03/02/2017

Patients, Grand Corps Malade

Présentation. À tout juste 20 ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d'une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu'on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d'infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d'une renaissance.

Patients.jpgMon avis. Indépendamment des dernières phrases qui m'ont amené quelques larmes au bord des yeux, je retiens de ce témoignage les sourires qui en imprègnent les pages...

Un souvenir reste à jamais gravé en moi à propos de Grand Corps Malade : j'étais allée le découvrir au théâtre royal de Mons alors que sa carrière en était à ses balbutiements. Je ne connaissais que ses Voyages en train et je me déplaçais déjà en chaise roulante. Soudain, le choc. Les larmes surgissent, s'écoulent. Lentement. Sûrement. J'entends pour la première fois Sixième sens. Et je me le prends en pleine figure, ce sixième sens. Il évoque tant de choses en moi. Une résonance.

Le film tiré du livre Patients sera présenté lors de cette édition 2017 du Festival du Film d'Amour. J'irai le voir. Mais auparavant, je souhaitais avoir lu le livre. C'est désormais chose faite.

Ce témoignage ne sombre jamais dans le pathos, il dépose des mots sur des maux ; un regard de l'intérieur alors que le futur en apparence tracé a fui, redistribuant les cartes de l'existence du jeune homme.

Une scène m'a d'emblée marquée : la vision du plafond qui durant des semaines est le seul horizon qui s'offre à lui. J'ai envie de retenir les traces d'humour présentes à travers le texte, cet humour qui aide à "tenir", même s'il se mue parfois en cynisme.

  "Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l'horloge. La patience est un art qui s'apprend patiemment." [p. 39]

  "Un jour, il m'a dit : "Tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent pour la première fois, tu n'es rien d'autre qu'un handicapé. Tu n'as pas d'histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule identité. Ensuite, s'ils prennent un peu le temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l'humour, si tu es dépressif... Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s'ajoute à ton statut de handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois..."

   J'ai trouvé ça intéressant et très utile pour la suite. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la côtoyer, le statut de handicapé (surtout en fauteuil roulant) est tellement marquant (effrayant, dérangeant) qu'il masque complètement l'être humain qui existe derrière. On peut pourtant croiser chez les personnes handicapées le même genre de personnalités qu'ailleurs : un timide, une grande gueule, un mec sympa ou un gros con." [p. 66 - 67]

  "Je les verrai toujours comme des icônes de courage, mais pas un courage de héros, non, un courage subi, forcé, imposé par l'envie de vivre." [p . 166]

20:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Je ne connaissais pas GCM quand Jimmy est allé le voir au théâtre. Ça devait être la même année. Je ne savais même pas vraiment ce qu'était le slam.
Depuis j'en ai écrit 2-3 que je n'ai jamais osé lire sur scène, même si j'allais écouter les slameurs au Manège.
La meilleure voix, c'est quand même la sienne.
Bon weekend.

Écrit par : Philippe D | 03/02/2017

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Ton billet rempli d'émotion me donne très envie de découvrir ce livre .....

Écrit par : Jacqueline | 09/02/2017

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