23/09/2014

Huis clos suivi de Les mouches, Jean-Paul Sartre

Présentation.

GARCIN : - Le bronze...
(Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha ! vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses.
(Il rit.) Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous nous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril ... Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de grill : l'enfer, c'est les Autres.

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Mon avis. Au préalable, je bats ma coulpe : je n'avais jusqu'à présent jamais lu ces pièces ; je crois même n'avoir jamais lu Sartre. Il vaut mieux tard que jamais. Je dois dire que j'ai été heureusement surprise...

Huis clos met en scène Garcin, Inès et Estelle, trois personnages qui se retrouvent en enfer, dans une pièce fermée à clef ; à partir de ce lieu, chacun est capable d'observer ce qui se déroule sur terre auprès des siens.

La confrontation de ces personnalités différentes aboutit à une réflexion sur les actes posés et leur incidence dans l'existence de chacun ainsi que sur les relations qu'ils entretiennent, maintenant qu'ils sont soumis à cette claustration forcée. "L'enfer, c'est les Autres" : le regard posé par les autres sur soi engendre les (ré)actions.

Les mouches relate le retour incognito d'Oreste à Argos alors que sa mère Clytemnestre, veuve d'Agamemnon, vit depuis bon nombre d'années avec Égisthe, son amant, celui qui a assassiné le grand Agamemnon. Les mouches symbolisent le poids des remords de tous ceux qui ont cautionné, ne serait-ce que par leur silence, le meurtre du roi. La confrontation entre le frère et la soeur, Oreste et Électre, mettra en évidence les notions de liberté et de vengeance. Fluctuantes selon les circonstances et les actes effectivement posés.

  "À présent, les instants vont s'enchaîner comme les rouages d'une mécanique, et nous n'aurons plus de répit jusqu'à ce qu'ils soient couchés tous les deux sur le dos, avec des visages pareils aux mûres écrasées. Tout ce sang !" [p. 184]

 

Ce livre me permet, après une pause, de renouer pour ce mois de septembre avec le challenge "Un classique par mois".

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21:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Sartre fait partie des écrivains qui ont marqué ma jeunesse .... Huis clos est une pièce que j'ai souvent fait lire quand j'avais les rhétos ...
Je me souviens que j'avais particulièrement aimé son roman "L'Age de raison" ....

Écrit par : Jacqueline | 24/09/2014

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Je me rappelle avoir adoré ce roman ! Première découverte de Sartre mais ça date maintenant. :)

Écrit par : Dareel | 24/09/2014

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J'ai lu ces deux pièces il y a très longtemps, du coup je ne m'en rappelle plus très bien. Mais je pense que j"avais bien accroché surtout sur Les mouches. Mais ma pièce préférée de Sartre est Les mains sales.

Écrit par : Frankie | 25/09/2014

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Je ne suis toujours pas décidé à lire des classiques, moi...
Bon weekend.

Écrit par : Philippe D | 26/09/2014

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