18/06/2016

À l'ombre des cerisiers, Dörte Hansen

Présentation. C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines.

Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon.

Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité...

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Mon avis. J'ai reçu ce roman lors d'une des dernières opérations de Masse Critique sur Babelio : c'est la couverture qui m'a attirée. J'ai passé un bon moment à l'ombre des cerisiers...

Le récit se centre dans un premier temps sur la petite Vera, arrivée dans le nord de l'Allemagne, appelé "le Vieux Pays", depuis la Prusse orientale, en compagnie de sa maman, Hildegard. Elles n'ont plus rien et le petit frère de Vera est décédé ; il a dû être abandonné au fil du (rude) chemin parcouru. C'est dans la ferme d'Ida Eckhoff que les réfugiées atterrissent : "Y va en venir encore combien d'vous aut' Polacks ?". [p. 10]

Il leur faudra apprendre à survivre dans ce milieu rural où elles ne sont nullement les bienvenues mais Hildegard a un caractère bien trempé : elle est bien décidée à s'en sortir. La petite fille grandit dans la ferme, entre les deux femmes que tout oppose ; la situation s'envenime encore davantage lorsque Karl, le fils d'Ida, revient deux ans plus tard d'un camp de prisonniers russe.

Le lecteur suit également, quelques dizaines d'années plus tard, un pan de la vie d'Anne, la nièce de Vera. Suite à une rupture abrupte et douloureuse avec le père de son fils Leon, Anne emménage chez sa tante, dans la maison que cette dernière, considérée comme une vieille femme loufoque, quelque peu "foldingue" par les villageois, a toujours conservée.

J'ai aimé cette "rencontre" particulière entre tante et nièce, chacune pétrie d'une douleur lancinante derrière la "façade glacée" qu'elle donne à voir.  Les habitants du village - du cru ou "importés"- sont eux-mêmes parfois touchants ; à noter que la maison de Vera, où bon nombre de drames se sont joués, demeure inébranlable et "exigeante"...

Traduction : Elisabeth Landes.

Titre VO (2015) : Altes Land.

Merci aux éditions Kero et à Babelio pour ce partenariat.

22:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Voilà un roman qui pourrait me plaire ...

Écrit par : Jacqueline | 22/06/2016

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Vera, Anne et les autres m'ont fait passer un bien agréable moment de lecture ...sans oublier "la maison" ....:)

Écrit par : Jacqueline | 20/07/2016

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