08/08/2013

Le Sidh / I : Âmes de verre, Anthelme Hauchecorne

Présentation. Ce livre vous attendait. Il était écrit que vous feriez sa connaissance. Car peut-être êtes-vous, à votre insu, un(e) Éveillé(e).

Auquel cas, vous êtes en grand danger. Les rues de cette ville ne sont pas sûres. Pour vous, moins que pour tout autre.

Car les Streums rôdent, à l’affût d’une âme à briser. Je ne vous mentirai pas : vos options ne sont pas légion. Votre meilleure chance de survie gît selon toute probabilité entre ces pages.

Qui sont les Streums, demanderez-vous ? Pourquoi convoitent-ils les fragments du Requiem du Dehors ? Quel avantage espèrent-ils retirer de cette partition funeste ?

Si vous ignorez les réponses à ces questions, vous vous trouvez alors face à un choix. Pour lequel il est de mon devoir de vous aiguiller.

Souhaitez-vous rejoindre la Vigie, risquer votre vie et sans doute plus encore, dans une lutte désespérée pour déjouer les intrigues du Sidh ?

… Ou bien demeurer parmi le troupeau des Dormeurs, à jamais ?

Pareille aventure ne se présente qu’une fois. Sachez la saisir.

Enki, enquêteur et logicien de la Vigie


ames-de-verre.jpg

Mon avis. Difficile de chroniquer ce roman tant il est dense, riche et déploie les ramifications de l’imaginaire dans des directions variées.

Impossible de tenter de résumer efficacement l'histoire ; je dépose quand même quelques traces de cette trame narrative : les Éveillés sont pourvus d'un don qui leur permet de voir évoluer dans notre monde les Streums, une engeance que le commun des mortels ne peut en aucun cas déceler, venue d'un monde parallèle, et avide d'humains.

Devenir Éveillé est loin d'être une sinécure puisque cela signifie, la plupart du temps, combattre les Streums, souvent au sein d'un groupe appelé la Vigie. Le récit propose d'ailleurs, de temps à autre, des pages rédigées par les premiers piliers de la Vigie à l'usage des nouvelles recrues : le Codex Metropolis.

Parmi ces recrues, le lecteur suit l'itinéraire pour le moins chaotique de Camille, une jeune fille grandie trop vite, qui a perdu toute illusion - si tant est qu'elle en ait jamais eu -, animée par la volonté de faire partie des Chasseurs au sein de la Vigie.

Camille sera amenée à rencontrer Vincent, un professeur qui a perdu son ex-femme et sa fille dans des circonstances étranges sur lesquelles le voile est levé petit à petit au fil (tranchant) des mots. Camille et Vincent se croiseront à plusieurs reprises dans la recherche du "Marchand de Sable", un meurtrier particulièrement insaisissable...

L'action se déroule dans une ville de Lille éminemment glauque, sinistre, aux lugubres relents d'eau croupie et de chairs putréfiées, assaisonnée de légendes (?) urbaines sur "fond musical", à la sauce celtique. Bref, un monde dur, aux antipodes des contes de fées...

L'écriture d'Anthelme Hauchecorne réussit le tour de force d'évoquer de manière extrêmement poétique, humoristique ou cynique, des événements souvent peu "alléchants" (c'est le moins que l'on puisse dire), égratignant au passage la société tout entière ; à cet égard, je n'ai pu m'empêcher de songer à Baudelaire qui souhaitait "extraire la beauté du mal".


  "Camille traverse Euralille, le cœur inerte du quartier d'affaires, mégalithe moderne érigé entre les deux gares ferroviaires de la ville. Un ensemble de buildings dont la silhouette évoque quelque gigantesque navire échoué. Un Goliath pétrifié de béton et de verre, voguant sur une mer figée d'asphalte et de lumière, vaisseau conçu pour fendre les flots sinueux du temps, colosse impassible faisant cap vers l'inconnu." [p. 42]

  "Elle pleure dans son sommeil, comme à chaque fois qu'elle s'abandonne à rêver. Le beaume de la nuit ravive la démangeaison de sa solitude." [p. 206]

  "Des rangées de cafetières égrènent goutte à goutte un brûlot surcaféiné à même de ranimer une momie neurasthénique." [p. 328]

  "Ville dans la ville, caillot multiethnique dans les artères urbaines, symbole de la mixité sociale à la française, qui trop souvent s'apparente à une ségrégation immobilière." [p. 409]


Ce roman me permet d'ajouter un titre à la ronde 11 du Cercle de lecture et la couverture illustre l'idée n° 125 du challenge des 170 idées (quelque chose de jaune).

cercledelecture.jpg

challenge170idees.jpg


 


18:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

Commentaires

Je ne crois pas que ce soit mon genre.
Je pars demain. Je te dis donc "à bientôt".
Bonne continuation.

Écrit par : Philippe D | 08/08/2013

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Beau voyage !

Écrit par : paikanne | 09/08/2013

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Chouette billet, dont j'apprécie tout particulièrement la conclusion : en peu de mots, tu captes idéalement l'essence de cette sombre mais merveilleuse histoire !

Écrit par : Sia | 09/12/2013

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Merci, Sia :-)

Écrit par : paikanne | 09/12/2013

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Bonjour Paikanne, j'ai lu moi aussi Ames de verre pou r le mois de... Quelle claque, je n'avais pas encore eu le loisir de lire un tel livre, j'ai beaucoup aimé sa plume, pleines de contrastes comme tu le dis, j'avoue que le fond m'a dérouté parfois ! Mais c'est une expérience intéressante et enrichissante !

Écrit par : Licorne | 01/05/2014

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Un auteur à suivre :-)

Écrit par : paikanne | 01/05/2014

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