09/12/2013

L'ombre d'Auriel, Marie-Claire George

Présentation. Félicie Chouvet, paysanne de Solignac sur Loire, perd son mari, Auriel, mutilé pendant la guerre et élève seule ses trois enfants. Au fil des jours, elle doit surmonter sa peine et les difficultés du quotidien, lutter contre l’attirance qu’elle éprouve pour le curé du village, soutenir son fils mal marié dont la femme apportera à la famille les pires ennuis. Elle croit retrouver la sécurité en se remariant avec un étranger, mais Auriel est-il mort ou est-ce un autre homme qui est enterré sous son nom au cimetière ?

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Mon avis. Voici un récit d'une auteure montoise, découvert lorsqu'une (gentille) collègue retraitée a proposé de me le prêter dans le cadre du projet mené en classe sur la première guerre mondiale (merci Nicole).

Aussitôt commencé, aussitôt terminé (mais je suis - très - en retard dans mes chronique, examens obligent). Je ne l'ai finalement pas proposé en 5e car la Grande Guerre n'y apparaît qu'au début du roman, mais bien en 4e sur une liste de livres ayant trait, d'une manière ou d'une autre, à l'Histoire.

Et pour l'anecdote, c'est en faisant des recherches dans le but de me procurer mon propre exemplaire que je me suis rendu compte que Marie-Claire George serait présente à Mon's Livres ; j'ai pu m'y rendre, l'acheter et me le faire dédicacer.

Le livre commence avec l'évocation d'Auriel (quel beau prénom), parti au front ; nous sommes en 1916 et c'est sa femme, Félicie, paysanne de Solignac sur Loire, qui prend sa plume pour envoyer quelques (tendres) mots à celui qui imprègne sa vie, alors qu'il s'en est allé au loin, peut-être même est-il déjà blessé, voire pire...

Le temps s'écoule et le lecteur découvre, à travers les évocations de personnages toujours liés, d'une manière ou d'une autre à Félicie, ce que sera le destin de celle qui demeure présente au côté des siens, dans les moments heureux comme dans l'adversité, au rythme des saisons. Même quand elle devient le dindon de la (triste) farce de certain(e)s.

Le récit couvre vingt-quatre années de la vie de cette femme, admirable et admirée, bienveillante en sa simplicité, attentive, toujours.

  "Un de ces jours, il va me parler, je le sens bien. Il voudra une réponse : à nos âges, on ne s'amuse plus. Avec lui, ce ne sera pas le feu qu'Auriel avait allumé en moi et qui couve encore. Mais j'ai plus de quarante ans, et j'aime ses intonations qui chantent, son œil bleu de plein été, ses grandes mains solides et même ses longues foulées claudicantes. J'aime quand il fait rire Alcée et qu'il me dit que la soupe est bonne, ou qu'il s'assied près de la fenêtre, comme autrefois Auriel, pour deviner le temps à la couleur du ciel. Est-ce que c'est cela, être heureux ? Mais quelle femme suis-je donc, moi qui rêve de notre ancien curé et d'un homme blond qui n'est pas d'ici alors qu'Auriel est toujours dans mon cœur ?" [p. 80]

Si survient l'envie (bienvenue) de passer un bon moment de lecture, vous pouvez vous procurer ce roman auprès de l'auteure.

11:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

Commentaires

Ton billet m'a donné envie ..... je viens de contacter l'auteure .... :-)

Écrit par : Jacqueline | 09/12/2013

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Oh, j'en suis ravie :-)

Écrit par : paikanne | 09/12/2013

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As-tu lu les nouvelles de Marie-Claire? Si non, je peux te les prêter...

Écrit par : Philibert | 09/12/2013

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J'ai aussi acheté son dernier recueil ;-)

Écrit par : paikanne | 09/12/2013

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J'ai beaucoup aimé .... l'écriture, l'histoire, le choix narratif ..... :-)

Écrit par : Jacqueline | 16/12/2013

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J'en suis ravie, Jacqueline :-)

Écrit par : paikanne | 17/12/2013

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J'ai enfin lu ce roman (deux ans qu'il dormait dans ma bibliothèque). Je l'ai beaucoup aimé.
Félicie est une femme forte, comme il en existait sans doute beaucoup au début du XXè siècle. J'ai passé de très bons moments en sa compagnie !
Bonne semaine.

Écrit par : Philippe D | 25/09/2017

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