11/10/2016

Le cri, Nicolas Beuglet

Présentation. Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.

Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultra-secrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

Le-cri.jpg

Mon avis. Si je devais résumer ce roman en quelques mots : un suspense haletant qui m'a emportée sans me laisser une seconde de répit. Dès les premières lignes, j'ai mordu à l'hameçon ; solidement ferrée, j'ai poursuivi ma découverte en limitant au maximum les pauses de lecture.

Point de départ : Oslo. L'inspectrice Geringën est dépêchée dans un hôpital psychiatrique où un homme vient de trouver la mort. Un infirmier a d'emblée averti la Police, trouvant ce décès suspect, avant de se raviser et d'évoquer un suicide. Trop tard car Sarah Geringën est déjà sur place, malgré son épuisement : sa vie part en lambeaux sans qu'elle ne puisse rien y faire. Autant dès lors se jeter à corps/cœur perdu dans le travail...

  "Sarah termina de lancer ses ordres presque à bout de souffle et s'adossa un instant contre le mur du couloir. Elle était soudain très faible, comme si ses jambes allaient refuser de la porter. Comprenant ce qui était en train de se déclencher, elle implora un sursis en son for intérieur... pas maintenant." [p. 54]

 

Il semble que le défunt soit mort de peur, au sens propre de l'expression ; quoi qu'il en soit, il s'avère vite indéniable que l'établissement cache un (terrible ?) secret.

Cette enquête conduira l'inspectrice hors des sentiers battus, alors qu'elle-même se retrouve à un carrefour de son existence, un de ces moments où des choix doivent être sérieusement envisagés sous peine de foncer droit dans le mur ; un de ces moments où l'on préférerait, par facilité, se laisser dériver... 

Son périple l'emmènera entre autres vers la France et les États-Unis ; à ses côtés, durant la majeure partie de cette fuite en avant, un journaliste français qu'elle juge d'emblée agaçant mais qui arrivera peut-être à la dérider, voire - qui sait ? - à la faire sourire. Ce n'est pas gagné.

  "Mais c'est autre chose qui intrigua Christopher. Peut-être parce qu'il lui sembla qu'elle ne se composait aucun visage de circonstance, qu'elle se contentait de l'observer. Oui, ce devait être ça. Lui qui passait son temps à deviner les pensées des gens en un regard, il était incapable de dire ce que cette femme immobile pensait." [p. 156]

 

J'ai beaucoup apprécié cette course contre la montre sur fond de réflexion relative à "l'au-delà", en lien avec des expériences menées sur l'être humain, racontée à travers une écriture agréable à lire ; j'ai aimé également la peinture des deux personnages principaux et leurs relations, même si le lecteur comprend très vite de quel bois chacun se chauffe : une Sarah torturée qui (tente de) cache(r), tant que faire se peut, son côté sombre, tout en essayant de garder la tête hors de "l'eau" ; un Christopher désireux de lui venir en aide. Mais à quel prix ? Cruel dilemme : rester fidèle à ses convictions ou préserver les siens ?

Un grand merci à Livraddict et aux Éditions XO pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges  "de la Licorne 3" (+ de 400 pages) et "Comme à l'école" (thème végétal pour cette session).

challenge Licorne3.png

challenge-co-ecole.gif

 

20:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

Commentaires

Un livre qui est dans ma PAL, ton avis me donne encore plus envie de le lire :D Merci!

Écrit par : Carnet de lecture | 11/10/2016

Répondre à ce commentaire

Bonne lecture :-)

Écrit par : paikanne | 14/10/2016

Bonsoir Paikanne. Merci tout autant pour l'enthousiasme de votre billet que pour le soin apporter à sa rédaction. Nicolas Beuglet

Écrit par : beuglet | 11/10/2016

Répondre à ce commentaire

Merci pour votre petit mot :-)

Écrit par : paikanne | 14/10/2016

Oh que oui .....Dès les premières lignes, j'ai été happée par l'histoire ..... Un bémol : l'invraisemblance de "la fin" de l'expérience ....

Écrit par : Jacqueline | 12/10/2016

Répondre à ce commentaire

Je ne connais pas, mais je retiens. C'est mon genre !
Bon weekend.

Écrit par : Philippe D | 14/10/2016

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire