28/06/2013

La vengeance de Baudelaire, Bob Van Laerhoven

Présentation. Paris, septembre 1870, la guerre fait rage. Les premiers obus tombent sur la ville assiégée. Les ouvriers meurent de faim tandis que l’aristocratie se réfugie dans l’orgie et le spiritisme. C’est dans cette atmosphère chaotique que Paul Lefèvre, énigmatique commissaire assidu des maisons closes parisiennes, et son ami, l’inspecteur Bernard Bouveroux, homme curieux et cultivé, auront à résoudre une série de crimes hors du commun. Toutes les victimes portent un message, sous forme de vers extraits du très controversé recueil Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, mort trois ans auparavant. À mesure que l’enquête progresse sur un chemin encombré de subterfuges et de mensonges, les masques se craquèlent puis tombent, jusqu’à révéler un obscur secret au sein même de la famille Baudelaire.

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Mon avis. Si vous avez envie de lire un roman à l’atmosphère étrange et ténébreuse, tout en récoltant, l’air de rien, un maximum d’informations pertinentes sur une époque trouble, celui-ci est fait pour vous, sans nul doute.

On aurait presque envie de croire que l’auteur des Fleurs du mal, titre en l’occurrence tout à fait de circonstance, s’est fait expressément tirer le (souriant) portrait afin d’en illustrer la couverture.

Cette lecture m’a permis de découvrir un compatriote que je ne connaissais pas. Et quelle plume ! [Oui, oui, j’ai bien vu que c’est une traduction, alors je féliciterai et l’auteur, et sa traductrice.]

C’est dans un Paris en proie à la guerre franco-prussienne que se déroulent des crimes particulièrement horribles, un Paris à l’image de ces meurtres, un Paris où le "petit peuple" en est réduit à se nourrir de rats, voire de chair humaine, tandis que les nantis se vautrent dans la concupiscence. Un homme imprègne les pages de cette intrigue aux relents satanistes : Charles Baudelaire, aussi peu sympathique (!) que l’image que l’on peut (éventuellement) avoir de l’écrivain.

Les deux enquêteurs participent également, chacun à sa manière, de cette ambiance délétère et c’est celle-ci qui m’a semblé primer, la chasse à l’assassin s’insérant dans ce cadre déliquescent.

J'ai moins apprécié la perte, "en cours de route", d’un des protagonistes sans que quiconque semble sans soucier ; j’aurais aussi préféré que la fin liée à l’assassin prenne davantage d’ampleur : une touche grandguignolesque aurait cadré avec l’ensemble, me semble-t-il.

Pour conclure : une belle gueule d’atmosphère !

Traduction : Marie Hooghe.


Ce titre entre dans le challenge "littérature belge".

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19:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Les auteurs de polars doivent se lire entre eux, non pour se plagier mais pour s'inspirer et celui-ci m'inspire !

Écrit par : Jeanmi | 28/06/2013

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