13/08/2013

Juste une Ombre, Karine Giébel

Présentation. Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde. Tu manipules ? Tu deviendras une proie. Tu domines ? Tu deviendras une esclave. Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t'imposer dans ce monde, y trouver ta place.

Et puis un jour... Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré. On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t'observe jusque dans les moments les plus intimes.

Les flics te conseillent d'aller consulter un psychiatre. Tes amis s'écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t'aider. Tu es seule. Et l'ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard... Tu commandes ? Apprends l'obéissance. Tu méprises ? Apprends le respect. Tu veux vivre ? Meurs en silence...

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Mon avis. J’ai eu la chance de recevoir ce livre grâce à un partenariat avec Book en Stock dans le cadre de leur rendez-vous Le mois de…  Je dis la chance car jusqu’à présent, de Karine Giébel, j’avais lu Les morsures de l’ombre, que j’ai beaucoup apprécié, et surtout, surtout, un récit qui m’a profondément bouleversée : Meurtres pour rédemption.

J’ai passé un bon moment de lecture avec cette Ombre, enfin surtout sa proie d’ailleurs, mais j'ai un peu moins aimé ce roman que ceux lus précédemment et cela, pour plusieurs raisons.

D’abord, Cloé, "l'héroïne", est tellement (extérieurement) imbuvable, prétentieuse, irrespectueuse, arrogante, arriviste… qu’il m’a été tout à fait impossible, durant approximativement les deux tiers du récit, d’éprouver de la compassion à son encontre et cela, même si ce qui lui arrive est effroyable et que derrière cette carapace qu’elle s’est forgée, il y a (bien sûr) un drame.

Ensuite, il m’a fallu une bonne centaine de pages avant d’être véritablement "happée" par le récit, tout simplement à cause du comportement de Cloé, mais par la suite, j'avais vraiment envie de savoir : "folie" ou "réalité" ? 

Enfin, certains passages sont écrits dans une langue qui m'a peu plu : des phrases très courtes. Quelques mots qui heurtent. Tranchent. Saccadent. Une manière de s’exprimer qui cadre pourtant tout à fait avec l’action du moment puisqu’il s’agit souvent alors d’épisodes durant lesquels Cloé est malmenée… et elle l’est souvent.

Cela dit, encore une fois, l’intrigue est orchestrée de main de maître(sse) par l’auteure, virtuose dans l’évocation de cette magistrale (double) manipulation.

À côté de la "Peste" centrale du récit gravite Alexandre Gomez, un flic désespéré, lui-même en proie à ses démons, qui va trouver en la personne de la jeune femme l’impulsion nécessaire à "continuer". Peut-être. Encore. Un peu.

J’ai aimé le fait que longtemps, on ne sait pas avec certitude sur quel pied danser (tituber) avec Cloé en raison de sa personnalité complexe.

La fin est terrible, dans tous les sens du terme, et quelques perles sont apparues au coin des yeux lors des deux ultimes pages…

 

Ce roman me permet de participer pour la cinquième fois à la ronde 11 du Cercle de lecture ; il entre également dans le mini-challenge "Giébel or not Giébel".

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14:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Je suis fan de cette auteure dont j'ai lu tous les livres .... Toujours une intrigue menée de main de maître, comme tu l'écris ...

De plus, Karine Giebel a l'art des "fins de romans" ..... qui font "chavirer" le cœur ... Je lis toujours les dernières lignes en disant ou pensant "oh, non !" ....

Écrit par : Jacqueline | 13/08/2013

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Voilà une auteur qui fait froid dans le dos.
J'ai pu lire grâce à Dup&Phooka, Purgatoire des innoncents et je peux dire que ce livre est HARD....
J'espère pouvoir lire un autre titre plus SOFT de cette auteur :)

Écrit par : myrddin | 04/09/2013

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D'après ce que j'ai pu lire sur les blogs, il semble que ce soit le plus dur ; cela dit, je ne sais pas si elle en a écrit des "soft"...

Écrit par : paikanne | 05/09/2013

J'ai beaucoup aimé! C'est vrai que Chloé est particulièrement odieuse au début du livre et son comportement absolument épouvantable. Mais méritait-elle cette fin ?
Bluffée par cette intrigue !

Écrit par : Ge | 06/12/2014

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