13/01/2017

Samedi 14 novembre, Vincent Villeminot

Présentation. Vendredi, 13 novembre 2015. B. était à la terrasse d'un café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s'en sort indemne.

Il quitte l'hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d'un passager.

Il reconnaît le visage de l'un des tueurs et décide de le suivre.

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Mon avis. Un très beau texte, un de ceux qui ouvrent les portes de la réflexion mais n'imposent pas les réponses...

J'ai aimé plein de choses dans ce récit : le découpage en A/actes et entr(e)actes ; le parti pris par l'auteur de ne nommer dans un premier temps le "héros" que par l'initiale de son prénom (étrange, l'impression que j'ai ressentie quand survient ce prénom, trace d'humanité) ; le kaléidoscope de points de vue qui, tous, sont liés (in)sensiblement aux attentats du 13 novembre 2015.

B. a perdu son frère Pierre alors que tous deux étaient attablés à la terrasse d'un des cafés visés par les terroristes lors de cette funeste soirée du 13 novembre. Blessé légèrement dans sa chair, iI est emmené à l'hôpital pour y être soigné ; blessé profondément dans son être, il quitte l'établissement sans avoir appelé ses parents, laissant définitivement son frère derrière lui...

  "B. regarda ailleurs, par la vitre, jusqu'à ce que la rame démarre. Dans le noir du tunnel, il lut les graffitis sur les murs - inscrits par des types qui se laissent enfermer la nuit dans les stations, qui pensent qu'il suffit d'écrire sur les murs pour qu'ils nous appartiennent. Écrire sur la nuit, dans les ténèbres.

   La nuit, aussi, essaie d'écrire sur nous." [p. 27]

 

Lors de cette fuite, le jeune homme "tombera" par hasard (?) sur un des terroristes, celui qui était sur le siège arrière de la voiture lorsque la fusillade a commencé, celui qui ne s'est pas donné la mort. Presque sans s'en rendre compte, B. entame une filature discrète, ne perdant pas de vue celui dont les traits se sont imprimés de manière indélébile dans son regard. Il ne sait pas ce qu'il a là entrepris ; il ignore où ses pas l'entraînent à la s/fuite de cette silhouette macabre.

  "Plus tard, il se souviendrait d'un grand éclat de rire, sauvage, dans son ventre. Et l'instant d'après, sans prévenir, la trouille. Une peur panique." [p. 66]

 

Ce roman est l'histoire de rencontres, certaines à peine esquissées, voire inconscientes, d'autres porteuses de germes, quels qu'ils soient...

  "- C'est ça, mec... Sûrement... Tu vas aller en enfer. On est tellement nombreux à y être, depuis hier soir." [p. 82]

 

Un livre à (faire) lire...

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (7/20).

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21:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Oui, pourquoi pas?
Bon dimanche.

Écrit par : Philippe D | 14/01/2017

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