04/03/2016

Tout plutôt qu'être moi, Ned Vizzini

Présentation. Chez son psy, Craig Gilner apprend l'existence du syndrome d'Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer. La dépression, Craig va en faire l'expérience, c'est ce qui arrive quand on oublie de vivre. [...]

vizzini.jpg

Mon avis. Un texte qui m'a beaucoup touchée et auquel il est nécessaire, me semble-t-il, d'accorder du temps...

Craig Gilner a 15 ans et tente, du mieux - ou plus exactement du moins mal - qu'il peut de garder la tête hors de l'eau et ne pas se laisser submerger par la pression intense qu'il ressent depuis qu'il a intégré un prestigieux lycée de New York. Ravi dans un premier temps d'y avoir été accepté, il n'arrive bientôt plus à s'alimenter, ni à dormir. Son obsession : le travail scolaire. Même les "séances de fumette" avec ses copains ne le détendent plus. L'angoisse le ronge...

En (dés)espoir de cause, il prend le parti d'intégrer l'unité psychiatrique d'un hôpital proche de chez lui ; il s'y retrouve confronté aux autres malades, pour la plupart adultes.

La plume de l'auteur arrive à rendre compte de manière magistrale des questions incessantes qui taraudent Craig, ainsi que sa "naïveté réaliste". Aucun faux-semblant chez le jeune homme qui découvre l'univers particulier de ce lieu où chacun traîne derrière lui son mal-être ; la souffrance s'y exprime de multiples manières.

Craig découvre le tracé des chemins qui l'ont conduit, (in)sensiblement, dans la spirale de la dépression, évoquant les "ancres" qui lui procurent (trop rarement) un sentiment de "plénitude" et les (nombreux) "tentacules", situations qui le tiraillent dans tous les sens, jusqu'à la "surchauffe".

  "C'est à peu près à cette époque que j'ai commencé à qualifier de tentacules certaines choses à accomplir. Et il y en avait beaucoup. J'aurais dû en couper. Mais je n'y arrivais pas ; ils étaient bien trop forts et j'étais comme prisonnier de leur étreinte étouffante. Pour m'en défaire, il m'aurait fallu admettre l'impensable, comme le fait que je n'avais tout simplement pas le niveau pour cette école." [p. 93]

Impossible pour moi de ne pas être émue lors de cette lecture puisque j'ai été confrontée à la dépression dans ma famille et me suis rendue en visite dans un premier hôpital où les images de Vol au-dessus d'un nid de coucous m'ont immédiatement sauté à la gorge - heureusement, le second établissement s'est avéré tout autre(ment humain) - ; Craig y fait une fois allusion.

En outre, l'adolescent relate les rencontres bouleversantes qui vont, d'une façon ou d'une autre, lui venir en aide : Nia, La Prof, Humble, Bobby, Muqtada...

Enfin, la force de ce récit réside aussi dans l'humour, très présent au fil des pages.

Ce "roman" prend une résonance particulière quand on sait que l'auteur, qui s'est longtemps battu contre la dépression, a mis fin à ses jours à l'âge de 32 ans.

Traduction : Fanny Ladd et Christel Gaillard-Paris.

Grand merci à La belle Colère pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (13).

jeunesse-young adult5.jpg

 

 

 

18:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

Commentaires

Ce titre m'attire énormément, le sujet m'interpelle !

Écrit par : Cassandre | 05/03/2016

Répondre à ce commentaire

Bonne lecture si tu t'y mets :-)

Écrit par : paikanne | 05/03/2016

Ce livre "m'effraie" un peu ....

Écrit par : Jacqueline | 05/03/2016

Répondre à ce commentaire

Il ne faut pas : malgré le sujet, il est rempli d'humour et de fraîcheur...

Écrit par : paikanne | 05/03/2016

Je ne connais pas, mais ce livre me semble intéressant...
Bon weekend. Moi, je passe le samedi à l'école !

Écrit par : Philippe D | 11/03/2016

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire