19/08/2016

Battle Royale, Koushun Takami

Présentation. Dans un pays asiatique imaginaire, existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle Royale". Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant...
Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Version contemporaine survitaminée de Sa Majesté des Mouches de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l'un des plus grands best-sellers de l'édition nippone.

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Mon avis. Une excellente découverte...

J'ai beaucoup entendu parler de Battle Royale lors de la sortie de Hunger Games : nombreux sont celles qui, parmi les personnes ayant lu les deux, ont indiqué que Suzanne Collins s'était très probablement inspirée du roman de Takami.

J'avais moi-même beaucoup apprécié les tomes 1 et 2 de la série américaine, moins le dernier - et pas du tout la fin -.  Effectivement, les ressemblances sont nombreuses et personnellement, je trouve que Battle Royale est meilleur, tant dans l'histoire et le traitement des personnages que dans l'écriture...

Le récit présente une classe de 3e tirée au sort pour participer au programme intitulé "Battle Royale" : 42 élèves sont dans un car qui les emmène en voyage de fin d'année. Voilà pour la théorie. La "pratique" est tout autre : 21 garçons et 21 filles de ~15 ans sont parqués sur une île déserte et vont devoir s'affronter. Un seul d'entre eux "remportera" cette épreuve imposée par un État asiatique totalitaire : tous les autres y auront perdu la vie.

  "Shûya avala sa salive. Dans le sac à moitié ouvert, on reconnaissait sans doute possible M. Masarô Hayashida, le prof principal de la classe de 3e B. Enfin, plus exactement l'ancien prof principal. On pouvait effectivement comprendre pourquoi Sakamochi s'était présenté comme le nouveau. Le précédent n'aurait plus les moyens d'assurer ses fonctions.

   Le costume bleu-gris bon marché de M. Hayashida était trempé de sang. De ses lunettes à large monture noire qui lui avaient valu le sobriquet de "Libellule", il ne restait que la moitié gauche. Ce qui n'était pas très étonnant, puisque de toute façon la tête elle-même avait perdu sa moitié droite. Derrière le seul verre correcteur restant, un œil rouge évoquant une bille dressait vers le plafond son regard atone. Le reste du crâne se résumait à un amas de cheveux agglutinés par une sorte de gelée grise - de la cervelle très probablement. [...]

  "M. Hayashida a eu, disons, quelques difficultés à accepter le bien-fondé du choix de votre classe pour le Programme, reprit Sakamochi d'une voix tranquille en se passant la main dans les cheveux. Je dois dire que cette sélection l'a pris quelque peu au dépourvu..."

   Plus personne ne pipait mot. Chacun venait enfin d'admettre que ce qu'ils venaient de voir, ce qui s'était produit depuis leur perte de conscience, était réel. Ça n'avait rien d'une erreur, ni d'une plaisanterie. Ils allaient bel et bien devoir s'entre-tuer." [p. 60 - 62]

 

Point de complaisance dans ce récit qui présente de façon plus ou moins détaillée chacun des participants ; si certains reviennent de manière récurrente, d'autres ne font que (tré)passer. Quelques-un(e)s parmi eux deviennent rapidement des "machines à tuer" qui se "prennent au jeu" ; quelques-un(e)s décident de s'unir pour faire face aux adversaires, sachant pourtant qu'ils deviendront rivaux, quoi qu'il leur en coûte. Alors...

La réflexion relative aux disparités en matière de comportement face à une situation extrême est vraiment intéressante et cela, même si l'une ou l'autre des personnalités est stéréotypée ; pas de temps mort (!) durant ce récit qui m'a solidement ferrée. Je me suis parfois quelque peu emmêlé les pinceaux dans les noms des protagonistes, mais sans que cela n'entrave véritablement la lecture... Une dernière chose : la fin est à la hauteur de l'ensemble ; mais dans une optique radicalement différente, le récit aurait également pu, selon moi, s'achever au chapitre 76.

Emportée dans mon élan, j'ai commencé à regarder le film tiré du livre, réalisé (2001) par Kinji Fukasaku : j'ai arrêté après une petite demi-heure. Les scènes et les personnages incarnés par les acteurs sont tellement "caricaturaux" qu'ils en devenaient complètement risibles alors que le propos ne l'est nullement.

Traduction : Patrick Honnoré, Tetsuya Yano et Simon Nozay.

Titre VO : Battle Royale (1999).

 

Avis de ceux qui ont participé à cette lecture commune : La blonde framboise ; nekotenshi

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (23/24) et "Comme à l'école" (bleu).

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21:21 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Il m'intrigue beaucoup, mais j'avais peur de me perdre dans les prénoms des personnages. J'en parlais avec une amie il y a quelques jours, qui m'a dit de ne pas m'en faire, qu'il y en avait rapidement plus beaucoup en scène. Du coup, je pense tenter un de ces jours !

Écrit par : Kassyna | 19/08/2016

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Cela ne doit effectivement pas te faire peur ; bonne lecture si tu t'y lances :-)

Écrit par : paikanne | 20/08/2016

Tu fais beaucoup de belles découvertes, il me semble. Tant mieux !
Moi, je reste souvent avec les mêmes auteurs.
Bon dimanche.

Écrit par : Philippe D | 20/08/2016

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Je suis d'accord avec toi pour dire que "Battle Royale" est meilleur que "Hunger Games" !

Merci d'avoir organisé cette LC, ce fut une belle découverte :)

Écrit par : Neko | 04/09/2016

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