21/10/2016

Police, Hugo Boris

Présentation. Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 
 
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 
 
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

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Mon avis. Un roman qui a fait beaucoup parler de lui depuis quelques semaines : à raison...

Point d'action ici ; point de courses-poursuites ; point de bagarres et autres frictions, si ce n'est intérieures : celles qui rongent (de) l'intérieur et grappillent, lentement mais sûrement, du terrain dans l'existence de ces madame et messieurs Tout-le-Monde, gardiens de la paix de leur état : Virginie, Aristide et Érik.

Virginie est à l'aube du "premier jour du reste de sa vie" : elle doit faire face, contrainte et forcée, à un de ces choix qui se présentent dans la vie et qui font que le lendemain marquera, quoi qu'il advienne, une rupture avec "l'avant".

Aristide, quant à lui, se protège derrière une carapace de gros (ba)lourd insupportable, confit d'ironie mais efficace dans le boulot ; enfin, Érik, le supérieur des deux autres, tente de mener son petit monde "sans la baguette".

Aux côtés de ces trois agents, une personne que l'on n'entend pas mais qui occupe dans le récit une place prépondérante, Asomidin Tohirov, un "retenu" tadjik qui doit être renvoyé dans son pays d'origine, même si une mort certaine l'y attend... Le trio est exceptionnellement chargé de conduire l'homme à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, où il sera pris en charge par des "escorteurs" en vue du "rapatriement".

  "Elle tend les poings pour qu'il comprenne. L'homme reproduit le geste en miroir, lui présente ses poignets. Elle le menotte devant plutôt que derrière, pour qu'il n'ait pas mal au dos pendant le transfert. Elle s'empare de son minuscule sac, salue à la cantonade, saisit l'homme par l'avant-bras. Il est si maigre que l'os est tout de suite là à travers le pull." [p. 43]

  "Leurs visages scintillent dans la lueur soufrée des mâts d'éclairage. Chacun s'absorbe dans la portion du paysage qui lui revient, Érik à droite, Virginie à gauche, Aristide devant et derrière, continuant de quadriller l'espace de l'autoroute comme s'ils étaient en patrouille." [p. 99]

  "Ses convictions s'effritent mais il résiste encore." [p. 115]

 

Le récit relate ces heures pour le moins étranges où l'atmosphère pesante à l'intérieur de la voiture cadre tout à fait avec la moiteur de cette fin de journée estivale ; si le roman se centre davantage sur Virginie qui, la première, réfléchit à la "mission" qui leur a été confiée, ses deux collègues ne sont pas en reste : la "conscience" de chacun s'active et surgissent des questions qu'ils ne s'étaient, jusque-là, encore jamais véritablement posées. 

Le risque d'atteindre un point de non-retour grandit au fil des minutes.

Passer de l'autre côté du miroir ? Ou pas ?

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Merci à Price Minister pour ce partenariat organisé dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire [#MRL16].

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18:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

La 4ème de couverture ne me tentait pas mais après les avis de "mes 4 blogueuses" (Argali, Cajou, la Fée et toi), je ne peux que noter ce roman ...:D

Écrit par : Jacqueline | 21/10/2016

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C'est donc celui-là que tu as choisi. Moi, je viens de terminer "Là où elle repose". J'ai bien aimé.
Bon weekend.

Écrit par : Philippe D | 21/10/2016

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