07/08/2014

Comme des larmes sous la pluie, Véronique Biefnot

Présentation. Écrivain à succès, Simon Bersic n'en est pas moins fragile et malheureux : il ne parvient pas à surmonter la perte de sa femme et vit reclus avec son fils. Sa rencontre avec Naëlle va-t-elle lui offrir une seconde chance ? Naëlle, magnifique et mystérieuse, qui lui échappe et qu'il finira par apprivoiser.

Lorsque les amants se retrouvent au cœur d'un sordide fait divers qui secoue la Belgique, Simon va devoir affronter l'insupportable.

Implacable scénario, entrecoupé d'énigmatiques séquences où une petite voix enfantine s'élève dans la nuit, recouvrant le récit d'un voile d'ombre, Comme des larmes sous la pluie est un étourdissant thriller amoureux. 

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Mon avis. Je n'ai pas fait les choses dans l'ordre puisque j'ai d'abord lu Là où la lumière se pose, le dernier tome de la trilogie, avant celui-ci, le premier. Ce qui signifie que le "jeu" est quelque peu faussé : en effet, je connaissais bon nombre des faits censés n'y être dévoilés que petit à petit. Et pourtant, j'ai autant apprécié cet opus même si les "surprises" n'en étaient plus.

Le récit, à l'écriture savoureusement poétique, commence par des pages qui entrecoupent, tel un leitmotiv, le texte - celles d'un "enfant" qui évoque des événements dramatiques - centré tour à tour sur un des personnages essentiels, le plus souvent Naëlle et Simon.

 

"C'est le noir.

Il nous a oubliés ?

C'est le noir depuis trop longtemps.

Il nous a oubliés !

Elles, elles dorment, je crois.

Je dois veiller." [p. 11]

 

Naëlle est une magnifique jeune femme, solitaire, insensible à l'admiration qu'elle peut susciter. Elle vit dans un petit appartement avec son chat Nicolas et travaille dans un entrepôt de tissus bruxellois. Les contacts avec ses semblables sont réduits à leur plus simple expression.  Son passé, dont elle garde très peu de souvenirs, demeure extrêmement obscur ; çà et là surgissent des impressions angoissantes.

 

   "De toute façon, Naëlle souriait rarement, même les jours bleus. [...]

   Pourtant, et ce n'était là qu'une des nombreuses contradictions dans la vie de Naëlle, elle ne faisait rien pour se fondre dans la masse, pour paraître plus ordinaire. Elle aurait pu renoncer aux talons hauts mais elle appréciait la jolie cambrure qu'ils donnaient à ses jambes, elle aurait pu couper ses longs cheveux, mais elle aimait les sentir caresser sa taille au moindre mouvement, elle aurait pu cesser de les décolorer, mais ce blond léger, enfantin, la rassurait." [p. 17 - 18]

  "Et cette pause déjeuner fila bien plus vite que Naëlle ne l'aurait cru ; elle comprit pourquoi ce matin la journée lui avait paru blanche : blanche comme la page vierge d'une nouvelle histoire... [p. 63]

  "Elle se sentait comme un coquillage, fermé à l'extérieur, apparemment solide mais sans colonne vertébrale interne, soutenue seulement par les obligations, les petits gestes quotidiens qui nous forcent à nous tenir debout : se lever, se laver, s'habiller, faire la vaisselle, ouvrir le courrier, payer les factures.

   Est-ce que c'est ça qui fait qu'on continue à vivre, à se lever le matin ?" [p. 106]

 

Simon, quant à lui, a élevé seul son fils Lucas, désormais jeune adulte, depuis le décès prématuré de sa femme : une souffrance toujours bel et bien présente. Aujourd'hui auteur à succès, il trouve du réconfort auprès d'amis proches.

 

  "Grégoire, Céline et leurs enfants animaient son quotidien, lui offraient l'illusion d'une vraie famille avec, au gré des saisons, les repas traditionnels, les week-ends à la mer du Nord ou à la campagne, les petits soucis partagés et résolus ensemble.

   Après toutes ces années d'amitié indéfectible, Simon les voyait comme un frère et une sœur d'élection, références inébranlables dans cet univers désagréablement mouvant." [p. 80]...

  "Aujourd'hui, il voulait y croire enfin...

   Il s'adossa à la rambarde, les mains dans les poches pour dissimuler le tremblement qui les agitait depuis des heures.

   Elle sortit... et tout ce qui restait encore de lumière dans le ciel se concentra, incendiant sa silhouette, un couloir étincelant la reliait à lui, effaçant tout alentour, il était happé par elle ; sa vie, à présent, lui semblait-il, en dépendait.

   Cette certitude l'effrayait et l'enivrait à la fois. Sans se préoccuper du trafic, il traversa et lui prit la main." [p. 213]

 

Progressivement se dévoile un passé que Naëlle avait enfoui au plus profond d'elle. Question de survie. Difficile de savoir si Simon réussira à lui venir en aide, tant les traces sont prégnantes. Même si, entre eux, la rencontre est Comme une évidence...

12:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

Commentaires

Comme j'avais reçu le tome 3 de Masse Critique, j'ai acheté et lu les deux précédents ..... Enfin "lu" pour le tome 2 est un grand mot car je l'ai survolé tant il m'a ennuyée .....

Bilan de la trilogie pour moi : je n'ai pas aimé ..... l'histoire trop invraisemblable, le style surfait .... bref "too much" ...:-)

Écrit par : Jacqueline | 08/08/2014

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Nous divergeons pour une fois ;-)

Écrit par : paikanne | 08/08/2014

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Oui .... cela arrive .... comme pour "Juste avant le bonheur" ....:-)

Écrit par : Jacqueline | 08/08/2014

Bonjour,

Je me suis permis de publier votre critique littéraire sur mon blog bruxellois en n'oubliant pas, bien évidemment, de citer votre blog que je ne connaîssais pas et auquel je m'empresse de m'abonner. Michel de Bruxelles.

http://woluwe-saint-lambert.eklablog.com/

Écrit par : delwart | 10/08/2014

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Merci de m'avoir prévenue :-)

Écrit par : paikanne | 10/08/2014

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