12/07/2013

Juste avant le bonheur, Agnès Ledig

Présentation. Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l'attention d'un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire. Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu.

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Mon avis. Une perle dans un écrin de poésie...

Je savais que je risquais d'être émue (traduction : verser quelques larmes) en lisant ce récit mais j'ai réussi à me contenir (un peu, parce que je lisais "en public"). Dès les première lignes, j'ai voyagé aux côtés de Julie, cette jeune femme que la vie a déjà bien malmenée.

Julie a vingt ans et un petit garçon de trois ans, son rayon de soleil, celui pour qui elle trouve la force de se battre encore et toujours, celui qui donne un sens à son existence.

Son combat est quotidien : caissière dans un supermarché, elle n'a d'autre choix que de garder à tout prix son boulot, même si le patron est une crapule qui profite de la situation parfois désespérée de ses employées pour (tenter de) se voir offrir de "petites faveurs".

Un jour, Julie fait la connaissance de Paul, un quinquagénaire qui vient d'être abandonné par sa deuxième femme ; il découvre les "joies" du célibat forcé... et semble surtout avoir recouvré sa liberté.

Julie se méfie de la gentillesse de cet homme à son égard, elle qui a l'habitude de recevoir en pleine figure les récriminations et la mauvaise humeur des clients qui, cela va de soi, ont toujours raison.

Pourtant la jeune maman se laisse apprivoiser, par petites touches, tout en demeurant prudente : qui sait si Paul n'est pas, lui aussi, avide de "petites faveurs" ?

C'est ainsi qu'elle se retrouve en Bretagne durant ses congés, en compagnie de Lulu, Paul et le fils de ce dernier, Jérôme, qui n'a de toute façon pas eu son mot à dire, mais présentement, c'est surtout son chagrin qu'il doit laisser s'exprimer...

La "coalescence" entre ces êtres est désormais à luvre, ce "rapprochement de personnes sensibles et meurtries dont le contact entraîne une reconstruction solide de chaque élément à travers le tout qu'ils forment" ; une histoire racontée par une plume légère, magique, poétique, une plume qui nuance de couleurs la grisaille du quotidien, à l'image de la couverture, une plume qui fait du bien malgré les tracas, les soucis, les malheurs, les gouffres de l'existence...


  "Parfois, dans la vie, on a le sentiment de croiser des gens du même univers que nous... Des extra-humains, différents des autres, qui vivent sur la même longueur d'onde, ou dans la même illusion." [p. 20]

  "- La vie est légère comme une plume quand le souffle qui la porte est animé d'amour et de tendresse, alors, je veux bien me délester de quelques plumes..." [p. 61]

  "Les sourires se décrispent, les langues se délient, les regards se croisent. Doucement, l'apprivoisement opère. [p. 127]

  "Le silence a cette vertu de laisser parler le regard, miroir de l'âme. On entend mieux les profondeurs quand on se tait." [p. 245]


Si je devais évoquer un léger "bémol" : j'aurais personnellement préféré que le texte "passe sous silence" le tout dernier chapitre...


Un proverbe arabe dit "Ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle..."


La couverture évoque l'idée n° 149 du challenge des 170 idées : quelque chose d'apaisant.

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20:13 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) |

Commentaires

En effet, un livre empli d'émotions. Et moi aussi je l'ai lu en public alors j'ai du faire d'énormes efforts pour me contenir (pas tjs avec succès d'ailleurs!).
Comme toi, j'ai un petit bémol sur la fin ;)
Bisous

Écrit par : Cajou | 12/07/2013

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Une découverte que je te dois ; merci :-)

Écrit par : paikanne | 13/07/2013

J'ai lu ce roman suite au billet enthousiaste de Cajou et ..... j'ai été déçue .... Certes une plume agréable, de jolies formules mais je suis restée assez indifférente tout au long de la lecture .... même aux moments les plus dramatiques .... Peut-être un manque d'empathie avec l'héroïne, peut-être un trop-plein de "guimauve" à mon goût ..... ou alors ..... la soixantaine m'assèche le cœur .... :-)

Écrit par : Jacqueline | 12/07/2013

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J'ai accroché tout de suite au texte et pas de "guimauve" pour moi (sauf le dernier chapitre) ;-)

Écrit par : paikanne | 13/07/2013

je suis bien d'accord avec toi !
pour ma part, je me suis laissée aller à pleurer (seule à la maison !). Bcp d'émotions et impossible de me contenir !

Écrit par : stephanie plaisirdelire | 13/07/2013

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;-)

Écrit par : paikanne | 17/07/2013

Celui-là, il faudra que je le lise.

Écrit par : Philippe D | 15/07/2013

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Une jolie lecture émouvante. C'est vrai qu'on a facilement la larme à l'oeil au cours de la lecture.

Écrit par : Frankie | 30/01/2014

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