07/07/2014

Le zoo de Mengele, Gert Nygårdshaug

Présentation. La vie du jeune Mino Aquiles Portoguesa, chasseur de papillons, changera à jamais le jour où il verra son village et sa forêt réduits à néant par les grandes compagnies pétrolières américaines, et tous ceux qu'il aime tués ou envoyés dans les bidonvilles des mégapoles surpeuplées. Alors il deviendra le bras armé de cette Amazonie que l'homme blanc foule au pied, de tous ces pauvres gens sacrifiés au nom du progrès. Alors il les tuera à son tour. Tous. Un par un.

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Mon avis. Ce sont les mots "fable écologique" qui me viennent spontanément à l'esprit pour évoquer ce récit...

Ce roman suit le destin hors du commun de Mino, un jeune garçon qui vit dans la forêt amazonienne et voit sa famille et les habitants de son village exterminés par les grandes compagnies pétrolières américaines. Enfant miraculé, chasseur de papillons, il se lance dans une lutte sans merci contre ces "destructeurs de la vie".

Il quitte sa terre et rencontre un magicien itinérant qui le prend sous son aile et lui apprend ses tours, jusqu'à ce qu'à nouveau, un drame survienne. Dès lors, sa vie sera consacrée à la vengeance : il décide de faire payer tous ceux qui, au nom du dieu profit, anéantissent la forêt, la faune, la flore et par la même occasion, ceux qui vivent dans le respect de la nature. C'est grâce aux papillons que le jeune homme réussira à tirer son épingle du jeu.

Le lecteur se retrouve dans une position clairement ambivalente : d'une part, il ne peut que faire siennes les convictions de Mino ; d'autre part, il ne peut que rejeter la manière dont le jeune homme va œuvrer pour lutter contre les multinationales, à savoir le terrorisme.

Mino organise la résistance avec ceux qui deviennent ses compagnons d'infortune : Hildebranda, Justina et Orlando.

  "Orlando fixa l'herbe, comme plongé dans une profonde réflexion. Mino leva les yeux vers la cime des arbres. Il avait envie d'aller se baigner dans la mer. De plonger à la recherche de coquillages. Ça lui manquait tellement. Ici, la mer prenait la forme de grandes déferlantes qui venaient mourir sur d'infinies plages de sable stériles. Pas une mer pour la baignade. Pas une mer pour faire la planche. Et pourtant, cet endroit, cette ville, était peut-être le lieu le plus paisible dans toute l'Amérique latine." [p. 209]

  "Mino pouvait être fier de lui. Il avait appris tant de choses qu’il avait l’impression de comprendre le monde, de le maîtriser. Et il avait enfin un but : tuer. Tuer d’une manière cynique et calculée. Il avait compris qu’il n’y aurait plus de grandes guerres mondiales comme par le passé. Mais une autre guerre était en marche : le terrorisme systématique contre ceux qui avaient le pouvoir de détruire, d’empester et d’oppresser, contre ceux qui n’avaient pas compris l’importance des déplacements des fourmis, la communication sensible des feuilles, la perception exceptionnelle des animaux et la nécessité des concepts environnementaux. Il avait appris qu’il y avait des écosystèmes, des chaînes d’événements assemblées et forgées au cours d’un long processus ayant duré des millions d’années. Et que ces chaînes avaient été brutalement rompues par une course aveugle aux profits à court terme. Il n’y avait pas de grâce à accorder. Il ne pouvait pas y avoir de grâce. » [p. 265]

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un livre qui, malgré quelques longueurs, incite à la réflexion...

Traduction : Hélène Hervieu et Magny Telnes-Tan. 

20:39 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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