21/11/2014

Ballade pour Georg Henig, Victor Paskov

Présentation. Cette Ballade raconte une magnifique histoire d’amitié entre un vieux luthier tchèque, Georg Henig, et un enfant de ­Bulgarie, Victor. Au-delà des sentiments et de la trans­mission du savoir, c’est l’amour de l’Art qui est ici chanté, et nous ne sommes pas près d’oublier la chanson du bois dont sont faits buffet et violons… 

À sa lecture, Tzvetan Todorov écrivit : "Cette Ballade est une petite merveille, un hymne à la musique en guise d’air de la liberté. C’est aussi un acte de combat, un livre politique dans le meilleur sens du mot. (…) ­Paskov sait brosser en quelques lignes des vignettes dignes de Woody Allen, extrêmement drôles et profondément mélancoliques."

Un enchantement.

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Mon avis Ce texte berce le lecteur dans une douce mélancolie, celle qui va unir un petit garçon, Victor, à son "grand-père de substitution", Georg Henig.

Henig est un vieux luthier dont Victor a fait la connaissance alors que le père de l'enfant vient commander au "maître" un "huitième de violon". L'enfant ne deviendra pas le prodige espéré mais la rencontre avec celui qui est capable d'apprivoiser l'âme des violons bouleversera définitivement sa vie.

  "À compter de ce jour, Georg Henig devint le quatrième membre de notre famille. Tous les matins, je lui apportais le petit déjeuner et, à midi, ma mère préparait les trois gamelles bleues que l'on pouvait superposer et je partais vers sa cave, où mon père jetait les fondements de son buffet."' [p. 53]

Car effectivement, le bois est essentiel dans le récit, matériau noble à la fois du violon que du buffet qui devient personnage.

 

J'ai apprécié ce récit qui noue le cœur et dépeint subtilement l'amitié indéfectible qui liera le vieil homme et l'enfant. Malgré (ou à cause ?) de la pauvreté, de la misère même. De la solitude aussi.

  "Mais pour l'âme du violon, je ne pus retenir ma langue plus longtemps et lui demandai :

   Grand-père Guéorgui, comment sais-tu exactement où la placer ?

   - Demander bois, lui dire tout seul. Tu vois carré ? Eh bien mettre doigt dans carré, attendre, attendre, attendre, mais bois se taire. Mettre doigt dans autre carré. Et encore attendre. Demander, déplacer ; quand bois voir maître patient, prendre temps, alors dire lui-même. Mettre là." [p. 146 - 147]

 

Traduction : Marie Vrinat.

 

Merci aux éditions de l'aube pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "À la découverte d'auteurs" (28), ainsi que "Comme à l'école".

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20:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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