21/03/2014

Le cimetière des hirondelles, Mallock

Présentation. Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué... C'est l'unique réponse qu'obtient le commissaire Mallock lorsqu'il interroge Manuel Gemoni, homme honnête et sans histoire, parti un matin à l'autre bout du monde pour assassiner un vieillard qu'il ne connaissait même pas.

Que s'est-il passé dans la tête ou dans la vie de ce jeune papa, professeur d'université, étranger à toute forme de violence ? À quoi bon, pour Amédée Mallock, persister à mener cette enquête alors même que l'on sait avec certitude que Manuel est coupable ? Et comment parvenir à l'impossible : l'innocenter ?

Aux confins du possible, entre l'humidité hostile d'une jungle tropicale et un Paris englouti sous la neige, on retrouve dans Le Cimetière des hirondelles Amédée Mallock, commissaire visionnaire qui, bien que misanthrope, n'a jamais cessé de lutter contre l'iniquité foudroyante du monde...

cimetière-hirondelles.jpg

Mon avis. Voici un bon moment que je souhaitais lire Le cimetière des hirondelles ; je me suis lancée dans l'aventure avec (mon ancienne élève et désormais) ma copinaute du blog "Des mots sur des pages" ; son billet est ICI.

Autant le dire d'emblée, cette lecture fut à la hauteur de la couverture et du titre qui avaient attiré mon attention. Cela n'a pourtant pas été gagné tout de suite car il m'a fallu un peu de temps avant de trouver ma vitesse de croisière : les pages consacrées au voyage du commissaire Mallock à Saint-Domingue déroulaient lentement - mais sûrement - le propos.

Mallock se retrouve sur le territoire dominicain afin de venir en aide à Manuel Gemoni, le frère de Julie, membre de sa fine équipe. Ou plus exactement essayer de lui venir en aide car la tâche s'avère ardue, pour ne pas dire impossible.

Une mouche semble en effet avoir piqué le jeune homme (une "zin" comme on dit chez nous) qui, du jour au lendemain, sans avoir prévenu quiconque, pas même sa femme, a pris l'avion pour Saint-Domingue et s'en est allé assassiner un vieillard qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam. Et préciser à ceux qui l'interrogent sur cet acte "Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué" a de quoi en déconcerter plus d'un, Mallock y compris.

Il est d'abord nécessaire de composer avec les autorités dominicaines pour rapatrier le prévenu en France. L'enquête commence vaille que vaille car il faut brosser les autochtones dans le sens du poil sous peine de tout faire capoter. Encore que la cause semble bel et bien entendue.

De retour à Paris, c'est avec l'arrivée dans le récit de Maître Long et ses méthodes d'hypnose que les choses prennent un tour particulier ; je ne dirais pas inattendu car le terrain avait déjà été quelque peu "défriché". Mais c'est à ce moment-là qu'il m'est réellement devenu difficile d'interrompre ma lecture et j'ai accompagné les membres du "Fort", au côté de Mallock [Pour l'anecdote, impossible de ne pas associer le visage de l'auteur à celui du commissaire (ou l'inverse ?) - que je n'ai jamais rencontré jusqu'à présent, mais le Net existe -].

 

  "Le lendemain, c'est un Mallock tout énervé qui se réveilla à 4 heures du matin. Il s'installa devant son écran avec un double crème et un corona, double aussi. [...]

   Il n'aimait ni les superstitions, ni les religions. Croire, ce n'était pas son truc, ni au Seigneur, ni à l'Homme, ni enfin à toutes les grimaces prosternées qu'on fait pour oublier le temps, la pourriture et les limaces. S'il avait cependant fini par adopter et chérir les valeurs chrétiennes, il n'en avait retenu ni diacres, ni Dieu.

   Quoi qu'il ait pu traverser comme épreuves, Amédée avait décidé que son désespoir n'aurait pas d'Église.

    À 8 heures, Mallock lâcha finalement sa souris, pas encore converti, mais agacé." [p. 218]

 

Cet homme malmené par l'existence, misanthrope à ses heures (pas perdues), volontiers bourru, l'esprit toujours en éveil, mène une enquête qui le conduira sur des sentes peu banales, au grand plaisir - parfois très douloureux, malgré tout - du lecteur. J'ai ainsi beaucoup apprécié la manière dont évoluent les recherches, tout comme les explications avancées, à tout le moins peu conventionnelles.

Je fus aussi ravie d'avoir été interpellée par un indice qui m'avait sauté aux yeux au début mais que "j'avais dû" laisser de côté puisqu'il ne semblait pas avoir d'importance pour les policiers.

Et puis l'épilogue... ah... l'épilogue...

Vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire ;-)

17:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

j'ai beaucoup apprécié aussi et je cours updater mon article pour mettre le lien du tien!
cette lc fut un plaisir :)

Écrit par : sophie | 21/03/2014

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Je ne connais pas du tout cet auteur/ ce commissaire ..... mais ton billet me donne envie de le rencontrer ....:-)

Écrit par : Jacqueline | 21/03/2014

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Bonne lecture, Jacqueline :-)

Écrit par : paikanne | 21/03/2014

Oh! trop tard pour mon challenge...
Bon dimanche.

Écrit par : Philippe D | 22/03/2014

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