11/04/2017

Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro

Présentation. Deux ans avant l'édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s'oppose à Henri IV, l'ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi.

À la Roue de Fortune se croisent des passés que l'on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s'essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

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Mon avis. Une bien belle découverte qui m'a cependant laissée quelque peu sur ma faim.

Ce récit a attiré mon attention car il allie deux ingrédients que j'apprécie : l'Histoire et la Fantasy.

La première partie plante le décor : une auberge, À la Roue de Fortune, autour de laquelle gravitent, d'une manière ou d'une autre, divers personnages.

Il y a Axelle et Gilles, anciens mercenaires, tenanciers de l'établissement, et si Gilles s'est habitué sans trop de difficulté à sa nouvelle vie, ce n'est pas vraiment le cas d'Axelle, prompte à saisir l'arme accrochée à sa ceinture... qui a pourtant migré maintenant vers d'autres horizons.

Ensuite Gabriel, chevalier sur le retour qui s'est installé depuis quelques années déjà dans l'auberge ; rongé par un lourd secret, il semble attendre la fin, celle qui le délivrera de ses tourments.

Une femme d'un âge certain, Victoire, dirigeante de la guilde des assassins, a trouvé elle aussi temporairement le chemin de la taverne.

En outre un couple mystérieux, Armand et Roland, se retrouve à Marseille avec l'espoir de quitter au plus vite la France : ils sont en fuite ; ce sont eux qui apportent la touche de Fantasy au roman : ils sont Artbonniers et en tant que tels, manient une magie dangereuse, tant pour les autres que pour eux.

Enfin, la cité elle-même, venteuse, occupe une place prépondérante dans le roman.

  "La bataille prochaine qui occupe mon esprit pendant le retour me fait oublier un instant tout le reste. J'arrive au port, face à la mer. Elle est soulevée par le vent qui souffle toujours aussi fort. Je reste quelques minutes à observer les vagues à l'horizon, serein." [p. 57]

 

Chacun jouera un rôle dans ce qui se prépare à Marseille : le roi Henri IV a décidé de reprendre la cité phocéenne au consul qui s'est séparé du royaume.

La deuxième partie part tous azimuts en évoquant, par bribes, certains éléments du passé des protagonistes ; la mise en place des pièces de cet immense puzzle est assez déconcertante, d'autant que la chronologie est oubliée, mais on finit par s'y faire.

Enfin, la troisième partie donne aux personnages leur pleine mesure : ceux-ci puisent au tréfonds de leur colère la force d'agir, les révélant aux autres et parfois à eux-mêmes.

J'ai beaucoup aimé les personnalités dépeintes dans cette h(H)istoire mâtinée de Fantasy ; si je suis restée sur ma faim, c'est parce que le roman est court et j'aurais tellement aimé cheminer plus longuement aux côtés de ces héros de papier.

Du coup, j'ai prolongé quelque peu le plaisir avec Le vert est éternel, une nouvelle qui se déroule dans le même univers.

Un grand merci aux éditions J'ai lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "de la Licorne - 3" et "Littérature de l'imaginaire" (11/24).

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20:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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