14/06/2014

Praërie, 1 : Le monde des Sinks, Jean-Luc Marcastel

Présentation. En 1994, un centre de recherche et un village entier disparaissent mystérieusement dans une petite vallée du sud de la France, sans laisser de traces…

Vingt ans plus tard, le lieutenant Vincent Marty est envoyé sur les lieux dans le plus grand secret. Objectif : récupérer les travaux de ce laboratoire perdu… des travaux portant sur la miniaturisation. Plus facile à dire qu’à faire, quand on vous réduit à la taille d’une fourmi et que vous disposez de seize heures pour vous frayer un chemin dans la plus impitoyable des jungles, hantée par des créatures cauchemardesques plus terrifiantes, voraces, rapides et meurtrières les unes que les autres… les insectes.

Là, au milieu d’un peuple d’humains microscopiques, Vincent découvrira un univers plus incroyable encore qu’un monde de fantasy. Une société violente, impitoyable, calquée sur le modèle du règne animal et des êtres déracinés qui trouveront avec lui le chemin de leur humanité.

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Mon avis. Découvrir un roman de Jean-Luc Marcastel, c'est entrer dans un autre univers, dévoilé grâce à une langue savoureuse et colorée qui dessine habilement, devant les yeux du lecteur, décors et personnages d'une intrigue aux multiples rebondissements.

S'il m'a fallu un peu de temps - celui de la "miniaturisation" probablement -, avant de plonger (!) pleinement dans l'histoire, une fois arrivée dans les herbes colossales en compagnie de Vincent, je me suis agrippée à lui afin d'affronter brillepinces, coursedents et autres grouillecroches et rougevolmorts. Autrement dit des carapattes...

Vincent a accepté une mission oh combien singulière : celle de se laisser rapetisser jusqu'à mesurer un demi-centimètre de haut afin de retrouver les travaux d'un laboratoire (presque) "vaporisé" vingt ans auparavant. Presque. Le jeune homme a alors perdu sa famille et celle qu'il aimait de tout son cœur de petit garçon.

Le "souci", c'est qu'il ne dispose que de quelques heures pour accomplir cette tâche particulièrement risquée, sous peine de réintégrer son univers "normal" sous la forme d'un hachis sans parmentier.

Il a à peine le "temps" (une notion devenue "absolument" différente) d'atterrir qu'il prend la mesure (!) de ce qui l'attend : ce ne sera pas une mince affaire. Il est d'ailleurs d'emblée confronté au carabe doré ou brillepinces comme le nomment - il l'apprendra bientôt - les Sinks, petit peuple dont il va faire la connaissance.

C'est ainsi que commence l'aventure de Vincent qui va devoir lutter de toutes ses (pauvres) forces pour sa vie, face à des insectes désormais gigantesques à son échelle, tout en essayant de mener à bien sa mission, sachant que les heures sont comptées.

Lors de son arrivée mouvementée, il fait la connaissance des Sinks, humains aussi minuscules que lui, qui tentent de survivre le plus longtemps possible dans cette jungle démesurée où les prédateurs d'un jour deviennent les proies du lendemain et inversement.

Indépendamment du (touchant) personnage de Vincent, j'ai apprécié découvrir cette micro-société organisée de la manière la plus optimale possible afin d'en assurer la pérennité, chacun - traqueviandes, langdieux, douventres - devant y jouer un rôle bien précis. Pour le bien de la communauté.

 

  "Il eut juste le temps de deviner les terribles mâchoires claquant en direction du Sink immobilisé qui rampait désespérément pour se mettre hors de portée, parant tant bien que mal les coups de lames de corne, avant de lever son arme.

   Bandant tous ses muscles, il la plongea aussitôt au défaut de l'armure, à la jonction du cou.

   La grande mandibule, maniée avec toute la vigueur et la rage du jeune chasseur, pénétra dans le corps du brillepinces sans aucune résistance.

   Appuyant de tout son poids, alors que l'insecte ruait follement pour le faire lâcher prise, Lo'Hiss imprima au tranchant de son arme un mouvement pendulaire, cisaillant à droite, puis à gauche, se retenant des jambes au bord de la carapace prise de furie, jusqu'à ce que les mouvements de la bête se fassent de plus en plus désordonnés, jusqu'à ce que le crâne cuirassé finisse par pendre, seulement rattaché au reste du corps par un dernier filament de chair distendue.

   Quand la lourde tête du brillepinces se détacha et s'abattit au sol, ses longues mandibules claquant encore dans le vide, Lo'Hiss, ruisselant du liquide vital de son adversaire vaincu, s'immobilisa enfin." [p. 59 - 60]

 

J'ai parfois trouvé un peu longues les descriptions des combats entre insectes et mini-humains mais j'ai toujours eu envie de découvrir la suite, surtout à partir du moment où les choses s'enveniment pour les principaux protagonistes...

Les annexes, illustrées par l'auteur, ouvrent encore davantage les portes de ce monde.

Merci à Livraddict pour ce partenariat ; je lirai très volontiers la suite. 

21:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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