28/06/2015

Un Été 42, Herman Raucher

Présentation. Hermie, Oscy, Benjie : trois amis, une énergie infinie et une ignorance crasse des choses de la vie. Mais du haut de leurs quinze ans, ils ont bien l’intention de devenir des hommes. Dans leur quête aussi ambitieuse que maladroite, ils partagent l’intuition que tout se joue dans les bras des filles, sont persuadés que leur amitié les tirera à chaque fois des mauvais pas, et suivent les commandements d’un manuel d’anatomie dévoilant les "douze étapes de la sexualité".

Et puis, il y a "la femme". Dorothy. Une déesse de vingt-deux ans, merveille des merveilles, aux jambes longues et lisses, aux lèvres humides et entrouvertes sur trente-deux petites dragées scintillantes, aux cheveux de soie pure, aux longs cils de velours voilant délicatement des iris couleur émeraude. Poser le regard sur elle fait monter les larmes aux yeux de Hermie. Pourquoi pleure-t-on en contemplant la beauté ? Quelle émotion profondément enfouie le spectacle de la splendeur met-il au jour ? [...]

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Mon avis. Un récit tendre, doux-amer, qui raconte un été particulier : celui qui, irrémédiablement, laisse derrière soi l'enfance...

Hermie, Oscy et Benjie ont 15 ans et vivent à Nantucket Island alors que la guerre fait rage en Europe. Je n'ai pas pu m'empêcher, tout au long de ma lecture, de penser au film Stand by me (à voir si ce n'est déjà fait) de Rob Reiner - et par conséquent d'en fredonner la chanson de Ben E. King - même si je sais qu'une bonne vingtaine d'années séparent l'époque de ce  roman de celle du film et que les préoccupations majeures des héros diffèrent puisque leurs âges diffèrent également. Pourtant, l'évocation de la frontière qui sépare "l'avant" et "l'après" est identique.

Le récit se centre sur Hermie, doux rêveur, "ardemment travaillé", tout comme ses deux amis, par ses hormones ; et depuis qu'il a vu la jeune femme de "la maison là-haut entre les dunes", il ne peut s'empêcher de penser à elle et d'imaginer bien des délices.

  "Soudain, il la vit. Son estomac fit une chute libre jusque dans ses baskets.

   Elle était radieuse. Il n'y avait pas d'autre mot. Radieuse. Avec ses longues jambes, sa chevelure flottant au vent et ses yeux verts, ses yeux verts si doux et si limpides, ces yeux qui hantaient tous mes rêves... mais, était-ce possible, elle était en détresse. Elle avait les bras chargés de plus de paquets qu'elle ne pouvait en porter. Ils allaient bientôt tomber, ça ne faisait pas un pli. Enfin une mission pour Super Hermie. Une dernière bouchée de beignet pour activer ses pouvoirs et aussitôt, il sentit ses cinquante kilos se durcir comme du béton." [p. 90 - 91]

 

Et bien des choses (...) durciront au cours de cet été, à de multiples reprises : le trio est avide de connai(joui)ssances et lorsque Benjie mettra la main sur LE livre, celui qui permettra de "faire don du feu à l'humanité", bien des portes s'entrouvriront.

  - "L'acte sexuel : comment l'accomplir." En douze étapes. Simplement énoncées. Pages 664 à 678. Il sourit à Hermie : "C'est là-dedans, Hermie. Tout est là-dedans. Quelqu'un a eu le bon sens de mettre tout ça noir sur blanc." [p. 207]

 

À côté de la nostalgie, la grande force du récit réside aussi dans l'humour qui s'en dégage, agrémenté, çà et là, de subtiles touches poétiques.

  "Un grand soleil brillait haut dans le ciel lorsque Hermie sortit par la véranda. Il fut agréablement surpris de découvrir qu'il n'aurait pas à enjamber le corps de sa sœur, qui gisait généralement sur la pelouse, face vers le soleil, comme un jouet abandonné par un chien ou un chargement tombé du camion. Sa sœur était noire d'un côté et blanche de l'autre. Ils n'avaient la maison que pour huit semaines, et s'il fallait marcher à reculons tout l'été pour ne jamais tourner le dos au soleil, elle était bien du genre à le faire. D'ailleurs, elle était sans aucun doute la plus formidable et la plus bronzée des marcheuses à reculons que la Terre ait portées. Elle avait le visage tanné et le cul blanc. Boris Karloff en aurait eu des frissons." [p. 25]

   "Il la regardait boire son café. Elle avait les lèvres humides et elle devait les entrouvrir pour laisser passer le liquide. Cette façon qu'elle avait d'entrouvrir les lèvres puis de les refermer avec une moue légère quand elle en avait assez... c'était un des spectacles les plus sexy qu'il lui eût été donné de voir. Ah, s'il était une tasse entre ses lèvres, ils feraient l'amour à petites gorgées. Un vrai poème." [p. 178 - 179]

 

Je vous le recommande bien volontiers...

 

Traduction : Renée Rosenthal.

Merci aux éditions La belle Colère pour ce partenariat.

Voici les liens publiés avant-hier sur La Fée lit et D'une berge à l'autre.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (37) et "Un genre par mois" (joker pour juin).

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13:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

Voilà un roman qui pourrait bien m'intéresser...

Écrit par : Nelcie | 28/06/2015

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Bonne lecture si tu t'y lances :-)

Écrit par : paikanne | 28/06/2015

Souvenir ..... Une lecture que j'avais appréciée .....:-)

Écrit par : Jacqueline | 29/06/2015

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