05/10/2016

Feuillets de cuivre, Fabien Clavel

Présentation. Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d'une prostituée, premier d'une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l'âme mutilée par son passé et au corps d'obèse, l'inspecteur Ragon n'a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l'éclaircie d'un esprit bienveillant... vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d'encre et de sang.

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Mon avis. Un très bon moment passé "dans" ces Feuillets de cuivre...

J'ai beaucoup apprécié les enquêtes menées de main de maître par l'inspecteur Ragon, un personnage hors norme en raison de son poids qu'il traîne parfois péniblement, des livres auxquels il consacre la majeure partie de son existence et de ses époustouflantes facultés de raisonnement qui l'apparentent à Sherlock Holmes.

De prime abord, le lecteur pense qu'il découvre une série de nouvelles relatives aux investigations de Ragon, mais c'est un leurre : chaque chapitre constitue en fait une partie d'un grand ensemble qui trouve naturellement sa place dans un Paris mâtiné de steampunk, à l'aube du XXe siècle.

Un fil "rouge" au milieu de ce temps qui s'écoule, inexorablement : l'inspecteur lui-même, aux prises avec un "ennemi" intellectuellement à sa mesure, fasciné lui aussi par les Belles Lettres...

  "En attendant qu'on s'intéressât à lui, Ragon lisait. Il avait découvert la poésie sur le front. Depuis, les œuvres le protégeaient aussi bien qu'un livre placé sur le cœur était capable d'arrêter une balle de fusil. En ce moment, avant de se pencher sur les œuvres de Jules Verne dont on lui avait dit le plus grand bien, il lisait Les Fleurs du mal, discrètement en raison de la réputation sulfureuse de Baudelaire. Le défunt poète avait chanté la beauté trouble des prostituées." [p. 31]

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (lecture supplémentaire) et "de la Licorne 3".

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14:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Ta chronique me fait penser un à Leviatemps de Maxime Chattam ! Je le note, je ne connais pas cet auteur, ce serait l'occasion de l'essayer. Merci Paikanne.

Écrit par : Licorne | 06/10/2016

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Je l'ai dans ma PAL, j'ai hâte de le lire !

Écrit par : Zina | 07/10/2016

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