28/10/2016

Atomes crochus, David Khara

Présentation. Aéroport de Fort Worth, Dallas. Deux voyageurs essoufflés viennent de rater leur vol pour Paris et se le reprochent mutuellement : Enzo Meazza, un criminel en col blanc tout juste sorti de prison, et Janet Livingston-Pierce, ingénieur en déplacement professionnel. L'avion explose quelques secondes après son décollage...
À peine remis du choc, ils sont pris pour cible par des hommes armés. Pourquoi en ont-ils après eux ? Leur commanditaire serait-il le mystérieux Griffon traqué par le FBI depuis des années ?
Une seule certitude : Janet et Enzo n'auraient jamais dû se rencontrer...

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Mon avis. Ce livre est un bon divertissement, le genre de récit qui permet de passer un agréable moment.

Ces "atomes crochus", c'est la rencontre inopinée entre Enzo Meazza, un quadragénaire qui vient juste de sortir de prison, et Janet Livingstone, ingénieure dans le domaine nucléaire.

Tous deux sont bloqués dans un aéroport de Dallas : ils viennent de rater leur vol pour Paris. Alors qu'ils sont en train de se quereller à propos de leur responsabilité mutuelle dans ce départ loupé, l'avion qu'ils étaient censés prendre explose en plein vol.

Le choc. Un choc d'autant plus grand qu'ils ont l'intuition qu'il ne s'agit nullement d'une "heureuse coïncidence" dès lors qu'à peine sortis de l'aéroport, ils sont poursuivis par des tueurs surentraînés. S'ils ont miraculeusement échappé à l'explosion, ils risquent bien de laisser leur peau dans la course-poursuite effrénée qui s'engage. S'ajoute un chassé-croisé avec les forces de l'ordre dallasiennes, ainsi que le FBI...

Rien de bien original dans la relation qui s'ébauche entre les deux protagonistes principaux : elle se "décode" en effet dès les premières lignes ; "l'énigme Meazza" sort cependant des sentiers battus. En outre, bon nombre des personnages sont attachants, qu'il s'agisse des héros involontaires, des agents Bryniarsky et Shark ou bien encore du "cow boy de service", Cates ; même Curkovic, l'un des exécuteurs, n'est pas entièrement antipathique...

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (thriller).

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13:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

21/10/2016

Police, Hugo Boris

Présentation. Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 
 
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 
 
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

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Mon avis. Un roman qui a fait beaucoup parler de lui depuis quelques semaines : à raison...

Point d'action ici ; point de courses-poursuites ; point de bagarres et autres frictions, si ce n'est intérieures : celles qui rongent (de) l'intérieur et grappillent, lentement mais sûrement, du terrain dans l'existence de ces madame et messieurs Tout-le-Monde, gardiens de la paix de leur état : Virginie, Aristide et Érik.

Virginie est à l'aube du "premier jour du reste de sa vie" : elle doit faire face, contrainte et forcée, à un de ces choix qui se présentent dans la vie et qui font que le lendemain marquera, quoi qu'il advienne, une rupture avec "l'avant".

Aristide, quant à lui, se protège derrière une carapace de gros (ba)lourd insupportable, confit d'ironie mais efficace dans le boulot ; enfin, Érik, le supérieur des deux autres, tente de mener son petit monde "sans la baguette".

Aux côtés de ces trois agents, une personne que l'on n'entend pas mais qui occupe dans le récit une place prépondérante, Asomidin Tohirov, un "retenu" tadjik qui doit être renvoyé dans son pays d'origine, même si une mort certaine l'y attend... Le trio est exceptionnellement chargé de conduire l'homme à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, où il sera pris en charge par des "escorteurs" en vue du "rapatriement".

  "Elle tend les poings pour qu'il comprenne. L'homme reproduit le geste en miroir, lui présente ses poignets. Elle le menotte devant plutôt que derrière, pour qu'il n'ait pas mal au dos pendant le transfert. Elle s'empare de son minuscule sac, salue à la cantonade, saisit l'homme par l'avant-bras. Il est si maigre que l'os est tout de suite là à travers le pull." [p. 43]

  "Leurs visages scintillent dans la lueur soufrée des mâts d'éclairage. Chacun s'absorbe dans la portion du paysage qui lui revient, Érik à droite, Virginie à gauche, Aristide devant et derrière, continuant de quadriller l'espace de l'autoroute comme s'ils étaient en patrouille." [p. 99]

  "Ses convictions s'effritent mais il résiste encore." [p. 115]

 

Le récit relate ces heures pour le moins étranges où l'atmosphère pesante à l'intérieur de la voiture cadre tout à fait avec la moiteur de cette fin de journée estivale ; si le roman se centre davantage sur Virginie qui, la première, réfléchit à la "mission" qui leur a été confiée, ses deux collègues ne sont pas en reste : la "conscience" de chacun s'active et surgissent des questions qu'ils ne s'étaient, jusque-là, encore jamais véritablement posées. 

Le risque d'atteindre un point de non-retour grandit au fil des minutes.

Passer de l'autre côté du miroir ? Ou pas ?

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Merci à Price Minister pour ce partenariat organisé dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire [#MRL16].

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18:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

19/10/2016

Outlander, 8 : À l'encre de mon cœur, partie I, Diana Gabaldon

Présentation. Juin 1778 : l'armée britannique quitte Philadelphie, alors que les troupes de George Washington délaissent Valley Forge pour se lancer à ses trousses.

Jamie Fraser, que l'on croyait mort, réapparaît et découvre que son meilleur ami s'est marié avec sa femme, Claire. Il apprend également que son fils illégitime connaît maintenant l'identité de son père.Enfin réunis, Jamie et Claire se réjouissent que Brianna, leur fille, soit en sécurité au XXe siècle...

Mais il n'en est rien, puisqu'elle est à la recherche de son fils, qui a été enlevé par un homme déterminé à connaître les secrets de sa famille. Son mari, Roger, s'est aventuré dans le passé pour retrouver le garçon disparu, ignorant que l'objet de sa quête n'a pas quitté le présent. Le ravisseur peut désormais jeter son dévolu sur sa véritable cible : Brianna.

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Mon avis. J'ai une nouvelle fois été ravie de faire un bout de chemin en compagnie de ces "vieux amis de papier", même si j'ai trouvé que cet opus souffrait parfois quelques longueurs...

Focus sur Jamie qui a un (énorme) oignon à peler avec John Grey puisque ce dernier a épousé Claire pour lui éviter de sérieux ennuis ; pire : l'union a été "consommée" ; John attend, résigné, son châtiment.

Claire est restée à Philadelphie et guette - anxieusement - leur retour. Quant à William, il connaît désormais l'identité de son père biologique et a littéralement "pété un câble"... S'engage alors une espèce de très/trop longue "partie de cache-cache" entre les trois protagonistes sur fond d'affrontements à venir - ceux-ci n'en finissent pas de "se faire attendre", par ailleurs en la compagnie de personnalités que Claire ne connaissait jusqu'alors que via les livres, comme George Washington ou le marquis de La Fayette - entre continentaux et loyalistes. La "bataille" n'arrive effectivement que dans la dernière partie.

Pour sa part, Brianna est contrainte de se mesurer, seule, à l'abject Cameron qui a enlevé Jem' : Roger a en effet retraversé les pierres, en compagnie de Buck, son ancêtre, afin de retrouver son fils. Le hic : Jem' est toujours au XXè siècle et Roger ne se retrouve pas tout à fait dans la "bonne année".

La famille Grey - John, William, Dottie, Hal - sort cette fois du lot, éclipsant de temps à autre le couple vedette ; en outre, Germain, le fils de Fergus et Marsali s'étoffe quelque peu.

La suite au prochain épisode qui m'attend déjà dans ma PAL.

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO  : Written in my own heart's blood (2014).

12:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

12/10/2016

La nuit avec ma femme, Samuel Benchetrit

Présentation. Un homme ouvre son cœur à sa femme disparue sous les coups d'un autre, venue le visiter le temps d'une nuit. Un voyage intérieur poétique, âpre et intime. Le temps d'une nuit, le narrateur est visité par sa femme disparue sous les coups d'un homme. Il lui parle et l'emmène dans une déambulation dans les rues parisiennes. Sur les lieux de leur amour et de leurs déchirures, il s'adresse à elle et convoque, au fil de pages intenses, les blessures et les joies de leur destinée tragique, leurs souvenirs communs, leur fils merveilleux et la difficulté de vivre sans elle. Un voyage intérieur passionné et poétique.

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Mon avis. Au risque de me faire des ennemi(e)s : j'ai peu apprécié cette lecture qui m'a trop souvent lassée...

Est-il utile de préciser que l'auteur est le mari de Marie Trintignant, dont elle était séparée alors que le drame que l'on connaît est survenu ? Il raconte la douleur et la profonde souffrance qui sont les siennes dans une espèce de long cri désespéré adressé à l'actrice ; il raconte la présence nouée en lui de celle qui n'est désormais "plus là" et qui, pourtant, prend tellement de place et se tient à ses côtés.

Où donc est le "problème", me direz-vous (avec raison) ? D'abord, l'écriture m'a d'emblée rebutée, même si elle cadre bien avec le propos qui semble surgir comme si les mots étaient devenus incontrôlables, à savoir des phrases souvent très courtes, hachées. Ensuite, l'émotion a rarement été au rendez-vous, hormis lors des moments qui évoquent la mort de Marie Trintignant ou ceux passés avec leur fils. Après.

  "Je voudrais des ventes aux enchères de rêves. J'en achèterais pour cette nuit. Le rêve que l'on dérange quand le téléphone sonne. Le matin est si petit parfois. Tu m'as appris à l'aimer. Les heures orphelines. Ne pouvant offrir que leur inquiétude." [p. 63 - 64]

Ce fut donc clairement pour moi une déception mais allez découvrir d'autres avis - entre autres celui de Cajou qui avait suscité mon intérêt pour ce titre -, vous ne risquez qu'une chose : avoir envie de vous plonger dans ce récit...

Merci à Babelio et aux éditions Plon/Julliard pour ce partenariat.

19:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/10/2016

Le cri, Nicolas Beuglet

Présentation. Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.

Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultra-secrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

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Mon avis. Si je devais résumer ce roman en quelques mots : un suspense haletant qui m'a emportée sans me laisser une seconde de répit. Dès les premières lignes, j'ai mordu à l'hameçon ; solidement ferrée, j'ai poursuivi ma découverte en limitant au maximum les pauses de lecture.

Point de départ : Oslo. L'inspectrice Geringën est dépêchée dans un hôpital psychiatrique où un homme vient de trouver la mort. Un infirmier a d'emblée averti la Police, trouvant ce décès suspect, avant de se raviser et d'évoquer un suicide. Trop tard car Sarah Geringën est déjà sur place, malgré son épuisement : sa vie part en lambeaux sans qu'elle ne puisse rien y faire. Autant dès lors se jeter à corps/cœur perdu dans le travail...

  "Sarah termina de lancer ses ordres presque à bout de souffle et s'adossa un instant contre le mur du couloir. Elle était soudain très faible, comme si ses jambes allaient refuser de la porter. Comprenant ce qui était en train de se déclencher, elle implora un sursis en son for intérieur... pas maintenant." [p. 54]

 

Il semble que le défunt soit mort de peur, au sens propre de l'expression ; quoi qu'il en soit, il s'avère vite indéniable que l'établissement cache un (terrible ?) secret.

Cette enquête conduira l'inspectrice hors des sentiers battus, alors qu'elle-même se retrouve à un carrefour de son existence, un de ces moments où des choix doivent être sérieusement envisagés sous peine de foncer droit dans le mur ; un de ces moments où l'on préférerait, par facilité, se laisser dériver... 

Son périple l'emmènera entre autres vers la France et les États-Unis ; à ses côtés, durant la majeure partie de cette fuite en avant, un journaliste français qu'elle juge d'emblée agaçant mais qui arrivera peut-être à la dérider, voire - qui sait ? - à la faire sourire. Ce n'est pas gagné.

  "Mais c'est autre chose qui intrigua Christopher. Peut-être parce qu'il lui sembla qu'elle ne se composait aucun visage de circonstance, qu'elle se contentait de l'observer. Oui, ce devait être ça. Lui qui passait son temps à deviner les pensées des gens en un regard, il était incapable de dire ce que cette femme immobile pensait." [p. 156]

 

J'ai beaucoup apprécié cette course contre la montre sur fond de réflexion relative à "l'au-delà", en lien avec des expériences menées sur l'être humain, racontée à travers une écriture agréable à lire ; j'ai aimé également la peinture des deux personnages principaux et leurs relations, même si le lecteur comprend très vite de quel bois chacun se chauffe : une Sarah torturée qui (tente de) cache(r), tant que faire se peut, son côté sombre, tout en essayant de garder la tête hors de "l'eau" ; un Christopher désireux de lui venir en aide. Mais à quel prix ? Cruel dilemme : rester fidèle à ses convictions ou préserver les siens ?

Un grand merci à Livraddict et aux Éditions XO pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges  "de la Licorne 3" (+ de 400 pages) et "Comme à l'école" (thème végétal pour cette session).

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20:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

05/10/2016

Feuillets de cuivre, Fabien Clavel

Présentation. Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d'une prostituée, premier d'une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l'âme mutilée par son passé et au corps d'obèse, l'inspecteur Ragon n'a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l'éclaircie d'un esprit bienveillant... vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d'encre et de sang.

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Mon avis. Un très bon moment passé "dans" ces Feuillets de cuivre...

J'ai beaucoup apprécié les enquêtes menées de main de maître par l'inspecteur Ragon, un personnage hors norme en raison de son poids qu'il traîne parfois péniblement, des livres auxquels il consacre la majeure partie de son existence et de ses époustouflantes facultés de raisonnement qui l'apparentent à Sherlock Holmes.

De prime abord, le lecteur pense qu'il découvre une série de nouvelles relatives aux investigations de Ragon, mais c'est un leurre : chaque chapitre constitue en fait une partie d'un grand ensemble qui trouve naturellement sa place dans un Paris mâtiné de steampunk, à l'aube du XXe siècle.

Un fil "rouge" au milieu de ce temps qui s'écoule, inexorablement : l'inspecteur lui-même, aux prises avec un "ennemi" intellectuellement à sa mesure, fasciné lui aussi par les Belles Lettres...

  "En attendant qu'on s'intéressât à lui, Ragon lisait. Il avait découvert la poésie sur le front. Depuis, les œuvres le protégeaient aussi bien qu'un livre placé sur le cœur était capable d'arrêter une balle de fusil. En ce moment, avant de se pencher sur les œuvres de Jules Verne dont on lui avait dit le plus grand bien, il lisait Les Fleurs du mal, discrètement en raison de la réputation sulfureuse de Baudelaire. Le défunt poète avait chanté la beauté trouble des prostituées." [p. 31]

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (lecture supplémentaire) et "de la Licorne 3".

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14:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |