24/09/2016

Pétronille, Amélie Nothomb

Présentation. "Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans."

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Mon avis. Je pense qu'entre Amélie Nothomb et moi, ce ne sera jamais une (grande) histoire d'amour...

J'ai décidé de lire ce roman (un cadeau) dans le cadre du challenge "Un genre par mois", me disant que vu "l'épaisseur" (la page est à nouveau très chère), la lecture serait rapide. Elle le fut, effectivement, mais ne me (ré)conciliera pas vraiment avec l'auteure.

Le récit relate l'étrange relation qui se noue entre celle qui se donne l'apparence de l'auteure et une lectrice rencontrée lors d'une séance de dédicaces. C'est le champagne qui rythmera dès lors les rencontres entre les deux femmes, aussi "originales" l'une que l'autre.

Facile à lire, l'histoire ne m'a pourtant pas emballée : j'avais hâte de la terminer pour "passer à autre chose" ; cependant, j'en ai apprécié le côté caustique, ainsi que la fin, excellente.

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (contemporain) et "Comme à l'école" (bleu).

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15:18 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

23/09/2016

Les mangues resteront vertes, Christophe Léon

Présentation. 1975 : Odélise a dix ans lorsque, peu avant la saison des mangues, elle est arrachée à sa famille et à son île de La Réunion avec une centaine d’autres enfants.
Elle est envoyée en métropole dans une famille d’accueil de la Creuse. Pour lutter contre le chagrin, l’isolement, mais aussi le froid et le déracinement, Odélise s’invente un double, Zeïla, qui ne la quittera plus.

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Mon avis. Un court récit, soutenu par Amnesty International, qui met le doigt là où cela fait mal...

Ce livre relate un épisode de l'Histoire française dont je n'ai jamais attendu parler : l'envoi massif en métropole d'enfants réunionnais littéralement arrachés à leur famille sous le prétexte fallacieux de leur procurer une "meilleure existence". En vertu de... de quoi ?

Le lecteur découvre Odélise, dix ans, qui voit débarquer trois personnes à Grand Bassin, deux hommes et une femme. Ceux-ci s'invitent dans quelques maisons et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, repartent avec un enfant à la main. Ils ont réussi, en quelques minutes, à convaincre les parents qu'ils disposent d'une chance unique d'envoyer "l'enfant élu" en France, lui procurant par là même l'opportunité de "poursuivre des études au-delà de leurs espérances. L’État prend tout à sa charge [...]." [p. 15]

La déportation d'Odélise, tout comme celle de nombreux enfants, a ainsi été scellée en un tournemain, ou plus exactement par l'empreinte digitale de son papa apposée au bas d'un bout de papier. Direction Saint-Denis de la Réunion, avant le déracinement total : l'envol vers Paris.

Odélise débarque dans la Creuse, chez les Tarteix, un couple d'éleveurs de vaches laitières qui a deux enfants de 14 et 12 ans, Nathalie et Julien.

   "Le froid m'a rongée comme une plaie qui ne guérit pas. Il a foré dans ma chair et dans mes os. Pas un jour sans grelotter. Les huit années que j'allais passer à Saint-Valentin-la-Chavane seraient placées sous le signe du froid." [p. 61]

Le récit relate l'hébétude de la petite fille et la souffrance qui devient la sienne lorsqu'elle réalise ce qu'il lui est arrivé, sachant dès lors que "les mangues resteront vertes" ; il relate la douleur, tant physique que psychologique du manque ; il relate la difficulté de se raccrocher à qui/quoi que ce soit...

Ce livre conviendra aux élèves de fin de primaire et premier degré du secondaire.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (36) et "Objectif du mois" (livre sorti cette année pour septembre).

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21:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

19/09/2016

L'échappée, Allan Stratton

Présentation. "Comment peut-on ne pas vouloir sortir avec Jason ? il est ultra cool. [...] Jason, pour moi, c'est un rêve qui se réalise."

Hélas pour Leslie, son rêve va vite tourner au cauchemar...
Jason, le nouveau qui attire tous les regards, n'est pas le garçon bien qu'il paraît être. Lentement, il tisse sa toile autour d'elle.
Pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Pour qu'elle lui appartienne. Corps et âme.

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Mon avis. J'avais tellement adoré Les chiens du même auteur que je n'ai pas hésité une seconde avant de me lancer de ce roman : celui-ci n'arrive pas, selon moi, à la hauteur du précédent mais il faut dire que la barre était placée haut...

Leslie est une adolescente (très agaçante) qui relate son histoire : elle est tombée sous la coupe de Jason, un garçon de terminale craquant, séduisant, arrivé depuis peu dans son lycée. Le type même du "beau gosse" qui attire tous les regards. Mais derrière la gueule d'ange se cache une part d'ombre qui va très vite se révéler...

Là où le bât blesse, c'est que les choses évoluent beaucoup trop rapidement ; en outre, l'héroïne est tellement exaspérante que dans un premier temps, j'ai "observé" la situation en en demeurant à distance. Enfin, l'écriture m'a paru "brouillon" : était-ce bien l'Allan Stratton que j'avais apprécié auparavant ?

Heureusement, la deuxième partie du récit rattrape (quelque peu) le coup : le suspense vanté sur la quatrième de couverture y pointe le bout de son nez, entraînant le lecteur dans une course haletante,  si bien que j'ai alors retenu mon souffle, aux côtés de la jeune fille. Ouf !

Un avis mitigé, donc.

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Titre VO : Leslie's Journal (2000 ; revu en 2008).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (35 - mission accomplie -) et "Objectif du mois" (en septembre : livre sorti cette année - 2016 pour l'édition française -).

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20:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

17/09/2016

Le Cycle de Wielstadt, 1 : Les Ombres de Wielstadt, Pierre Pevel

Présentation. Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

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Mon avis. Je supposais que j'allais apprécier ce roman : je ne me trompais pas.

Le lecteur plonge au cœur du XVIIe siècle, à Wielstadt : des "ombres" ont fait leur apparition dans la ville et y sèment la terreur, trucidant de façon horrible des personnes qui semblent n'avoir aucun point commun. Le Chevalier Kantz, ancien prêtre, versé dans des pratiques occultes, exorciste à ses heures, tente de faire la lumière (!) sur ces crimes sanglants.

Ce roman mélange habilement investigations et fantasy dans un contexte historique. J'ai autant aimé l'univers "médiéval" que l'atmosphère sombre qui imprègne les ruelles, la magie présente d'emblée avec le dragon qui protège apparemment la cité, les créatures fabuleuses qui vivent en "bonne intelligence" avec les humains, ou encore les personnages : le mystérieux Kantz que je découvrirai volontiers plus avant - je le suppose - dans les tomes suivants ; Chandelle, la "fée-demoiselle" qui n'en fait qu'à sa (charmante) tête ; Zacharios, le faune tenancier de l'auberge "La Cigogne Noire" et son serviteur Feodor, un colosse un peu bêta ; le lieutenant criminel du prévôt nommé von Regenhalt.

En outre, j'ai retrouvé avec grand plaisir la plume de Pierre Pevel, déjà très appréciée dans la trilogie des Lames du cardinal.

  "De profil, sa rapière suivant la ligne de sa jambe droite en retrait, Kantz tendit le bras gauche. Il ouvrit la main, exhiba sa paume tatouée au démon terrifié. Le pentacle rougeoya comme une braise attisée.

   "Meurs", ordonna Kantz.

   Le démon poussa un cri strident d'agonie.

   Il n'était déjà plus que vapeur lorsqu'il arriva sur son bourreau." [p. 39] 

"Le soleil était bas dans le ciel lorsque le frère Berthold raccompagna Kantz aux portes de la commanderie, où l'attendait son cheval. Vite en selle, il échangea un dernier salut et s'en fut par des rues peu à peu désertées. La ville se préparait à passer la nuit. Chacun se réfugiait chez soi, par crainte des truands qui sortaient dès après le crépuscule et profitaient des ténèbres pour attaquer les imprudents. On fermait les volets ; on verrouillait les portes. Avant longtemps, Wielstadt ne serait plus qu'un dédale obscur et menaçant.

   Kantz, donc, ne traîna pas. Il avait d'ailleurs hâte d'ôter ses bottes et de dîner à la chaleur d'un feu crépitant. Peut-être lirait-il ensuite une heure, avant de se glisser dans un lit soigneusement bassiné par Heide. Il était épuisé, n'avait pas encore eu l'occasion de se remettre des fatigues d'une chasse à l'homme qui avait duré plusieurs jours et l'avait mené au-delà de Cologne, en plein hiver, par des routes peu sûres. Il lui fallait une bonne nuit de sommeil, peut-être deux." [p. 61]

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne 2 (fantasy pour la 6e session) et Littérature de l'imaginaire (24/24).

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16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/09/2016

Le Rouge idéal, Jacques Côté

Présentation. Octobre 1979...
À Québec, une série d'événements sème la terreur : un message sanglant a été écrit sur un mur des corridors souterrains de l'Université Laval ; une chienne a été horriblement mutilée ; une main a été découverte plantée sur un piquet de clôture du collège Jésus-Marie avec, enroulé autour d'un doigt, un bout de papier portant les mots « Mes amours décomposés ».

Daniel Duval, lieutenant à la Sûreté du Québec, mène l'enquête, aidé, pour la première fois depuis l'affaire Hurtubise, de son coéquipier Louis Harel, maintenant cloué à un fauteuil roulant.

Mais pendant que les enquêteurs suivent toutes les pistes imaginables et que les spécialistes de l'Identité judiciaire tentent de faire parler le moindre indice, le meurtre sordide d'une jeune femme dans le cimetière de Sillery confirme leur pire crainte : un tueur fou est en liberté dans la ville et tout porte à croire qu'il est engagé dans une terrible spirale de violence !

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Mon avis. Malgré une enquête intéressante, je suis restée trop à distance des personnages...

Juste quelques mots relatifs à cette lecture. Voici un bon moment déjà que j'avais envie de découvrir cet auteur mais même si j'ai apprécié me perdre dans les multiples ramifications des investigations du lieutenant Duval et de sa "fine équipe", j'ai moins aimé l'écriture que j'ai trouvée peu "travaillée" et parfois répétitive (l'expression "à la blague", par exemple, est vraiment récurrente).

En outre, il est difficile d'être proche des personnages, de quelque manière que ce soit, en raison d'un point de vue qui semble se vouloir complètement extérieur, à l'instar d'une "caméra objective".

Bref, nul regret d'avoir lu ce roman mais je reste malgré tout sur ma faim. Je lirai probablement un autre opus des enquêtes de Daniel Duval, histoire de confirmer ou d'infirmer cette première impression.

 

Ce titre entre dans  le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier ; + de 400 p.).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/09/2016

La Sirène, Camilla Läckberg

Présentation. Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s'avèrent vaines. Impossible de dire s'il est mort, s'il a été enlevé ou s'il s'est volontairement volatilisé.

Trois mois plus tard, son corps est retrouvé figé dans la glace. L'affaire se complique lorsque la police découvre que l'une des proches connaissances de la victime, l'écrivain Christian Thydell, reçoit des lettres de menace depuis plus d'un an. Lui ne les a jamais prises au sérieux, mais son amie Erica, qui l'a aidé à faire ses premiers pas en littérature, soupçonne un danger bien réel. Sans rien dire à Patrik, et bien qu'elle soit enceinte de jumeaux, elle décide de mener l'enquête de son côté.

À la veille du lancement de La Sirène, le roman qui doit le consacrer, Christian reçoit une nouvelle missive. Quelqu'un le déteste profondément et semble déterminé à mettre ses menaces à exécution.

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Mon avis. Voici quelques années déjà que ce volume des enquêtes d'Erica a atterri dans ma PAL. Jusqu'à présent, j'ai apprécié les aventures de la jeune femme que je lis de manière tout à fait décousue au fil des opportunités : j'ai commencé avec le premier, La Princesse des glaces, poursuivi avec le troisième, Le Tailleur de pierre, et j'ai fait un nouveau bond dans le temps avec ce sixième volet.

J'ai de nouveau passé un bon moment à Fjällbacka alors que l'équipe de Patrik n'a pas l'ombre d'une piste relative à la disparition de Magnus Kjellner. Toutes les semaines, sa femme Cia vient s'enquérir des progrès éventuels de l'enquête et c'est la mort (!) dans l'âme que l'enquêteur doit la renvoyer chez elle sans avoir pu lui procurer le moindre espoir. En son for intérieur, il sait qu'il est presque impossible d'imaginer revoir un jour l'homme vivant. Et effectivement, le corps de Magnus réapparaît, figé sous la glace.

Erica, quant à elle, est censée se ménager puisqu'elle attend des jumeaux et arrive à terme ; elle a "coaché" Christian Thydell, un écrivain prometteur. Le "hic" : ce dernier reçoit depuis bien des mois des lettres de menace dont il ne semble pas se formaliser. Erica décide donc de mener "discrètement" (?) ses propres investigations.

Le récit - ponctué par des pages en italiques plongeant dans le passé - démarre très lentement, et il faut attendre un bon tiers du livre avant que ne retentisse le cliquetis des rouages de cette gigantesque machinerie qui prend peu à peu sa vitesse de croisière pour ensuite s'emballer.

Même si j'avais pressenti la vérité avant la fin, ce fut pour moi une agréable lecture.

Traduction : Lena Grumbach.

Titre VO : Sjöjungfrun (2008).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier ; + de 400 p. ; auteur féminin).

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15:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |