27/03/2013

J'ai pas choisi, Fanny Abadie

Présentation.

Faustine aime les mots, par-dessus tout.

En écrire aussi.

Faustine aime Johan, plus que tout.

En secret.

Et puis Faustine rencontre une drôle de fille,

Niilam, qui lui propose un drôle de pacte.

L'amour de Johan contre les mots de Faustine.

Un choix à hauts risques.


J-ai-pas-choisi.jpg

Mon avis. Une couverture pour le moins originale (il faut avoir le livre en main pour discerner les parties brillantes et celles, mates, qui figurent les écrits jaillis du plus profond de l'adolescente).

Voici un texte très beau, tout en poésie, en mots tantôt chantant, tantôt "slamant", à l’image de la partition musicale qui imprègne le récit, d’un bout à l’autre.

J’ai apprécié la quatrième de couverture qui dévoile peu alors que les informations présentes sur le Net en disent souvent, à mon sens, beaucoup trop.

Faust n’est pas loin, il est même tout proche en réalité et si le point de départ de l’histoire est classique (Faustine est profondément amoureuse de Johan qui en aime une autre, tellement plus belle, plus à l’aise, plus grande, plus "toute en jambes"… que la jeune fille), j’ai trouvé original le traitement qui est fait de cet amour non réciproque. 

Cependant, et c’est là que le bât blesse, je suis diablement restée sur ma faim. Sur ma fin aussi, mais cela, c’est moins important. Ce récit aurait tellement gagné à aller plus loin, à approfondir les choses et à ne pas s’achever sur une "pirouette". L’écriture est d'une telle qualité que j’aurais apprécié la savourer plus longtemps. Demeure comme une impression de partition trop tôt interrompue...

Inspire…

 

"J’ouvre la porte d’entrée. Ça me tombe dessus, sans prévenir. D’habitude, lorsque je rentre du lycée, c’est le silence qui m’accueille. C’est tellement surprenant que je reste pétrifiée. Le cartable finit de s’avachir par terre, la veste en suspens, à mi-parcours du portemanteau.

   Ça vient du premier étage. Ça vient de la chambre de Mathieu. Ça dégringole l’escalier sans se soucier des marches. Ça prend de la place jusqu’à dilater l’espace. Ça vient s’enrouler autour de moi. Ça vient m’écraser de caresses. Ça vient sous ma peau. Sans prévenir.

    J’écoute. C’est une musique du genre "Love song", en plus râpeux. La voix, funambule, danse sur la corde raide du piano. La batterie murmure. Et lorsque la mélodie s’envole, c’est comme un coup de foudre. Elle m’aspire dans un tourbillon de violon. J’ai alors une vision, un flash. Johan s’approche de moi, si près que son nez touche le mien. Il me prend la main et m’attire dans un slow. La voix répète le refrain. Le piano-chair de poule court toujours au lointain, puis s’éloigne et s’éteint." [p. 9]


  "Je n'ai qu'à traverser la route, descendre un petit chemin et je débouche sur la plage.

  Quelle claque ! Là où je m'attendais à trouver sable et coquillages, s'étendent des dunes de galets. Des galets gris, veinés de bleu, arrondis par la mer. Ils grondent doucement à chaque pas. C'est marée basse, je marche quelque temps pour rejoindre le rivage. Sous le roulis des vagues, les galets s'égrènent. Le choc des pierres s'adoucit dans l'eau. Cela crée un son particulier. J'écoute ce bruit, les cailloux que la vague enroule dans une sorte de valse, la vague, le ressac, les galets, la vague, le ressac, les galets... L'image de Johan monte en moi, si distincte que je dois fermer les yeux. Je chantonne Perfect Day. La chanson coule dans le paysage, glisse sur les vagues et s'intercale dans le rythme de la mer. Et je me sens submergée par la beauté du lieu, une beauté qui me dépasse parce qu'elle a toujours été là, et sera toujours là. Heureusement que la mer n'en a rien à foutre de mes états d'âme." [p. 23 - 24]

Merci à Milan/Macadam pour ce partenariat.


La couverture me permet d'illustrer l'idée n° 26 du challenge des 170 idées : quelque chose que vous aimez, en l'occurrence les mots.

14:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Écrire un commentaire