29/12/2016

Gigi Reine de la Mode, Livre-CD de Philippe Eveno, illustré par Charlotte Gastaut

Présentation. Gigi est une très jeune et talentueuse styliste, qui fait la renommée de la maison Grandchamp (fondée en 1927).

Mais un jour, c'est la panne. Gigi a beau se creuser la tête, rien ne vient : elle a perdu son inspiration ! Elle est désespérée, lorsque son chemin croise celui d'une mystérieuse gitane. Pour Gigi, c'est le début d'une folle aventure qui va lui faire remonter le temps...

Un livre-CD inspiré et joyeux de Philippe Eveno, lu et chanté par Julie Depardieu avec la participation de Philippe Katerine et Claire Tillier, illustré par Charlotte Gastaut.

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Mon avis. Un album à regarder, à écouter, à fredonner...

J'ai eu la chance d'être tirée au sort pour remporter ce superbe album-CD (dédicacé par Julie Depardieu) : un grand merci aux éditions Actes Sud.

L'ouvrage relate l'histoire de Gigi, une jeune fille qui vit avec son papa tailleur ; elle-même crée déjà de superbes robes. Un "froid matin d'hiver", le destin frappe à sa porte en la personne de Charlotte Grandchamp, célèbre directrice de mode, qui remarque aussitôt le talent de Gigi. Ni une, ni deux, celle-ci  est engagée et la renommée est d'emblée au rendez-vous...

Pourtant, un jour, l'inspiration déserte Gigi qui ne dispose dès lors plus que de quelques heures pour proposer les croquis de la nouvelle collection, sans quoi elle perdra son emploi.

C'est alors que le destin lui adresse un nouveau clin d’œil : une bohémienne lui vient en aide, propulsant l'adolescente dans une aventure où le temps n'a plus de frontières...

L'histoire peut être lue et/ou écoutée puisque l'album est accompagné d'un CD qui relate, par la voix de Julie Depardieu, les aventures de Gigi, entrecoupées de chansons au rythme entraînant interprétées par Julie Depardieu, Philippe Eveno, Claire Tillier et Philippe Katerine. 

Le lecteur est ainsi emporté dans le passé, aux côtés de Gigi qui n'en croit ni ses yeux, ni ses oreilles, et engrange de fabuleuses expériences qui nourriront son talent de créatrice.

Les illustrations de Charlotte Gastaut, où noir, blanc et rouge se marient harmonieusement, sont de toute beauté.

Un album aux allures de conte musical qui ravira petits et grands...

 

Ce titre entre dans le challenge Littérature de l'imaginaire (4/24).

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11:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

28/12/2016

Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, Pierre Pevel

Présentation du tome 1 : Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

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Mon avis. Toujours autant de plaisir à lire les devisances du sieur Pevel...

Le tome 2 commence trois ans après Les ombres de Wielstadt ; on y retrouve le Chevalier Kantz  qui tente, en compagnie des Templiers, de mettre la main sur une "abomination" réfugiée dans les ruines d'une abbaye : c'est le début d'un chassé-croisé avec un véritable démon, secondé par des spadassins sans foi ni loi et des spectres assassins, qui fait passer de vie à trépas quiconque ose se dresser sur son chemin. Kantz est du nombre...

Les informations relatives au XVIIe siècle foisonnent, distillées à petites ou grandes doses selon le cas, dans une langue toujours aussi savoureusement surannée, si bien que le lecteur est aisément immergé dans cette époque tourmentée.

Kantz demeure fidèle à lui-même : habile, intelligent, courageux et (dangereusement) mystérieux. Il peut compter sur l'aide des Templiers - même si ceux-ci font parfois montre de réticence à son égard -, et de ses "familiers" : sa servante Heide, son valet Stefan, son ami le faune Zacharios, sans oublier Chandelle, la fée-demoiselle.

Entre sbires de la Sainte-Vehme, de la Rose-Croix et du Roi Misère, le chevalier aura fort à faire pour lutter contre le danger, présent au coin de chaque (sombre) venelle, derrière les masques de cuir ou d'or...  sous le "regard" du dragon protecteur de la ville et de la mystérieuse Dame en rouge...

  "Trois silhouettes sortirent des ténèbres environnantes. Elles n'y étaient pas dissimulées : elles en naquirent. Kantz sentit la paume de sa main tatouée le démanger ; le pentacle commença à palpiter en rougeoyant." [p. 259 dans l'intégrale]

  "Le Roi Misère fixa longtemps le chevalier impassible.

   "Il faudra un jour que nous parlions bec à bec, et que tu me contes ton histoire. Tu as de grands secrets et les secrets ne me plaisent que si je les partage." Kantz sourit. "Te plairait-il, céans, de me dire d'où te vient le dessin qui orne cette main toujours gantée ? Ou qui te donna cette épée capable de prodiges, à ce que l'on dit ?

   - Non, il ne me plairait pas."

   Le Roi Misère se renfonça dans son fauteuil, sans doute plus amusé qu'agacé. Il devait s'attendre à cette réponse." [p. 303 de l'intégrale]

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne 3 (fantasy), "Littérature de l'imaginaire" (3/24) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session).

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13:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/12/2016

Ma vie sous tes étoiles, Emily Blaine

Présentation. Anna, quand viendras-tu ?
Elle a promis. Promis de venir nous rendre visite, à ma fille Liz et moi. Pourtant, les semaines ont défilé depuis le 14 février, et rien. Pas un coup de fil, pas un mot qui vienne casser la routine de ma vie de père célibataire. Aurait-elle oublié notre rencontre à l’aéroport et le chocolat chaud ? Notre nuit intense, passionnée, magique ? Je ne peux pas l’oublier. Son sourire timide, son parfum de vanille, l’éclat sombre de ses yeux noyés de désir...chaque seconde passée ensemble me hante. Je dois la retrouver.

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Mon avis. Euh...

J'ai acheté cette suite dès la fin de la première partie (l'avantage du numérique) et comment dire ? Hé bien, "ça ne l'a pas fait". Du tout, même...

Le récit avait pourtant bien commencé puisque cette fois, il est raconté à travers le point de vue de Mark et je trouvais cette perspective intéressante.

Le charmant Mark (aux mains calleuses) se languit d'Anna qui, godverdomme, n'a pas donné de nouvelles depuis la nuit torride qu'ils ont passée ensemble. Et s'il lui a donné son numéro de téléphone, Anna ne lui a pas donné le sien ; résultat : il attend désespérément un signe, qui finira évidemment par survenir.

La nouvelle est aussi bien écrite que la précédente, mais - car vous l'avez compris depuis le premier mot, il y a un "mais" - les choses s'enfilent s'enchaînent à la manière d'un TGV qui a décidé de battre son record ! Je peux comprendre qu'ils soient ravis de se retrouver à un point aisément imaGinable, mais quand même, "il ne faut pas pousser bobonne dans les orties" (... surtout quand elle n'a pas de culotte...). Ainsi, les réticences d'Anna, pourtant évidentes, s'envolent aussi vite que ses (sous-)vêtements.

Dommage...

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (nouvelle ou novella pour décembre) dont l'édition 2016 se clôture ici.

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14:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/12/2016

Une nuit dans tes étoiles, Emily Blaine

Présentation. Pour la Saint-Valentin, Anna avait imaginé à peu près tous les scénarios sauf celui-là. Exit le diner romantique à New York, les pétales de roses et le magnifique bijou en cadeau. Non, cette année, Cupidon a tranché : ce sera tempête de neige, aéroport blindé et trois cacahuètes pour tout repas. De quoi détester le 14 février…

Sauf que l’angelot a plus d’un tour dans son carquois, et il se pourrait bien qu’il envoie une petite fille en robe rouge pour guider Anna vers son soleil.

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Mon avis. L'envie d'une lecture "girly" en cette période de Noël, combinée au thème de décembre du challenge "Un genre par mois" (nouvelle ou novella), m'a naturellement conduite vers ce titre qui a récolté de bonnes critiques.

Verdict ? Un récit très rapide et agréable à lire, servi par une belle écriture : il a tout à fait répondu à ce que j'en attendais - même si Anna me paraît avoir, par ses réactions et réflexions, davantage que les 25 ans renseignés.

Nulle surprise concernant l'intrigue, encore que la fin ne correspond pas forcément à ce que l'on pouvait supposer, mais cette fin n'en est pas une puisqu'il y a une suite... que j'ai lue dans la foulée.

  "Il pivota pour me faire face et son regard sincère me transperça. Je réalisai que cela faisait bien longtemps qu'un homme ne m'avait pas regardée avec une telle sincérité. Cela me sidéra et, pendant une seconde, il n'y eut que ce regard, ce vert puissant, fort, net, dépourvu d'agressivité, de rancœur, de jugement. Aux yeux de quelqu'un, j'étais enfin moi, juste moi."

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20:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Le grand saut, Tome1, Florence Hinckel

Présentation. Iris, Paul, Rébecca, Marion, Alex et Sam sont amis depuis la sixième. Aujourd'hui, ils entrent en Terminale, cette dernière année tant attendue, tant redoutée. Enfin la libération ? Une chose est sûre, bien que le soleil baigne leur petite ville de La Ciotat, chacun sent que l'orage gronde... [...]

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Mon avis. Une lecture qui ouvre les portes de la suite...

C'est l'histoire du "Club des Six" qui est ici mise en scène : celle de six amis soudés comme les doigts (+ un) de la main. Nous sommes sous le soleil ciotaden, face à la mer, immense. Chacun est présent pour les autres, le groupe est uni depuis quelques années déjà.

Le bleu semble cependant se teinter çà et là de quelques touches de gris à l'aube du grand départ vers des horizons forcément différents, puisqu'ils entrent en Terminale.

Trois filles : Iris, Rébecca, Marion ; trois garçons : Paul, Alex, Sam. Des soucis familiaux ou scolaires, petits ou grands, selon les cas. Des secrets enfouis au fond de soi afin d'(essayer d')éviter les drames, petits ou grands, selon les cas. Des sentiments, exprimés ou occultés, selon les cas.

  "Était-il triste ou furieux ? Lui-même ne savait pas démêler ses sentiments. En tout cas il vécut le trajet de retour comme dans un rêve, hors de lui-même." [p. 47]

  "Parfois... je me demande si quelqu'un n'aurait pas dû vivre à ma place ?" [p. 207]

 

Le "Tous pour un, un pour tous" a-t-il (définitivement) vécu ?

 

J'ai vraiment apprécié faire la connaissance de ce groupe d'amis. Petit bémol pour moi : la narration se focalise surtout sur trois d'entre eux : Iris, Paul et Rébecca ; personnellement, j'aurais aimé rentrer aussi dans l'intimité des trois autres. Peut-être avec la suite ?

Cela dit, il est vrai qu'avec autant de personnalités, aussi attachantes les unes que les autres, il est effectivement difficile de chacune les développer dans un volume...

Merci aux éditions Nathan pour ce partenariat ; livre à paraître le 5 janvier 2017.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (6/20) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session).

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16:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/12/2016

Colère noire, Jacques Saussey

Présentation. Un industriel est retrouvé mort dans sa baignoire et les premiers éléments accréditent la thèse du suicide. Mais pour le capitaine Daniel Magne, il s'agit d'un meurtre. Reste à trouver le coupable et c'est le début d'un jeu de domino mortel qui se met en place. Chaque suspect devient victime et les morts se succèdent. De Paris à New York en passant par l'Afrique du Sud, l'enquête s'annonce pleine de rebondissements et truffée de périls pour Magne et sa coéquipière Lisa Heslin.

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Mon avis. Difficile de déposer le livre une fois commencé...

Même si je connaissais le nom de l'auteur, je n'avais jusqu'à présent jamais eu l'occasion de le découvrir ; c'est désormais chose faite et je ne devrais pas m'arrêter là...

Focus sur Serge Taillard, l'industriel qui va "se prendre un coup de jus" et y laisser la vie. L'enquête démarre d'emblée alors que Daniel Magne rentre de quelques jours de congé. Très vite, les premières constatations s'orientent vers la thèse du suicide, un suicide "à la Cloclo" (!) ; après observation attentive de l'appartement de la victime, Magne pressent qu'il s'agit plutôt d'un homicide. Encore faut-il (tenter de) le prouver car tout est fermé de l'intérieur et aucune trace d'effraction n'est décelée.

  "Il ne lui restait donc plus qu'une seule possibilité.

   Le meurtre.

   Cela semblait impossible, au vu des circonstances et de la configuration des lieux, mais également le plus probable. Quelqu'un avait balancé cette foutue radio dans le bain de Taillard. Le tout était de savoir comment. [p. 57]

Le capitaine se lance dans de minutieuses investigations en compagnie de Lisa, sa jeune coéquipière, avec le soutien de son équipe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les suspects ne manquent pas étant donné la "charmante" personnalité de la victime. Bon nombre des suspects potentiels sont d'ailleurs eux-mêmes aussi détestables que Taillard.

Les choses s'accélèrent lorsque Lisa "tombe sur un os" : à partir de ce moment-là, j'ai tourné les pages de manière assez frénétique... et sérieusement rogné sur mes heures de sommeil.

J'aime entrer directement dans le feu de l'action : ce fut ici le cas ; j'aime que l'écriture soit à la hauteur de l'intrigue : ce fut le cas ici ; j'aime que les personnages secondaires aient eux aussi de la consistance (mention particulière pour Mark et "le Duke") : ce fut le cas ici.

Dernière chose notable : la qualité du papier de cette collection Polar des éditions French Pulp.

Un grand merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (lecture supplémentaire en thriller - policier).

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15:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/12/2016

Les belles vies, Benoît Minville

Présentation. Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension au cœur de la Nièvre... Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

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Mon avis. Chouette : un nouveau titre à proposer à mes élèves !

Le récit commence à l'aube des congés scolaires d'été : Vasco et Djib ont eu maille à partir avec Malik, un autre lycéen, et se retrouvent au commissariat. Ils n'en mènent pas large, c'est le moins que l'on puisse dire, et redoutent la sanction, tant scolaire, judiciaire que familiale...

Sans préjuger la suite, le couperet parental tombe : les deux amis sont envoyés dans un trou perdu de la Nièvre où ils passeront l'été, chez un couple qui accueille des enfants/jeunes "en difficulté". À charge pour eux d'aider Tonton à la réfection d'une grange et de participer, sous la houlette de Tata, à la vie "en communauté" : travaux de jardinage, "ravitaillement", coup de main pour les repas et le ménage,  et autres tâches quotidiennes...

  "Pendant que la fratrie s'abreuve de dessins animés, Tonton et Vasco partent pour la cueillette. Il faut prendre la B.X. jusqu'à l'orée du bois de Champeneau, puis le reste se fait à pied et avec les yeux.  Ils vont contourner l'étang de Dli. Vasco écoute, tous ces noms franchouillards l'amusent. Il espère simplement ne pas tomber sur un sanglier. Il doit y en avoir... La campagne c'est la campagne, après tout." [p. 78]

 

La cohabitation est loin d'être évidente entre un Dylan torturé qui "n'a pas besoin de Mamadou ici, ni de toss, ni de gris, ni de voilées" [p. 42], sa sœur Jessica qui "tortille volontiers du cul" face à un Vasco qui n'en demandait pas tant (!), les "petits" qui ont déjà vécu les expériences douloureuses de plusieurs vies, et certains jeunes du village pas toujours bien disposés à l'égard de ce groupe insolite.

L'été s'annonce chaud, dans tous les sens du terme, et interminable.

Et pourtant...

Et si...

Encore que...

Un récit qui, à l'instar de Rural noir, m'a par certains aspects de nouveau rappelé Stand by me ; une histoire d'amitiés où la tendresse n'arrive parfois à s'exprimer que par des chemins de traverse...

  "Trois fois, son esprit lui souffle les mots qu'il crève d'envie d'offrir à sa belle ; trois fois il reste bloqué à la contempler. Elle l'embrasse sur le nez et se sauve." [p. 133]

 

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" [de nouveau un de mes auteurs favoris] et "Jeunesse/Young Adult" [5/20].

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16:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/12/2016

La Main de l'Empereur, tome 1, Olivier Gay

Présentation. Rekk n’a pas eu une enfance facile, et sa vie ne le sera pas non plus. Gladiateur puis soldat dans l’armée impériale, il se fait repérer par l’Empereur dans le bourbier des jungles koushites. Il deviendra son instrument pour soumettre les barbares, puis son bras armé pour toutes les basses œuvres. Un homme haï, craint, dont la renommée ne cesse de grandir.

Mais que se passe-t-il lorsque notre propre légende nous échappe ? Car si Rekk a toujours eu un vrai talent pour survivre, ses proches ne peuvent en dire autant…

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Mon avis. Après avoir apprécié Les Épées de glace 1 et 2, je me suis lancée à la découverte du passé de Rekk, cette "main de l'empereur". Verdict ? Ce n'est pas encore cette fois que l'exception confirmera la règle puisque j'ai à nouveau beaucoup aimé les (més)aventures rekkiennes...

Trois parties dans ce volume : la première se focalise sur les jeunes années de notre héros qui grandit au milieu des courtisanes de Musheim ; champion en devenir des arènes, il est entraîné par Shar-Tan, son mentor, celui à qui il doit tout. Et davantage encore.

  "Le brouhaha devint clameur alors que les spectateurs enragés demandaient leur part de sang et de spectacle. Oblan ferma les yeux, marmonna une prière au Dieu des Épées. Rekk avait beaucoup de défauts mais il ne s’était jamais montré impressionnable. Au contraire, c’était toujours lui qui se mettait dans les ennuis jusqu’au cou. Et il avait l’air si impatient tout à l’heure…"

 

La deuxième partie entraine Rekk dans la touffeur de la jungle koushite, là où l'envoie l'Empereur, une personnalité manipulatrice qui déplace ses pions au gré des objectifs poursuivis. Il a d'emblée parié sur  le potentiel fédérateur de Rekk ; il ne se privera donc pas d'en user très habilement avec celui qui deviendra Le Danseur Rouge, une dénomination qui donnera son titre au Livre III.

  "Difficile de savoir ce qui était le plus désagréable. La chaleur oppressante, l’humidité omniprésente ou les chemins à moitié absents. Les rares cavaliers avaient pris possession de la route principale alors que le reste de l’armée avançait sur deux flancs au beau milieu des arbres.

Rekk agita la main pour déloger des moustiques, puis s’écarta alors qu’une branche basse lui revenait dans la figure. Il marchait juste derrière Asulf et, si le géant roux se frayait un chemin avec aisance, il prenait rarement garde à ceux qui venaient après lui. Autour d’eux, les animaux s’étaient tus, les bruits habituels de la jungle noyés par le martèlement des bottes, le cliquetis des armures et les jurons des soldats."

  "Un héros aux multiples conquêtes. Le champion de Vesyria. La foule entière lui mangeait dans la main, et il allait dîner à la table de l’Empereur. On savait à quel point l’affection du peuple comme des monarques était fragile, mais il pourrait en profiter tant que ça durerait. On allait le couvrir d’or. Toutes les femmes – et plusieurs hommes – seraient à ses pieds. Certains bébés porteraient sans aucun doute son nom en hommage. On l’appelait le Magnifique, le Sauveur, l’Invincible. Certains blasphémaient en l’imaginant descendre du Dieu des Épées.

Oui, il menait une vie enchantée.

Alors pourquoi avait-il l’air si triste ?"

 

J'ai apprécié découvrir les (douloureuses) circonstances qui ont façonné le (futur) Boucher ; j'ai retrouvé avec grand plaisir Dareen ; j'ai apprécié également la personnalité du légat Evar, ainsi que celle de M'bao, "le plus grand des Koushites",... nettement moins (!) celle de (la sublime) Bishia...

J'ai davantage encore aimé ce(tte) préquel(le) mais je me demande dans quelle mesure il n'est pas plus judicieux de lire celui-ci avant Les Épées de glace. (Nouvelle) cerise sur la gâteau : la couverture illustrée par Magali Villeneuve.

Un grand merci à Book en Stock et Bragelonne pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "de la Licorne 3" [Fantasy], "Objectif du mois" [un de mes auteurs préférés] et "Littérature de l'imaginaire" [2/24].

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20:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/12/2016

Sauveur & Fils, saison 1, Marie-Aude Murail

Présentation. Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…

   Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.

   Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage?

   Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

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Mon avis. Un régal... à tel point que je me suis demandé si je ne le lirais pas en classe à la place de Simple...

Sauveur (ça ne s'invente pas !) est un (charmant) psychologue qui reçoit à domicile des patients aux problèmes très variés ; à force d'écoute, de patience, de jugeote, il réussit souvent à les aider, (petit) pas à (petit) pas.

De l'autre côté de la porte (entrouverte) de son cabinet traînent (souvent) deux oreilles : celles de Lazare, son fils de 8 ans, un petit garçon intelligent, perspicace, curieux de tout, souvent livré à lui-même en raison des horaires extensibles de son papa, un papa qui élude systématiquement les questions relatives à sa femme décédée.

Cette première saison se centre sur Sauveur et Lazare, ainsi que sur certains des (jeunes) patients du psychologue ; l'écriture est savoureuse, l'humour présent et les personnages extrêmement attachants, avec une mention particulière pour Lazare, dont les interventions judicieusement naïves déconcertent souvent ses interlocuteurs. Le récit aborde, l'air de rien, des sujets variés, comme la différence, le racisme, le mal-être des adolescents, l'homosexualité, les relations entre parents et enfants, qu'elles soient (apparemment) harmonieuses, tendues, voire douloureuses, les petits bonheurs aussi. La vie, tout simplement.

  "- Tu te scarifies ou tu es phobique scolaire ou autre chose? demanda Lazare à son compagnon de route, plutôt par politesse que par réel intérêt.

   - Tu es complètement dingue, le rembarra Gabin.

   - Papa dit que les gens qui vont mal, ils t'apprennent plein de choses sur toi.

   - Vous êtes dingues, tous les deux." [p. 77]

 

Je lirai bien sûr la suite.

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" [ pour décembre, lire un ouvrage de son auteur préféré ; Marie-Aude Murail fait partie de mes auteurs préférés] et "Jeunesse/Young Adult" [4/20].

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17:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

03/12/2016

Les enfants-rats, Françoise Jay

Présentation. Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts. Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes.

Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire...
En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie...

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Mon avis. Voici un bon bout de temps que j'avais repéré ce roman, si bien que lorsque l'occasion de le lire s'est présentée, je n'ai pas hésité. Je ressors cependant déçue de cette lecture...

Le propos est tout à fait intéressant : nous sommes dans un futur (proche) où de très nombreux enfants n'ont d'autre choix pour (tenter de) survivre que de se réfugier dans les égouts. Ils vivent en hordes, remontant à la surface pour trouver de quoi manger, en essayant de ne pas se faire alpaguer par la Police... ou des hordes rivales. Ce sont les enfants-rats.

Irielle, une adolescente de dix-sept ans, refuse ce type d'existence à travers laquelle l'humanité présente en chacun s'étiole à petit feu : elle vit avec Jode, un enfant qu'elle a trouvé alors qu'il n'était qu'un bébé et qu'elle a élevé, lui apprenant à lire et écrire, ainsi que les règles, inlassablement répétées, qui leur permettent de survivre.

L'intrigue bien ficelée suscite indéniablement la réflexion. D'où vient donc mon manque d'enthousiasme, me direz-vous ? De l'écriture trop peu "travaillée" à mon sens ; je peux comprendre que l'on veuille aller à l'essentiel, mais de là, par exemple, à laisser tomber tout passage potentiellement descriptif, il y un pas à ne pas franchir, me semble-t-il.

Dans le même ordre d'idée, les choses évoluent trop vite, s'enchaînant parfois en deux coups de cuillère à pot et c'est vraiment dommage car les personnages sont réellement attachants et auraient mérité davantage de "considération". En fait, ce récit mériterait d'être plus amplement développé...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (3/20) et "Littérature de l'imaginaire" (1/24).

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18:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |