02/08/2017

La Maison bleu horizon, Jean-Marc Dhainaut

Présentation. Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

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Mon avis. Une découverte à l'image du très beau titre...

Il est rare qu'un roman réussisse à tenir la distance lorsqu'il plonge dans le fantastique ; c'est pourtant ici le cas, et de bien belle manière.

Le lecteur entre d'emblée dans cette maison qui constitue le cadre principal de l'action : on y découvre la famille Anneraux, à savoir la maman, Hélène, la fille, Peggy, le fils, Thomas, la servante, Mélanie, ainsi que le vieux chien, Lascar. Le papa, quant à lui, est parti quelques jours pour affaires. Or il ne donne pas de nouvelles et sa femme n'arrive pas à le joindre ; en outre, une/des "présence(s)" semble(nt) hanter les lieux, perturbant de plus en plus le sommeil de tous. C'est pourquoi, après moult hésitations, Hélène en arrive à contacter Alan Lambin, "enquêteur en phénomènes paranormaux".

  "- Vous savez, s'il n'y avait eu que les bruits, cela ne m'aurait pas poussée à vous contacter. Mon petit garçon, Thomas, voit presque chaque nuit un homme dans sa chambre. Il dit que celui-ci le regarde méchamment, puis semble chercher quelque chose dans la pièce. La nuit dernière, vers cinq heures du matin, il s'est mis à hurler. Il disait que l'homme était encore là. Lorsque je suis arrivée, j'ai entendu des pas, puis la porte de sa chambre s'est refermée brutalement. Alors que nous tentions, la domestique, ma fille et moi, de l'ouvrir avec peine, celle-ci s'est ouverte brusquement." [p. 22]

 

Alan se donne toujours pour mission d'à tout le moins rassurer ceux qui font appel à lui ; si la situation s'avère plus "compliquée", il tâche alors d'aider les "esprits" éventuels à partir en paix. Quoi qu'il en soit, la première chose à faire est d'analyser la situation afin de découvrir si présence(s) il y a. Ce semble être le cas...

J'ai aimé le récit et la manière dont le mystère est habilement entretenu ; j'ai aussi beaucoup apprécié la tension palpable imprégnant cette maison qui devient elle-même un personnage à part entière, d'autant que le froid polaire et la neige tempétueuse coupent tout moyen de communication.

  "Malgré l'obscurité, Alan n'en croyait pas ses yeux. Il était devant une maison conforme aux clichés qu'il avait tant dénoncés. Pour lui, ces lieux hantés dans lesquels il avait tant enquêté n'avaient jamais ressemblé à ça, à toutes ces idées reçues sur ces vieilles habitations assurément "pleines de fantômes". Il expliquait toujours, lors de ses conférences, qu'une maison hantée pouvait être celle de notre voisin. Celle dans laquelle les enfants jouent dans le jardin, devant laquelle nous passons chaque jour sans nous douter des sombres présences qu'elle renferme." [p. 45]

 

Enfin, j'ai été très émue par l'histoire sous-jacente relative à la Grande Guerre, et particulièrement les dernières pages, extrêmement touchantes...

Un grand merci aux éditions Taurnada pour cette très belle découverte ; pour découvrir les origines du roman, c'est ici.

 

Ce roman entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (17/24).

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16:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Le fantastique est un genre qui ne m'attire pas ... peut-être parce qu'il me fait «un peu peur»... Je dois cependant avouer que ton billet est bien tentant...

Écrit par : Jacqueline | 02/08/2017

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