11/04/2015

Les petites reines, Clémentine Beauvais

Présentation. On les a élues "Boudins de l'année" sur Facebook.

Mais Mireille Laplanche et ses "boudinettes", Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort !

Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris...

... pour s'incruster à l’Élysée !

Place aux Petites Reines !!!

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Mon avis. Je profite des congés pour lire et décidément, jusqu'à présent, la pioche est bonne. Bonne ? Que dis-je ? Excellente !

Ce récit est un concentré de bonne/belle humeur, tendresse et réflexion (intelligente) sur (une certaine frange - pour ne pas dire une frange certaine - de) la société.

Mireille n'est rien moins qu'un poème qui a appris, par la force des choses, à décliner ses vers avec humour, celui du clown parfois mélancolique...

Focus sur l'adolescente qui, pour la troisième année consécutive, est montée sur le podium des "Boudins" de son lycée burgien. Le jury ? Un connard du nom de Malo, "ami" d'enfance de Mireille. Une variante cependant cette année : Mireille a perdu son titre de "Boudin d'Or" au profit de celui de "Boudin de Bronze".

Qu'à cela ne tienne, elle rencontre les deux autres "lauréates" et en moins de temps qu'il n'en faut pour l'imaginer, elles mettent sur pied une escapade vélocipédique qui les conduira à Paris, le 14 juillet, jour de la réception officielle à l’Élysée. Et puis, comme on est boudin ou on ne l'est pas, tant qu'à faire, elles vendront du boudin au cours de leur périple. Ce qui n'a, dans un premier temps, été envisagé que comme une boutade se concrétise tout "naturellement".

Les boudinettes, Astrid, Hakima et Mireille, seront accompagnées par Kader - le Soleil aux yeux de Mireille -, le frère de Hakima, ancien militaire de l'Armée française, en chaise roulante depuis qu'il a perdu ses jambes - et ses hommes - dans une embuscade au Galéristan. La motivation qui anime chacun des membres de ce quatuor insolite s'exprimera lors de la garden-party de l’Élysée, qu'il s'agira de gate-crasher.

 

J'ai beaucoup (sou)ri au fil de cette lecture : les réflexions exprimées par Mireille - je me demandais quelle était la raison du choix de ce prénom peu usité aujourd'hui ; l'air de rien, l'explication s'inscrit à travers les mots à la fin -, à voix haute ou "pour elle-même", sont bourrées d'humour, tantôt tendre, tantôt (délicieusement) grinçant ; c'est le cas aussi des surnoms qu'elle attribue à bon nombre des personnages évoqués dans le texte.

 

  "Voilà Maman qui entre dans la cuisine. Astrid lève les yeux vers elle, me regarde, puis regarde à nouveau maman, puis moi. Elle se demande sans doute, comme tout le monde, par quelle terrible méprise un gnome de mon acabit a pu sortir de l'avatar de Catherine Deneuve qu'est ma mère." [p. 25]

  "La boîte à outils de Philippe Dumont est exactement à l'image des ambitions bricolagières de Philippe Dumont : immenses mais à jamais irréalisées. Il ne l'a ouverte qu'une seule fois, pour soupeser les différents outils." [p. 49]

 

Et puis, çà et là, surgissent des phrases percutantes, qui "parlent d'elles-mêmes" :

  "Et là vous savez, c'est l'un de ces moments où notre existence, qu'on a jusque-là un peu laissée vagabonder, se télescope brutalement à l'intérieur d'elle-même en un claquement élastique." [p. 185]

  "Oui, les vrais gens qui existent semblent tous nous aimer. Il y a un tel gouffre entre les mots sur Internet et ceux des gens qu'on rencontre ! Et c'est bizarre, cette popularité. Je n'ai pas l'habitude qu'on me sourie comme ça. Je n'ai pas l'habitude qu'on me demande comment je vais. C'est peut-être ça que ça fait d'être beau ; j'ai toujours remarqué que les gens beaux attiraient les sourires et les "ça va ?". On n'aime pas voir des gens beaux aller mal. Les moches, eux, évidemment qu'ils vont mal, ils sont moches." [p. 197]

  "Et toi, hypocrite lecteur ?

   Quel dénouement préférerais-tu à notre aventure ? Voudrais-tu que Malo nous brûle notre pick-up, qu'on n'arrive jamais à Paris, et qu'on soit punies d'être moches et grosses ? Ou bien es-tu un cœur tendre, un petit sensible ?  [p. 204]

[Puisque tu me le demandes, Mireille, je précise que j'appartiens irrémédiablement à la deuxième catégorie.]

 

Un roman qui amène le "sourire-banane" sur le visage du lecteur mais aussi, de temps à autre, mine de rien, embue le regard...

Un tout grand merci aux éditions Sarbacane pour cette magnifique découverte.

 

Ce titre entre dans les challenges "des 170 idées" (idée n° 35 : un vélo) ; "Jeunesse/Young Adult" (24) et "Un mois, une consigne".

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15:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

Commentaires

A priori, pas mon genre MAIS tu m'as donné envie de me laisser tenter quand même...

Écrit par : Lafée | 11/04/2015

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Bonne lecture si tu t'y lances :-)

Écrit par : paikanne | 11/04/2015

Un titre qui est bien tentant !

Écrit par : Nahe | 11/04/2015

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Que voilà un billet bien tentant ...... :-)

Écrit par : Jacqueline | 12/04/2015

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Laissez-vous tenter :-)

Écrit par : paikanne | 12/04/2015

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