08/04/2015

La Ballade d'Hester Day, Mercedes Helnwein

Présentation. C’est l’histoire d’une fille qui ne veut pas aller au bal de promo, d’un apprenti poète qui l’a épousée pour trouver l’inspiration, et d’un petit garçon rondouillard qui, à défaut d’être cow-boy de l’espace, est ravi de tracer la route en camping-car avec eux.

L’équipée sauvage d’Hester Louise Day s’annonce comme un fiasco épique. Parce que la famille, même bricolée, ce n’est jamais un long fleuve tranquille [...].

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Mon avis.  Un coup de cœur ; une touchante balade à travers les mots de cette ballade...

Le prologue donne d'emblée le ton de cette histoire peu conventionnelle : "Mes parents m'ont appelée Hester Louise Day, Hester en mémoire d'une sœur décédée, Louise en mémoire d'une tante décédée, et Day en mémoire de l'homme, décédé il y a longtemps, qui fonda cette famille quelque part en Europe, au cours d'une nuit noire et fougueuse." [p. 9]

Hester a toujours vécu en décalage par rapport à sa famille : une mère désespérée par cette fille qu'elle n'a jamais comprise - pas plus qu'essayé de comprendre d'ailleurs -, atteinte par une espèce de "bovarysme à la sauce XXIè siècle" ; un père qui n'accorde d'importance qu'au golf et s'ennuie prodigieusement aux côtés de sa femme ; une sœur, Hannah, qui (heureusement pour les parents) suit le chemin tracé pour elle.

 

  "Ça faisait longtemps que je n'essayais même plus d'éprouver la culpabilité qu'on attendait de moi, et j'observais la scène comme si elle se déroulait dans une autre maison, à l'autre bout du pays." [...]

"J'observai le visage éteint de ma mère. Le soleil avait commencé à faire fondre ses couches de maquillage superposées. On pouvait voir que tout était mort et enterré dans sa stupide vie, et elle n'en paraissait que trop heureuse.

   Et puis je pensai : Pourquoi ne pas adopter un de ces enfants dont la vie est placardée sur des panneaux publicitaires ?

   L'idée était assez absurde pour que je puisse m'y accrocher de toutes mes forces. Plus j'y réfléchissais, moins ça avait de sens et plus j'étais ravie." [p. 41 - 43]

 

  "Pourquoi tu ne demandes pas à Hannah si elle serait d'accord pour t'emmener avec elle à l'une de ces fêtes où elle va toujours ?"

   Eh bien, probablement parce que je préférerais nettoyer des toilettes publiques avec ma langue.

   Elle prit un air ennuyé, pour ne pas dire constipé.

  "Pourquoi tu ne me réponds jamais quand je te parle ?

  - Désolée, dis-je en me passant une main froide sur le front. Mon train de pensée a déraillé."

   Elle se détourna de moi et, pour la seconde fois, monta le son de la télé.

  "Chérie, il y a un truc quoi cloche chez toi. Vraiment." [p. 105]

 

Hester n'entre pas non plus dans le moule que la société semble avoir forgé pour elle ; c'est pourquoi les amis potentiels ne se bousculent pas au portillon. Pourtant, Hester ne s'en formalise pas : elle reste elle-même - au grand dam de ses "congénères" - en toute circonstance.

Plus souvent qu'à son tour, elle met les pieds dans le (la) plat(e) (existence d'autrui), ce qui lui vaut bon nombre de remontrances.

J'ai vraiment été conquise par Hester, malgré le portrait peu nuancé des personnages et les quelques "coïncidences" - énormes - qui jalonnent cette épopée mémorable en camping-car au cours de laquelle Hester va, peut-être, trouver sa voie en compagnie d'un jeune poète, presque aussi inadapté qu'elle, et de Jethro, son cousin de onze ans, "kidnappé pour l'occasion".

J'ai aussi beaucoup apprécié l'ironie, voire le cynisme, présents à travers le récit...

Traduction : Francesca Serra.

Un grand merci aux éditions La belle colère pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (23) et "Un mois, une consigne".

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17:19 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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