14/02/2014

Relents nauséabonds

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Une réflexion en regard de l'actualité qui touche l'enseignement au sens large : la censure que l'on croyait (naïvement ?) derrière nous ressurgit en matière de littérature jeunesse.

Ce qui a attiré mon attention, c'est l'évocation sur plusieurs blogs des commentaires pitoyables relatifs au récit d'Anne Percin et Thomas Gornet, Le jour du slip, je porte la culotte, que ce soit sur la page FB de l'auteure ou sur un site marchand connu. Ma réaction a été, à ma "petite échelle", de m'inscrire à une lecture commune du récit proposée par Stephie afin de (tenter de) découvrir ce qui peut heurter à ce point.

Et puis, Jean-François Copé s'en mêle (serait-il question dans son chef de "surfer sur une certaine vague" ?) : c'est ainsi qu'il montre du doigt un album intitulé Tous à poil ! de Claire Franek et Marc Daniau, présenté comme "recommandé aux enseignants pour faire la classe aux enfants de primaire" alors qu'il n'en est rien. [Le "positif" ? Il en a "boosté" les ventes]

"Les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs qui font la littérature de jeunesse, les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, médiateurs qui la transmettent sont des professionnels attentifs, compétents et sérieux.

Certes, il peut et il y a matière à discussion, dès lors que l'on s'attache à ouvrir le débat autrement que par des polémiques politiciennes et stériles.

Le Salon du livre et de la presse jeunesse va fêter ses trente ans cette année et l'on s'honorera de mettre en valeur tous les grands livres qui, comme les cours de récréation, bruissent d'impertinence." [Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis sur Le Monde.fr, du 10/02/14]

 

Ceci après les manifestations virulentes contre le mariage pour tous, ça fait beaucoup.

 

Mais où va-t-on ? Comment oser imaginer que ce genre de comportement puisse se (re)produire ? C'est à proprement parler terrifiant.

J'espère vraiment, égoïstement, que la "Communauté Wallonie-Bruxelles" (en charge de l'enseignement francophone) n'aura pas l'idée, absurde et malheureuse, de "prendre exemple" sur cette frange réactionnaire française - que je croyais infi(r)me mais ??? -.

 

En tant qu'enseignants, nous devons être vigilants ; il est essentiel d'ouvrir l'esprit des élèves, élargir leurs horizons, et non les enfermer dans un carcan de plus en plus étroit. J'ai toujours eu l'impression que nous étions assez libres en Belgique à l'intérieur des programmes (malgré tout) imposés et franchement, j'espère vraiment que cela ne va pas changer.

 

Moi qui suis ravie de pouvoir bientôt proposer à mes élèves la lecture de Frangine de Marion Brunet dans le cadre d'un travail de fin d'année scolaire, je vais me dépêcher au cas où...

 

... On est tous l'autre de quelqu'un...

 

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19:34 Écrit par paikanne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Un billet dont je partage l'esprit .... même si je n'ai pas lu les deux livres incriminés .... peu importe d'ailleurs .....

Écrit par : Jacqueline | 15/02/2014

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Je partage ton coup de g...
Je ne connais pas le roman d'Anne Percin, mais généralement j'aime ce qu'elle écrit. J'ai par contre feuilleté "Tous à poil" et le trouve mal fait et vulgaire. Je n'aime pas du tout.
De là à crier au scandale, non. Mais il y a des livres sur le même sujet, bien mieux faits.
Cependant, tout comme toi, je regrette ce repli sur soi et ce retour à la censure. Serait-ce le retour du balancier après avoir trop permis ? L'Histoire alterne période liberticide et de grande liberté.
Maintenant, sans que cela ne fasse la une, je dirai que cela s'amorce depuis un moment déjà. Mes élèves de ces cinq-six dernières années sont bien plus sectaires et intolérants que ceux d'il y a dix ou quinze ans. Et en même temps, je vois revenir des valeurs comme le couple, la fidélité, le respect de l'autre qui semblaient s'être évaporées dans les brumes du plaisir avant tout.
A nous d'être ouverts, attentifs, à l'écoute et encadrants.
Biz

Écrit par : argali | 15/02/2014

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