02/04/2016

La Belle et le Maudit, Page Morgan

Présentation.

UNE PART DE TÉNÈBRES

SOMMEILLE EN CHACUN DE NOUS...

belle&maudit.jpg

Mon avisUn excellent moment dans le Paris de la fin du XIXe siècle...

Le récit met en scène Ingrid, 17 ans, Gabriella, 15 ans, et leur mère Lady Charlotte Brickton. Toutes trois ont quitté Londres pour Paris où Charlotte est censée ouvrir une galerie d'art. Grayson, le frère jumeau d'Ingrid, les a précédées dans la Ville Lumière, histoire de rendre le lieu - en l'occurrence une abbaye en ruines - un tantinet "accueillant". Leur père ne devrait pas tarder à les rejoindre. Cet emménagement tombe à pic (!) pour Ingrid, désormais "grillée" (!) dans l'aristocratie anglaise. Le "beau parti" qu'elle était susceptible d'incarner s'est envolé (!) en fumée (!).

L'atmosphère est sombre, pesante, lugubre, dans cet endroit où les gargouilles sont omniprésentes ; atmosphère renforcée par l'enlèvement et le meurtre horrible de plusieurs jeunes Parisiennes, ainsi que la disparition récente de Grayson dont personne, parmi les domestiques engagés, ne paraît réellement se soucier. Le sujet semble tabou.

  "Elles avaient des gueules béantes qui semblaient pousser des cris silencieux, des dents acérées comme des poignards, des yeux globuleux, des oreilles de chien et des serres enfoncées dans la bordure du toit en pierre. Leurs ailes étaient tantôt largement déployées, tantôt repliées derrière leur dos vouté.

   Ingrid, plantée devant la grille, avait l'estomac noué. Les créatures de pierre étaient assez hideuses pour lui donner la chair de poule. Quelle idée de mettre des gargouilles sur une église ! Elle détourna les yeux." [p. 21]

 

En outre, le regard posé sur Ingrid par Luc, un des membres du personnel, est pétrifiant (!) :

  "Aussitôt, tout s'immobilisa : la pièce, son esprit, sa respiration. Les yeux qui la transperçaient étaient ceux d'un jeune homme. Les iris, d'un vert moucheté d'or, évoquaient une pâle mousse de forêt longtemps oubliée par le soleil. D'épais cils couleur de charbon les ombrageaient.

   Il ne devait avoir qu'un an ou deux en plus qu'Ingrid, et il l'observait avec une curiosité indiscrète qui la mettait mal à l'aise. Percevant de l'hostilité dans son regard, elle le fixa à son tour. Il ne grimaçait pas, mais la légère dilatation de ses narines traduisait un mépris manifeste. Comme si Ingrid lui avait fait du tort d'une façon ou d'une autre." [p. 29 - 30]

 

La famille Brickton est très loin de se douter qu'elle vient de mettre le doigt (le bras tout entier, devrais-je dire) dans un engrenage maléfique...

J'ai beaucoup aimé ce récit jeunesse - à tel point que le "triangle amoureux habituel" ne m'a même pas agacée - qui propose un imaginaire original, centré entre autres sur les gargouilles et le rôle qu'elles jouent dans notre monde. Les personnages principaux sont attachants et nuancés ; la couverture est superbement veloutée [dommage que le vêtement de la jeune fille ne corresponde nullement à l'époque évoquée dans le livre].

Je lirai volontiers la suite...

Traduction : Bee Formentelli.

Titre VO : The Beautiful and the Cursed (2014).

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (15), "Lire sous la contrainte" (personnage célèbre - La Belle -), "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure), "Comme à l'école" (Lettre "O" ou thème "Animal") et "Littérature de l'imaginaire" (11).

jeunesse-young adult5.jpg

lirecontrainte.jpg

genremois3.jpg

challenge-co-ecole.gif

challenge-imaginaire.jpg

 

 

 

 

15:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Tout à fait inconnu pour moi !
Merci pour ta participation à mon challenge et bon dimanche.

Écrit par : Philippe D | 02/04/2016

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire