescente qui se respecte, elle "râle" car ce changement d'existence ne lui plaît en aucun cas, même s'il est en partie dû à une bêtise de sa part...

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans le prologue l'ombre de Jamie avec l'évocation de 1746 et la sanglante bataille de Culloden. Par la suite, à plusieurs reprises, certains chapitres relateront des événements survenus à cette époque, en relation avec le Bonnie Prince Charlie. Et bien sûr, ces faits du XVIIIe siècle sont liés à l'histoire de Carmine, on l'apprend vers la fin du roman.

Au XXIe siècle, la jeune fille est confrontée aux soucis des jeunes de son âge, mais s'ajoute  la difficulté d'apprendre à contrôler sa nature intrinsèque, surtout quand les sentiments s'en mêlent...

  "Gary MacDowall aurait pu être une créature surnaturelle tant il irradiait de charisme. Sa silhouette élancée et musclée, son regard orageux et les traits doux de son visage le rendaient aussi séduisant que mystérieux." [p. 47]

En outre sont commis dans la région des meurtres sanglants qui semblent être perpétrés par une créature animale et certains connaissances de Carmine en ont été victimes : l'enquête est difficile et s'avère dangereuse, d'autant qu'il est difficile de savoir à qui faire confiance.

Aucun temps mort dans ce récit dont l'atmosphère étrange cadre bien avec les faits ; seul bémol :  les coquilles qui émaillent le texte.

  "L'automne avait laissé place à l'hiver sans que le paysage de Lande en soit très changé, jusqu'à l'arrivée de la neige. La fine pellicule de givre craquait sous les bottes de Carmine. Quelques flocons tourbillonnant venaient se prendre dans les mèches brunes qui dépassaient de son bonnet. Elle souffla dans ses gants pour se réchauffer les mains puis rejoignit Lukas au bord de la falaise. Dorloch Castle se dressait sur la presqu'île telle une cité fantôme perdue dans la brume." [p. 123]

Merci aux éditions Le Gâteau sur la cerise pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (21/20) ; "Littérature de l'imaginaire" (16/24)  et "Comme à l'école" (vêtement pour cette session).

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16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/07/2017

Graines de sable, Sibylle Delacroix

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Un très bel album dont les dessins crayonnés sont superbes : ils instillent à l'ensemble une impression de douceur.

Le noir domine ici avec, çà et là, le bleu des vêtements des enfants ou des vagues ; le jaune est cependant omniprésent puisque le sable s'offre aux deux jeunes héros et au lecteur.

De retour de vacances, la petite fille - dont le prénom n'est pas cité - trouve du sable dans ses chaussures : cette trace des vacances devient l'occasion d'imaginer, en compagnie de son frère Ulysse, ce qui serait susceptible de pousser s'ils décidaient de semer les graines de sable...

De jolies pages dans lesquelles les traits s'accordent tout à fait à la nostalgie évoquée...

Merci à Bayard Jeunesse pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans le challenge "Comme à l'école" (vêtement).

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21:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/07/2017

16 ans, 2 étés, Aimee Friedman

Présentation. Summer est sur le point de quitter les États-Unis pour rejoindre son père en Provence le temps des vacances d'été. A l'aéroport, son téléphone portable sonne. Répondra ? Répondra pas ?

Deux possibilités, deux étés très différents. Et pourtant, Summer n'aura qu'une fois seize ans...

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Mon avis. Une lecture bien agréable ; elle devrait plaire aux (grands) adolescents...

Le récit repose sur la réaction potentielle, oh combien banale,  de Summer : répondre, ou non, à l'appel qu'elle reçoit in extremis avant son embarquement pour la France, début juillet.

Les parents de la jeune fille sont divorcés et Summer vit aux États-Unis auprès de sa mère, tandis que son père réside à Paris et passe l'été en Provence. Malgré les évidentes réticences de sa maman, Summer a décidé d'accepter l'invitation de son père à le rejoindre dans le sud français.

  "Lui, c'est mon père, l'ennemi juré de ma mère. L'agacement qu'elle éprouve à son égard m'énerve. Oui, ils ont divorcé quand j'avais onze ans, une rupture nette et précise, comme un boucher qui tranche un morceau de viande. Papa est alors parti en Europe tandis que maman et moi sommes restées à Hudsonville, une ville banale de l’État de New York. Et oui, papa n'a été qu'une présence fantôme depuis, envoyant de temps en temps un mail ou appelant à l'occasion sur Skype. Il est revenu une fois à Hudsonville pour m'emmener prendre un rapide déjeuner ("Comment ça se passe à l'école ? Comme tu as grandi ! Faut que je file, mon cœur,") avant de s'évanouir de nouveau." [p. 20]

 

Le roman alterne ensuite les chapitres : ceux qui racontent l'enchaînement des événements si Summer répond au fameux appel téléphonique et ceux qui s'enchaînent si Summer ne prend pas l'appel. Je craignais de ne pouvoir entrer véritablement dans le récit à cause de cette manière d'envisager les choses : il n'en a rien été. J'ai apprécié découvrir les opportunités susceptibles d'être saisies par la jeune fille ainsi que les points de convergence entre les deux routes qui s'offrent à elle.

Un roman qui, l'air de rien, entrouvre les portes de la réflexion ; les apparences sont parfois trompeuses...

Traduction : Alison Jacquet-Robert.

Titre VO : Two Summers (2016).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (20/20) et "Comme à l'école" (vêtement).

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21:07 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

06/07/2017

Sauveur & fils, Saison 2, Marie-Aude Murail

Présentation. Côté jardin, Sauveur mène sa vie avec son fils Lazare, 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise et ses deux enfants.

Côté ville, Sauveur reçoit ses patients : Ella, qui se travestit en garçon, Blandine, qui se shoote aux bonbons, Samuel, qui ne se lave plus, etc. Mais n'oublions pas pour autant les autres espèces animales dans cette saison 2. Vivent les hamsters, les ouistitis, et en guest-star : Pépé le putois !

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Mon avis. Un régal, comme souvent avec Marie-Aude Murail...

Nous retrouvons Sauveur là où nous l'avons laissé à la fin de la saison 1, à savoir en train de tisser des liens avec Louise mais aussi (et surtout) de passer de longues journées à écouter et (tenter de) venir en aide à ses patients, (très) jeunes ou moins jeunes...

Certains sont de "vieilles connaissances" comme Ella, de plus en plus Elliot, et pour qui la situation se détériore encore davantage à l'école ou Blandine qui peine à trouver sa place au sein de sa famille. Madame Dumayet, aujourd'hui en charge d'une classe mêlant CM1 et CP, surnage difficilement.

De nouvelles têtes s'ajoutent comme Samuel dont l'aversion pour l'hygiène est l'arbre qui cache la forêt ; la souffrance prend aussi les traits de la petite Raja : l'enfant consulte en compagnie de sa maman ; la famille vient de Mossoul et s'est réfugiée en France depuis peu, il s'agira avant tout de mettre en confiance la petite fille qui a déjà connu son lot d'horreurs...

Côté domicile, Gabin - à propos duquel s'immisce l'appréhension depuis qu'il a réussi à se procurer un certain sésame - semble s'installer "tout petit doucement" à demeure chez Sauveur et Lazare ; la maison verra en outre arriver un ancien légionnaire aujourd'hui SDF alors que Louise et Paul s'en vont et s'en viennent, ballottés au gré de la mauvaise humeur d'Alice : pas évident de recomposer une famille, même pour (un) Sauveur...

  "La vie ne se déroulant jamais comme prévu, tout l'art de l'homme est de s'adapter. Ainsi philosophait Sauveur, buvant son troisième café du lundi matin et regardant la pluie tomber sur le jardin. Ce week-end avait sonné la débâcle de ses projets de famille recomposée." [p. 209]

 

Bon nombre de problèmes susceptibles d'être rencontrés par les (jeunes) adolescents sont ici évoqués avec beaucoup de justesse, de tendresse et d'humour, dans des échanges extrêmement savoureux entre thérapeute et patients, entre parent(s) et enfant(s)...

Un série à découvrir. Absolument.

Ce titre entre dans le jeunesse "Jeunesse/Young Adult" (19/20).

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20:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |