11/07/2013

La maison au citronnier, Sandy Tolan

Présentation. Israël, 1967. Dans la ville d'al-Ramla, un jeune Palestinien, Bashir Khairi, frappe à la porte d'une vieille bâtisse de pierre flanquée d'un citronnier. C'est la maison dans laquelle il a grandi ; il est revenu voir le cadre de son enfance, dix-neuf ans après que sa famille a fui précipitamment, au moment de la première guerre israélo-arabe.

Bashir est accueilli par Dalia Eshkenazi, une jeune Israélienne ; la famille de la jeune femme vit dans l'ancienne demeure des Khairi depuis qu'elle a quitté la Bulgarie pour Israël en 1948. Sur le seuil de leur maison commune, Dalia et Bashir nouent malgré tout ce qui les sépare une amitié profonde, qui survivra à quatre décennies du conflit le plus âpre au monde.

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Mon avis. Quel immense travail de documentation à la base de ce récit ! Un travail relaté par l'auteur à la suite de l'h(H)istoire elle-même, animé par un souci du détail et la volonté de ne rien inventer ni travestir de quelque manière que ce soit.

Ce récit est la confrontation de deux "mondes" en apparence irréconciliables ; "entre" les deux, une maison, cette maison au citronnier dont les odeurs assaillent régulièrement le lecteur au fil du texte.

Bashir a grandi dans l'idée du retour à al-Ramla, dans la maison construite pierre après pierre par sa famille ; tous en ont été chassés par les Israéliens, jamais il n'a été question d'un départ sans volonté de retour.

Dalia y vit avec ses parents et s'ils savourent cette vie sur la "Terre Promise", la jeune femme ne peut s'empêcher de se demander furtivement de temps à autre comment il est possible, comme on le lui a raconté, qu'une famille ait pu quitter, en quelques minutes, cet endroit enchanteur.

Alors lorsque Bashir revient, près de vingt ans plus tard, sur les lieux de son enfance, Dalia lui ouvre la porte, au propre comme au figuré, car elle pressent que peut-être, échange il peut y avoir.

Le récit déroule le fil des événements qui ont façonné, pétri et meurtri ces deux familles, l'une palestinienne, chassée des terres lui appartenant, l'autre juive, ayant échappé à la Shoah, et derrière elles, le destin tragique des deux peuples est évoqué sans que parti ne soit pris.

La lecture est parfois ardue lorsque l'Histoire est (considérablement) détaillée derrière les protagonistes de cette dure réalité mais toujours, le lecteur accompagne Bashir et Delia dans leurs quêtes.

Ce récit fait oeuvre de mémoire et même si chacun est dans "son droit" et se doit d'être compris et respecté, il est bien difficile d'imaginer qu'un jour viendra la Réconciliation, en raison de la souffrance perpétrée par les uns à l'égard des autres, dans une spirale infernale. J'espère me tromper...

Un livre à découvrir par celui qui est désireux d'en apprendre (beaucoup) plus sur le conflit israélo-palestinien.

Traduction : Christophe Magny.

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.


Ce livre me permet de participer à la Ronde 11 du Cercle de lecture (gros livres) et la couverture illustre l'idée 155 du challenge des 170 idées (un citron).

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09:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Un livre sans nul doute intéressant mais ma PAL est suffisamment haute et je dois dire que je croyais la faire baisser un peu plus pendant ces vacances. Trop de travail au jardin.

Écrit par : Philippe D | 11/07/2013

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