05/08/2014

Histoire d'un bonheur, Geneviève Damas

Présentation. Quel est le secret d'Anita Beauthier ?
Rien ne la prédestinait à rencontrer Noureddine, élève en difficulté dans une école de la ville ni à lier avec lui une relation faite de crainte et de tendresse. Rien ne laissait penser non plus que Simon, beau-frère d'Anita, homme solitaire et taciturne, rencontrerait Nathalie, la voisine, trahie par son mari.
Histoire d'un bonheur est le récit de ces rencontres improbables, porteuses de vraies questions : qu'est-ce que le bonheur ? Et comment se libérer des conventions d'une vie toute tracée pour découvrir, peut-être, son propre chemin ?

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Mon avisJ'ai découvert ce livre grâce à la sélection du prix des Lycéens et franchement, je l'ai beaucoup apprécié même s'il me laisse un goût de "trop peu". J'aurais volontiers poursuivi ce voyage en compagnie d'Anita, Noureddine, Simon et Nathalie.

Histoire d'un bonheur, c'est l'évocation des déboires de quatre personnages qui prennent chacun "la parole" dans une partie du récit.

La première, c'est Anita, une quinquagénaire particulièrement horripilante au début du roman : très (très) aisée financièrement, elle veille à ce que tout soit "parfait" à tous points de vue, extérieurement parlant, dans une vie "lisse comme un miroir qui ne réfléchit rien" (ne cherchez pas l'expression, c'est une invention de ma part). Le seul "hic" dans son existence vient de sa fille Géraldine qui a, selon sa mère, trop tendance à ruer dans les brancards.

  "Il y a chez Géraldine quelque chose qui n'a jamais grandi, qui m'échappe et me terrifie. Parfois, je ne la reconnais pas, je ne reconnais rien de moi en elle. Ni son caractère, ni son corps. Je ne peux reconnaître son corps. Pourtant elle est sortie de mon ventre, j'en suis sûre et je l'ai follement attendue. Mais cette attente s'est révélée trop souvent, malheureusement, décevante." [p. 23 - 24]

Elle entretient une "vraie relation" avec Wouki, son chien, et (presque) curieusement, son beau-frère Simon. La fêlure, bien vite devenue (large) déchirure, viendra de son fils Hervé.

 

Le deuxième narrateur est Noureddine, un gamin "mal barré" qui fait la connaissance d'Anita dans une école de devoirs lyonnaise où elle remplace une de ses amies.

  "Je ne pourrais pas avaler un truc, Mamita ? Tout ce chemin, ça donne soif."

   Elle se taille illico et revient avec une cruche d'eau.

  "Tu n'as pas autre chose ?

   - Du jus de pamplemousse.

   - Ton frigo, il a la même taille que ton clebs ou quoi ?"

   Je dis ça pour rire mais, vu la tronche de Mamita, je comprends direct qu'elle et moi, ce soir, on n'a pas le même humour.

  "Je ne t'attendais pas, Noureddine. Tu apprendras que c'est ça, le risque, quand on arrive sans être annoncé.

   - Si chaque fois j'attends d'être annoncé, Mamita, je risque d'arriver au bout de la vie sans qu'il ne se soit rien passé." [p. 68 - 69]

 

Survient ensuite Nathalie, la voisine "bonjour, bonsoir" d'Anita, rien en commun avec cette dernière, présentement en (grosse) crise de couple.

  "Elle porte un legging gris clair et franchement, si c'était ma sœur, je lui dirais d'ôter ça tout de suite parce qu'elle n'a pas le physique pour. Le seul truc potable ce sont ses yeux : vert très clair, comme si tu les avais dilués à l'eau. Incroyable. Avec des yeux comme ça, si elle était belle, tu mourrais tout de suite sur place. C'est pourquoi Allah l'a faite moche." [p. 100]

 

C'est enfin le tour de Simon - avant la clôture du livre avec Anita -, le beau-frère éducateur dans l'école de Noureddine, anéanti par un grave accident et une rupture amoureuse.

  "Mon diplôme en poche, il me laisserait partir. Je m'étais inscrit à l'école de commerce. Les deux premières années, je ne m'en étais pas trop mal tiré. Jusqu'à cette nuit de Noirmoutier, bien sûr. Où tout s'est, comment dire, arrêté. Cela fait vingt-huit ans maintenant, et si l'on regarde ma vie, c'est presque comme si elle s'était figée. Bien sûr, j'ai rencontré des gens, entrepris des choses, voyagé un peu, en apparence, mais au fond je n'ai fait que tuer le temps, sans rien inscrire durablement. Je me suis occupé en attendant que quelque chose arrive qui n'est jamais venu. Quand je mourrai, je ne laisserai rien." [p. 161]

 

Chacun ou presque se met à nu avec lucidité mais quand la réalité vous éclate au visage, combien est-il dur de faire face... encore que...

 

Deuxième titre qui entre dans le cadre du challenge "A la découverte d'auteurs".

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18:44 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

Je vais le sortir de ma pal je crois

Écrit par : LaFée | 05/08/2014

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Bonne idée :-)

Écrit par : paikanne | 05/08/2014

En lisant ton billet, je me suis dit : "Oui, peut-être ...mais ..." ... J'ai l'impression - sans pouvoir l'expliquer - que ce roman n'est pas "pour moi" ...:-)

Écrit par : Jacqueline | 06/08/2014

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