14/02/2015

Le silence de Mélodie, Sharon M. Draper

Présentation. Quand j’ai eu deux ans, tous mes souvenirs avaient des mots, et tous mes mots avaient une signification.

Mais seulement dans ma tête.

Je n’ai jamais prononcé un seul mot. J’ai bientôt onze ans.

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Mon avis. Un silence assourdissant que celui de Mélodie...

J'ai été - presque forcément - touchée par ce récit puisqu'il traite du handicap et cela, me semble-t-il, avec justesse. Même s'il n'a pas été un coup de cœur, il s'est avéré un enchaînement de petits coups au cœur au fil des mots/maux évoqués par la jeune Mélodie.

Mon attention a d'emblée été attirée par la superbe couverture et une fois la lecture commencée, j'ai cheminé auprès de Mélodie qui hurle silencieusement sa souffrance et son incapacité à communiquer avec son entourage : atteinte de paralysie cérébrale, dépendante des autres pour tous les gestes du quotidien, elle observe, écoute, décortique les mots qui s'offrent à elle, sans jamais, ou presque, réussir à les faire rebondir vers son interlocuteur.

Après de longues années durant lesquelles ses parents se sont battus pour (essayer de) faire comprendre au corps enseignant que leur fille est intelligente et que, si ses paroles demeurent emmurées au dedans d'elle, elle a toute sa tête, elle finit par intégrer une classe susceptible de vraiment la faire progresser. Soutenue par ses parents, ainsi que par Madame V., une "nounou" exceptionnelle, Mélodie réussit, pas à pas, à "trouver sa place" même si, de temps à autre, elle rue dans les brancards, au propre comme au figuré, quand la pression devient trop forte...

J'ai apprécié la manière dont est relatée l'impuissance/la puissance de cette enfant, ainsi que l'humour (caustique) dont elle fait preuve. En revanche, je suis restée bouche bée face au comportement de l'enseignant lors de "l'épisode de l'avion" : incrédulité totale ! De deux choses l'une : ou l'on "fonctionne" vraiment très différemment aux USA par rapport à la Belgique (mais à ce point ???), ou la situation a vraiment été (trop) exagérée...

 

  "Mon éruption volcanique a ensuite pris le relais. J'ai agité les bras dans tous les sens et, grosso modo, pété un câble. À un moment, je me suis tellement débattue que mes chaussures ont valsé hors de la sangle de maintien des pieds de mon fauteuil. Ça m'a fait glisser de travers, alors j'ai hurlé de plus belle." [p. 59]

  "J'aimerais pouvoir chanter comme le Lion peureux, et danser comme l'Homme de fer-blanc. Aucun des deux n'était très doué dans son domaine, mais ça me suffirait amplement." [p. 73]

  "Quand j'essaie de parler, les mots fusent dans ma tête, mais au moment d'ouvrir la bouche, ce ne sont plus que des sons et des petits cris dénués de sens." [p. 89]

  "Comparer mon nouveau fauteuil à l'ancien revient à comparer une Mercedes à un skateboard." [p. 93]

Traduction : Maud Desurvire.

 

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans les challenges "Comme à l'école" (vêtement), "Jeunesse/Young Adult" (15) et "Un mois, une consigne" (un de mes genres favoris).

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12:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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