27/12/2013

La dernière guerre, 2 : 2nde vie, Fabrice Colin

Présentation. Je m’appelle Rain, j’ai quinze ans. Je vis dans un monde ravagé par la guerre, où plus aucune femme ne peut avoir d’enfant. Un monde à feu et à sang que je dois traverser, car j’ai juré de retrouver Floryan. Pour s’échapper de l’Intermonde, il a fait le choix de la réincarnation en plongeant dans le Nihil. Mais au lieu d’un seul garçon, j’en découvre deux, Anthony et Eliott. Lequel est Floryan ? Je l’ignore. Nous devons cependant faire vite, car l’horreur qui ronge la Terre porte un nom : les "Élohim". Or désormais, nous le savons, ces êtres sans émotions sont parmi nous… et notre désespoir est leur nourriture.

2nde-vie.jpg

Mon avis. J'ai beaucoup apprécié le premier opus et celui-ci tout autant, voire peut-être davantage encore ; Rain devient le centre du récit qui se déroule cette fois sur Terre, monde ravagé par une nature destructrice et la folie meurtrière des hommes. L'Intermonde y est ici présent d'une manière différente par rapport à 49 jours.

Le texte s'ouvre sur le personnage de Rain, bien décidée à se rendre à tout prix au rendez-vous fixé antérieurement par Floryan ; une tâche extrêmement difficile puisque la France est désormais sous la domination des Russes et tout manque dans le pays : nourriture, produits de première nécessité, carburant. Liberté aussi. Le périple s'annonce donc pour le moins hasardeux. Périlleux. Dangereux. En surimpression, des images cinématographiques à la Mad Max, avec çà et là, des espèces de Men in Black.

La jeune fille est amenée à rencontrer deux personnages essentiels : d'abord Anthony, ensuite Eliott ; elle pressent que l'un des deux peut être Floryan. Le premier, je m'en suis méfiée d'emblée, contrairement au second que j'ai très vite apprécié. Á tort ou à raison ? Cela, je ne vais évidemment pas le dévoiler...

S'ensuit une épopée qui conduit les trois protagonistes, désireux de "faire la lumière" (!) sur l'énigme des "Élohim", sur le continent américain ; mais ils ne sont pas seuls et une course-poursuite s'engage, dans une atmosphère sombre, pesante, dramatique.

Comme toujours, j'ai aimé l'écriture de l'auteur, des mots teintés de poésie pour dépeindre un monde qui a perdu (définitivement ?) la sienne.

  "Je gagne la route, rejoins la chapelle. C'est une petite église de montagne à façade blanche et dorée, flanquée d'un clocher carré terminé par un bulbe. Au-dessus de la porte, au creux d'une niche, une Vierge tient un Enfant dans ses bras. La porte est ouverte. Je souffle de petits nuages d'haleine glacée. L'odeur de cuir et de vieille pierre m'évoque des souvenirs. Des bancs cirés, des piliers blancs dont la froideur contraste avec le baroque de l'autel et de ses retables. La dernière fois que je suis entrée dans une église, si l'on excepte la chapelle des Sœurs, c'était à la Madeleine, pour l'enterrement de ma mère. Il y avait tellement de monde, ce jour-là. Et je n'ai vu tellement personne." [p. 30]

  "Un torrent s'ébroue, non loin de la chapelle, un vrai petit torrent de montagne criblé de paille, charriant des trésors de cailloux. J'ignore son nom et je m'en moque, mais, toute la matinée, assise sur une pierre plate, je reste à le regarder bondir, fou de liberté, comme si la Grande Horloge s'était arrêtée.

  À midi, un car arrive dans la vallée, et je vois Pierre sortir de l'auberge au pas de course. Le car est gris, ses flancs, poussiéreux, il a fait un long voyage. Des gens descendent. Une grand-mère chauve, qu'il faut tenir par le bras. Une famille entière, des Asiatiques. Un père sombre, son fils ensommeillé. Un jeune garçon avec des béquilles et un regard qui vous dévore. Je me rapproche du père Josserand." [p. 33]

Un petit bémol cependant : j'ai trouvé la fin un peu trop rapide ; elle aurait gagné, me semble-t-il, à être plus amplement développée.

Á noter que la superbe couverture est à nouveau l'œuvre de Marc Simonetti.

20:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Écrire un commentaire