10/03/2014

Le quatrième mur, Sorj Chalandon

Présentation. "L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé.

Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne..."

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Mon avis. C'est le billet d'Argali qui a d'abord attiré mon attention sur ce livre avant qu'il ne reçoive, peu de temps après, le prix Goncourt des Lycéens. Une amie me l'a prêté et j'ai profité de ce congé de Carnaval pour le lire.

Ce fut une belle découverte que ce Quatrième mur, celui qui s'élève au théâtre entre la scène et les spectateurs, celui qui protège en quelque sorte. Quoique.

Le récit commence par une scène de violence à Tripoli dans laquelle Georges, le narrateur, est pris au piège, avec des compagnons d'infortune, par un char syrien. Il se poursuit avec une longue évocation de l'homme, avant que les circonstances ne l'amènent à accepter de monter la pièce d'Anouilh à Beyrouth.

Le lecteur découvre un homme qui s'est battu (au sens propre et au figuré) pour défendre ses idées, un militant d'extrême gauche, ardent défenseur de la cause palestinienne. Il fait la rencontre, déterminante dans sa vie, de Samuel, un Grec, juif, qui a eu (douloureuse) maille à partir avec le régime des colonels. Samuel devient son frère et l'entraîne dans son rêve de mettre en scène l'Antigone d'Anouilh dans un Beyrouth en guerre, avec des comédiens appartenant à chacun des clans.

Les obstacles sont nombreux et (presque) insurmontables mais ne dit-on pas qu'il faut croire en ses rêves ? Rêve de trêve. Trouée de ciel bleu au milieu du conflit. Au risque de. 

Histoire dans l'Histoire sous l'ombre d'Antigone, "la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien." [Antigone, Anouilh]

 

  " - J'ai eu cent fois cette conversation avec Samuel. Le Liban crève de tout. On doit se battre pour obtenir des cahiers d'école, pour l'électricité, l'eau, le pain, pour reboucher les routes défoncées. Vous, vous arrivez de France avec une pièce de théâtre et toutes les portes s'ouvrent. Vous n'avez qu'à claquer les doigts pour être reçus dans les ministères." [p. 124]

 

La couverture me permet de participer au challenge "Haut en couleurs" avec le JAUNE.

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16:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Un roman que je "devrais" lire ...... mais je ne suis pas tentée pour le moment .....:-)

Écrit par : Jacqueline | 10/03/2014

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Je suis contente que tu aies apprécié toi aussi.

Écrit par : argali | 11/03/2014

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