10/06/2016

Le sommeil le plus doux, Anne Goscinny

Présentation. « Son sourire aujourd’hui me donne envie de découvrir le monde. Elle oublie, je le vois, l’échéance des trois jours. Elle oublie que le temps est compté, elle oublie l’ombre et son murmure.

Il fait doux, Nice ouvre ses cadeaux. Il n’y a personne dans les rues. Je marche, enveloppée dans un caban trop large. Je ne pense qu’à ma mère. Je sais que la parenthèse se referme sur nous. Ma promenade, au gré du vent, au gré de rien, me conduit dans un joli jardin. Je m’assieds sur un banc, déboutonne mon manteau. Je respire. Trois pastels et mon carnet vont immortaliser le bleu, le vert et l’ocre.

C’est alors que je remarque cet homme. Il est là, tout près, assis sur un banc. Il me regarde. Il se lève. Vient vers moi. »  A. G.

C’est à Noël, sous le soleil d’hiver, qu’Anne Goscinny réunit une mère et sa fille pour un dernier voyage. Un roman poétique et personnel.

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Mon avis. Une écriture subtile pour un texte qui m'a parfois égarée mais que j'ai cependant lu avec plaisir, et s'il est un mot qui me vient spontanément à l'esprit à l'évocation de ce récit, c'est celui de nostalgie.

Jeanne arrive à Nice en compagnie de sa mère et sa grand-mère paternelle (j'ai adoré ce dernier personnage) ; sa mère lutte contre un cancer qui la ronge depuis un long moment déjà et il semble que cette fois, la maladie l'emportera, dans tous les sens du verbe.

La jeune femme tente, tant que faire se peut, d'adoucir les derniers moments de celle qui, jusque-là, a pris toute la place dans sa vie. De sa vie, même. Peut-être Jeanne se trouvera-t-elle lorsque sa mère aura pris son envol ?

En alternance avec le point de vue de Jeanne apparaît celui de Gabriel, un homme rencontré par la jeune femme au hasard d'une promenade...

Le récit dépose çà et là des impressions fugitives relatives à cette relation mère-fille tout à fait particulière, ainsi qu'à la rencontre entre Jeanne et Gabriel. Cette lecture s'est curieusement (?) inscrite au moment où je travaillais Verlaine avec mes élèves ; impossible dès lors de ne pas (res)sentir un lien entre les deux dans cette esquisse du flou, entre passé et présent... Jusqu'à la fin qui rend leur netteté aux images.

  "La vie est là, à portée de main, couleur navet ou couleur lavande. Les mots choisis font reculer la réalité. J'ai la nuit pour lui promettre un avenir, la nuit pour inventer une vie qui aurait la vie devant elle. Je lui parle des enfants que j'aurai et dont elle sera si fière, de cette passion, la peinture, dont peut-être je ferai un métier." [p. 29]

  "Je me souviens de cette jeune fille, voûtée, un peu triste. Perdue et loin de là où elle se trouvait." [p. 49]

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

12:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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