28/02/2017

Arena 13, tome 2 : La proie, Joseph Delaney

Présentation.

ENTREZ DANS L’ARÈNE 13

CEUX QUI S'AFFRONTENT ICI

SAVENT QUE LA MORT N'EST JAMAIS LOIN.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec plaisir Leif, cet adolescent découvert dans le tome 1. Alors que la saison des combats est terminée, le jeune homme part sur la trace de ses racines : il se rend auprès des Genthai, peuplade à laquelle appartenait son père. Difficile pour lui de se forger une place au milieu de ces hommes fiers, courageux, âpres au combat... eux aussi confrontés au Mal. Leif se rend vite compte que, quoi qu'il entreprenne, il ne sera jamais considéré par le peuple de son père, pas plus que par celui de sa mère, comme un des leurs puisqu'il (n')est (qu')un "sang mêlé".

  "J'écarquillai les yeux. Ce que Konnit venait de me décrire m'évoquait les combats de l'Arène 13, mais dans une version de cauchemar." [p. 49]

 

L'adolescent rejoint ensuite Gindeen, heureux à l'idée de retrouver Kwin et espérant pouvoir enfin en découdre avec l'infâme Hob. Les choses sérieuses - et particulièrement dangereuses - vont commencer.

J'ai davantage apprécié ce deuxième opus où Leif "prend de la bouteille" et tente (!) de réfréner ses ardeurs afin de mettre tous les atouts de son côté dans sa lutte contre le djinn. Pourtant, un épisode m'a particulièrement déplu (euphémisme) : celui qui concerne la shatek ; j'ai très peu goûté (!) le côté grand-guignolesque de cette partie qui a quelque peu douché l'enthousiasme ressenti jusqu'alors durant cette lecture.

Côté personnages, outre Leif lui-même, je retiens particulièrement Tyron, contraint de "ménager la chèvre et le chou" ; Deinon, compagnon d'armes de Leif ; le lacre Thrym, aux facultés exceptionnelles ; la précieuse Ada ; sans oublier le mystérieux Négociant dont j'attends de découvrir "la pleine mesure".

  "Le lacre me regarda à nouveau. Son expression était troublante. Presque humaine." [p. 223]

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Titre VO : Arena 13, The Prey.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne (lecture supplémentaire), "Jeunesse/Young Adult" (11/20) et "Littérature de l'imaginaire" (8/24).

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17:09 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/02/2017

La Lune avait bu, Florence Médina

Présentation. Plus rare que la Comète de Halley et totalement imprévisible, la Lune Andrinople est un phénomène astral méconnu. Une nuit, tandis qu’il erre dans les rues, Balthazar Borek est victime des rayons particulièrement féroces de cette lune exceptionnelle.

Misanthrope, esthète joufflu, gourmet érudit, Balthazar ne vit que pour et par la bonne chère. Le reste, et en particulier ses contemporains, ne l'intéresse guère. Or, suite à l’inlunation, il devient le jouet d'événements étranges, et parfois catastrophiques, qui bouleversent l'harmonie maniaque de sa vie bien réglée, le forcent à sortir de sa coquille, l’envoient valdinguer en terres inconnues : la diététique, l'entomologie, l'amour...

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Mon avis. Un (court) récit original, loufoque ; un ovni gastronomique...

Le "héros" se nomme Balthazar, prénom peu banal s'il en est, pour un personnage unique : Balthazar vit seul, fraie le moins possible avec ses (dis)semblables et est animé par une passion dévorante (!), à savoir la gastronomie. Le gourmet se voit contraint, sous l'action facétieuse de la Lune Andrinople, de trouver l'amour dans les trois mois sous peine de subir une étrange métamorphose...

"Pour conjurer le sort de ce réveil vaseux, il se prépara un petit déjeuner princier. Brioches et confitures maison, œufs brouillés à la truffe, mini-saucisses au curry, Darjeeling en provenance directe de chez Harrods, celui-là même que la Reine Mère sirotait tous les matins, son légendaire petit doigt pointé vers le ciel. Le tout servi sur porcelaine de Sèvres agrémentée de couverts en argent. Déguster un repas digne de ce nom dans une vaisselle en arcopal ou en plastique bariolé, fût-elle suédoise, eût été une hérésie."

 

Le lecteur est emmené par le bout du nez (!) dans le sillage de Balthazar qui se retrouve confronté à une réalité (?) qui va balayer ce qui, jusque-là, constituait son quotidien.

J'ai apprécié suivre les (més)aventures de ce héros, me demandant vers quel horizon il se laissait emporter ; à cet égard, j'ai été quelque peu déçue par la fin. En revanche, l'écriture est superbement travaillée : les mots sont judicieusement choisis et l'humour est présent tout au long du récit.

Merci à l'auteure pour cette découverte.

 

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" (en février, livre pour lequel on n'a pas encore lu d'avis sur la blogosphère), "Littérature de l'imaginaire" (7/24) et "de la Licorne".

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17:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

25/02/2017

J'ai avalé un arc-en-ciel, Erwan Ji

Présentation. Plongez dans le blog d’une jeune Franco-Américaine, un journal intime avec une voix pétillante et forte qui vous fera passer par toute la palette des émotions.

En racontant sa vie, ses amis, ses amours, sa famille, l’héroïne propose un véritable décryptage du monde du lycée américain.

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Mon avis. Une agréable lecture ; une friandise, en quelque sorte...

On découvre le quotidien de Capucine, alias Puce, une Franco-Américaine de bientôt dix-huit ans qui termine ses études secondaires dans un lycée huppé qui "coûte la peau des fesses" et auquel elle n'a pu avoir accès que parce que sa mère y enseigne. La jeune fille commence "tout doucement" à cogiter sur le parcours universitaire qui se profile à l'horizon.

Ce récit se lit aisément ; Puce y relate ses joies, ses peines, ses déboires, ses souffrances, ses bonheurs - petits ou grands  -, l'amitié, l'amour...

  "Dans ce blog, je vais parler de ma vie, mais aussi de la vie. Parce que ce qui compte quand on navigue, ce n'est pas le bateau. C'est l'océan, l'équipage, et les étoiles au-dessus de nos têtes." [p. 8]

 

L'équipage en question, à savoir ses amis, occupe une place prépondérante dans sa vie : Sara, Vaneck et Soupe, le "FPC", Forever Pals Club, le Club des Amis pour Toujours. Chacun a dû trouver sa place au fil des ans au sein de la hiérarchie codée du lycée : les freshmen - au bas de l'échelle -, les sophomores, les juniors et enfin, les seniors, stade ultime enfin atteint par le quatuor. Celui-ci n'appartient à aucune des cliques recensées en lycée ; ni Populaires, Artistes ou Athlètes, pas plus que Hipsters ou Nerds :

  "Mes amis et moi, on est à mi-chemin entre les Nerds et les Populaires. On fait des soirées vidéo et plateau télé, mais on va à des fêtes aussi. On fait nos devoirs, mais ça nous arrive de nous planter aux exams. On n'est pas les plus populaires, mais on connaît tout le monde. On ne passe pas notre temps à coucher les uns avec les autres, mais on peut parler de sexe sans rougir." [p. 24]

 

Puce ("comme le son "u" n'existe pas en anglais, la plupart de mes amis m'appellent "Pouce". Résultat des courses, quand je n'ai pas un nom de plante ou un nom de bestiole qui gratte, j'ai un nom de doigt." [p. 21]) est dans une période de son existence où elle se cherche ; à certains moments, elle "se trouve", à d'autres non, à d'autres encore, elle se découvre en (in)adéquation avec l'image que les autres ont d'elle...

J'ai apprécié découvrir certaines coutumes américains dont je n'avais jamais entendu parler ; j'ai surtout aimé l'humour qui se dégage du texte.

Le seul léger bémol est que dans la première partie du récit, Capucine a, me semble-t-il, des réflexions de "gamine" qui cadrent peu avec une personnalité de dix-sept ans alors que, par la suite, elle gagne en maturité. Selon moi, cette évolution est trop rapide, à tel point que l'on a presque l'impression de voir se dérouler les (més)aventures de deux personnes différentes. J'ai de loin préféré la Capucine plus mature, celle qui voit s'ouvrir devant elle des sentiers nouveaux...

Un grand merci aux éditions Nathan pour ce partenariat.

Parution : le 2 mars.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (10/20).

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11:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/02/2017

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, Martin Michaud

Présentation. Quand elle se réveille sur un lit d'hôpital, Simone Fortin apprend qu'elle a été victime d'un chauffard et sort tout juste du coma. Et pourtant, elle est persuadée d'avoir passé les 24 dernières heures avec un inconnu, Miles. Incapable d'accepter que cette rencontre n'était que le fruit de son imagination, elle va tout faire pour le retrouver... Et s'il ne s'agissait pas que d'un accident ? Et si le chauffeur de la voiture lui voulait du mal ? Y aurait-il un lien entre cette affaire et les meurtres des deux hommes tués exactement de la même manière à une journée d'intervalle ?

C'est ce que tente d'élucider le commissaire Victor Lessard, pour faire oublier sa dernière bavure mais aussi pour ne pas penser à l'échec de sa vie familiale. Jusqu'à ce que son propre fils soit mêlé à ses recherches...

Une jeune femme lancée à la poursuite d'un homme qui pourrait ne pas exister. Un enquêteur de la police de Montréal sur deux affaires inquiétantes. Un chasseur impitoyable qui pense que chacun doit payer pour ses fautes. Trois destins qui vont se croiser inéluctablement, pour le meilleur et pour le pire...

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Mon avis. Après la lecture de S.A.S.H.A. et Sous la surface,  je poursuis ma découverte d'un des maîtres québécois du thriller avec la première enquête de Victor Lessard (tant qu'à faire, je compte les lire dans l'ordre).

Victor Lessard est un "flic de son temps" : à l'instar de bon nombre de policiers de papier contemporains, il est cabossé, pas toujours droit dans ses bottes, ni dans sa tête d'ailleurs ; il lui arrive de flirter avec la ligne rouge...

Par touches infimes, l'auteur dessine l'immense toile de cette histoire qui entraîne le lecteur sur des sentiers inexplorés, ceux qui font la part belle au fantastique ; parallèlement à l'enquête qui le conduit dans de multiples directions, Lessard essaie de garder la tête hors de l'eau car son existence, dans laquelle l'alcool avait pris une (trop) grande place, s'effiloche, c'est le moins que l'on puisse dire : il en est réduit à s'arrêter devant la maison de son ex-femme afin de grappiller de fugitives images de sa famille...

"Il se sentit tout à coup découragé. Il n'y arriverait pas. Il pensa à se cacher sous les couvertures avec un verre. Un tout petit verre de rien du tout.

   Ne gâche pas tout, Lessard." [p. 67]

 

Il semble que les crimes sur lesquels le commissaire est chargé de faire la lumière soient liés, d'une manière ou d'une autre, à Simone Fortin (la narration en "je" de l'histoire), la jeune femme qui, renversée par un chauffard, vient de sortir du coma et met tout en œuvre pour retrouver un certain Miles avec qui elle a passé une journée mémorable. Le hic, c'est que personne ne semble le connaître...

J'ai vraiment passé un très bon moment en compagnie de Victor Lessard, son équipe, ainsi que les autres protagonistes, victimes ou non ; difficile de lâcher le livre une fois commencé. Cerises sur le gâteau : le vocabulaire et les expressions québécois que je prends plaisir à découvrir.

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 comme "lecture supplémentaire".

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14:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

17/02/2017

Juste à temps, Philippe Curval

Présentation. Parvenu à l'âge des bilans, Simon Cadique, réalisateur de séries télé, décide de se lancer dans la réalisation d'un film dont le sujet lui tient à cœur : rendre hommage à des figures injustement oubliées par l’histoire. Les frères Caudron, deux fils de la paysannerie picarde, furent à l’aube du XXe siècle des pionniers de l’aviation. Les machines volantes qu’ils fabriquaient prenaient leur envol au-dessus des plages de la baie de Somme. Lorsque Simon retourne dans ces lieux imprégnés des souvenirs de sa jeunesse, un phénomène étrange se produit : de mystérieuses marées du temps surgissent, brassant les années, contaminant le passé, le présent, le futur. Amitiés, richesses, amours, filiations : toutes les cartes sont en passe d'être rebattues.

Mon avis. Je ne suis jamais vraiment rentrée dans le récit...

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Le propos est très intéressant : le projet de réalisation d'un film hommage aux frères Caudron (dont je n'avais jusqu'alors, je le reconnais, jamais entendu parler) sur les lieux mêmes où ces agriculteurs ont pris leur envol (!), à savoir la plage du Crotoy, mis en œuvre par Simon Cadique, ballotté par des marées qui projettent les êtres humains dans le temps, tantôt dans le passé, tantôt dans le futur...

Ces voyages temporels seront pour lui l'occasion de découvrir "en temps réel" les deux héros de son film, ainsi que des "exilés" du temps, avec un décor qui prend vie et en devient presque un (superbe) personnage : la baie de Somme et plus particulièrement Le Crotoy.

J'ai l'impression d'avoir été moi-même balancée de droite et de gauche par ces mouvements temporels, n'arrivant jamais à m'arrimer solidement, si bien qu'à certains moments, je tournais allègrement les pages, tandis qu'à d'autres, je m'enlisais dans les mots. J'ai finalement jeté l'éponge après avoir lu près de 400 pages mais je suis persuadée qu'il ne s'est agi que d'une question de "timing" (!) : ce ne devait pas être pour moi le bon moment pour le lire...

Merci au Livre de poche pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (6/24).

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12:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/02/2017

Canicule, Jane Harper

Présentation. Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

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Mon avis. Le livre est à l'image de la couverture : un régal, idéal pour réchauffer nos soirées d'hiver (à l'instant où j'écris ces lignes, il neige et l'osso bucco mijote).

Dès le prologue, j'ai été happée par le récit, agacée de devoir en interrompre la lecture pour "vaquer aux tâches du quotidien" : le triple meurtre qui ébranle Kiewerra y est évoqué. La scène s'inscrit d'emblée dans l'esprit du lecteur, figée dans la chaleur accablante du lieu, avec pour seuls mouvements le ballet des mouches qui ont commencé leur festin, accompagné des pleurs du bébé...

Ce drame est "l'occasion" pour Aaron Falk de revenir malgré lui "au pays", un endroit qu'il a quitté vingt ans auparavant en compagnie de son père, après que les choses ont "dérapé" suite à la mort suspecte d'une de ses proches amies. Or Luke Hadler, celui qui a tué femme et enfant avant de se donner la mort, est son ami d'enfance, celui qu'il a perdu de vue lors de son départ, même s'ils se voyaient très épisodiquement lorsque Luke se rendait à Melbourne où Aaron exerce son métier d'agent fédéral dans le service du renseignement financier.

Aaron a fait ce qu'il a pu pour "se défiler", de nouveau prêt à invoquer le prétexte du travail pour éviter de se rendre aux funérailles, jusqu'à ce qu'il reçoive ces quelques mots du père de Luke : "Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…"

Falk est donc présent : "Il jeta un coup d’œil à la route qui menait à la sortie de la ville, puis regarda sa montre. Les obsèques, la veillée funèbre, une nuit sur place, et salut la compagnie. Il calcula : dix-huit heures. Pas une de plus." [p. 12]

Il a à peine franchi la porte de l'église que certains le reconnaissent et la mémoire des "éventuels distraits" sera bien vite rafraîchie lorsque seront projetées d'anciennes photos. L'atmosphère déjà oppressante en raison de la sécheresse va s'alourdir durant tout le récit : on sent que la moindre étincelle mettra le feu aux poudres (dans tous les sens du terme).

  "- Dieu sait que ce n'était déjà pas terrible avant. Tout le monde n'avait que deux choses en tête : le fric et la sécheresse. Et puis voilà que nous tombe dessus cette histoire avec Luke et sa famille. C'est horrible, Aaron. Absolument horrible. On n'arrête pas d'y penser. On se traîne tous comme des zombies. Sans savoir quoi dire ni quoi faire. On se surveille les uns les autres. En essayant de deviner qui sera le prochain à péter les plombs." [p. 23]

 

Lorsque des secrets (que l'on espérait) enfouis dans le passé refont surface, couche après couche, à l'instar d'un oignon dont on ôte pelure après pelure, le risque d'ex/implosion est grand. Nombreux sont ceux qui mettent en garde Falk, dont les moindres déplacements sont épiés, surtout lorsqu'il décide de "donner un coup de main" au sergent Greg Raco débarqué récemment au commissariat, histoire d'être bien certain que les conclusions de l'enquête relative au triple homicide ne souffrent aucune incertitude.

Point d'action effrénée ici, point de courses-poursuites, mais un lieu chauffé à blanc qui porte sur les nerfs de tous et un passé qui resurgit constamment, entre autres via des passages en italiques, et pourrait bien éclairer le présent. Au point que le lecteur se perd en conjectures, allant jusqu'à soupçonner tour à tour bon nombre des protagonistes...

  "Il se peut que la personne qui se trouvait ici ce jour-là n'ait pas tué le bébé tout simplement parce qu'elle n'avait pas besoin de le faire, lâcha finalement Falk. Il n'y avait rien de personnel là-dedans. Peu importe qui vous soyez, les enfants de treize mois ne font pas de bons témoins." [p. 62]

 

Un livre que je vous recommande ; un grand merci à Babelio et aux éditions Kero pour ce partenariat.

Traduction : Renaud Bombard.

Titre VO : The Dry.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" et comme lecture supplémentaire dans le challenge de la Licorne.

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14:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

09/02/2017

La journée de Cookie et Nougat, Marc Clamens et Laurence Jammes

Présentation. Connais-tu Cookie et Nougat ?

Pour savoir ce que ces deux hamsters font de leurs journées, ouvre ce livre animé, soulève les volets, tire les tirettes...

Et découvre le monde de ces petits animaux de compagnie!

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Mon avis. Un bel album cartonné qui ravira les petits...

Les journées de Cookie et Nougat sont bien remplies entre jeux divers, baignades et repas ; les deux charmants personnages évoluent dans un décor superbement coloré qui s'escamote à qui mieux mieux, leur permettant ainsi de jouer à cache-cache avec les jeunes lecteurs et offrant à ceux-ci l'occasion de manipuler la balançoire à bascule, faire tourner la roue ou encore soulever les volets afin de retrouver les petits chenapans...

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce livre entre dans le challenge "Un mois = une illustration" : dominante de blanc pour cette session 20.

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19:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/02/2017

Soul breakers, Christophe Lambert

Présentation. Un voyage épique dans l’Amérique des années 1930, et au cœur des âmes humaines.
USA, 1936.
Des milliers d’Américains victimes de la Grande Dépression sont jetés sur les routes. Parmi eux, Teddy Gentliz, 15 ans, voyage vers la Californie avec son père et sa petite sœur Amy dans l’espoir d’une vie meilleure.
En Arizona, la famille croise un étrange groupe de forains et son charismatique chef : Sirius Huntington. Après avoir assisté à leur spectacle, Amy est soudainement frappée par un mal mystérieux…
Persuadé que les forains ont volé l’âme de sa sœur, Teddy se lance à leur poursuite à travers les États-Unis.
Sur son chemin, entre dangers, amitiés, amour et magie, l’adolescent va faire l’apprentissage intense du monde. Et de lui-même.

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Mon avis. Une agréable aventure qui devrait plaire aux 12 - 14 ans...

Nous sommes aux États-Unis durant la Grande Dépression. Teddy a quatorze ans et vit en compagnie de son père et sa petite sœur Amy dans un camp de migrants qui font route vers la Californie où ils espèrent trouver du travail.

Au cours d'une étape, ils croisent la route d'un groupe de forains ; les deux enfants assistent au spectacle et le lendemain, Amy a perdu toute énergie. Pour Teddy, il ne fait aucun doute que la petite fille est victime d'un sort lancé par les forains mais comment se faire entendre ? Et que faire pour qu'Amy recouvre l'esprit ?

L'adolescent n'a d'autre choix que de partir à la recherche des saltimbanques pour espérer conjurer le sort. De quelle manière ? Nul ne le sait mais Teddy se fait fort d'essayer. Il laisse donc derrière lui son père et le corps désormais amorphe d'Amy et entreprend un long voyage dont il risque de ne pas revenir...

Plutôt que l'aspect fantastique du récit, c'est davantage l'épopée entreprise par l'adolescent qui m'a plu : il se retrouve seul, tantôt sur des routes désertiques, tantôt en ville, là où le guettent de nombreux dangers. Obligé de se débrouiller, il sera confronté à l'adversité ; d'un autre côté, les rencontres se succèdent et lui ouvrent les portes de l'amitié : je retiens tout particulièrement deux personnalités très attachantes, à savoir Duca, le sympathique écrivain en herbe, ainsi que Chef, l'Indien mystérieux.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (9/20), "Littérature de l'imaginaire" (5/24) et "de la Licorne" (Fantastique).

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21:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/02/2017

Patients, Grand Corps Malade

Présentation. À tout juste 20 ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d'une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu'on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d'infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d'une renaissance.

Patients.jpgMon avis. Indépendamment des dernières phrases qui m'ont amené quelques larmes au bord des yeux, je retiens de ce témoignage les sourires qui en imprègnent les pages...

Un souvenir reste à jamais gravé en moi à propos de Grand Corps Malade : j'étais allée le découvrir au théâtre royal de Mons alors que sa carrière en était à ses balbutiements. Je ne connaissais que ses Voyages en train et je me déplaçais déjà en chaise roulante. Soudain, le choc. Les larmes surgissent, s'écoulent. Lentement. Sûrement. J'entends pour la première fois Sixième sens. Et je me le prends en pleine figure, ce sixième sens. Il évoque tant de choses en moi. Une résonance.

Le film tiré du livre Patients sera présenté lors de cette édition 2017 du Festival du Film d'Amour. J'irai le voir. Mais auparavant, je souhaitais avoir lu le livre. C'est désormais chose faite.

Ce témoignage ne sombre jamais dans le pathos, il dépose des mots sur des maux ; un regard de l'intérieur alors que le futur en apparence tracé a fui, redistribuant les cartes de l'existence du jeune homme.

Une scène m'a d'emblée marquée : la vision du plafond qui durant des semaines est le seul horizon qui s'offre à lui. J'ai envie de retenir les traces d'humour présentes à travers le texte, cet humour qui aide à "tenir", même s'il se mue parfois en cynisme.

  "Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l'horloge. La patience est un art qui s'apprend patiemment." [p. 39]

  "Un jour, il m'a dit : "Tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent pour la première fois, tu n'es rien d'autre qu'un handicapé. Tu n'as pas d'histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule identité. Ensuite, s'ils prennent un peu le temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l'humour, si tu es dépressif... Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s'ajoute à ton statut de handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois..."

   J'ai trouvé ça intéressant et très utile pour la suite. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la côtoyer, le statut de handicapé (surtout en fauteuil roulant) est tellement marquant (effrayant, dérangeant) qu'il masque complètement l'être humain qui existe derrière. On peut pourtant croiser chez les personnes handicapées le même genre de personnalités qu'ailleurs : un timide, une grande gueule, un mec sympa ou un gros con." [p. 66 - 67]

  "Je les verrai toujours comme des icônes de courage, mais pas un courage de héros, non, un courage subi, forcé, imposé par l'envie de vivre." [p . 166]

20:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |