01/09/2013

Quand nous serons frère et sœur, Sophie Adriansen

Présentation. "II n'était tout simplement pas comme elle.
Il ne serait jamais son frère, c'était aussi simple que cela.
On ne pouvait se décréter frère et sœur par volonté commune ou désir profond, ni même décision unilatérale, et encore moins parce qu'on avait reçu un bout de papier l'affirmant."

Louisa, la trentaine dynamique et urbaine, n'a jamais connu son père. Par une chaude journée d'avril, elle apprend la mort de celui-ci et découvre dans la foulée qu'il lui a laissé un conséquent héritage. Mais cet argent inespéré est soumis à une condition : elle doit cohabiter un mois avec un frère dont elle ignorait jusqu'à l'existence. Ne se doutant pas qu'elle prend un aller simple pour le début du reste de sa vie, Louisa fait sa valise et débarque à Lougeac, village du centre de la France où elle n'est pas la bienvenue et où les rumeurs vont bon train. [...]

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Mon avis. Il est des livres qui nous appellent et qui ne tiennent pas leurs promesses ; il en est d’autres qui nous appellent et dépassent nos espérances. Celui-ci entre pour moi dans la deuxième catégorie…

Notre rencontre s’est déroulée autour du mot "sœur" : n’ayant pas de titre dans ma PAL contenant ce mot – dans le cadre du challenge "Un mot, des titres…" –, j’ai entrepris une recherche et ce roman m’a (presque) sauté aux yeux ; en fait, c’est un billet sur L'Ivre de Lire qui m’a décidée. 

Le récit raconte l’aventure de Louisa, une jeune femme désormais sans famille puisque sa maman, qui avait quitté l’Afrique pour suivre celui qui deviendra le père de sa fille, est décédée deux ans auparavant. La jeune femme ne se souvient pas de son père qui a abandonné mère et fille alors que cette dernière n’avait que deux ans.

Dans les premières pages, Louisa reçoit un courrier lui annonçant que, suite au décès de son père, elle touchera un héritage – loin d’être une bagatelle -, si et seulement si elle vit un mois aux côtés d’un "frère" ainsi tombé du ciel… La voici donc soudainement pourvue d’un père décédé et d’un "frère" dont elle n’a jamais entendu parler.

Matthias - le frère - ne voulant en aucun cas venir à Paris, elle décide d’aller le rencontrer, et passer à ses côtés trente longs jours – si elle y arrive – dans un village de la France profonde où elle découvre, avec un désarroi intense, qu’il n’y a pas de réseau dans ce coin reculé et qu’un pot de chambre trône au beau milieu de la pièce où elle dormira. Quant à Matthias lui-même, on peut dire qu’il est pour le moins réservé (traduction : un ours). S'apprivoiser ne sera pas chose aisée.

Ce livre aborde, l’air de (presque) rien, des thèmes susceptibles de toucher le lecteur, d'une manière ou d'une autre : la/l'in-différence, l'anonymat en milieu urbain, la quête d'une identité, les (non-)liens familiaux, les valeurs essentielles, les détails infimes qui colorent l'existence, à condition de les percevoir...

  "À Lougeac, la vie était si simple qu'elle en était reposante, même pour les êtres de passage." [p. 111]

   "Avec qui parlerait-elle de rien ? Avec qui écouterait-elle le silence ? Avec qui échangerait-elle soupirs et regards muets ?" [p. 180]


La jeune femme entamera dès lors une réflexion sur elle-même, à l'un de ces carrefours qui mènent à diverses directions, encore faut-il être capable de choisir celle qui deviendra "la bonne"...

J'ai été émerveillée par ce texte tendre, subtil, savoureux ; celui de "ma rentrée littéraire" en quelque sorte.

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10:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Voilà un roman bien attirant ... :-)

Écrit par : Jacqueline | 03/09/2013

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Vraiment un coup de coeur...

Écrit par : paikanne | 03/09/2013

Des personnages attachants, un roman humain et profond ..... Un beau moment de lecture ....:-)

Écrit par : Jacqueline | 03/10/2013

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Oh, je suis contente que tu l'aies apprécié :-)

Écrit par : paikanne | 03/10/2013

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