03/09/2015

Verlaine par Jean-Baptiste Baronian

Présentation. Paul Verlaine (1844-1896) est sinon le plus grand poète français, du moins le plus mélodieux et le plus pur. Sa vie tumultueuse, ses passions, ses errances et ses fuites à l'étranger font de lui un personnage hors du commun. Né sous le signe de Saturne, qui lui vaut, dit-il, "bonne part de malheur et bonne part de bile", écartelé entre Mathilde, "la petite épouse", et Rimbaud, "l'époux infernal", il tente de percer les mystères du commerce poétique. Qu'elle soit grâce ou dépravation, "crapulerie" ou sagesse, perfection musicale ou violence orageuse, la poésie est avant tout pour lui le moyen le plus sûr de connaître le monde.

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Mon avis. Désireuse de découvrir plus avant un des "Princes des poètes" auquel sera bientôt consacrée une exposition dans le cadre de Mons 2015, je me suis lancée dans cette biographie rédigée par Jean-Baptiste Baronian.

Ce récit s'efforce de faire découvrir ce qu'a pu être la vie de ce poète maudit qui, d'une certaine manière, semble avoir tout fait pour que cet adjectif lui colle à la peau (pas propre du tout), comme si son talent se devait d'être à mille lieues de son existence - le plus souvent - misérable, sordide, débauchée.

Il a mené la vie dure à sa famille et son entourage, principalement sa maman qui l'a pourtant constamment soutenu, et sa femme, toutes deux souffre-douleur du poète.

Y sont relatés, pêle-mêle, la naissance des recueils, publiés la plupart du temps à compte d'auteur, l'alcoolisme et les crises de colère et de violence qu'il engendre, la liaison tumultueuse avec "le rimbe", l'hébergement dans des chambres d'hôtel minables après la séparation d'avec Mathilde, les amant(e)s, les périodes d'emprisonnement - à Mons, entre autres -, les "guindailles" qui se terminent la plupart du temps dans la crasse et le vomi, la maladie, les multiples hospitalisations, la reconnaissance aussi, "sur les fins", par ses (im)pairs ...

  "Tout se passe pourtant comme si plus il était encensé, plus il devait souffrir physiquement, et accumuler les rechutes. En octobre [1891], il est de nouveau hospitalisé à Broussais où il est soigné non seulement pour ses rhumatismes, mais aussi pour son diabète et la syphilis qu'il a attrapée il ne sait trop où ni quand. Peut-être lorsqu'il travaillait encore à l'Hôtel de Ville de Paris et qu'il courait assidûment les bordels. Que faire dès lors sinon écrire, écrire sans discontinuer, écrire sa vie de gueux ?" [p. 178 - 179]

Un "personnage" qui aurait pu figurer dans un roman de Zola, à la sonorité du nom tout à fait opposée (avis purement subjectif) à la fange qui fut souvent son quotidien ... et qui a nourri son œuvre...

Le texte est aisé à lire, même pour des élèves à qui l'on souhaiterait faire découvrir Verlaine...

 

Ce livre entre dans le challenge "Un genre par mois" (essai ou tout autre genre non fictionnel pour septembre).

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13:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

Je ne suis pas trop "poésie", mais il y a 2 ou 3 textes de Verlaine qui me parlent. J'irai sans doute voir cette expo.
Bonne fin de semaine.

Écrit par : Philippe D | 03/09/2015

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Je note ..... Verlaine est un poète qui me touche ...:)

Écrit par : Jacqueline | 04/09/2015

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Sa poésie me touche, me parle .....:)

Écrit par : Jacqueline | 04/09/2015

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