11/11/2015

Le Roi des Fauves, Aurélie Wellenstein

Présentation. Accusés de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont injustement condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruines, coupés du monde, il leur reste sept jours d’humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu’on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstres, en berserkirs, ces hommes-bêtes enragés destinés seulement à tuer ou être tués.

Commence alors une course contre le temps, effrénée, angoissante, où les amis d’hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres… et surtout contre la bête qui grandit en eux. Existe-t-il une issue ? Existe-t-il un salut quand son pire ennemi n’est autre que soi-même ?  

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Mon avis. Une très belle écriture au service d'un récit (très) sombre...

Le roman s'ouvre sur le cheminement d'Ivar, un jeune homme qui, au petit matin, rejoint ses amis, Kaya et Oswald : le trio a décidé de prendre tous les risques afin d'essayer de braconner sur les terres du seigneur... Ils n'ont plus le choix car en ce rude hiver, les familles du village crèvent de faim : les jeunes gens sont transis de peur mais tentent de se persuader qu'ils n'ont (presque) plus rien à perdre.

Ce qui devait arriver arriva : ils sont pris sur le fait, capturés et "jugés coupables". Aucun moyen ne s'offre à eux pour se défendre et ils sont condamnés à se transformer en berserkirs, monstres mi-humains, mi-animaux, contraints de (sur)vivre sous le joug des hommes, en guise de "machines à (se faire) tuer". Ils sont ainsi forcés d'ingérer un lehrling, espèce de ver qui dispose de sept jours pour grandir en eux et détruire par là même leur humanité, ou plus précisément "révéler leur vraie nature".

Le trio va tenter de rester soudé et essayer de lutter le plus longtemps possible contre le parasite qui s'impose à eux. Inexorablement.

  "La lumière de l'aube teintait les flancs de la montagne de bleu, de mauve et de prune. Des ombres longilignes s'étiraient sur l'herbe gris-vert des collines. Assis par terre, Ivar profitait du spectacle de l'aurore. L'irréparable était arrivé. Le ver était en lui désormais, et commençait son travail de sape. Une immonde sensation de souillure lui rétractait les entrailles, mais paradoxalement, l'inéluctabilité de son avenir le rendait philosophe." [p. 93]

J'ai beaucoup apprécié ce récit âpre, ténébreux, à l'atmosphère inquiétante, habilement mis en œuvre par  la superbe écriture qui dépeint des personnages nuancés, confrontés à des situations particulièrement dangereuses, desquelles il leur sera impossible de sortir indemnes. Cerise sur le gâteau : la magnifique couverture d'Aurélien Police

Une très belle découverte, Prix 2015 des Halliennales.

 

Ce livre entre dans les challenges "Lire sous la contrainte" (animal dans le titre) ; "Jeunesse/Young Adult" (4) ; "Un mois, une consigne" (un auteur jamais lu auparavant).

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20:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Je ne connais pas mais j'ai déjà rencontré ce bouquin sur d'autres blogs.
Merci pour ta participation à mon challenge et bonne fin de semaine.

Écrit par : Philippe D | 11/11/2015

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