07/03/2017

La carotte et le bâton, Delphine Pessin

Présentation.

Toute la semaine, j'ai gardé la sensation désagréable d'être épiée.

Qu'est-ce qu'ils mijotaient tous ?

Le vendredi, Johnny s'exclama suffisamment fort pour que je l'entende :

- Tu sais que les rousses sentent mauvais ?

J'ai rougi d'un coup.

- Carotte ! triompha-t-il.

Cette fois, le doute n'était plus possible. J'étais au centre de quelque chose qui m'échappait.

Carotte-baton.jpg

Mon avis. Un excellent récit à faire lire aux adolescents. Absolument.

C'est la rentrée scolaire pour Émilie : "nouvelle sœur, nouvelle ville, nouveau collège, nouveaux profs, nouvelle classe, nouveaux amis." [p. 7].

L'appréhension lui noue l'estomac. Elle aimerait tant se fondre dans la masse, mais elle sait déjà que cela risque d'être difficile ; elle attire en effet inévitablement les regards car elle est rousse : "Pas blond vénitien, j'aurais préféré, ni même auburn, ce qui aurait été un moindre mal. Ils sont roux, d'un roux flamboyant. Orange, il faut bien appeler un chat un chat. Mes sourcils sont roux aussi et mon nez est parsemé de taches de rousseur. Je n'ai pas tiré les meilleures cartes, c'est sûr..." [p. 8].

Heureusement, elle a rencontré par hasard Cloé qui étudie dans le même établissement et mieux, dans la même classe. Les choses semblent donc se présenter "moins mal que prévu". C'est sans compter sur Barbara, alias Barbie, la peste qui cumule toutes les "qualités", extérieurement s'entend :

  "J'ai découvert, devant moi, en montant dans notre salle, une fille élancée. Alors même que je ne voyais d'elle que son dos, je n'avais pas besoin de demander la raison de son surnom. Moulée dans un short si court que ma mère en aurait eu une syncope, ses jambes semblaient interminables. Ses cheveux lisses arrivaient jusqu'à sa taille. Blonds, évidemment. Elle avançait, légère, gracieuse, indifférente à la bruine qui me transperçait les os." [p. 14 - 15]

 

Commence alors pour Émilie une véritable descente aux Enfers : tous les élèves, ou presque, calquent leur comportement sur celui de Barbie. Brimades, humiliations, coups, se succèdent à qui mieux mieux et si Cloé ne l'abandonne pas à son sort, elle prend ses distances pour ménager la chèvre et le chou, désireuse de ne pas devenir elle-même un souffre-douleur...

Le lecteur suit, totalement impuissant, les vexations subies par Émilie, se demandant si cette spirale infernale va se briser un jour, ressentant douloureusement la pression qui pèse sur les épaules de l'adolescente qui n'est désormais plus que souffrance, s'étiole, passe de plus en plus de temps dans les toilettes ou au CDI pour se ménager quelques rares moments de respiration. La tension monte. Inexorablement. Et trouve sa pleine mesure avec un "divertissement" baptisé La carotte et le bâton.

  "Je n'imaginais pas que ce n'était que le début. J'ai passé le reste de la récréation dans les toilettes, à enlever le fromage qui engluait mes cheveux." [p. 83]

  "Aujourd'hui, je me sentais aussi vulnérable que ce chaton. Rejetée comme une erreur de la nature." [p. 100]

Parution le 16 mars 2017.

 

Un grand merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat ; je rajoute d'ores et déjà ce titre sur les listes de propositions de lecture pour mes élèves.

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (13/20).

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16:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Merci d'attirer notre attention sur ce roman. Il m'intéresse, tu t'en doutes.

Écrit par : argali | 07/03/2017

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