30/06/2017

Oops & Ohlala, At the Beach !, Mellow & Amélie Graux

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Un album pour les petits proposé dans la collection bilingues Français & English chez Talents Hauts.

Le petit format carré et les solides pages glacées conviennent particulièrement bien aux menottes éventuellement malhabiles.

Chaque double page présente d'un côté Oops et de l'autre, Ohlala ; Oops s'exprime en anglais, Ohlala en français mais les phrases de l'un(e) ne correspondent pas à la traduction de celles de l'autre, elles se complètent.

Et si d'aventure, vous avez oublié la prononciation de l'un ou l'autre mot anglais, don't worry : il suffit d'aller sur le site de Talents Hauts et de télécharger gratuitement la version audio du titre.

Have fun !

18:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

29/06/2017

Je viens d'Alep, Itinéraire d'un réfugié ordinaire, Joude Jassouma, avec Laurence de Cambronne

Présentation. Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.

Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l’armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n’est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l’exil.

Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de réfugiés de l’île de Leros, ce livre raconte l’exode d’un enfant des quartiers pauvres d’Alep, amoureux de Flaubert et d’Éluard. L’odyssée d’un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d’un canot en plastique en quête d’une terre d’asile.

Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l’intérieur, à travers le regard d’un réfugié ordinaire.

Ce livre a été écrit avec Laurence de Cambronne.

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Mon avis. Un témoignage à (faire) lire pour dessiller les yeux de ceux qui ne voient en le réfugié que celui venu d'ailleurs...

Dans le cadre d'un projet mené durant deux ans avec des classes du troisième degré, nous avons eu, l'an passé, l'opportunité d'accueillir en classe une jeune réfugié syrien qui a raconté son "parcours" depuis son pays d'origine jusqu'à son arrivée chez nous : son témoignage n'a laissé personne indifférent...

Il en va de même pour ce livre qui relate un pan de la vie de Jehad, cet enfant d'Alep qui, devenu grand, se passionne pour la langue française et dont le rêve, apparemment inaccessible, est d'enseigner la langue de Voltaire. Même s'il n'est en théorie pas destiné à poursuivre des études...

Le récit commence avec l'évocation d'un jour d'avril 2015 :

  "J'étais heureux, marié depuis un an. Aya était enceinte. Quelques mois plus tôt, nous avions quitté notre ville, Alep, parce que, une fois de plus, notre immeuble avait été bombardé.

   Nous nous étions réfugiés à Ariha, à 70 kilomètres à l'ouest, près d'Idlib. Nous étions bien installés dans un petit appartement. J'avais acheté un frigo, une télé, des fauteuils...

   Je marchais donc tranquillement quand quelque chose au pied d'un pilier du pont attire mon attention. Il me semble que ce sont des bouts d'os. Intrigué, je descends pour en avoir le cœur net et me retrouve devant une main coupée. [...]

   Je dépose la main au fond du trou et la recouvre de terre.

   Je pense soudain à Antigone qui voulait donne une sépulture à son frère...

   Je récite la sourate du Coran, Al-Fatiha, cette prière que l'on dit avant de commencer quoi que ce soit.

   Toute la journée je n'arrête pas d'y penser. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quel degré de barbarie avons-nous atteint ? On n'enterre donc plus les morts, ici, à Ariha ? N'est-ce pas la première marque de civilisation que de ne pas laisser les animaux dévorer des restes humains ?" [p. 9 - 11]

 

Jehad - aujourd'hui devenu Joude - va alors raconter "comment ils en sont arrivés là" et comment il a décidé de ne pas être contraint de choisir entre la peste et le choléra et de partir avec femme et enfant, pour tenter de rester en vie. Ils arriveront en Bretagne, dans un village proche de Rennes, Martigné-Ferchaud.

  "Je ne retournerai pas en Syrie si Bachar al-Assad gagne la guerre.

   Je n'y retournerai pas non plus si les islamistes sont toujours là, disséminés partout dans le pays, prêts à ressortir de leurs planques et à commettre des attentats.

   Un gouvernement d'union nationale ? Une démocratie ? Je n'y crois pas. Nous nous orientons vers une victoire de la Russie et de l'Iran. Mais la reconquête des territoires rebelles sera très lente. Daech est encore à Raqqa et dans les environs. J'ai des cousins entre Alep et Raqqa qui, depuis trois ans, ne sont pas sortis de leur village. Ils n'ont pas le droit d'écouter de la musique. Ma cousine vit en permanence dans son niqab noir." [p. 185 - 186]

 

Anne, le jeune Syrien venu en classe avait aussi raconté l'impossibilité de choisir "l'un ou l'autre camp" ; il osait encore espérer un nouveau gouvernement qui ferait table rase du passé...

Ce texte rappelle celui d'Abdalaziz Alhamza, Chronique de Raqqa, qui ouvre le recueil Le peuple des Lumières.

Merci à Babelio et aux éditions Allary pour ce partenariat.

18:34 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/06/2017

Place des Ombres, après la brume, Véronique Biefnot & Francis Dannemark

Présentation. 1980, place de la Montagne aux Ombres. Égarée dans les brumes d'une ville étrange, Lucie, étudiante en lettres, entre dans une herboristerie tenue par un très vieil homme, au rez-de-chaussée d'un immeuble ancien. Soixante-dix ans plus tôt, des événements tragiques ont marqué ces lieux. À son insu, en s'installant dans la demeure, la jeune femme va réveiller les démons d'autrefois, au péril de sa vie. Son amie, Maud, découvrira-t-elle la clef du mystère qu'elle-même n'a pas trouvée ?

Vingt ans plus tard, il ne reste que des souvenirs de ces semaines bouleversantes. Le passé semble bel et bien enterré, mais plusieurs drames viennent de frapper coup sur coup la famille de Maud. Une nuit, perdue dans le parking souterrain d'un hôtel, elle rencontre un homme taciturne, au nom et au comportement peu ordinaires...

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Mon avis. "Atmosphère, atmosphère", bel et bien "une gueule d'atmosphère"...

Ce récit est de nouveau né d'une collaboration entre Véronique Biefnot et Francis Dannemark, après La route des coquelicots et Kyrielle Blues ; l'exercice est cependant cette fois quelque peu différent puisque précédemment, il s'était agi de récits à quatre mains ; présentement, si les quatre mains demeurent d'actualité, c'est plus précisément deux plus deux puisque Véronique Biefnot a écrit (La) Place des Ombres et Francis Dannemark, Après la brume.

Verdict : j'ai préféré les romans précédents, même si j'ai encore passé un bon moment.

(La) Place des Ombres se centre d'abord sur Lucie, une jeune étudiante en lettres qui, par un étrange concours de circonstances, est amenée à "koter" au dernier étage d'une mystérieuse maison ; le rez-de-chaussée en est occupé par un vieil herboriste apparemment subjugué par la chevelure de la jeune femme ; au premier étage vit une dame âgée, clouée dans une chaise roulante.

L'atmosphère qui se dégage des lieux et qui entoure les protagonistes est lugubre, oppressante, anesthésiante même, et malgré son prénom, Lucie est loin d'entrevoir la lumière au bout de ce qui s'apparente à un tunnel : les murs eux-mêmes étouffent l'étudiante qui s'étiole lentement mais sûrement, hantée par des cauchemars qui la laissent pantelante, à l'image des Fleurs du Mal, recueil de Baudelaire qui ne la quitte jamais.

"Filer dans le parc dès la fin des cours devint vite une habitude. Dépassée par l'agitation des citadins, elle avait besoin de retrouver la compagnie apaisante des arbres et l'immuable sérénité des pierres. Et chaque jour, elle s'aventurait un peu plus loin, explorant les rues qui entouraient cet îlot de verdure au cœur de la ville et la menaient vers des quartiers où de vieilles demeures assoupies avaient connu des jours meilleurs. [...]

   Réalisant son erreur, elle voulut faire demi-tour en empruntant une ruelle. Celle-ci l'amena dans un quartier inconnu. Une légère brume entourait d'un halo jaunâtre les lampadaires qui venaient de l'allumer. Lucie essaya de se calmer, de voir dans cette escapade une opportunité de découvrir la ville, pourtant son cœur s'emballait et une petite voix obstinée lui reprochait son imprudence." [p. 23]

 

Des événements insolites surviennent, de plus en plus fréquemment, et l'angoisse étreint Lucie ; elle est cependant quelque peu rassurée par la présence d’Élie, un grand chien noir surgi de nulle part (!) et qui semble veiller sur elle. Jusqu'à ce que...

La deuxième partie voit arriver Maud, l'amie de Lucie, jusque-là évoquée en pointillés, la vie ayant instauré de la distance, dans tous les sens du terme, entre les deux jeunes femmes. C'est à partir de l'arrivée de Maud que le récit a pris pour moi une autre dimension : j'ai en effet peu apprécié la personnalité de Lucie car il est vrai que j'ai toujours un peu de mal avec les personn(ag)es qui subissent les événements au lieu d'(essayer de) se battre... Maud va tâcher d'aider Lucie à "s'en sortir", mais peut-être est-il déjà trop tard...

Après la brume commence vingt ans plus tard avec cet "homme de l'ombre" que vient de rencontrer Maud ; cette fois, c'est sur cette dernière que le sort (?) semble s'acharner depuis un an : elle a perdu son mari ; son fils Vincent "souffre d'une maladie si rare qu'elle n'a pas de nom, en tout cas les médecins ne sont pas d'accord sur le nom à lui donner." [p. 276] ; son père "perd la boule" et commence à devenir un danger tant pour lui-même que pour les autres. Maud navigue à vue dans son existence malmenée...

Inévitablement resurgissent les souvenirs survenus vingt ans auparavant, qu'elle croyait/espérait enfouis à tout jamais. La frontière entre le réel et l'irréel semble s'amenuiser. L'angoisse sourd des pièces du château racheté par le père de Maud.

Il faut attendre la fin de ce diptyque pour que s'assemblent les pièces de cet immense puzzle qui trouve son origine dans un lointain passé et que la lumière éclaire (enfin) d'un jour nouveau lieux et personnages, humains - je retiens particulièrement Émile Marage, l'instituteur retraité - ou animaux - un/le chien noir, entre autres-.

  "Elle jeta un œil sur le siège arrière. Le chien ne dormait pas. Il la regardait. Impossible de savoir ce qu'ils racontaient, ces yeux-là. L'histoire de la pluie, peut-être, où tout se noie. D'où tout renaît." [p. 328]

Comme toujours la plume est très belle, ou plus exactement les plumes sont très belles ; quoi de plus normal quand Baudelaire imprègne les pages, lui qui souhaitait "extraire la beauté du mal" ?

Merci aux auteurs pour le livre et la dédicace.

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire"  (15/24) et "Objectif du mois" (en juin : lire un livre écrit par un auteur - deux en l'occurrence - ayant la même nationalité que le lecteur).

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16:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/06/2017

Tu as promis que tu vivrais pour moi, Carène Ponte

Présentation. Quand on a trente ans, on n'est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C'est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.

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Mon avis. Une agréable lecture estivale.

Voici un récit dans lequel on entre dès les premières pages : Molly vient de perdre sa meilleure amie, sa sœur de cœur, Marie, décédée suite à un cancer. Avant de tirer sa révérence, Marie a fait promettre à Molly de vivre "à sa place", autrement dit d'accomplir toute une série d'activités pour elles deux, même si Molly est désormais seule.

La jeune femme se retrouve donc dans "l'obligation morale" de tenir sa promesse et si certains défis s'avèrent amusants ou anodins, d'autres lui coûtent davantage, surtout ceux qui risquent de bouleverser fondamentalement son existence. Mais ne serait-ce pas le petit coup de pouce (le bon coup de pied)  dont avait besoin Molly pour vivre enfin, tout simplement ?

Même si l'on comprend très vite le chemin qu'empruntera Molly, le roman, qui se lit aisément, fait passer au lecteur un bien agréable moment ; cerise sur le gâteau : l'humour bel et bien présent... jusque dans les notes de bas de page, autant de clins d’œil de l'auteure.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat, et à Carène Ponte pour la dédicace.

14:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/06/2017

Port d'Âmes, Lionel Davoust

Présentation. Rhuys ap Kaledán a été condamné, adolescent, à huit ans de servitude dans la Marine. A vingt-deux ans il est toujours en vie mais a tout perdu : sa demeure, sa famille, ses titres de noblesse...

Lorsqu'il débarque à Aniagrad, la Cité franche, il a la tête pleine d'idéaux et est bien décidé à se faire un nom et, qui sait, à retrouver la place qui aurait dû être la sienne. Mais la cité du mensonge va vite le faire déchanter. S'il veut survivre, Rhuys devra faire bien des concessions et, même, prendre les prédateurs qui le chassent à leurs propres pièges.

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Mon avis. Une très belle plume...

Si je connaissais le nom de l'auteur (à l'honneur en ce mois de corrections intenses sur Book en Stock) depuis déjà un bon moment, je n'avais jamais eu l'occasion de le lire ; c'est désormais chose faite et je ne le regrette nullement.

Focus sur Rhuys ap Kaledan, 14 ans, adolescent destiné à suivre la voie tracée par son père, baron rhovélien. Son destin se déploiera pourtant différemment de ce qui était prévu lorsque son père est définitivement ruiné ; pire, pour éponger les dettes familiales, Rhuys est contraint de donner huit années de sa vie à la Marine.

Il aurait pu - il aurait dû - y laisser sa peau ; cependant, c'est fort de cette expérience "à la dure" qu'il débarque à Aniagrad, la cité où tout est possible, où tout se monnaie, à condition de ne pas trop vite se retrouver dans le collimateur de l'omnipotente administration.

"Il sourit et leva la tête vers les mouettes qui tournoyaient au-dessus du mât. La ville se dévoilait comme une légende sous les faisceaux ensoleillés tombant des nuages. Aniagrad, qui enserrait dans ses venelles d'innombrables espoirs et tragédies ; le port franc où s'étaient construits et défaits mille destins, où se nouaient de fructueux accords commerciaux et où s'achetaient les armes pour les trahir. La cité du bout du monde qu'on n'atteignait qu'au prix d'une interminable traversée, quand les escales exotiques se fondaient en une succession de nuits vaporeuses." [p. 27 - 28]

 

Le "souci", c'est que Rhuys est pétri d'idéalisme. Absolument. Indéfectiblement. Irrémédiablement. Comment, dès lors, tenter de concilier ses convictions profondes avec les "règles du jeu" imposées par la ville ?

Le récit tourne autour de cette "inconciliabilité" et suit ce jeune homme foncièrement attachant, même s'il arrive que, de temps à autre, l'on en arrive à remettre en question certains de ses choix. Les personnages rencontrés sont pour la plupart nuancés, à l'instar des humains qui ne sont jamais entièrement bons ou mauvais. Je retiendrai particulièrement Rhuys lui-même, mais aussi Vaillance, le vieux loup de mer qui a un temps servi de modèle à notre héros ; la Vendeuse grâce à qui le phénomène du Transfert n'aura (presque) plus de secret pour Rhuys ; ou encore Camil Katraz qui réussit à rendre touchants les principes que l'on a décidé de suivre, envers et contre tout.

L'univers dépeint dans ce roman est extrêmement riche, fouillé, et évoque "l'air de rien" des sujets de société tout à fait contemporains ; il m'a fait songer, par moment, à ceux imaginés par Brandon Sanderson. Cerise sur le gâteau : la plume qui fait la part belle à la poésie et rend agréables à lire les passages parfois un peu longs.

  "Il éprouva une curiosité insatiable, que la sienne propre reconnut et salua comme sa sœur. La joie solitaire de l'inconnu bourgeonna en lui, lui rappelant les moments où, seul dans la mâture, il avait contemplé l'immensité des océans et songé à tous les chemins à sa disposition, à l'avenir qui n'était pas encore. La nuit ne dissimulait pas dangers et cauchemars ; elle affranchissait au contraire celui qui acceptait d'en emprunter les sentiers obscurs, de s'ouvrir à ses trouvailles. Il n'y avait rien à découvrir ; il fallait seulement distinguer l'infinité des croisements à la faveur de l'ombre." [p. 189 - 190]

 

Merci à Book en Stock et Folio pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (14/24). 

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18:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/06/2017

Comme tout le monde, Charlotte Erlih et Marjolaine Leray

Présentation. Une petite roulotte, bariolée et un peu boulotte, sillonne le vaste monde. Une fin de journée, elle fait halte à l’orée d’un joli bourg fleuri. Mais aussitôt, au village, les commentaires font rage. Ses roues, ses couleurs de fleurs et son toit sans cheminée : tout est prétexte à cancaner… La petite roulotte fait pourtant de gros efforts pour être comme tout le monde. [...]

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Mon avis. Ce bel album, soutenu par Amnesty International, met en évidence le sort d'une petite roulotte dont le seul tort est d'être quelque peu différente des autres.

Alors qu'elle fait une halte dans un bourg fleuri, elle est aussitôt montrée du doigt par les maisons du cru qui cancanent à qui mieux mieux à la vue de cette habitation qui ne ressemble à nulle autre.

  "La petite roulotte est bariolée et un peu boulotte... mais elle n'est ni sourde ni gourde."

Désireuse de se faire accepter, elle modifie pas à pas ce qui, chez elle, dérange les autres, tâchant d'occulter sa nature profonde.

Pourtant, rien n'y fait, quoi qu'elle entreprenne, elle demeure "l'Autre", celle qu'on montre du doigt...

J'ai beaucoup aimé cet album, illustré par de grossiers coups de crayon, qui met en évidence et valorise la différence.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

12:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/06/2017

Bourbon Kid, 3 : Le Cimetière du Diable, Anonyme

Présentation. Vous n’avez pas lu Le Livre sans nom ? Vous êtes donc encore de ce monde, et c’est tant mieux. Vous allez pouvoir assister à un spectacle sans précédent, mettant en scène Judy Garland, James Brown, Johnny Cash, les Blues Brothers, Kurt Cobain, Elvis Presley, Janis Joplin, Freddie Mercury, Michael Jackson… et le Bourbon Kid.

Les héros du Livre sans nom se retrouvent cette fois dans une délicieuse petite bourgade en plein milieu du désert pour assister à un festival de musique au nom prometteur : Back from the dead. Imaginez un Dix petits nègres rock revu et corrigé par Quentin Tarantino… Vous y êtes ? C’est encore mieux !

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Mon avis. Un bon moment, déjanté comme il se doit avec cette saga, mais dans lequel je n'ai pas retrouvé la "magie" du premier opus qui avait été un véritable coup de cœur (oui, oui, Sophie).

On y retrouve bien sûr le "fameux" Bourbon Kid - qui a définitivement pris pour moi les traits du grand Clint dans Le bon, la brute et le truand -  découvert dans le non moins fameux Livre sans nom dont je m'étais ré-ga-lé-e. Par la suite, je n'avais pas raffolé de L’œil de la lune.

Nous sommes cette fois emportés dans l'Hôtel Pasadena, un endroit qui "revit" tout particulièrement à Halloween, lors d'un concours de chant appelé Back from the dead, un nom particulièrement approprié pour une compétition qui voit s'affronter les sosies de stars décédées. La récompense est à la hauteur du prestige des vedettes rassemblées sur place : 100.000 dollars.

Le Kid est toujours "odieusement sympathique" et pince-sans-rire ; il trucide à tour de bras, bons ou méchants, sans état d'âme. Deux nouveautés cependant : il se retrouve relativement vite à court de munitions ; en outre, il se laisse un tantinet émouvoir (si, si) par Judy Garland, tout droit sortie du Magicien d'Oz.

Bémol : quelques erreurs qui, je suppose, doivent être liées à la traduction ; au hasard, des passés simples qui n'en sont pas ou "pour l'heure" qui devient "pour lors".

Traduction : Diniz Galhos.

Titre VO : The Devil's Graveyard.

D'autres avis dans le cadre de cette LC : MaToutePetiteCulture ;

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de imaginaire" (13/24).

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15:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

03/06/2017

Antigone, Jean Anouilh

Présentation. "L' Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre."

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Mon avis. Une relecture pour préparer l'examen de rhéto, dans le cadre d'un parcours relatif au mythe, illustré par la lecture du Quatrième mur, de Sorj Chalandon.

L'Antigone d'Anouilh est définitivement "la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre." [p. 9]

Tout est dit dès le prologue, nul suspense puisque la tragédie, en tant que telle, n'offre jamais de porte de sortie...

J'aime beaucoup la plume d'Anouilh et la manière dont il joue avec ses personnages, tout comme avec le lecteur, d'ailleurs. Ce qui m'a frappée, lors de cette relecture, c'est le côté buté d'Antigone ; je dois bien l'avouer, elle m'a souvent agacée. Pourtant, c'est son obstination qui la rend aussi profondément admirable et cela, même si Polynice ne méritait nullement qu'elle meure à cause de lui, même si Etéocle ne méritait nullement que Créon fasse exécuter sa nièce à cause de lui.

Mais c'est une tragédie. Et le fil de l'histoire se déroule. Inéluctablement.

  "Je ne veux pas comprendre. C'est bon pour vous. Moi je suis là pour autre chose que pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et pour mourir." [p. 82]

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (classique, théâtre pour mai) et "Comme à l'école" (vêtement).

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15:52 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/06/2017

Juin, le mois de...

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Vous disposez de 30 jours pour aller poser vos questions, aussi sérieuses, farfelues, humoristiques, saugrenues, existentielles... soient-elles, à Lionel Davoust sur Book en Stock.

18:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |